Runes nature

la certitude est ouvragée de manière à ce qu’on y lise comme dans un livre mais la nature ne connait pas le livre, est elle même le livre et les bestiole sculptent de leur vie la marche croustillante des dents

être l’éclair s’est forgé dans la lenteur comme en dehors du temps que la rune décrypte

le bois mais c’est la même chose pour la terre et ce que l’on ne voit pas mais qui est omniprésent dans le pouls sans que puisse s’arrêter

car c’est comme ça le mouvement

comme des mandibules qui tracent les pattes qui laissent la trace et ponctuent ce sur quoi elles pérégrinent la lamentation de ne pas pouvoir arrêter poussent à absorber ce qui de plein se creuse et rejailli matière fécale mais qui est laissé au vent ou tombe

trace de ce qui vit sans que pouvoir finir se retranscrit dans le livre dont les pages s’ouvre comme une vulve d’écorce

les runes ouvertes des veines n’entourent que le cœur que la destruction active

se referme quand tombe et se désagrège face à l’oeil

lignes de fuite

entre les feuilles et le lointain l’écorce introduit la certitude, là ou la matière verticalement s’édifie concentrique et plonge entre les terres et l’air

ce qu’offre le tronc n’est rien de plus que la densité un chapeau où les saisons alternent les rivalités et les retraits, feuilles et pointes en rais de lumière

entre ces deux photos une géométrie l’une plongeante et l’autre ascendante il nous semble nous situer entre attraction et évasion le long des lignes de fuite.

california dreaming

california dreamin,  sur la plage s’étendait une avenue sableuse pavée de boulot

dans l’eau les surfettes s’accrochaient aux écorces dans les rouleaux deux par deux
Par le hublot du paquebot qui croise, les yeux écarquillés dans la lunette le vieux n’en perdait pas une goutte

Pamela Anderson, dans le flipper les boules sous extasy font sauter la banque

double-six

trois gangs antagonistes s’accordaient un double steak frite

 

 

brune à l’accord

et me promenant j’allonge le pas par ce lacet je croise les fils désordonnés des piquants comme autant de questions points les fruits rouges de l’année comme les réponses laissées à l’appréciation, le suspend des teintes brunes allaient de l’ocre au plus profond retourné la charrue cet élan qui casse le végétal les prés réclamaient la précision et l’étendue en masse s’épaississait en un éclaircissement de la lumière porté à la surface

le pas réclamait le silence mais les bruits de derrière la forêt signifiait que la vie se perpétuait pendant que l’hiver comme une voix se mourrait une vache préparant sa revanche

l’homme marchait se voulait comme un accord neuf  mouvant dans cette harmonie des tons, le pourquoi du tremblement, ces pensées dans sa langue il se demandait quelles langues il atteignait, dans un temps où la terre apportait à la terre et faisait sembler absent ce qui ne s’était qu’abandonné, endormi comme une brune ample et légère étole comme la jaune robe du ciel froid

le pré et les haies traits et les brusques écarts de plaine ou était ce que la montagne s’était écroulé à ces endroits où il marchait ne sachant plus d’où venait son pas et ce que sa main dessinait attentive aux arrachements des plis sur le papier.

[tentative d’écrire une expérience celle de la promenade comme phénomène esthétique (de la vue à la sensation à la photographie et au graphisme ou dessin – musique : snowflakes,  Kate Bush]

Pépin

l’ombre d’un pépin de pastèque m’empêche de sécher

azuréenne

 

doigts de pieds qui remuent sous le cuir

 

sur le ventre une mouche marche à quatre pattes

sont-ce les pensées qui agitent les arbres

 

la fièvre rend fébrile le saule

les branchages se prennent pour le tronc

 

la rivière à ses pieds passe

 

 

dans le jardin pousse une espèce inconnue

je me penche sur le râteau abstinent

 

 

inquiet je regarde le ciel et y cherche l’étoile

le ciel joue à cache cache et me laisse rêveur

 

 

je promène mes pensées comme un pont sur la rivière

ta voix me vient de loin elle est le vent auquel je me fie

 

 

riant de moi je me mêle au vent et gronde comme une oie

 

et si soudainement

et si soudainement les pieds trempés n’ont pas touchés l’eau

la poussière aussi s’en défend sinon elle serait de la boue

le thé dans le sachet attend que bout l’eau

rouge pourtant l’eau inonde le bleu et jailli au bord des corps

une grappe de pins simule l’extase quand passe la pie

mes rêves ont tendance à s’étoffer dans la couleur

le signe s’octroie le toucher et engloutie la bouche s’ouvre

la courbe dès lors a la longue chevelure défaite et l’étoffe des mets


Rame, ramer

à ras

et

effronté c’est affronter

c’est

l’angoisse et l’anchoix

pas

rascasse du sarcasme

sans

cynisme du civisme

car

censeur est sans sueur

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 et

Rame , ramer

confondre le JE avec le NOUS est kafkaïen dans le sens angoissant du terme, une indifférenciation comme une renonciation
il y a comme une ligne de partage de l’être et quand les particules ne se distinguent plus par au moins un tremblement de résistance,

ou est-ce que nous en participons ? accord au participe ou de principe,

car si tout est lié, l’énergie est une étincelle  qui met le feu aux poudres

les portes des buildings se coincent sur l’anorak et les raquettes crissent sur les moquettes de la taïga –
la fenêtre laisse ressortir le brouillard, symptôme de l’évasion,
poil hérissé de l’ours en colère -se sauve dans l’ascenseur*
l’écriture y mène sans doute si on déroge

le jour retourne se coucher et les bras inertes remontent la couette sur les plis de l’inaccompli
le Je va se cacher dans les recoins du placard à balai des rêves malgré l’odeur de javel

le Je n’aime pas le propre
préfère les bactéries et le bacille de K>Koch > allusion à la mouche du coche < comme on dit rater le coche

ou hue cocher ! souquez ferme

ou

à la sauvette

oiseau du moins je veux le croire
*
le Nous est un pardessus
bord

pardessus
bol

comme on dit ras-le-bol

la pluie infime des traits d’union est faiblarde quand le nous cimente et que l’internationale est une marque de détergent

et dévie le cours du JE
à la bourse
ou au long
cours cours cours
courlis et nous venge
courte paille de celui qui reste et s’engraisse sur les côtes de ceux des autres c’est nous nous qui somme toute ne sont pas si NOUS que ça quand il faut désigner celui qui passera à la broche

Magritte n’est pas magret ni m’agrée

NOUS kafkAïEn à perpète

sur le radeau qui me mène à Papeete je mime la sauvette que l’on nomme  fauvette ou paille en queue à tire d’aile

ton nous est de rondin et mon Je me sert de mat, le vent sans ton approbation sans signataire et sans cause à effet y pourvoit

et je rame_ moi je rame

l’autre jour

la pluie de l’autre jour à fait briller les tiges

je t’ai vu sous les nuées d’eau

tout à l’heure la douceur remuait la terre

le vert boit les gouttes

sous les arbrisseaux les feuilles font un toit pour l’oiseau

le vent rafraichit la peau

mais aujourd’hui  la chaleur flatte le ventre

de la pluie il ne reste rien

du ciel obscurci je ne vois que le bleu

et l’avion  qui va à Tokio

Passage des pas

Cette plage toute en douceur semble appeler l’eau à toutes les variations chromatiques du profond à la trachée de bleu et du sable clair la transparence laisse un bord tout humide où se révèle les variations de l’eau autant que de l’air mêlés, une fête des blancs les noces de l’écume solide et sévère à l’appui une ronde de fer en regard maintient loin corset et main ferme ; tentent  de détourner le regard de l’harmonie subtile parallèles les deux courbes introduisent un maintient qui laisse le dégradé en suspend ; Règle de trois implicite les sombres des trois règnes rivalisent ; Les collines au loin referment cet étau, qui libre, cède au passage des pas.