coquille nuageuse qui la-bas s’épelle c-o-n-q-u-e

Remplacer
la béatitude du soleil par
l’étendue grisante
pesante de la glace
parfois des aigus
Revenant périodiquement
sans
que l’on puisse dire quand
prédire
ni
prévoir
On entend plutôt
qu’on ne voit
ce décrochage
du son ces aléas
quand rien ne bouge

La matière
soudain
arbre
ou oiseau
ou poids
jardinet
oblique
ou serré

Ce qui me sers
de Je
et que
j’ai laissé bavard
voudrait décrire
ces sons
la couleur la douceur
la pente
pendant que le sol
retient

Pensum
le corbac égaré
halluciné
surtout dans la voix
et qui ne mène
à rien

Ici
il n’est plus de
temps
ni de lieu
ici
sur l’étendue neigeuse
du Nord le crissement
cesse
là où
l’interruption reprend

Rêve nordique

dans la nuit blanche

sur le sentier la neige

par endroit par ailleurs

un promontoire

l’épaisseur enrayée

la-bas un bruit de scie

des suites de petits pas

la brume givrée

un cabane une halte

l’arbre à découvert

les feuilles le tronc

comme un fin souvenir

de la neige d’un fin

duvet de glace

de givre la nuit

sans que rien ne rode

raz de terre

Dans le cuivre des bras sur la peau mate et tannée , le jazz, rock acide ou mélodie, le vent d’un souffle perçant sous la chaleur d’un souffle de vent le vent venu de l’intérieur  chargé des particules des pollens habitants de la forêt
Quant à la mer qui porte les bateaux où habitent les dents argent des vagues infestées de requins
démesurées hautes comme des falaises on pourrait trouver des lézards des crabes et des poissons où l’air dévale remontant les facettes de granite les quartz et les laves regrettant la chaleur d’Antan la dureté brille, mate et profonde jusqu’à rugir avec les flots qui se cassent pour ainsi dire le nez dessus
finissent sur le cœur en bris des artères comme un limon qu’il faut éponger laver l’épanchement des saignements
ce vent enfle gonfle démesurément sans l’unique robe montgolfière rose décorée du tremblement de l’étendue bleue des perles ;

les bouches s’ouvrent et se referme
sans qu’on les voit comme la pluie enrobe de brume cajole par frange par film de gaze les nuages, non, la chevelure,les rubans, puisent aux flots les visée fauves par l’esprit attachent une corde dérobent le corps d’une vie d’eau et soulage est une fontaine sous une coque dévoilée
l’unique plus, capte la jouissance comme la puissance Genèse coche décoche le rite.

(c) photo inconnu
(c) photo inconnu

coche, décoche le rite

Mates
sur les Hanches
Mains
nouées autour du cou

en apnée
les bras tendus vers le ciel
la beauté
souffle-fille d’un mot à l’univers
souffle fou par l’anse amnésique
réminiscent
tressée de paille la chevelure
le souffle
l’unique
le plus
capte la jouissance
comme la puissance

Genèse
coche
décoche
le rite

 

Vodunsi1

petite contribution

(c) Hirosi Nagare
(c) Hirosi Nagare

et qu’emprunt des feuilles aspirées d’encre
l’odeur de la poigne est comme aller à l’eau
coing dans l’os , le pus s’étire
élégamment sans faire des plis
et sans s’arrêter .
quand cogne le moteur
les ouïes fâchées.

l’asphalt recouvert des traces de pneus

aussi rpétitives que les raies des néons

mais chétive et souriante

et souriante

aux abords d’une compréhension nullement acquise

Construire un feu

Une certaine attention obstinée aux détails qui font que par – 75° la vie ne tue pas, pas d’étoile dans le ciel mais la neige et la glace à perte de vue.
Un calme mis bout à bout des instants pour demeurer maitre de soi, aucune envolée sauf celle non lyrique des sapins dans la glace et la neige qui sollicitée, tombe de haut et éteint le feu.
La nature est accordée à la seule morsure qui fait le froid. L’homme tente de courir en suivant le cours mais trébuche et s’endort, devient la glace.

Je viens de lire « construire un feu ».

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Frank Auerbach – rebuilding

Frank Auerbach : reconstruire ce qui pourrait être un feu

Le chat et le goût de la fiction

Observez bien le chat , grimpé sur la jambe ou du haut de l’armoire, poussant en y mettant le moins d’intention, comme mu par le mouvement pur, un bouchon en plastique qui se met à rouler. Comme mu par sa propre traction à sa suite le chat se précipite et  joue, le pousse comme s’il le poursuivait, l’attrappe avec douceur l’observe tandis que l’air de rien un courant d’air ou un coup de patte le remet en mouvement.

Jetez vous même ce petit bouchon et le chat s’en va déçu. Là est la force de la fiction, sans en avoir l’air lancer dans l’air un prétexte et le suivre comme si ce fictif agissait de son plein gré. De fait semble mener le hasard d’une course poursuite débridée.

Le chat, dessin de John Berger
Le chat, dessin de John Berger

Un beefsteak dans une phrase à peine roussi et saignant. Aucun verbe, aucune action, aucun état, mais une certaine crudité met l’eau à la bouche. Dehors des passants indifférents et la neige tombe.

sans en être un

Ce n’est pas le réveil ni le fait d’être endormi. Rien de ce qui est physique ni la conscience d’être. Mais les échapées multiples, aussi courtes qu’un brin d’herbe qui cède le passage et le fil de la couverture, l’échancrure qui sans être paysage en est un. Au loin la foudre, l’éclair et la brèche, un chiffre qui est un indice, une ride, la possibilité de continuer.

© Aldo Cicelyn
© Aldo Cicelyn

Blanc

Question : si cette série que je regarde peut être qualifiée d’adolescente, pourquoi est t’elle si fascinante et que nous apprend t’elle sur la vie « blanche » en occident, et particulièrement au canada anglophone. Mais ce lieu qui est sans doute Toronto n’a pas de personnalité bien propre à part d’être un espace urbaine postmoderne nord-américain, de se situer dans le nord (présence de la neige et du froid, foret et terrains vague et à part un des héro, le policier partenaire de Beth, personne n’est noir et donc nous offre l’occasion de nous interroger sur ce que la société blanche peut nous renvoyer, image, possibilité, types etc.

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