rouge puis rien

est ce le feu la touffe cendrée

le givre dissout l’étreinte
le vert

la tendresse dure


améthyste rouge
rouge

rouge
Cabo verde

rouge

rouge cendre
rouge

vert de lave
au large
sur le bleu

rouge teint
rouge fin
rouge reins

rouge

brun de seins
eau de sang

et le noir clos
le socle de l’eau
radiance lisse

la  violence du choc fut telle
qu’île en elle

en trombe de bleu soudain

par l’éclat des yeux
évanouit le jour



en éclats de rien
le cercle des verts

l’émeraude

allumé
le feu regorge
d’amertume
cette ride à l’espérance

astre majeur le gouffre tombe aspire l’ajour

cette rive cette déchirure d’embrun à l’écrin indigo

fine

seule et belle
le rire d’onde

plissé en œil

nouvelle


la fin hisse
se retire

désir désabondé

recul
la joie terre


cataclysme majeur

le secousse fissure

décline
le retrait
en bris de roches

tremblement incertain

est ce définitif

la vrille spirale en chute de fuite fragilité d’opale

rouge
amour
rouge
tendresse
rouge
rose
robe bleue
le flot
rouge

l’entrejambe de sang
déserre
le licou d’hypnos

violet de mort
sur mon cou

souffle rouge noir et bleu


de la vague meurtrière
le désir ravage

pale
est ce le reflux


divergent
s’illumine
en moi
eau bleu de vert
et rouge
le corps à l’hymen
renversée
rudoyée
sinueuse eau
verte
et bleu
le rouge défend
et meurt
interroge
et renonce


fil tendu perdu aux lèvres de dédain

signe
ferme
rouge de mars
inonde et rive
le demain
éclabousse
le vivre
éteint


s’absout

se retire

noir et brun violet et vide

plus rien

rouge puis rien

est ce le feu la touffe cendrée

le givre dissout l’étreinte
le vert

la tendresse dure


améthyste rouge
rouge

rouge
Cabo verde

rouge

rouge cendre
rouge

vert de lave
au large
sur le bleu

rouge teint
rouge fin
rouge reins

rouge

brun de seins
eau de sang

et le noir clos
le socle de l’eau
radiance lisse

la  violence du choc fut telle
qu’île en elle

en trombe de bleu soudain

par l’éclat des yeux
évanouit le jour



en éclats de rien
le cercle des verts

l’émeraude

allumé
le feu regorge
d’amertume
cette ride à l’espérance

astre majeur le gouffre tombe aspire l’ajour

cette rive cette déchirure d’embrun à l’écrin indigo

fine

seule et belle
le rire d’onde

plissé en œil

nouvelle


la fin hisse
se retire

désir désabondé

recul
la joie terre


cataclysme majeur

le secousse fissure

décline
le retrait
en bris de roches

tremblement incertain

est ce définitif

la vrille spirale en chute de fuite fragilité d’opale

rouge
amour
rouge
tendresse
rouge
rose
robe bleue
le flot
rouge

l’entrejambe de sang
déserre
le licou d’hypnos

violet de mort
sur mon cou

souffle rouge noir et bleu


de la vague meurtrière
le désir ravage

pale
est ce le reflux


divergent
s’illumine
en moi
eau bleu de vert
et rouge
le corps à l’hymen
renversée
rudoyée
sinueuse eau
verte
et bleu
le rouge défend
et meurt
interroge
et renonce


fil tendu perdu aux lèvres de dédain

signe
ferme
rouge de mars
inonde et rive
le demain
éclabousse
le vivre
éteint


s’absout

se retire

noir et brun violet et vide

plus rien

rehaut


Faut il se contenter de laisser vivre ce qui pousse ou déborde,
prendre un certain recul et me dire, mon rêve, ma pensée mon désir,
ne faut il pas
se bander et propulser l’informe
et oser, le provoquer?
doit il, ce désir attendre le moment,
embourbé,
doit il, fatigué de suivre les méandres qu’a fini par creuser la pensée, le souffle, le corps
décrépi, à force, s’imposer ?

décidé à déchirer ce voile
virginal qui recouvre protège ce que les yeux et l’envie voient au loin, trop loin,
absent de soi.

agripper, passer au temps présent, verbe d’action, transitif, acter

est-ce la poésie cela,  destin humain que de se satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entrevu entre des parenthèses de style, capotes qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas
et réduire,
claquer la porte à la claquemure,
se laisser revivifier par le vent froid, la gifle du réel,

mais qu’est ce, le réel,  une surprise, un élan inattendu, inusité, une piqure de froid, une brûlure,

et, assuré,
sauter,

bond d’un homme déterminé du coté de l’incarné,

homme que je me dois d’être,

ce bond en est la condition, au seuil de l’air, accroché par les aspérités du déchainement de l’entre-deux pas,

cela devient obscur dès que l’on divague on perd le sens de ce que l’on voulait dire et il me semble que je me perd, l’esprit me détourne , c’est sans doute la difficulté de dire, rester en phrase avec le brut des mots, Tristram l’a bien montré, à suivre les courants de l’esprit la boucle entortille le vécu et forme une immense pelote,
vécu, rêvé , inaccompli tout ce que l’esprit et l’humain peut agréger, inventer, témoigner, on s’y perdrait et est-ce le but , Leiris, lui aussi a écrit le long de ses lignes ces failles,

on en prend la mesure,

mais est-ce d’avancer en attendant, en poursuivant,
et enclencher, se rapprocher,

accrocher le filin au balcon après que le chant ait enchanté la nuit et pulpeuse la belle, ce visage aluné et le corps transi, en attente,

la poésie surement y mène, et la corde, les muscles bandés, approcher du rêve, se saisir de ce halo et … là s’échappe la poésie , pour un temps, on pourrait bien parler de Pan, de ravissement, de rapt, d’émerveillement, de big bang, de bigbande, et d’étincellement sexuel ,
surement les mots trouveront la rive du sens, plus tard une fois l’acte accompli et les sens au repos ; l’homme augmenté reprendra le rêve, serait ce que la poésie n’est que là dans le leurre, au sens où l’entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots accrochent la métaphore, se servent du réel en miroir, contemplent au sens la contemplation, s’arrêtent,
il faudrait que le mouvement se refuse à la distance , ou bien l’enjeu est il différent?

nécessairement, l’homme écrivant se maintient il à cette table ou éloigné dos à l’arbre se plonge-t’il dans le vivant en partage, en songe, en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l’objet de son désir ?

l’objet et la peur détournent des mains qui veulent saisir,

déterminé, il faut cette rupture, mais aussi l’engagement comme d’un combat car il ne suffit pas de rompre, il faut saisir, porter l’entrevu, le peut-il et le corps y suffit il,

n’est ce pas justement l’écart, l’impossibilité, la difficulté ou ce réputé pour, qui me force à harnacher de mots, à me reclure pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs,

et s’effondrer les murs de chair,

est il poésie, sans écart, hors du rêve, sans recul,

s’emplir du réel qui devient bourrasque orage tumulte,
émotion se renforçant en chair
et se démultipliant,
prenant une force insoupçonnée, surmultipliée,

mais je rêve encore,

la poésie serait plus forte si elle se situait de plein pied!
ou plus sure, acter, assuré d’une brassée, enlacer la plus que vive, et en être plein,

certain,
et l’exigence d’aller plus loin toujours renouvelée!

se rejoindre,

malgré cette distance, cet écart où j’avance et cela recule ,

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs,  mais que je n’ose autrement qu’en vent, vent qui souffle de ce que je me crois permis de mes tréfonds.

L S 2005 senso

rehaut


Faut il se contenter de laisser vivre ce qui pousse ou déborde,
prendre un certain recul et me dire, mon rêve, ma pensée mon désir,
ne faut il pas
se bander et propulser l’informe
et oser, le provoquer?
doit il, ce désir attendre le moment,
embourbé,
doit il, fatigué de suivre les méandres qu’a fini par creuser la pensée, le souffle, le corps
décrépi, à force, s’imposer ?

décidé à déchirer ce voile
virginal qui recouvre protège ce que les yeux et l’envie voient au loin, trop loin,
absent de soi.

agripper, passer au temps présent, verbe d’action, transitif, acter

est-ce la poésie cela,  destin humain que de se satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entrevu entre des parenthèses de style, capotes qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas
et réduire,
claquer la porte à la claquemure,
se laisser revivifier par le vent froid, la gifle du réel,

mais qu’est ce, le réel,  une surprise, un élan inattendu, inusité, une piqure de froid, une brûlure,

et, assuré,
sauter,

bond d’un homme déterminé du coté de l’incarné,

homme que je me dois d’être,

ce bond en est la condition, au seuil de l’air, accroché par les aspérités du déchainement de l’entre-deux pas,

cela devient obscur dès que l’on divague on perd le sens de ce que l’on voulait dire et il me semble que je me perd, l’esprit me détourne , c’est sans doute la difficulté de dire, rester en phrase avec le brut des mots, Tristram l’a bien montré, à suivre les courants de l’esprit la boucle entortille le vécu et forme une immense pelote,
vécu, rêvé , inaccompli tout ce que l’esprit et l’humain peut agréger, inventer, témoigner, on s’y perdrait et est-ce le but , Leiris, lui aussi a écrit le long de ses lignes ces failles,

on en prend la mesure,

mais est-ce d’avancer en attendant, en poursuivant,
et enclencher, se rapprocher,

accrocher le filin au balcon après que le chant ait enchanté la nuit et pulpeuse la belle, ce visage aluné et le corps transi, en attente,

la poésie surement y mène, et la corde, les muscles bandés, approcher du rêve, se saisir de ce halo et … là s’échappe la poésie , pour un temps, on pourrait bien parler de Pan, de ravissement, de rapt, d’émerveillement, de big bang, de bigbande, et d’étincellement sexuel ,
surement les mots trouveront la rive du sens, plus tard une fois l’acte accompli et les sens au repos ; l’homme augmenté reprendra le rêve, serait ce que la poésie n’est que là dans le leurre, au sens où l’entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots accrochent la métaphore, se servent du réel en miroir, contemplent au sens la contemplation, s’arrêtent,
il faudrait que le mouvement se refuse à la distance , ou bien l’enjeu est il différent?

nécessairement, l’homme écrivant se maintient il à cette table ou éloigné dos à l’arbre se plonge-t’il dans le vivant en partage, en songe, en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l’objet de son désir ?

l’objet et la peur détournent des mains qui veulent saisir,

déterminé, il faut cette rupture, mais aussi l’engagement comme d’un combat car il ne suffit pas de rompre, il faut saisir, porter l’entrevu, le peut-il et le corps y suffit il,

n’est ce pas justement l’écart, l’impossibilité, la difficulté ou ce réputé pour, qui me force à harnacher de mots, à me reclure pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs,

et s’effondrer les murs de chair,

est il poésie, sans écart, hors du rêve, sans recul,

s’emplir du réel qui devient bourrasque orage tumulte,
émotion se renforçant en chair
et se démultipliant,
prenant une force insoupçonnée, surmultipliée,

mais je rêve encore,

la poésie serait plus forte si elle se situait de plein pied!
ou plus sure, acter, assuré d’une brassée, enlacer la plus que vive, et en être plein,

certain,
et l’exigence d’aller plus loin toujours renouvelée!

se rejoindre,

malgré cette distance, cet écart où j’avance et cela recule ,

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs,  mais que je n’ose autrement qu’en vent, vent qui souffle de ce que je me crois permis de mes tréfonds.

L S 2005 senso

storm

L S storm 2005

question: laisser le corps parler dans ce que le geste consent à dire, est ce garant d’une vérité, quelqu’elle soit, suivre son courant et défier la construction volontariste ?

storm

L S storm 2005

question: laisser le corps parler dans ce que le geste consent à dire, est ce garant d’une vérité, quelqu’elle soit, suivre son courant et défier la construction volontariste ?

violences d’effacer

…courbes douces et violences d’effacer ce qui pourrait renaître

Un homme en mémoire et un embryon d’avenir

(Aslé)

Comme quoi tous les regards sont permis, violences d’effacer, certes pas ce que mon geste peignant impulsait, en tous les cas de  façon consciente,  non je pense que c’est le monde qui est en plein effort de réponse  à lui même et s’augmente, s’ouvre , non il y a de la conquête, il s’épand , est en expansion et instaure l’harmonie,
est il visage ? je me souvient avoir dit que le visage d’un Botticelli était un monde en soi, un cosmos que l’on ramène a tort au visage , mais l’être humain peut il faire autrement que de ramener au visage? le monde peint ou dit est il forcément une métaphore de l’homme et l’humain se ramène t’il au visage. ne peut on y voir un dialogue ; la présence à soi et de là accessible, le monde qui s’offre, les deux mêlés car ils se font face et sont peut être indissociables, en complémentarité, l’un
seulement étant capable de voir l’autre! et de se laisser aller à ce rêve, miroir de lui même en mouvement, comme la mouvance des lumières lorsque les nuages passent, subtil échange sans que l’un veuille prendre le pas sur l’autre ! se regarder en miroir c’est se voir avec les yeux du monde, le monde lui ne s’octroie pas un regard il file le long du temps qui lui même ne se laisse pas arrêter.
Un entre mémoire et avenir, un embryon ? cela me fait penser que le vide serait absence de forme , ce qui chez moi , de façon consciente n’est pas dans ma pensée, il s’agit plutôt de lignes de force qui gagne sur le non encore , le présent dans son mouvement ,
cela correspond t’il à une structure mentale embryonnaire chez moi , incomplète, peut être, mais la forme complète telle que l’occident renaissant l’a exprimé ne me touche absolument pas , ce monde fini, capté n’a aucune résonance en moi , il me faut de l’espace, une conquête, des signes d’une appartenance et une mouvance nomade, et tant d’autre chose,
un texte sur la peinture que m’a envoyé N m’a surprit, cette peinture européenne ne m’apporte que si je porte un regard d’étranger, que si je vois chez Vélasquez un espace des rouges, une cosmogonie immense de couleurs et de forces à l’œuvre, retombé, je tourne la page ,
Vermeer, pareil, un grand abstrait façon Rothko , lire les pages qu’a écrit Maldiney à ce sujet,

mais évidemment on ne se voit pas et c’est peut être ce qui se joue dans ma peinture, peut être la peinture ne peut elle témoigner que d’un regard, et le regard est il autre chose qu’un être au monde, sauf à tomber dans la convention , ce qui est pour moi sans intéret.

violences d’effacer

…courbes douces et violences d’effacer ce qui pourrait renaître

Un homme en mémoire et un embryon d’avenir

(Aslé)

Comme quoi tous les regards sont permis, violences d’effacer, certes pas ce que mon geste peignant impulsait, en tous les cas de  façon consciente,  non je pense que c’est le monde qui est en plein effort de réponse  à lui même et s’augmente, s’ouvre , non il y a de la conquête, il s’épand , est en expansion et instaure l’harmonie,
est il visage ? je me souvient avoir dit que le visage d’un Botticelli était un monde en soi, un cosmos que l’on ramène a tort au visage , mais l’être humain peut il faire autrement que de ramener au visage? le monde peint ou dit est il forcément une métaphore de l’homme et l’humain se ramène t’il au visage. ne peut on y voir un dialogue ; la présence à soi et de là accessible, le monde qui s’offre, les deux mêlés car ils se font face et sont peut être indissociables, en complémentarité, l’un
seulement étant capable de voir l’autre! et de se laisser aller à ce rêve, miroir de lui même en mouvement, comme la mouvance des lumières lorsque les nuages passent, subtil échange sans que l’un veuille prendre le pas sur l’autre ! se regarder en miroir c’est se voir avec les yeux du monde, le monde lui ne s’octroie pas un regard il file le long du temps qui lui même ne se laisse pas arrêter.
Un entre mémoire et avenir, un embryon ? cela me fait penser que le vide serait absence de forme , ce qui chez moi , de façon consciente n’est pas dans ma pensée, il s’agit plutôt de lignes de force qui gagne sur le non encore , le présent dans son mouvement ,
cela correspond t’il à une structure mentale embryonnaire chez moi , incomplète, peut être, mais la forme complète telle que l’occident renaissant l’a exprimé ne me touche absolument pas , ce monde fini, capté n’a aucune résonance en moi , il me faut de l’espace, une conquête, des signes d’une appartenance et une mouvance nomade, et tant d’autre chose,
un texte sur la peinture que m’a envoyé N m’a surprit, cette peinture européenne ne m’apporte que si je porte un regard d’étranger, que si je vois chez Vélasquez un espace des rouges, une cosmogonie immense de couleurs et de forces à l’œuvre, retombé, je tourne la page ,
Vermeer, pareil, un grand abstrait façon Rothko , lire les pages qu’a écrit Maldiney à ce sujet,

mais évidemment on ne se voit pas et c’est peut être ce qui se joue dans ma peinture, peut être la peinture ne peut elle témoigner que d’un regard, et le regard est il autre chose qu’un être au monde, sauf à tomber dans la convention , ce qui est pour moi sans intéret.

au pays du long nuage blanc

fini de lire le journal de Charles Juliet en Nouvelle Zélande, de Juliet je connaissais surtout les entretiens avec Bram van Velde, concentré de puriste attitude en Art, qui  m’avait marqué et en même temps ennuyé car répétitif  ,

la nouvelle Zélande, le pays où je voulais émigrer quand j’avais vingt ans et dont le rêve me poursuit, voyage jamais fait, un grand regret ; la rencontre improbable du poète de Lyon , qui se qualifie lui même de rigoriste et de ce pays dans l’océan , où la nature est ce qui conduit les hommes, le simple le pur mais comme évident, c’était ce que m’avaient laissé comme impression mes ami kiwis, cette rencontre au jour le jour m’intriguait , j ‘ai fait le voyage.

passionnant

rétif d’abord, Juliet souligne l’importance de la vie intérieure, de la vérité comme nécessité, comme point de départ, d’ancrage ; des réflexions sur l’art et l’introspection pure doivent à la vision chinoise, à l’expérience intérieure indienne, au parcours du poète qui effilant son expérience douloureuse parvient à domestiquer le chemin des mots et en faire un chemin d’art,

ascèse,

la rencontre avec l’autre, le différent, le désarçonne, il semble s’ancrer dan un chez lui qui loin, lui manque, moi ce serait plutôt l’inverse , et je m’étonne qu’on puise se surprendre de l’autrement, qu’il puisse y avoir un lieu qui soit « chez soi », d’autant plus qu’une bagarre existentielle contre ou avec le moi, le soi, condition du départ de l’œuvre, est au centre de son questionnement, mais la rencontre a bien lieu et l’écrivain, petit à petit rencontre ces deux iles, se frottent à des humains de tous bords, car pas forcément de nouvelle Zélande ; à force se fait jour un achoppement , appontement, d’où embarquer ;

je suis sensible à ce style du jour le jour, journal ou s’écrit de façon rigoureuse et froide les événements, les rencontres, les pensées, la vie intérieure ; ce n’est pas la rigueur qui me touche mais plutôt cette absence délibérée de style , dès que les poèmes s’en mêlent, je n’y suis plus et je les trouve froids,  sans raison d’être ; de là la question, pourquoi écrire sous forme poétique ? non je préfère le journal , le poème a d’autre racines, vives et d’eau.

C’est cette absence de mise en danger littéraire (apparente) qui me plait, elle permet le face  à face sans fard, il le dit lui même, il a moins peur d’écrire, l’ailleurs peut être déréalise les enjeux de l’écriture,  pour lui ; pour moi elle est rendue plus proche de sa finalité, une sorte de distance abolie, ni réaliste ni poétique, cette fameuse interrogation de pourquoi la poésie comme forme ;

j’aime cette proximité concrète, elle rejoint mes interrogations récentes,

finalement un dialogue  entre les contradictions de l’écrivain qui reflétées par le nouveau pays se muent en interrogation en miroir,

c’est bien ce que je voyais en Nouvelle Zélande, un pays, quoique très provincial, c’est ce coté banlieusard qui me fait tiquer, très proche de la nature, où les éléments, le climat, les histoires humaines et les paysages font une grande nature qu’il n’ai pas possible d’éviter, mais de façon douce, c’est la différence avec l’Australie ou la terre est violente et démesurée, la terre et les hommes comme pris en étau,


et je me demande si cette référence constante au rugby, trait de civilisation , c’est vrai, mais je me dis que rapprochée de celle à la primauté de la vie intérieure, de l’exigence absolue de la littérature, n’est ce pas un vilain tour de ce pays qui te ramène au corps ! voila que je te dis tu , la distance n’est pas de mise puisque tu me parles , que tu te sers de moi pour écrire et poser tes question à travers le prisme de la terre rencontrée et des hommes,

oui cette terre peut enfin se livrer, l’écrivain s’y intéresser et ..; sublimes pages ou il voit ; les paysages l’air les nuages les orages le déchiquètement des cotes et la violence des orages , des tempêtes,

là je me sens peintre et je vois moi aussi cette nature qui parle directement à l’intérieur humain, le dialogue est choc ; ce n’est pas anodin je trouve,

après avoir souligné l’axe intérieur de l’être humain , l’écrivain est pris du vertige joyeux du corps et voit le monde , avec douceur et ?délectation?

les deux sont liés, et la paix arrive, sans doute de là, est ce nouveau ? je ne le connais pas assez pour le dire mais c’est parlant,

tous ces éléments, cette réflexion et finalement cette reddition au monde sans qu’il y paraisse ; cette simplicité de ton me bouleverse et me convainc , c’est la que je me sens le plus proche de moi même , dans ces moments là et dans l’absence de distance, si possible , par moment , je m’y  vois ,

j’ai aimé John Berger pour ça aussi, cette distance abolie qui tend la main à l’autre et la rend palpable indispensable présente ,

et cette absence de style, le style qui fait disparaitre l’autre , et je me dis que c’est dans cette équation que se trouve ce que je cherche ,

la poésie pour moi restera ce moment-aquarelle où les mots servent de pigment à un ressenti, une peinture sensible,
la tentation d’intégrer les rangs des stylistes est là où je perds le temps ; mais des moments existent où je ressens si fortement qu’il faut dire , l’écrire ; a t’elle pour autant tant d’importance l’écriture , veut elle, exige t’elle de rejoindre l’universel , le figé ou au contraire doit elle être le plus libre encore ; rejoindre l’ellipse du haïku, évidemment pour moi pas de cage, les recettes, méfiance, et le réel c’est être au plus près de ce mouvement que je sens , de ce que les yeux voient, de ce que les yeux pensent ; de ce qu’ils mangent en regardant , ah cet océan bleu noir dans les yeux d’Amina , ce n’est pas de la poésie , c’est là et drapeau rouge ou pas il faut s’y baigner,
je le vois , cet océan et il peut être rouge , parfois ,

quand je vois je pense , drôle d’alchimie  , je pense et c’est la que la poésie s’installe quand elle voit, c’est un écart , si l’on poursuit, alors un vrai voyage s’instaure , risqué mais beau, l’aventure énigmatique de l’espace du mot dans l’esprit de l’homme au monde;

mais les nuages et l’océan me disent tout si tu es là , et c’est ici la difficulté ; à combler, être dans la poésie et la relation , et bien sur au plus proche de soi, du cœur,

je me le suis dis dès le premier jour d’art,  le cœur , biotz begietan, toujours !

le vent en rafale te ramène toujours à toi , voila que je me tutoie,

ça m’a fait avancer , à ce jeu de qui avance recule, subtil équilibre !

L S  2004

au pays du long nuage blanc

fini de lire le journal de Charles Juliet en Nouvelle Zélande, de Juliet je connaissais surtout les entretiens avec Bram van Velde, concentré de puriste attitude en Art, qui  m’avait marqué et en même temps ennuyé car répétitif  ,

la nouvelle Zélande, le pays où je voulais émigrer quand j’avais vingt ans et dont le rêve me poursuit, voyage jamais fait, un grand regret ; la rencontre improbable du poète de Lyon , qui se qualifie lui même de rigoriste et de ce pays dans l’océan , où la nature est ce qui conduit les hommes, le simple le pur mais comme évident, c’était ce que m’avaient laissé comme impression mes ami kiwis, cette rencontre au jour le jour m’intriguait , j ‘ai fait le voyage.

passionnant

rétif d’abord, Juliet souligne l’importance de la vie intérieure, de la vérité comme nécessité, comme point de départ, d’ancrage ; des réflexions sur l’art et l’introspection pure doivent à la vision chinoise, à l’expérience intérieure indienne, au parcours du poète qui effilant son expérience douloureuse parvient à domestiquer le chemin des mots et en faire un chemin d’art,

ascèse,

la rencontre avec l’autre, le différent, le désarçonne, il semble s’ancrer dan un chez lui qui loin, lui manque, moi ce serait plutôt l’inverse , et je m’étonne qu’on puise se surprendre de l’autrement, qu’il puisse y avoir un lieu qui soit « chez soi », d’autant plus qu’une bagarre existentielle contre ou avec le moi, le soi, condition du départ de l’œuvre, est au centre de son questionnement, mais la rencontre a bien lieu et l’écrivain, petit à petit rencontre ces deux iles, se frottent à des humains de tous bords, car pas forcément de nouvelle Zélande ; à force se fait jour un achoppement , appontement, d’où embarquer ;

je suis sensible à ce style du jour le jour, journal ou s’écrit de façon rigoureuse et froide les événements, les rencontres, les pensées, la vie intérieure ; ce n’est pas la rigueur qui me touche mais plutôt cette absence délibérée de style , dès que les poèmes s’en mêlent, je n’y suis plus et je les trouve froids,  sans raison d’être ; de là la question, pourquoi écrire sous forme poétique ? non je préfère le journal , le poème a d’autre racines, vives et d’eau.

C’est cette absence de mise en danger littéraire (apparente) qui me plait, elle permet le face  à face sans fard, il le dit lui même, il a moins peur d’écrire, l’ailleurs peut être déréalise les enjeux de l’écriture,  pour lui ; pour moi elle est rendue plus proche de sa finalité, une sorte de distance abolie, ni réaliste ni poétique, cette fameuse interrogation de pourquoi la poésie comme forme ;

j’aime cette proximité concrète, elle rejoint mes interrogations récentes,

finalement un dialogue  entre les contradictions de l’écrivain qui reflétées par le nouveau pays se muent en interrogation en miroir,

c’est bien ce que je voyais en Nouvelle Zélande, un pays, quoique très provincial, c’est ce coté banlieusard qui me fait tiquer, très proche de la nature, où les éléments, le climat, les histoires humaines et les paysages font une grande nature qu’il n’ai pas possible d’éviter, mais de façon douce, c’est la différence avec l’Australie ou la terre est violente et démesurée, la terre et les hommes comme pris en étau,


et je me demande si cette référence constante au rugby, trait de civilisation , c’est vrai, mais je me dis que rapprochée de celle à la primauté de la vie intérieure, de l’exigence absolue de la littérature, n’est ce pas un vilain tour de ce pays qui te ramène au corps ! voila que je te dis tu , la distance n’est pas de mise puisque tu me parles , que tu te sers de moi pour écrire et poser tes question à travers le prisme de la terre rencontrée et des hommes,

oui cette terre peut enfin se livrer, l’écrivain s’y intéresser et ..; sublimes pages ou il voit ; les paysages l’air les nuages les orages le déchiquètement des cotes et la violence des orages , des tempêtes,

là je me sens peintre et je vois moi aussi cette nature qui parle directement à l’intérieur humain, le dialogue est choc ; ce n’est pas anodin je trouve,

après avoir souligné l’axe intérieur de l’être humain , l’écrivain est pris du vertige joyeux du corps et voit le monde , avec douceur et ?délectation?

les deux sont liés, et la paix arrive, sans doute de là, est ce nouveau ? je ne le connais pas assez pour le dire mais c’est parlant,

tous ces éléments, cette réflexion et finalement cette reddition au monde sans qu’il y paraisse ; cette simplicité de ton me bouleverse et me convainc , c’est la que je me sens le plus proche de moi même , dans ces moments là et dans l’absence de distance, si possible , par moment , je m’y  vois ,

j’ai aimé John Berger pour ça aussi, cette distance abolie qui tend la main à l’autre et la rend palpable indispensable présente ,

et cette absence de style, le style qui fait disparaitre l’autre , et je me dis que c’est dans cette équation que se trouve ce que je cherche ,

la poésie pour moi restera ce moment-aquarelle où les mots servent de pigment à un ressenti, une peinture sensible,
la tentation d’intégrer les rangs des stylistes est là où je perds le temps ; mais des moments existent où je ressens si fortement qu’il faut dire , l’écrire ; a t’elle pour autant tant d’importance l’écriture , veut elle, exige t’elle de rejoindre l’universel , le figé ou au contraire doit elle être le plus libre encore ; rejoindre l’ellipse du haïku, évidemment pour moi pas de cage, les recettes, méfiance, et le réel c’est être au plus près de ce mouvement que je sens , de ce que les yeux voient, de ce que les yeux pensent ; de ce qu’ils mangent en regardant , ah cet océan bleu noir dans les yeux d’Amina , ce n’est pas de la poésie , c’est là et drapeau rouge ou pas il faut s’y baigner,
je le vois , cet océan et il peut être rouge , parfois ,

quand je vois je pense , drôle d’alchimie  , je pense et c’est la que la poésie s’installe quand elle voit, c’est un écart , si l’on poursuit, alors un vrai voyage s’instaure , risqué mais beau, l’aventure énigmatique de l’espace du mot dans l’esprit de l’homme au monde;

mais les nuages et l’océan me disent tout si tu es là , et c’est ici la difficulté ; à combler, être dans la poésie et la relation , et bien sur au plus proche de soi, du cœur,

je me le suis dis dès le premier jour d’art,  le cœur , biotz begietan, toujours !

le vent en rafale te ramène toujours à toi , voila que je me tutoie,

ça m’a fait avancer , à ce jeu de qui avance recule, subtil équilibre !

L S  2004