mots-lyre

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© L S

Amina

mot question mot douleur
nom montagne splendeur brune
sereine
océane

j’agite cet appel comme une trachée de lueur
comme un autre mot pour dire aime
comme une voile havre du vent

tresse à traversée ou nœud de plancher à mature

comme synonyme de l’ampleur

la vague immobile dans le surf du temps

Amina

trouée du vert à l’aplomb d’une certitude bleue
ligne de flottaison

rouge vive
fleur brune d’une renaissance

flanquée de l’absence magnifique trois mots-lyre marquent une survie

© L S

poussières en forme d'avenir

s’approfondit la tristesse  la douleur d’exister

trancher ce nœud et jouir-vivre

au delà des mots , au delà de l’art , foudre de la consolation

fulgurance de la vie sans écart-vivre est poussières en forme d’avenir

caractère mouvant , fluctuant , aléatoire ,

tourne brasse se retourne se découvre prépondérante

même aveugle l’enflammé flambe toujours

clairvoyance du flamboyant il voit l’évidence reléguée

fixité  si verte qu’elle faisait briller l’astre-arbre de splendeur

l’azur

avant humus de révéler les corps nus os des arbres

l’apparat du temps pare et dépare joint et disjoint et se retire

coït quotidien le monde et les choses réaffirment la prépondérance

à vouloir fixer dans un éclat on réduit l’immense à l’infime
d’un moment ascendant on infirme le descendant

et se faisant s’égare à soi même

copulation inextinguible qui exige le mouvement

le réel parle plus fort

il parle comme la spirale des lignes qui enroulent le vécu en tronc

innommables la ramification en pluies d’étincelles atomes vertigineux

le réel trace
sillonne la non-vie
forme le non-advenu au hasard de sa décision

l’illusoire de ce qui aurait pu mais ne se fige pas et ne se figeant pas trouve son enracinement-embranchement

ailleurs au gré des vents à la plongée des racines les cailloux à la jointure des sources les effondrements tordent les herbes qui étouffent les hommes qui arrachent les aliments qui tuent les jardinier qui transplantent les guerres qui rasent les femmes qui cuisent au bouillon les bouches qui crient boucles
les oiseaux happent les graines de la charrue qui laboure et retourne en mottes déchirées le sol paisible assoiffé d’un destin incongru

le champignonage incessant d’un réel dévorant

Pliure d’une image furtive mais déjà lasse

chaotique balbutiement d’un  temps

rage les mots s’imposent dans la versatilité

l’originalité d’un trait unique entrecoupé des mille cassures de millions de rejets de pousses en feuilles les fruits qui jutent les graines qui volent portées vers un vent qui les happe en destin qui ouvre inconnu aux pattes de l’insecte qui la pousse à sa fécondation ultime la vie graine haillon d’écorce

libérée la vive genèse éclate à l’invisible nos yeux captateurs

C’est ce devait être et en effet c’est l’élancé végétal le têtard l’embryon le sourire allumé au sexe

yeux de la vie fébrile se cache ici ce matin la corolle d’un espace fabuleux

éclipses toutes les spirales nécessairement sont rivales du soleil

éblouissement l’œil enclin aux étoiles brille même à pleurer l’arme de la nuit

Jah Mae Kân

parfois de belles surprises traversent la nuit, celle d’hier soir se nomme

Jah Mae Kân

,  elle est dédiée à carla Ferro la poétesse  du Cap-Vert , j’avais parlé de son blog et aimé sa poésie , l’occasion d’en reparler et surtout de poindre en écho cet autre poème de ce poète cameroonais :

A ce jour, a publié deux ouvrages : Héroïde Funèbre à Semira Adamu (Tétras Lyre, 2003) et Afro Blue Diaspora, poème-rituel pour voix diverses et interventions musicales (Editon, 2005). Le premier est un hommage à la regrettée Semira Adamu, morte étouffée par des gendarmes il y a dix ans; le deuxième, lui, est une manière d’oratorio (l’appellation reste impropre) par lequel il plaide pour la réhabilitation de la transhumance des Hommes et l’errance du sens de l’identité. Percussionniste, il a coutume de dire et chanter ses poèmes en public, accompagné d’autres musiciens et d’une danseuse.
Par ailleurs, il est conteur et animateur culturel. A ce titre, anime des ateliers de poésie orale et donne des conférences sur les littératures d’Afrique noire.

il dit

celui-là qui se cherche

entre la terre
et l’autre terre

celui-là ne se perd

il accomplira le chant

Jah Mae Kân

entre la terre
et l’autre terre

c’est le voyage qui fait le milieu

entre la terre
et l’autre terre

c’est le nomade qui sait le milieu

parler
qu’il dit

et il s’érige de promesse

chanter
qu’il dit

et il s’élance de conquête

il dit que danser
il dit que danser

c’est le milieu
où se confondent
les trajectoires
de la dérive

il dit que danser
il dit que danser

puis il s’élève

entre la terre
et l’autre terre

© Jah Mae Kân

Jah Mae Kân

parfois de belles surprises traversent la nuit, celle d’hier soir se nomme

Jah Mae Kân

,  elle est dédiée à carla Ferro la poétesse  du Cap-Vert , j’avais parlé de son blog et aimé sa poésie , l’occasion d’en reparler et surtout de poindre en écho cet autre poème de ce poète cameroonais :

A ce jour, a publié deux ouvrages : Héroïde Funèbre à Semira Adamu (Tétras Lyre, 2003) et Afro Blue Diaspora, poème-rituel pour voix diverses et interventions musicales (Editon, 2005). Le premier est un hommage à la regrettée Semira Adamu, morte étouffée par des gendarmes il y a dix ans; le deuxième, lui, est une manière d’oratorio (l’appellation reste impropre) par lequel il plaide pour la réhabilitation de la transhumance des Hommes et l’errance du sens de l’identité. Percussionniste, il a coutume de dire et chanter ses poèmes en public, accompagné d’autres musiciens et d’une danseuse.
Par ailleurs, il est conteur et animateur culturel. A ce titre, anime des ateliers de poésie orale et donne des conférences sur les littératures d’Afrique noire.

il dit

celui-là qui se cherche

entre la terre
et l’autre terre

celui-là ne se perd

il accomplira le chant

Jah Mae Kân

entre la terre
et l’autre terre

c’est le voyage qui fait le milieu

entre la terre
et l’autre terre

c’est le nomade qui sait le milieu

parler
qu’il dit

et il s’érige de promesse

chanter
qu’il dit

et il s’élance de conquête

il dit que danser
il dit que danser

c’est le milieu
où se confondent
les trajectoires
de la dérive

il dit que danser
il dit que danser

puis il s’élève

entre la terre
et l’autre terre

© Jah Mae Kân

identité

j’ai envie de dire sans animosité , embryon , my foot !
alors je le dis , facile !
l’édenté court après l’identité avec une idée athée ; mordre l’idée pour finalement s’assoir dessus, en tailleur , bien sur ,
l’identité serait donc un matelas d’où la confusion, les fakirs n’ont pas ce genre de problème car qui voudrait s’assoir sur un matelas denté?!

l’athée l’a dans le nez l’idée, bien sûr il ne boit pas de thé.

© L S 2007

identité

j’ai envie de dire sans animosité , embryon , my foot !
alors je le dis , facile !
l’édenté court après l’identité avec une idée athée ; mordre l’idée pour finalement s’assoir dessus, en tailleur , bien sur ,
l’identité serait donc un matelas d’où la confusion, les fakirs n’ont pas ce genre de problème car qui voudrait s’assoir sur un matelas denté?!

l’athée l’a dans le nez l’idée, bien sûr il ne boit pas de thé.

© L S 2007

l'assoiffé nocturne


fixité malgré ces vents tourbillonnants, ces feuilles farandoles tombent mortes à nos pieds, elles étaient si vibrantes aux rainures, si verte de vitalité qu’elles faisaient briller l’arbre de splendeur, elles  n’accrochent plus la sève aux branches, n’enflamment  plus l’azur dard de l’été  elles s’entassent dans un tapis jaune , elles couvrent d’or les forêts avant humus de révéler les corps nus os des arbres , elles sont l’apparat du temps qui pare et dépare, ne vaut que dans le mouvement des états de l’existence,  joint et disjoint et se retire, coït quotidien entre les choses et le monde réaffirmant toujours la prépondérance, terre meuble ou rocailleuse chagrines ou rieuses les vies cabots se meuvent dans le destin fatalité et mélancolie  barrière obstinée de l’irréel l’illusoire de ce qui aurait pu mais ne se fige pas et ne se figeant pas trouve son enracinement-embranchement au gré des vents à la plongée des racines cailloux à la jointure des sources des effondrements des vents qui tordent des herbes qui étouffent des hommes qui arrachent des aliments qui tuent des jardinier qui transplantent des guerres qui rasent des femmes qui  font cuire au bouillon des bouches qui crient boucles des oiseaux qui happent les graines de la charrue qui laboure et retourne en mottes déchirées le sol paisible assoiffé d’un destin incongru chaotique balbutiement d’un  temps
enragé des mots qui s’imposent dans la versatilité cohérence dont le trajet dispose en logique nébuleuse l’originalité d’un trait  unique entrecoupé des mille cassures de millions de rejets de pousses en feuilles en fruits qui jutent en graines qui volent portées vers un vent qui les happe en destin qui ouvre l’inconnu aux pattes de l’insecte qui la pousse à sa fécondation ultime  vie de graine, haillon d’écorce  libérée la vive genèse de éclate à l’invisible nos yeux captateurs

C’est ce devait être et en effet c’est , l’élancé végétal le têtard l’embryon le sourire allumé au sexe des yeux est là pour en témoigner , la vie fébrile se cache ici matin corolle étincelance d’un espace fabuleux éclipsant toutes les spirales nécessairement rivales du soleil, éblouissements enclins œil aux étoiles qui brillent même à pleurer de la nuit

2006

bAMAKO, LA COUR


sur le programme télé , sur Arte ce soir Un DIVERTISSEMENT nommé
Bamako
!!!!!!!!!!!DIVERETISSEMENT !!!!MORT DE RIRE  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!à voir absolument ces quelques quatre vérités assenées à la logique occidentale,
divertissante (!!!),
divertissement genre star AC , la photo le ferait croire
en guest star : l’Afrique , Aminata Traore, et le FMI , de quoi se tordre de rire effectivement…

Bamako , un procès où les accusés sont les grandes instances internationales , le FMI, la banque mondiale….

le procès se tient dans une concession , une sorte d’arrière cour, le procès se tient dans l’intimité sociale, l’afrique à domicile en minuscule et l’on voit les gens allez et venir, la vie quotidienne se refléte dans les visages, l’Afrique est au cœur des débats, comme une peau, le grand vécu sur les traits et les postures, les vies qu’une mince paroi ni un contrôle policier ne parviennent à dissimuler ni filtrer, le temps est le grand invité, la sagesse ancestrale et le chapelet de la vie, va et vient de l’être humain et présence immobile ne sont pas invités à la barre, mais elles semblent diriger les débats d’une voix muette, cette voix prendra de plus en plus d’ampleur parce qu’elle est tout simplement a cœur de tout; Tout rappelle le débat central et si la robe de loi est occidentale, l’africain ne peut se voiler longtemps , la banque mondiale ne peut qu’être condamnée parce que cela est inéluctable , la  décision se lit dans les vie comme une réparation nécessaire pour que la vie reprenne son cours et dérive de la violence urbaine, des sacrifices  des générations, guerres ou émigrations assassines,le futur est mandé à la barre et avec lui l’utopie dans le lieu de la parole ,

on y retrouve le juge et des avocats , des témoins , dont une prestigieuse Aminata Dramane Traore , auteure entre autre de: « l’étau » , l’afrique dans un monde sans frontières « , ancienne ministre de la culture , femme d’entreprise qui place la culture comme centre à l’entreprise et pense que l’Afrique loin d’être pauvre est trop riche de sa culture , d’autres, comme ce professeur veut penser un monde africain qui échappe à l’occident, les instances internationales se défendent , se succèdent à la barre les témoins qui refuseront de parler ou appelleront la grande antique parole africaine , véritable personnage, n’est ce pas l’Afrique elle même cette parole à l’existence surnaturelle,

l’Afrique , chez elle dans sa cour, amusée ou outrée de se travestir prend la parole , contre celle imposée de l’occident, elle retrouve sa logique propre et défie la pensée occidentale , le professeur d’économie politique dit que non , l’Afrique n’a pas besoin de banque, Aminata parle de paupérisation plutot que de pauvreté, une épouse exhorte un mari à quitter cet habit qui ne sera jamais le sien, une femme si belle se drape dans le noir d’un silence inexorable mais inflexible, un avocat blanc nous dit l’inévitable dans un réquisitoire enthousiaste et  juste, l’histoire ne peut que condamner ce manque d’humanité, inexcusable, l’occident régnant est coupable, qu’il cesse d’être le maître!

mais ce procès est encore le témoin d’une occupation occidentale , dans la rue ceux qui attendent , vivent , sont indifférents , meurent , vont travailler et se préparent à l’exil , ces visages , ces corps qui s’imposent de manière silencieuse comme étant irrémédiablement là , au delà des discours et des concepts, des jugements , ces hommes et ces femmes sont l’Afrique , le reste est mascarade,

qu’est ce donc que ce mot l' »Afrique »? dans ce mot le dessin danse la ligne , sculpte la forme comme un mot résonne de parfums , de couleurs , de sensations qui finalement incarne la chose , la chose nommée prend existence , l’identité ! je me souviens d’Alphonse Tiérou, du nom africain, de waati,  du masque, deuxième visage mensuration de l’être, Ce nom porté comme l’empreinte d’une mère, peut être si vieille qu’elle en parait impotente, out of date, dépassée, mais qui inlassable rappelle l’évidence au cordon, terre du monde, terres des homme, la dette est impayable, « l’unpagable » d’Amériqe latine, la dette est à remettre à la mater-terre, à l’humain-mère, impayable respect du à l’existence que nous bafouons, sous des mots-décharge, mots-poubelle, l’oubli de la parole,

quel est il ce mot ? que dois-je défendre en l’entendant, et pourquoi ma peau blanche frémit elle ? de ne pas se retrouver blanche, d’un ton de blanc inattendu qu’il en parait noir, si beau à fleur de terre !


«  l’Afrique est en nous » : Je me souviens des mots de Biga, comme pour me convaincre de la force de ce procès, calmer cette angoisse qui me met de l’autre coté de la barre. : Mais cette parole est aussi la mienne, ce visage, la fierté et la beauté est aussi la mienne, je défie les instances, l’Afrique est en moi, Aimé Césaire me parle dans mon sommeil et répond à ma question d’homme ante-occident, outre-France, Césaire comme dans « une journée sur terre » plane sur les débats, d’une phrase, d’une dédicace et comme les autres écrivains africains, ramène l’homme, la femme , l’enfant en point de mire, fierté à reconquérir, latérite de la terre d’érosion, l’humain n’apparait nulles parts aussi présent ni déterminé à ne pas abdiquer, une exigence indéfectible qui rappelle le moderne à sa condition d’homme, préalable incontournable,
On ne voit que la vie sous les fards de la destruction, ce grand changement indispensable, est-ce une révolution, est-ce ne guerre, changement de cap vers l’immense humanité du respect, souche de l’identité, miroir poétique, la beauté, comme le tatouage, est le miroir du monde, nom parole, humanité en déroute, sagesse antique qui donne le droit de détrôner le tyran,
le temps long à fleur de vie est implacablement enracinés dans les rides, présence et larmes, magnifique, l’humain la mort en attente ; et c’est l’homme , la femme qui veut reprendre vie , de façon inaudible mais incoercible .


bAMAKO, LA COUR


sur le programme télé , sur Arte ce soir Un DIVERTISSEMENT nommé

Bamako

!!!!!!!!!!!DIVERETISSEMENT !!!!MORT DE RIRE  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!à voir absolument ces quelques quatre vérités assenées à la logique occidentale,
divertissante (!!!),
divertissement genre star AC , la photo le ferait croire
en guest star : l’Afrique , Aminata Traore, et le FMI , de quoi se tordre de rire effectivement…

Bamako , un procès où les accusés sont les grandes instances internationales , le FMI, la banque mondiale….

le procès se tient dans une concession , une sorte d’arrière cour, le procès se tient dans l’intimité sociale, l’afrique à domicile en minuscule et l’on voit les gens allez et venir, la vie quotidienne se refléte dans les visages, l’Afrique est au cœur des débats, comme une peau, le grand vécu sur les traits et les postures, les vies qu’une mince paroi ni un contrôle policier ne parviennent à dissimuler ni filtrer, le temps est le grand invité, la sagesse ancestrale et le chapelet de la vie, va et vient de l’être humain et présence immobile ne sont pas invités à la barre, mais elles semblent diriger les débats d’une voix muette, cette voix prendra de plus en plus d’ampleur parce qu’elle est tout simplement a cœur de tout; Tout rappelle le débat central et si la robe de loi est occidentale, l’africain ne peut se voiler longtemps , la banque mondiale ne peut qu’être condamnée parce que cela est inéluctable , la  décision se lit dans les vie comme une réparation nécessaire pour que la vie reprenne son cours et dérive de la violence urbaine, des sacrifices  des générations, guerres ou émigrations assassines,le futur est mandé à la barre et avec lui l’utopie dans le lieu de la parole ,

on y retrouve le juge et des avocats , des témoins , dont une prestigieuse Aminata Dramane Traore , auteure entre autre de: « l’étau » , l’afrique dans un monde sans frontières « , ancienne ministre de la culture , femme d’entreprise qui place la culture comme centre à l’entreprise et pense que l’Afrique loin d’être pauvre est trop riche de sa culture , d’autres, comme ce professeur veut penser un monde africain qui échappe à l’occident, les instances internationales se défendent , se succèdent à la barre les témoins qui refuseront de parler ou appelleront la grande antique parole africaine , véritable personnage, n’est ce pas l’Afrique elle même cette parole à l’existence surnaturelle,

l’Afrique , chez elle dans sa cour, amusée ou outrée de se travestir prend la parole , contre celle imposée de l’occident, elle retrouve sa logique propre et défie la pensée occidentale , le professeur d’économie politique dit que non , l’Afrique n’a pas besoin de banque, Aminata parle de paupérisation plutot que de pauvreté, une épouse exhorte un mari à quitter cet habit qui ne sera jamais le sien, une femme si belle se drape dans le noir d’un silence inexorable mais inflexible, un avocat blanc nous dit l’inévitable dans un réquisitoire enthousiaste et  juste, l’histoire ne peut que condamner ce manque d’humanité, inexcusable, l’occident régnant est coupable, qu’il cesse d’être le maître!

mais ce procès est encore le témoin d’une occupation occidentale , dans la rue ceux qui attendent , vivent , sont indifférents , meurent , vont travailler et se préparent à l’exil , ces visages , ces corps qui s’imposent de manière silencieuse comme étant irrémédiablement là , au delà des discours et des concepts, des jugements , ces hommes et ces femmes sont l’Afrique , le reste est mascarade,

qu’est ce donc que ce mot l' »Afrique »? dans ce mot le dessin danse la ligne , sculpte la forme comme un mot résonne de parfums , de couleurs , de sensations qui finalement incarne la chose , la chose nommée prend existence , l’identité ! je me souviens d’Alphonse Tiérou, du nom africain, de waati,  du masque, deuxième visage mensuration de l’être, Ce nom porté comme l’empreinte d’une mère, peut être si vieille qu’elle en parait impotente, out of date, dépassée, mais qui inlassable rappelle l’évidence au cordon, terre du monde, terres des homme, la dette est impayable, « l’unpagable » d’Amériqe latine, la dette est à remettre à la mater-terre, à l’humain-mère, impayable respect du à l’existence que nous bafouons, sous des mots-décharge, mots-poubelle, l’oubli de la parole,

quel est il ce mot ? que dois-je défendre en l’entendant, et pourquoi ma peau blanche frémit elle ? de ne pas se retrouver blanche, d’un ton de blanc inattendu qu’il en parait noir, si beau à fleur de terre !


«  l’Afrique est en nous » : Je me souviens des mots de Biga, comme pour me convaincre de la force de ce procès, calmer cette angoisse qui me met de l’autre coté de la barre. : Mais cette parole est aussi la mienne, ce visage, la fierté et la beauté est aussi la mienne, je défie les instances, l’Afrique est en moi, Aimé Césaire me parle dans mon sommeil et répond à ma question d’homme ante-occident, outre-France, Césaire comme dans « une journée sur terre » plane sur les débats, d’une phrase, d’une dédicace et comme les autres écrivains africains, ramène l’homme, la femme , l’enfant en point de mire, fierté à reconquérir, latérite de la terre d’érosion, l’humain n’apparait nulles parts aussi présent ni déterminé à ne pas abdiquer, une exigence indéfectible qui rappelle le moderne à sa condition d’homme, préalable incontournable,
On ne voit que la vie sous les fards de la destruction, ce grand changement indispensable, est-ce une révolution, est-ce ne guerre, changement de cap vers l’immense humanité du respect, souche de l’identité, miroir poétique, la beauté, comme le tatouage, est le miroir du monde, nom parole, humanité en déroute, sagesse antique qui donne le droit de détrôner le tyran,
le temps long à fleur de vie est implacablement enracinés dans les rides, présence et larmes, magnifique, l’humain la mort en attente ; et c’est l’homme , la femme qui veut reprendre vie , de façon inaudible mais incoercible .


brume solaire

©L S 2005