Derrière ce voile que la nuit relâche il est difficile de voir ce dont sont fait les tempêtes ces soubresauts du vide et de l’atmosphère quand le noir indifférencié lentement se lève brume et déchirements de jour la fermentation dans l’effarement de l’obscurité pesamment avec douceur cède à la vision sans qu’elle surplombe mais s’élève alors l’éclat et le mouvement sur l’horizon orientant toutes choses les rendant lumineuses comme satisfaites de la lumière rend à chaque corps sa raison et la fougue d’étinceler.
Au matin la lumière et le vent
faisant frisonner le monde et
moi dans la longueur sans fin
du filet d’âme qui déverse un
peu sa mélancolie sur le jour
peur de manque si nuage noir
et l’ombre plus lourde que le
soleil dévalant l’aura lointaine
La clarté crue frappe l’ombre, l’enfonce vers les seuils obscurs et profonds de la lumière, l’architecturant, dans les contreforts de cet ensemble des branchages mouvants où cette douce parenthèse s’ouvre l’air y vibre joue l’air dans le plein extase de la couleur puis l’abandonne remonte vers le haut du prisme jusqu’à toucher l’une des deux extrémités l’un ou le multiple transparaissant la blancheur ou l’opaque descendant dans les graves sans qu’il n’y ait d’aigu noyant la phase de l’éclaircissement dans une étape médiane C’est donc à un balancement de tous les degrés de la luminosité transgressant l’accompli de ce que l’on peut appeler le plein de la couleur L’arbre au fil de la journée est une mutation lumineuse progresse dans un voyage immobile à peine battu par les vents mais intérieurement changeant du tout au tout l’éclat le transfigure et renvoie vers l’abstraction.
Hollan, fusain et arbre
Derrière la masse puissante qui lui fait une croute et où joue la lumière une succession d’arpèges c’est rythmique ce n’est pas un squelette un tintamarre de son vibrés de l’intérieur depuis les vaisseaux de sève qui circulent du gros tronc en nœud jusqu’aux grosses branches aux plus petites cassantes ou souples ou rampent les limaces La sève musicale fait entendre l’énergie bruissante. Ces grandes lignes ne sont rien d’autre que des lignes de souffle que la croissance de l’arbre dans son temps a instauré, il y a ce soupir qui émane de l’ombre transfigurée Elle assoie le corps dans l’esprit.
Hollan, arbre
L’arbre est une boule de poils qui se hérisse, drus et noirci par les excès de climat creusé par les agressions qui peuplent l’air, franges des terreaux lierres et mousses à ras du sol Le monde où il est né est habité animaux à bave et parasites, maladies gangrène et fourmis rouges pic vert biche humain à buche L’arbre dans l’ensemble garde sa rondeur indifférente aux cavalcades des écureuil des hautes branches et aux écroulements de l’age, l’arbre hirsute envahi d’oiseaux plus nombreux que les feuilles chanter l’immensité verte rendant jalouses les sphères de l’éther ces comètes d’un jour font le fracas volatile à longueur d’envergure sans qu’il y ait bien de temps fixe, le quotidien de l’arbre s’adresse au haut et tremble de ces anneaux pousses et écorce écornée brousse alors qu’il est si lent le végétal est en boule, affaire de nerf ou bien d’adaptation à la planète.
Elle a ramené la beauté sur sa bouche comme un volcan au sommet de l’air
L’île s’est embrasée en flammes suaves en gouttelettes de mer sur le grand vent chaud de la flagrance Elle a du bout de ses doigts sans penser à rien par le velours humide de sa bouche soufflé légèrement pour que vogue s’envole s’irise la douceur Du plus profond de la couleur des grains fins pour que se détache de sa peau aussi fine que dix mille sanglots du soleil sur le teint la transparence à vif le crin La lumière un seul étincellement l’oiseau multicolore s’est mis à vibrer ailes de feu crinières de cristal chant insistant des myriades de bouclettes envahissent l’océan harnachées d’eau en droite ligne verticale plongeant là où la langue de terre se détache Flot sur l’eau plane l’alizé sur une ligne mélodique de basse aussi volubile que la mer violente et verte la belle tige d’hibiscus.
photo inconnue pour éviter l’usage interdit de celle que je convoite
Ma bouche et son pied
ambre sur le sol de l’île
ses pieds couronnés d’or
touchent et embrasent
le sol si léger
la poudre brune de la mer
La trace dans le sable
la lumière a laissé
l’orteil la fleur et l’ongle
s’envolent aux quatre vents
de Port Louis embrassant
les maisons rouges les visages
les yeux clos de ma bouche
que j’avais entrouverte.
Tellement dans la beauté
comment ne pas t’aimer
envole toi
embrasse les nuages
salue l’océan
foule la terre de l’ile
couvre toi de ses fleurs
et aime! nage dans les
eaux de l’amour
change de peau
réponds au chant de l’oiseau
j’enlacerai l’idée de toi
rejoignant ton entièreté
Elle dans les bras de son île
apprêtée comme une reine
sereine comme une vestale
pour offrir en retour à sa terre
ses cheveux une parure d’or
une perle de nacre à son cou
mieux que de l’encens
des bracelets sonores un anneau
de l’amour sucre sur sa bouche
le bec de l’oiseau sa joue
une offrande de fleurs pales
rosée sur son corps
des traits de poussières noires
vent sur les yeux
ses yeux qui sont des îles
et des pieds sanglots
inspiration sur ses pas
Comme si l’avion accroché à mon flanc je sens les moteurs qui arrachent mes entrailles les déplient des kilomètres d’entrailles avant que ne se déchirent brutalement dans le ciel bleu dans la vapeur de nuage dont je suis le gardeur l’en traille l’avion et les fleurs l’oiseau hilare de l’île en vol canaille à la belle qui pose son beau pied lumineux sur la terre aimée si douce sa chevelure que les fleurs embaument de la sueur Paradisiaque.
Laura, je te vois
je vois la fleur
et moi intérieurement je chante
la fleur
longue veloutée de l’humidité
qui fait luire la lèvre
déborde en paysage l’effluve
ensorceler l’œil de la douceur
retombante du pétale
au fin fond de l’esprit
la langueur retombée de l’inclinaison
l’ange tendre de la corole
ta robe
le parfum
et la couleur qui caresse
refermée sur la peau comme pour dormir
paupière ouverte sur le pore
luit sur l’iris
la rosée d’ambre
le mauve et le nacre
le noir luisant parait l’irrémédiable
un puits moins profond
que le fil
de cette eau qui remonte
enchante la soif en lumière ce matin