Ma bouche et son pied
ambre sur le sol de l’île
ses pieds couronnés d’or
touchent et embrasent
le sol si léger
la poudre brune de la mer
La trace dans le sable IMG_6246
la lumière a laissé
l’orteil la fleur et l’ongle
s’envolent aux quatre vents
de Port Louis embrassant
les maisons rouges les visages
les yeux clos de ma bouche
que j’avais entrouverte.

 

Song quand tu t’en vas

 Tu m’annonces que tu t’en vas, je le savais j’attendais dans le silence

les beaux oiseaux sur la cote font face
à l’océan
à l’immensité de gouttelette
le regard perdu dans la beauté
les pattes rivées sur l’avenir
je m’en souviens tu me l’avais dit

le bel oiseau aime l’espace
il s’envole au carmin
qu’il ouvre  devant l’île
c’est la joie de ses ailes
qui brasse

A
Toi bel oiseau
de l’océan
le ciel et la nuit
l’univers entier dans ta robe
je te voyais te poser venir
vers moi de ce bel air
et j’étais tout à toi

A
Tu m’as dit le ciel
la terre
deviens oiseau sois la terre
sois le ciel
vas à la nuit picore les étoiles
le monde si beau
le monde est ta maison

A

Ce monde si beau
pente de l’envol de l’être
sous mes pieds rêver
s’est mis à s’envoler je
me suis accroché à ses plumes
je ne le quitterai plus
Dans ma main plume
de l’oiseau
dans mon cœur toi à jamais
bel oiseau de mon pressentiment
Jamais je ne nous quitterai

 

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Car les mots laisse une trace
dans le ciel
sur la terre en ton âme
une déflagration
j’ai bien tort de me
demander où tu vas
tu es là où le feu
d’artifice
illumine
sans que je sache bien
pourquoi
la mèche allumée
l’éther s’embrase
autant de fleur dans
l’air que d’étoiles
de pépites dans ton iris
je dis et la filante
nous étincelleimg_6449

je suis sorti dans le jardin
quatre pétales mauves faisaient une bouche
certaines s’ouvraient toute rouge
le monde par la couleur exhalait l’envie
tirait de chaque age sa floraison
mes corolles au soleil
j’ai suivi le conseil de la nuit
je me suis mis à écrire avant d’aller peindre
le reste pouvant attendre

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J’ai eu envie de ce soleil
de chaleur sur mon corps
une bouche sur ma peau
Dans mon corps un feu
un fauve à l’intérieur
Dans mon corps une lune
les flots entre mes eaux
Dans mon corps l’étoile
la fournaise et l’explosion
Le Soleil la Lune mon étoile
j’ai eu soif de nous aimer
d’étoffer nos fleuves être
sang à l’affluent du cœur

Anne Brigman1923

C’est ici c’est maintenant le temps me tire par le col
me dit stop prends à gauche perds toi
tu as suffisamment travaillé les anciens textes laisse
suffisamment arpenté les mêmes chemins abrège
pars de jour ou de nuit sous le soleil sous les étoiles
le papier est raturé aussi fin qu’un toile d’araignée
figure bleue errante abasourdie par la répétition
sur la pierre sur le gravier sur  le sable ou la mer
sous la voute sous la croute
les  écroulements d’étoiles une porte s’ouvre
un ours s’ébroue l’oiseau pale est doux
la bise j’entends mon âme qui grince
je sens frémir une humidité de mousse
une odeur de champignon un éclat d’aile du papillon
un reste de poussière d’éther dans la poussière
dans le vent le souffle chaud turquoise
mes pas se toisent tes pas se croisent
ils se recroisent
dégage les broussailles pousse les nuages
ils voilent le chemin dans la forêt
une liane fait un pont sur ta peau
voie de lait immobile lascive
voix folle de la tempête
tes yeux d’encre au bord de la fournaise
tes paupières rehaut de charbon
trait d’ocre de ton nom sur tes
lèvres de fruit de goyave
je les bois j’en presse le suc
je voudrais dans mes lèvres
sous la langue un passage de nos mots
et pour s’adjoindre le silence
mets l’embarcation à la mer
la mer est haute elle peut lancer nos sangs
à la surface sous une trouée noire
la peau de clarté  la peau de Lune
où dans le ciel transparent
les pieds de perles cernées d’eau
dans les yeux de Laura passe le feu lent de la braise
l’écart absolu des écorces et de la sève
les rires les pleurs
les vagues qu’inhalent les vents :

sois qui tu es, aime ce que tu aimes,
respire, inspire
sois l’aura de mes astres

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Je te vois
Lune lumineuse
soleil sous le diamant
des papillons porte bonheur
tourterelle  dans la couleur
battement sur l’air

j’ai pensé
Moi je suis la terre pour  l’oiseau
pour être la terre être le ciel
pour être le ciel  voir les étoiles
et le grand noir piqueté d’Or
étoile dans les yeux de Laura

LAURA
je les ai suivi dans la nuit
la route de terre  dentelle de nuit
sous les pins un chemin de terre
les longs troncs d’arbre cache de ciel
m’ont fait une confidence

soudain
filante une étoile à la verticale
j’ai respiré j’ai rassemblé mes pensée
toutes de toi  lancées aux étoiles
au firmament aux gouttes de l’esprit
qui les a bu pour qu’elles retombent
ensemencer la beauté

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éclaircissement, froncement du foncé, de la couleur sur la joue et de l’ombre au dessus de l’oeil pour percevoir
des bras pour la puissance de ma traine
l’attraction et la raison unique
je porte tout ce que j’aime avec moi dans une sorte de danse qui me remonte
j »enlace même en marchant dans la journée en parlant avec toi avec elle enlaçant aussi bien lui qu’elle si je je l’aime cela se voit dans les yeux
même si je suis malheureux ou triste ou délaissé je ne veux plus quitter l’état d’amour l’état de présence au monde
je n’accepte plus la retraite je tombe je souris je recule je souris et je continue ma danse de la lumière à la pointe de la feuille
de tout ce que je porte avec moi que le rêve me révèle et que je révèle au jour
je ne veux plus rien quitter je sens monter jusqu’à tout inspirer le souffle et l’inspire, le respire imprègne ma respiration et les milliers de particules que je rejette dans l’atmosphère un peu de moi au plus près de toutes mes traces que je ne quitte plus

Et j’écris, j’appose les couleurs, je respire je marche j’aime je regarde je dis je suis
Rien ne peut me convaincre du contraire
je saute dans ton grand fond les jambes bien ouvert pour que ça fasse clac
un grand plat dont je me souviendrai pour l’éternité
et j’espère que tu m’éclabousseras, me marqueras me bousculeras hors de ma course
que je n’ai plus de course
plus de couleurs, plus de lumière
que je ne sois qu’une fibre du halo de l’immensité
heureusement irisé, électrifié, réveillé hors de toute certitude
et tremblant
tremblant et apaisé de se savoir entre
le violet le brulot le baiser de l’univers
J’ai besoin de cette chaleur
de la remontée des grands fonds
de la musique des sphère
et de la voix
qui me trouve l’accord trouble une seule note
et qui disparait heureux de ne plus revenir
l’écho en sombre sans voix en une voix

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Ciel et mer
s’échappant vers le haut
de la masse à l’horizon
vapeur
ou chemins de fuite
embaument
le moindre des petits oisillons
le poids se glisse dans la mer
se coule
le vent dans les écumes
au dessus le ciel est immense
des tranchés d’octaves
réinsère
l’immensité vide
le fief des étoiles

En dessous
bien qu’on ne la voit pas
il y a la sirène
le royaume contrasté
des bleus
limpide
clair si profond
la  nage de l’eau brune

ciel et mer embaument