vague à lam

mer_2G gout du sel marin sur ma peau B brasser l’eau du rivage retrouver les mouvements dorsaux, M me sentir nageoire

Je retrouve l’eau

la mer m’environne
mon alliée ancienne
trempe le torse à l’ hibiscus

un bien être me soulage

Ma chamade s »’emballe et je dérape
pourpre
le bleu teinte le ton carmin


ton visage malgré moi en moi

l’eau triste d’être muette
la gêne alourdie du secret

m’alléger
redevenir libre
nager vers la lumière
au loin l’eau dans les galets
loin une transparence corail étire


Une ligne éparse

garder l’eau à la verticale I médiane
douceur déterrée
cime immergée
ile toujours
pan fractal
à l’horizon
reste une ligne
se confond et trace un cercle
vif sidéral

La beauté reste la même
un même engouement
engloutie une utopie?


le temps 46 fois s’est déroulé
la plage de sable me le ramène
grain d’or où je me roule
palpe l’odeur du temps


Mon en-vie à vivre à dérouler
plage d’airain l’onde immergée

Lierre étouffant le chêne du temps la rose s’épuise en songe

MAIN_2Sagesse tristesse le sable agrippe la peau la mer ramène au rivage les vagues
c’est l’eau qui renouvelle le temps en rouleaux

Le sable sans qu’il soit triste est une rive à l’âme

Montagne infime au creux des doigts
l’age zen entoure la pierre et contemple
le vécu et l’inaccompli

Titien dans les flots

mer_2G gout du sel marin sur ma peau B brasser l’eau du rivage retrouver les mouvements dorsaux, M me sentir nageoire

Je retrouve l’eau

la mer m’environne
mon alliée ancienne
cette fois mon hibiscus est bien trempé

un bien être me soulage

Je pense au Titien quand il  peint Suzanne et les vieillards, vieil homme qui lorgne vers la nymphe
femme du désir ou  regard de convoitise
indécence ou parabole ? ce vieillard est-ce moi aujourd’hui?

mon voyage à l’eau résonne  de la question à quel point suis-je de mon age à ma vie

Ma chamade s »’emballe et je dérape Titien me revient dans l’eau bleu que teinte le ton carmin
garder l’eau comme point de repère
la beauté reste la même un même engouement, une utopie?

le temps 46 fois s’est déroulé
la plage de sable me le ramène
grain d’or où je me roule
palpe l’odeur du temps

mon en-vie à vivre
à dérouler
plage d’airain dans l’onde immergé

lierre étouffant le chêne du temps la rose s’épuise en songe

MAIN_2La sagesse tristesse le sable agrippe la peau la mer ramène au rivage les vagues
c’est l’eau qui renouvelle le temps en rouleaux

le sable sans qu’il soit triste est une rive à l’âme
montagne infime au creux des doigt
l’age zen entoure la pierre et contemple
le vécu et l’inaccompli

Titien dans les flots

mer_2G gout du sel marin sur ma peau B brasser l’eau du rivage retrouver les mouvements dorsaux, M me sentir nageoire

Je retrouve l’eau

la mer m’environne
mon alliée ancienne
cette fois mon hibiscus est bien trempé

un bien être me soulage

Je pense au Titien quand il  peint Suzanne et les vieillards, vieil homme qui lorgne vers la nymphe
femme du désir ou  regard de convoitise
indécence ou parabole ? ce vieillard est-ce moi aujourd’hui?

mon voyage à l’eau résonne  de la question à quel point suis-je de mon age à ma vie

Ma chamade s »’emballe et je dérape Titien me revient dans l’eau bleu que teinte le ton carmin
garder l’eau comme point de repère
la beauté reste la même un même engouement, une utopie?

le temps 46 fois s’est déroulé
la plage de sable me le ramène
grain d’or où je me roule
palpe l’odeur du temps

mon en-vie à vivre
à dérouler
plage d’airain dans l’onde immergé

lierre étouffant le chêne du temps la rose s’épuise en songe

MAIN_2La sagesse tristesse le sable agrippe la peau la mer ramène au rivage les vagues
c’est l’eau qui renouvelle le temps en rouleaux

le sable sans qu’il soit triste est une rive à l’âme
montagne infime au creux des doigt
l’age zen entoure la pierre et contemple
le vécu et l’inaccompli

CHEHEM WATTA

Et moi tout seul


tu le sais
si bien
je n’ai
jamais dansé
antant

que quand ma tête
en transe
chantait l’absence
des chemins
au goût olive

§

Enfin rien       sauf un           peu d’eau
rides          cils en faux – cils         de l’oubli
robe           syllabes              de nuages
toges          de vents                humides

les gosses
inondent
les arcades

nuées
ondulant de frissons

leurs têtes surgissent
sans passion
de la terre
entre leur mémoire
et                            demain
la faim                                                 tresse
le fil boueux de notre parole

où aller bon sang
cacher cette honte
infinie
dans la chute des temps


©Chehem Watta, Cahiers de brouillon des poèmes du désert, L’Harmattan

Chehem Watta, poète de Djibouti, issu d’une famille de pasteurs qui nomadisent encore entre l’Ethiopie et Djibouti, semble maintenir cette tradition dans l’écriture, la modernité l’ayant entrainé sur d’autre voies (les études supérieures et l’administration) l’écriture comme un brouillon, fragmentaire, au sens noble du mot, dans ces contrées où le vent relativise l’homme, soumet son pas au sable, le rappel de la terre, il semble nier Rimbaud et pourtant le poursuivre, comme s’il fallait résoudre une contradiction, un affrontement. Ces poèmes me semble autant de moments arrachés ou dispersés, aux vents, à la roche, à l’homme et sa survie, la femme et l’enfant, l’avancée millénaire et la nécessaire soumission, rêve de liberté, écho des lointains, misère obstinément rendue.

le cahier de brouillon est comme tracé sur le sable, entre le geste des ancêtres et une tentative de rejoindre la modernité, la joindre?

CHEHEM WATTA

Et moi tout seul


tu le sais
si bien
je n’ai
jamais dansé
antant

que quand ma tête
en transe
chantait l’absence
des chemins
au goût olive

§

Enfin rien       sauf un           peu d’eau
rides          cils en faux – cils         de l’oubli
robe           syllabes              de nuages
toges          de vents                humides

les gosses
inondent
les arcades

nuées
ondulant de frissons

leurs têtes surgissent
sans passion
de la terre
entre leur mémoire
et                            demain
la faim                                                 tresse
le fil boueux de notre parole

où aller bon sang
cacher cette honte
infinie
dans la chute des temps


©Chehem Watta, Cahiers de brouillon des poèmes du désert, L’Harmattan

Chehem Watta, poète de Djibouti, issu d’une famille de pasteurs qui nomadisent encore entre l’Ethiopie et Djibouti, semble maintenir cette tradition dans l’écriture, la modernité l’ayant entrainé sur d’autre voies (les études supérieures et l’administration) l’écriture comme un brouillon, fragmentaire, au sens noble du mot, dans ces contrées où le vent relativise l’homme, soumet son pas au sable, le rappel de la terre, il semble nier Rimbaud et pourtant le poursuivre, comme s’il fallait résoudre une contradiction, un affrontement. Ces poèmes me semble autant de moments arrachés ou dispersés, aux vents, à la roche, à l’homme et sa survie, la femme et l’enfant, l’avancée millénaire et la nécessaire soumission, rêve de liberté, écho des lointains, misère obstinément rendue.

le cahier de brouillon est comme tracé sur le sable, entre le geste des ancêtres et une tentative de rejoindre la modernité, la joindre?

encore femina y la violenta farra !

encore femina y la violenta farra !

échappée nocturne

opalines senteur et cuivre
papyrus dyonisiaque
un secret s’y trouve réjoui

§

Dans l’échappée nocturne
l’argile
flore d’une coulée de lave

§

telles qu’elles
opacisent à mi-chemin
égarent
ramènent au chemin
qu’elles
tracent sur ma rétine

§

gémissent
noir bleuté

§

Les mains brunes
effilées et fortes

§


d’accord elles luisent au soleil
mais la tendresse les détiennent

§

voiles éprises des jeux de lumière

§

Comme une mise en abime
les mains sauvages
oublient les mots retords

§

L’intempérance
les pigments qui détonnent
s’agrippent à l’espérance

§

A l’aube remontent du fonds des tons

§

Magnificence des bruns
ondée sur les doigts
le sang des roses s’épanche

§


Aube de rose la robe rosée
vacarme de la pigmentation

§

Tes yeux plissés
ta lèvre plissée
terre dissimulée


§


volcan refroidi des plis
des gorgées chaudes
le cratère dans ta main

§


le nacre
blancheur de lait
luit
comme une aura

§

au bord de tous les bords
plis cendrés
gris carnés
lave orangée  des foudres


§


carmines ombrées
au vif rejet d’azur

§


 

l’étoilement

1718464886

Une duite est un fil que la navette d’un métier à tisser conduit depuis une lisière jusqu’à l’autre, dans l’ourdissage d’une étoffe quelconque. l’étymologie de ce mot réside dans l’ancien verbe « duire », qui signifie conduire.
Comment donc s’approcher d’un tel retrait ? comment traverser la lisière ? Comment se conduire devant-jusqu’à – une telle singularité ? Comment passer dans les plis du baîllon social ?


Son espace murmure quelque chose pour lui : Il n’y a pas de meubles (seulement une grande table blanche et seulement deux chaises) Les murs disparaissent derrière de grands tableaux empilés les uns sur les autres, débordant sur les cotés, feuilletant déjà notre sensation colorée, envahissant notre regard de tous ces pans explosés. Impression d’éclairs et d’étoilements multiples : failles de couleurs, mouvements, embrassements, trouées, zébrures. En même temps silences embarrassés. Gène et sidération mêlées.


(…) il y a ici comme une inversion de mes espaces familiers, pas un livre au mur seulement ces couleurs étoilées, mais sur le sol des centaines, des milliers de livres en tas, des montagnes des vallées, des paysages de livres (je vérifierai un peu  plus tard qu’Hantaï connait chaque place, chaque recoin de ce maquis). Poésie et philosophie font le sol de sa maison.

© L’étoilement conversation avec Hantaï, G Didi Huberman, Minuit)

l’étoilement

1718464886

Une duite est un fil que la navette d’un métier à tisser conduit depuis une lisière jusqu’à l’autre, dans l’ourdissage d’une étoffe quelconque. l’étymologie de ce mot réside dans l’ancien verbe « duire », qui signifie conduire.
Comment donc s’approcher d’un tel retrait ? comment traverser la lisière ? Comment se conduire devant-jusqu’à – une telle singularité ? Comment passer dans les plis du baîllon social ?


Son espace murmure quelque chose pour lui : Il n’y a pas de meubles (seulement une grande table blanche et seulement deux chaises) Les murs disparaissent derrière de grands tableaux empilés les uns sur les autres, débordant sur les cotés, feuilletant déjà notre sensation colorée, envahissant notre regard de tous ces pans explosés. Impression d’éclairs et d’étoilements multiples : failles de couleurs, mouvements, embrassements, trouées, zébrures. En même temps silences embarrassés. Gène et sidération mêlées.


(…) il y a ici comme une inversion de mes espaces familiers, pas un livre au mur seulement ces couleurs étoilées, mais sur le sol des centaines, des milliers de livres en tas, des montagnes des vallées, des paysages de livres (je vérifierai un peu  plus tard qu’Hantaï connait chaque place, chaque recoin de ce maquis). Poésie et philosophie font le sol de sa maison.

© L’étoilement conversation avec Hantaï, G Didi Huberman, Minuit)