l’étoilement

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Une duite est un fil que la navette d’un métier à tisser conduit depuis une lisière jusqu’à l’autre, dans l’ourdissage d’une étoffe quelconque. l’étymologie de ce mot réside dans l’ancien verbe « duire », qui signifie conduire.
Comment donc s’approcher d’un tel retrait ? comment traverser la lisière ? Comment se conduire devant-jusqu’à – une telle singularité ? Comment passer dans les plis du baîllon social ?


Son espace murmure quelque chose pour lui : Il n’y a pas de meubles (seulement une grande table blanche et seulement deux chaises) Les murs disparaissent derrière de grands tableaux empilés les uns sur les autres, débordant sur les cotés, feuilletant déjà notre sensation colorée, envahissant notre regard de tous ces pans explosés. Impression d’éclairs et d’étoilements multiples : failles de couleurs, mouvements, embrassements, trouées, zébrures. En même temps silences embarrassés. Gène et sidération mêlées.


(…) il y a ici comme une inversion de mes espaces familiers, pas un livre au mur seulement ces couleurs étoilées, mais sur le sol des centaines, des milliers de livres en tas, des montagnes des vallées, des paysages de livres (je vérifierai un peu  plus tard qu’Hantaï connait chaque place, chaque recoin de ce maquis). Poésie et philosophie font le sol de sa maison.

© L’étoilement conversation avec Hantaï, G Didi Huberman, Minuit)

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