notes pour un paysage

Ne te sers pas du réel pour justifier tes manques,
réalise plutôt tes rêves pour mériter ta réalité

« passionnément vivre un paysage. Le dégager de l’indistinct, le fouiller, l’allumer parmi nous. Savoir ce qu’en nous il signifie. porter à la terre ce clair savoir. »

(édouard Glissant, l’intention poétique, seuil)

© L S bosquet 2004

suling

Jasmin en vol papillon, seul de tige en belles ailes le bariocolore étire les mailles en soubresauts triade sa mature calligraphique comme une offrande, frèle prière et clair ajour la lune au petit matin renvoit la matitée à la nuit opalescence noctambule matiné le maté entre etherenvol surenchère cap pointue meurt blème syrinx  les couleurs circumvolent en volutes bleues collation argentine  les tranchestringle appellent les méridiannes opacité ou  hémisphère à l’aune de l’évanouiescence de l’air , balantremblement végétal et feutiraillement de la terre montagne si proche , envoutement cosmodiluvien l’océan danger heureux de la mer , tresses graminées sur les cactées gémissent,

© L S, 2004

ce mariage entre des sons karmadialogues rapprochent incessamment les flutes des traits filés en une philosophie imperceptible mais qui m’engloutit .

tout-monde

la pensée d’Edouard Glissant ( « traité du tout-monde ), le festival d’Itxassou au pays Basque du grand Benat Achiary qui accueillait justement le grand Martiniquais ,
je martèle : oui la pensée du tout-monde est une douceur dans nos cœurs et nos vies , un signe fort d’un avenir possible, le monde ancien s’est délité et l’Europe aussi , le résultat pour les peuple du monde est qu’ils peuvent à présent se comprendre autrement , en rhizome et nous plus en racine unique, comme le montre la langue créole et chez vous l’excellent Gaston Miron , mon grand frère, Gaston mi campêcho, et toi Atahualpa …
soulignons cette magnifique aventure initiée par Edouard Glissant où un voilier c’est envoilé avec à son bord des écrivains pour rendre compte des peuples des îles qu’ils allaient visiter, en ami et porteur de parole que sont les écrivains, avant tout ( cf. Raga de le Clézio sur les peuples du pacifique)
mais ceci est une autre histoire je reprends et cite : » …c’est ma langue que je ne sais plus reconnaitre des marécages de mon esprit brumeux à ceux des signes aliénés de ma réalité » G M;
oui la langue, en linguiste , c’est aussi l’endroit où tout se joue, c’est le laboratoire d’une transformation intérieure et d’une mise à jour des couches de l’être en chemin de recyclage en strates de notre identité, de notre être au monde , G M souffrait en euphorie de cette langue à reconquérir, comme nos antillais, et si comme je le cite ailleurs il suffit de bondir (wole Soyinka), la poésie est ce lieu là ( cf. ma note en hommage à Césaire) qui réinvente le langage pour porter sa vie et fracturé l’espace de l’aliénation, être … autrement ;
c’est le grand espoir ;
et je regarde … par là !
et même si on nous temps l’autre miroir, en creux qui nous enjoint de se conformer, à la langue , à l’ordre conformiste de la violence à l’être , hors de raison, de l’humain en paix,
oh ma chair du monde oh l’air qui m’habille oh le ciel que j’œil !…

francophonie

Jean Pierre Siméon et la francophonie

dans l’introduction à « ma peau est fenêtre d’avenir » , « JEAN PIERRE SIMEON dit de Tanella Boni :
« 
L’invention de la langue et, à travers elle,des incertains secrets qui unissent les hommes sous le défilement incessant des ciels et des jours, telle est sans doute la première tâche du poète. Mais il faut préciser : la langue n’est pas un moyen, elle est bien davantage: un lieu, la demeure imprévue que se batie la conscience humaine, sa vrai résidence sur la terre. Voila qui fait l’idéale fraternité des poètes: leur engagement commun à élire dans la langue sa part réputée inhabitable, ses chambres closes, ses pièces interdites et ses fenêtres oubliées. Quand il ne s’agit pas comme c’est le cas le plus souvent, d’ouvrir des fenêtres et des portes où la langue est murée. Cette ouverture inespérée, ce bousculement des limites, ce réaménagement du lieu propre à la poésie, ils agissent doublement quand les poètes qui les opèrent sont eux même « étrangers dans la langue » . Langue alors refondée, régénérée par l’ailleurs.
… Si l’expression poésie française a un sens, ce ne peut être que dans la reconnaissance de cette appel d’air qu’elle provoque dans notre territoire mental, toujours menacé de confinement satisfait,. Oui, si la poésie est cet éloge de l’autre et de l’ailleurs dans la langue, nous avons tout intéret à prèter l’oreille à ces paroles des lointains qui offrent aux français une profondeur et un accent , au sens propre , inouïs. »

être et jouer si l’on peut dire

extrait de  » l’énergie du sens  » de edward Bond

la seule sagesse que nous enseigne la souffrance est que rien ne nous obligeait à souffrir- si ce n’est notre mortelle condition et la grande faute du temps ,

……. peut être sommes nous d’abord devenus humains quand nous nous sommes découvert acteurs et avons perçu l’acteur en autrui ? quans nous avons découvert que nous pouvions – apparemment vivre ailleurs que dans le mensonge : ce qui a toujours fait de l’art une quête désespérée de la vérité , pas la quête du succès ou du procédé qui ferait fonctionner X Y ,Z , mais de la vérité parce que nous étions condamnés à la tromperie – ou pire encore- à la confusion .

charles Juliet, le poète qui pour moi a surtout écrit les ‘entretiens avec bram van velde’ , là est extrait de son journal (éd.p.o.l ) « quand tu me dis ta soif ,tu calme la mienne ».

« la norme,ds notre société,c’est la mort de l’âme. De sorte que ceux qui cherchent la vie ne peuvent que se sentir coupable. »

« La pire des solitudes,ce n’est peut-etre pas d’etre
physiquement seul.C’est de ne pouvoir communiquer avec soi-même. »

(charles Juliet :Journal 3 -1968-1981ed:p.o.l.)

william carlos williams

william carlos williams

le flux inévitable de l’oeil quand il voit et mesure ses limites face au monde qui l’entoure ne peut que se solder par une humiliation accablante pour l’individu sauf s’il parvient à trouver un prolongement à sa ressemblance dans l’étendue de l’univers. Ceci est possible à l’aide de l’imagination. Ce n’est qu’à travers l’action de cette force-là qu’un homme peut éprouver des vibrations de sympathie à l’oeuvre pour la remuer vivement.
Une oeuvre de l’imagination qui échoue à libérer les sens selon cette nécessité majeure- les connivences , l’intelligence en son monde sélectif , échoue à élucider, à soulager ce qui est –
lorsqu’il crée , l’artiste fait exactement ce que tout oeil doit faire de la vie , fixer le particulier avec l’universalité de sa personnalité propre – la grandeur de son imagination lui ayant appris à sentir chaque forme qu’il voit bouger en lui même , il doit en prouver la vérité par l’expression.
La contraction ressentie.(william carlos Williams , le printemps et le reste , unes)