quand de jouer

[près du lac]

un songe enlumine le réel

 

pendant qu’une guirlande de tourterelles folles de jouer

ouvrent ferment les ailes comme un alphabet éphémère sans nombre ni mots

battement d’aile le temps avale par la fatigue

 

je les vois sur le fil quand le mouvement prend fin elles ont fini de jouer

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(r)enfle

ne pas soumettre et

convier à un rituel le mieux être

près du lac

un songe le réel

ambiguë déploie

le reflet

enfle la voix de l’hydre

 

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sweet sweet sound, wool diggin’ wool  lamb goes dumb / stars fire at me  /  ’cause of dawn  / mighty cause when high goes slow /  eyes are shaft / bulk in ‘though shred of drought / draft of thought/ when all clouds near  / silk kills me/ again no aim at me / when / all shots stir

Appréhension

Sans métaphore écrasé par la chaleur

au bout du chemin

voyant les vaches dévaler dans le pré

 

assis sur une fourmilière

le moi bouillonne et se perd

 

la méditation

en wanderer

désasphyxie

 

 

Ce serait de se fondre en feuillage

reprendre le chant  de l’oiseau

dans l’air les nuées de mouches

 

se suspendre au nuage

est une méprise

se délave  aux orages

 

tumulte

défiance

en somme

 

émettre les épingles des pins

en petits tas où poser la tête

aux herbes sèchent les fleurs

vice aux écorces et au sang

 

sans l’écrire

forcer son souffle

prévoir

aspirer

un poème

apaise et assure

 

le halètement du pouls contrarié

 

les couleurs et le lavis

les lignes foncées

la trachée de l’aorte

 

sont ce des tâches ces ports du rythme ?

tout et voir est affaire de respiration

 

mise à distance de ce qui est méprisable

 

la colère et la tristesse

sont dans le paysage

l’homme contre le tronc soupire

il aspire à disparaître

 

Getsuju
Getsuju

rentrer sous les panaches des branches en chemin

 

l’eau en suspension

les nuées allègent l’immersion de la sève

delicate intention

Hirosi Nagare
Hirosi Nagare

 

La lente application à instaurer

 

le long
entres les bords et la colle à la bouche

 

un train bringuebalant compresse comme un pansement

 

la longue implication
que n’hurlent pas les mots
la mate
scintillation

 

décisive
incision
dans les sons de

son
linceul sépare de l’immédiat dans la délicate intention

blanche
pose
les plis de l’habit

l’étonnante attention
à border
l’apaisement

 

ils vont seuls et vont droit

loin de l’eau

Mais quoi de l’eau du lac

cette scie l’eau impose à sa surface

 

 

lentement comme le miroir

 

 

d’une lueur pourtant dans l’épaisseur

sans consistance

ne pas être vu la

hachure de la lumière

 

sans se mouvoir

se déplaçant sans déplacement

une couleur brune

de l’apnée grise

ce corps n’est pas de l’eau

 

à y bien regarder constituent les bourgeons de l’eau

 

ChuTa
ChuTa

 

lisse sans quoi la raideur

sous le pin

comme un nœud sous le pin

assis sous le pin

 

j’en vois l’écorce blessée

et la nécessaire lucidité

de l’égale fluidité aride

 

le toit

dépassant

une eau émeraude troublée

amène

une égalité d’humeur

 

est le pendant au bain crasse de la journée

les rides

d’un seul tenant

dépassent

les aspérités

 

la pierre est lisse

 

je ne lance pas dans le lac

le poids

je garde l’apaisement

douce

la peau dans la paume

 

parvenu à l’accord

quiétude acquiescent

 

lisse sans quoi la raideur laisse le lac indifférent

 

hirosi nagare
hirosi nagare

 

tombe

à la verticale tombant

un plouf

 

le temps que le transport s’accomplisse

une respiration

suivi d’une tension – le silence – en entendant l’explosion

 

la mémoire

soufflante

laissée par le creux que fait dans l’eau la météorite – coulant

 

 

et le bouillon ou les remous

l’ellipse de plus en plus large s’élargissant le temps que

 

la pierre aille jusqu’au fond

 

heurtant la plus grande résistance qui soit

 

 

du fait

plus rien n’a lieu

occurrence 0

du fait de la résistance de l’immobilité au mouvement

la pierre +1

de cela nous sommes certains

mais c’est le doute sur l’objet pris dans la trajectoire – la pierre est un verbe et déchire sa constitution en précipitation

 

le bruit sans doute de la vitesse prenant feu , quelque chose comme psssssssch

 

la précipitation n’est pas une ligne droite mais

une ellipse progressant

en plongeant

accélérant comme sous le frein d’un pouls fiévreux

 

la formule mathématique

je vous la laisse après coup découvrir par de longs calculs

 

et je dis plouf

 

Hirosi Nagare
Hirosi Nagare

 

 

Pérégrination violemment accentuée

l’imminence occurrence

flambe

si je voulais être figuratif je dirai les feuilles sous la pluie

Chu teh Chun , lithographie
Chu teh Chun , lithographie

mais je décide de ce que le mot efface dans le lavis

de ce qu’il dit

un sabre

le sable

une envolée

<a href="Chu teh Chun

le soir au bord du lac une calligraphie aide à penser

une calligraphie aide à écrire

ce n’est pas peindre, c’est écrire par le noir dans la feuille en tenant compte du monde

les aplats gris

et le mouvement inarrêtable de la pensée
et du poème
a coup de pinceau dévale la vie sans préciser

http://vimeo.com/60813940