J’aime ces êtres comme ce paradis de corail à la surface la main dessine des fleurs qui s’embrassent sur la bouche faire l’amour en piaillant jus de citron comme un fleuve de couleur  je me noie juste pour voir, juste par plaisir pour mieux voir son visage, pastor sac à dos vers ces grands lacs limpides ils sont gris, verts ou bleus je bois alors tout autour de ses cils la rosée bleu, les traces de pigments rouges, ces creux dans ces lèvres, lèche, dévore, et dévale il y a les poudreuses, les torrents  de pierres précieuses il faut s’en recouvrir à mi cœur se laver la peau blanche palper dans le lit à grande eau les couleurs qui font plouf  c’est moi qui disparait le long des cotes rauques

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 (c) Birgid Watson

Rencontre avec Angèle Casanova

Vase communicant. Cela devient un rendez-vous récurrent le premier vendredi du mois, de publier ici une contribution d’un bloggueur amie, une dans le cas présent. Je vous propose, ce mois, de lire un texte d’Angèle Casanova et de découvrir son site « gadins et bouts de ficelles » où vous me retrouverez avec un texte sur le peintre japonais Inoue Yu Ichi. Le japon semble être notre point de rencontre.

 

celui-là je l’aime celui-là j’adore pas il pointe du doigt chaque rectangle énonce son verdict et passe au suivant

Lucario faites la vague

quelques détails techniques me sont fournis je les écoute consciencieusement

Dardargnan poison paralysant

lui il a plein d’évolutions j’aime bien quand il est bébé mais après non

Pikachu vive-attaque

les pages défilent usées craquantes elles portent les stigmates de la passion partagée le catalogue lui a été donné un cadeau inouï signe d’une nouvelle fraternité

Pironille fournaise

il le conserve tout près de sa tête sur sa table de chevet et le compulse des heures cartes en main étudiant qui attaque à 120 qui est super fort et qui il aura la prochaine fois le jour du cahier

Rattatac choisir une carte dresseur ou une carte supporter

et puis il me raconte le drame du moment la maîtresse a attrapé Nina elle a déchiré sa carte c’était sa meilleure en plus

 

 

Au-delà de la surface contenue, presque sèche comme un marais dans la peinture, il y a ce qui vibre. Ce qui vibre est étrange comme un zèbre dans la savane on  dirait qu’il pourfend, est-ce par la vitesse qui devient de plus en plus fine ou par la sédimentation que s’opère ce revirement vers le plus sombre, courre sur ce solide qui n’est plus que fugace, vêpres de couleur ou la lumière. Traits aspirés, il n’est pas de fond blanc qui galope et surgit à la gorge une longue pluie terrasse d’une lumière électrique insaisissable, sorte de claquement avant que se referme la dominante.

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 (c) Hallveig Agustsdottir

http://hallveigagustsdottir.com

Comment ne pas être d’un endroit, n’être pas d’un endroit d’ailleurs qui n’existe pas tant il est vide, un endroit, ailleurs, comme voulant tracer une échappée et nier l’apparente profondeur de ce qui n’est que posé.

L’appartenance est aléatoire, il ne s’agit pas d’un lieu ni « d’être » en remuant la queue comme si d’avoir pissé là établissait une préséance qualifiant l’air autours de soi, d’endroit. Ou d’Un mot comme vague qui nous transporterait comme « là » irait – d’où le mouvement sombrerait écroulerait, l’être là, comme projetant le flot et soi sans retenu au-delà du connu du présent, vers un jour que la profondeur établit dans l’éloignement.

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JOSEF KOUDELKA (B. 1938) Portugal, 1976

Ils sont venus dans un habit noir et ils nous ont pris par surprise
j’entends que ce qu’ils ont fait n’a rien à voir avec notre vie

imaginons que nous sommes au bord d’une rivière, que le livre est ouvert et parle de deux amours qui riment avec toujours, imaginons que ce soit dimanche et que l’homme prépare des appâts pour attraper les truites  c’est mardi il fait beau et le monde jusqu’ici s’en fout voila nous rions à la terrasse d’un café à Saint Germain des prés  et la petite fille te souris.

plus tard on a dit que ce qu’ils avaient fait était inintelligible

les mots ont cessé d’être des mots, il n’y  a plus de mots tout est vrillé et je ne sais plus dessiner, les visage ont perdu toute expression et la nuit qui est l’absence du jour comme après l’irruption a recouvert la vie de cendres

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(c) Picasso

Ctumblr_npbbdfLllU1s5neh1o1_500‘est quand même bien triste  la fonte des neiges

 

Malheureusement le monde est beaucoup plus vaste si le regard se concentre sur un petit bout qui accroche, parfois saigne quand il y a une continuité et que la cassure provoque une hémorragie, l’attention n’est qu’imparfaite et ne parvient pas à pénétrer profondément. D’où le mouvement et la passation des signes.

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Zhu Jinshi

Ce qui change ce sont les étendues que l’on sait ouvertes
ce qui ne change pas l’espace clos si l’on ne prend pas ce risque
on ne peut alors que deviner ce qui se passe derrière les yeux clos
ou les rides ou les membres écartés ; les rues et les vides
les terrains vagues  et les enjambées de celui qui court
l’abandon quand il n’y a pas un changement de perspective
du fait d’un départ ou de la mise en cause de l’immobilisme

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Zhu Jinshi

 

 

Ce n’est pas comme si je continuais à croire dans les anciennes valeurs (elles sont relatives mais je veux éviter le pire). Les effluves et les vapeurs qui expirent des crasses, les vies font des croutes et celles que je croisent sur le trottoir sont celles dont il faut guérir, varices et plaies de nos temps, docteur, coupons court.
Le monde d’ailleurs change, à changé et nous ne pourrons sans doute pas faire barrage de nos corps, alors se transformer pour être poisson dans le nouveau fleuve notre nouvelle forme (outfit) pour éviter les fumées acres.
Il y avaient des monstres dans les brumes sans fins du Kojiki
J’y vois un problème de limite, les anciennes nous sont devenues incompréhensible, les futures  font gicler le sang et celles plus palpables que je me suis imposé, qui n’ont pas la forme de mon corps mais  plutôt celle de ma queue toute en ondulation  et dont ma vie qui suit
surgit jaillit gicle, elle aussi et pour le moins déborde hors des épaisseurs les strates de ma  peau
Dérisoire, la vie prise dans le maelstrom de la soupière, c’est pourtant dans le liquide saumâtre qu’il faut voir l’énergie  crasse enfler, crisser et siffler hors de la cage dorée
s’enfuient les oiseaux
Oh spermatozoïde vieillissant que je suis, j’ai porté un ADN  c’est vers l’éclatement et la dissolution dans mon énergie que je pagaie.  Cela signifie que dans le hasard maitrisé il ne reste qu’à se laisser aller et heurter de plein fouet par le solide.

Extinction…

Vases communicants, c’est comme recevoir une amie chez soi et lui laisser les clés, sorte de couchsurfing artistique ou  quelque chose comme ça , et c’est contagieux, une épidémie de vase communicant sévit le premier vendredi du mois et je suis atteint . C’est donc que vous me retrouverez chez mon invité, Marie Noelle Bertrand , clap clap clap , thank you very much , not at all , et réciproquement

Ladies and gentlemen  : Marie Noelle Bertrand !

 

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Extinction…

 

 

                                                                  « Ce qu’inspire l’image est toujours

                                                                  au delà de toute interprétation.

                                                                  C’est dans notre profond silence

                                                                  que s’élève la poussière et le grain ».

                                                                  @deambulant

 

Jean-Louis Bessede - Série disparition des espèces 10
(c) Jean-Louis Bessede – Série disparition des espèces 10

Jean-Louis Bessede – Série disparition des espèces 10 – Technique mixte sur MDF – 130 cm x 97 cm

 

 

 

Sous le carcan du Temps, sous le regard de la Chimère, entendrons-nous l’ardent appel de ces présences secourables ; ombres évanescentes, elles nous implorent de les écouter.

 

Je les sens près de moi.

 

Êtres futiles, pérégrins d’un Univers que nous avons outragé, bientôt arrive la saison de rejoindre la cohorte. Condamnés par notre orgueil, nos pas s’éteignent…

 

Tristes survivants sur cette Terre que nous détruisons,

tristes lambeaux de cette Nature que nous avilissons,

tristes frères de cette Humanité qui s’entre-déchirent.

 

Dans le brouillard impénétrable, dans un frisson d’espoir, j’articule un vœu.

Ô Terre qui nous a été confiée et dont nous ne sommes que les passagers, si nous savons te redonner ta sacralité, nous ne disparaîtrons pas !

 

Je les sens près de moi, je les entends.

 

 

Pour découvrir l’œuvre de Jean-Louis Bessede, visitez son site.

ccMarie Noëlle Bertrand