Atahualpa Yupanqui

la voix scande et ouvre le poème

danza de la paloma enamorada

 

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poète et musicien argentin:

(préface à « airs indiens« )
« Il revendique et assume hautement le double héritage des aïeux qui lui « galopent dans le sang » . « Mes forces me viennent de loin dit ATAHUALPA YUPANQUI . De la la vie libre conseillée par mes ancètres basques, du silences de forêt et de pierre que mes ancêtres indiens mirent comme un dépot sacré dans cette étrange caisse de résonnance que m’a donné la nature en guise de corps et d’esprit … et je me suis trouvé face à un long chemin, attaché à une guitarre, me disant que c’était là une énorme responsabilité. Et dans les limites de ma capacité moins forte que ma conscience j’ai pesé chaque parole d’une chanson, chaque couleur d’une copla, chaque sentiment qui attendait le chant pour fleurir. »

podcast

Africa

y1pnibcr-mxtykk8eo_hz6dyfgkvxqnndr8nhbhbrku6iwt8jlzuizfokg-97vjnr1ldz1jo7kaxdy.jpgl’afrique sussure à l’oreille du nouveau né tout un monde comme une lumière

mère et enfant  » ou la mère qui sussure à l’oreille du nouveau né tout un monde contenu dans les inflexions , les silences , les couleurs , la douceur de la mélopée qui dit les ancêtres , la terre , le devenir , le corps , dans cette lumière du monde entrevu qu’il portera à jamais en lui comme une seconde peau

Pete Seeger

it takes a worried man to sing a worried song….

I invented words for things i didn’t know ( pete seeger)

Pendant des années , j’ai adoré Pete Seeger , il était un peu comme un père spirituel pour moi , un chanteur humaniste , copain de woody guthry, lee Hays et de plein d’autres , qui aimait chanter les chansons qu’ils récoltait aux quatres coins de l’Amérique terrienne et du monde fraternel il y a eut l’Afrique du Sud, l’Ecosse , le nicaragua , la France de Rousseau et de la commune …) ,

il était engagé dans le syndicalisme héroïque américain de l’époque des 40s , il s’enthousiasmait pour les causes environementales comme le nettoyage de l’Hudson river ,

ces concerts étaient des sing-along où il invitait les gens à chanter les « harmonies « avec lui, dans le but je crois de les entrainer dans la musique comme dans un chemin de prise de conscience, à partager cet acte de parole ,valeureux en tendresse,

j’ai continué à suivre cette ruelle artistique et ai voulu rester engagé dans l’humain, à coller à la sueur du temps dans les pores de l’effort,

réunir et donner à entendre l’unique dans une confraternité, un calumet de la pai toujours au chaud comme un bon vin cuit de derrière la commode comme une antidote à l’épluchoir de dollars

faire partie de cette ronde belle et douce qui tournoit comme un trésor de main en main, la confrèrie de nature oh tous les amis du bon temps bon vent, embrasse le sol d’un pas fusionnel…

toutes les langues, toutes les causes en avant le bouclier du chant optimiste universel s’ oppose à la cause injuste si elle ne crée pas un espace ou l’homme peut vivre , en entier aimant ! )

crève la vie

 « la litérature appartient aux éclopés ,crève-la-faim crève-la-vie à ceux la même qui ignorent ce qu’est un roman et dont le quotidien nourrit les plus belles histoires »

Barlem Pyamootoo

https://dailymotion.com/video/xvgy5r

écrire l’autrement

domination de clarke

en réponse à l’article de Cathy Garcia sur le livre « Dominations » de Bruce Clarke, Ed. Homnisphères clark :

Collection Savoirs Autonomes / Format 14 X 19 cm / 224 pages

140 tableaux en couleur – Textes Français et Anglais

ISBN : 2-915129-15-0

Prix : 20 euros

Des extraits de l’ouvrage sont en ligne sur http://www.homnispheres.com

merci de cette découverte , la couverture « arts derniers » donne une idée de la peinture , je n’ai pas trouvé les extraits alors c’est difficile de dire , néanmoins une réflexion : et si ce travail là continuait à s’enracinner dans cette vision de cette civilisation destructrice et ravageuse , cela a toujours été ma peur et j’ai toujours privilégier une recherche qui aille chercher des témoignage de ce que la « vie » , « l »être » est pour ceux de ces autres mondes , comme par exemple à HaÏti Franketienne , en afrique Tanella Boni , ken Bugul ou d’autres , car l’aliénation puise ces sources dans l’identité , niée bafouée , voire versée au bord de l’abime ( lit.aborigène , Alexis Wright par exemple ‘plaines de l’espoir’) on va me dire que le dépotoir de la civilisation occidentale est partout comme une peste , irrespirable et détruit même jusqu’a la possibilité d’entrevoir un avenir ( afrique du sud par exemple tant la violence a été grande , et les conditions de vie anihilante,
néanmoins la graine de l’espoir humaine qui est dans cette parcelle de vérité en nous est peut être à traquer pour rejaillir , je me souviens de cette image de cette femme noire acculée à la folie solilloquant sous les périphs de la nouvelle orléans qui me semblait être comme le germe d’un rêve plus fort que l’acier et l’asphalte , des favellas nait aussi cette samba et cette douceur entrevue , mais tu vas me dire que la vie est sans pitié et que c’est moi qui une vision occidentale qui se refuse au désespoir , je ne sais pas , tant l’horreur est grande , je pense au cinéaste Djibril Diop Mambety et je me dis que je n’ai peut être pas tort ,
mais je vais essayer de trouver des extraits de « domination » , et me faire une idée par moi même ,

en fait ma réflexion dominante est celle ci , et si on commençait par laisser parler l’humain , l’autre , que nous dirait il ? , pourquoi tant de créativité et de dynamisme à Haïti par exemple , pourquoi le jazz est il né de l’esclavage , pourquoi cette pensée créole si vivace et radicale (Césaire Glissant Condé Chamoiseau Pineau etc …)

certes à bien regarder ce qui s’écrie aujourd’hui et s’écrit , se peint etc…. on se dit que la vision d’horreur et de désespoir gagne sur la graine porteuse de vie , que le couvercle se referme , mais des voix s’élève toujours t Boni quand elle écrit « ma peau est fenêtre d’avenir  » et d’autre aussi

comme je l’ai déja dit dans une note « waati » pour moi le noeud central demeure dans le reconquète de soi , de sa terre , comme dans cette scène du masque , ce deuxième visage où Nandi devient ce visage dans le clair obscur révélant et disant le masque qui se fait jour et livrant passage à l’action main tendu à l’afrique qui meurt

des mots , des mots , peut être mais la poésie qui s’habille , transite , vole sur ce tapis de mots est aussi cette action essentielle de récupération , le mot est laid , de la parole , la parole qui nomme est centrale dans la reconnaissance de l’existence des choses qui demain existeront au lever du soleil samba magique d’après Vinicius de Moraes via l’orphéo négro de Camus ,

récurant aussi cette affirmation que l’écrivain dit pour ceux qui ne dispose pas de la parole , pour qu’elle puisse se dire peut être , et éloigner l’obscurantisme , la misère et l’automutilation ( Pyamootoo: « la litérature appartient aux éclopés ,crève-la-faim crève-la-vie à ceux la même qui ignorent ce qu’est un roman et dont le quotidien nourrit les plus belles histoires »)

enfin je veux le croire L

españa en Guillen … salve!

espagne , le poète jorge Guillen , que j’ai lu et relu et dont la force des mots , l’espace qu’ils entrouvrent m’a absolument fasciné , ‘en espagnol’ en tout cas ,

soy , mas , estoy , .respiro

lo profundo es el aire

la realidad me inventa

soy su legenda. ! salve !

dirons nous la sensibilité ibérique , une attitude de pensée et de sentir qui fait des artistes et de l’art espagnol , malgré leur différences , quelque chose d’à part , je trouve , loin du cartésianisme français ,

je cite extr. d’un petit livre sur l’espagne : « 

« ver  » c’est en effet la première fonction de l’activité spirituelle espagnole comme manger est la principale préoccupation , l’oeil espagnol diffère de celui que nous nous appliquons à éduquer en cela qu’il saisit les limites, qu’il choisit l’essentiel, l’esprit et ne s’arrète pas sur d’inutiles détails , il regarde droit sur l’art . Voir c’est déja exprimer …. ce sens profond de ce qu’est la peinture comme provocation à regarder , comme prolongement sensuel de vue intérieure, de la joie spirituelle à saisir la lumière , les couleurs et les formes , et d’en créer par la main une existence seconde , qui relance indéfiniment le plaisir et l’inquiétudde de voir . »

je pense que la même chose est vraie de la poésie espagnole avec comme un espace ouvert , sensuel , par , entre les mots , sans doute les critiques et universitaires vous en diront plus , je ne fais que le ressentir et m’en imprègner ,

marti i pol , rafols casamada , antionio Gamoneda , jorge guillen qui inspire le basque Chillida et beaucoup d’autres artistes que je n’ai pas le temps de nommer ou que je ne connais pas , c’est l’espagne ,

oh joie de Guillen

( commentaires de Danièle Kuss dans son livre jorge Guillen, la lumière et les lumières)

 » oh lumière de l’univers
pour moi tellement natale
en joie de révélation
pleinement »

« je suis, mieux, j’existe. Je respire
le profond est l’air
la réalité m’invente
je suis sa légende. Salve! »

« C’est le monde en résurrection qui me sauve
le rayon de l’aurore invente tout »

des mots chrétiens utilisés pour désigner un rapport à l’univers et non à Dieu, pas anti chrétiens mais sur un rapport différent , j’aime le commentaire  » nous ne sommes pas un être pour nous mais vers le réel  » et percevoir le monde n’est pas seulement sentir le monde mais être présent au monde ; que la lumière ne devrait pas être reçue comme une offrande mais qu’elle devait être partagée et d’abord reconnue

« entre deux vies proches il n’y a qu’un abîme
derrière le parfait accord la dissonance assaille
et atteint un paroxisme
qui doit absorber enfin la lumière du jour »

dans la nuit, privé de lumière, l’homme est un esprit sans monde. il n’est plus cet accord entre « l’intérieur » et « l’extérieur » entre le « yo » et son au-dela, l’autre.

la forme d’une incarnationdans une de ces noces sublimesoù se fondent ensembles l’idée et la musique.
l’idée est alors signe de la réalité en état de sentiment.
tout éclate, tout resplendit, tout est dans cette clarté d’un temps spatial. Tout participe de cet équilibre suprème et nous invite à cueillir cet instant comme un fruit mûr, à sentir souus nos pieds la terre, à être le trait d’union entre l’air et la terre, l’espace et le temps, à faire de noqs deux bras la rayon du grand cercle.

« si je m’oubliais, si j’étais un arbre
tranquille,
des branches qui déploient du silence,
un tronc bienveillant »

la lumière glisse le long de l’ombre, l’ombre n’est pas hostile à la lumière, elle ne l’afronte pas, elle l’a laisse glisser …

« mais avec ce vert
qui peut tout se permettre
s’offre en donnant l’assaut,
vert, vert, vert.
feuilles! et la branche
fuse vers le soleil

… soif de vivre
dans la lumière, là
dans cette croisée des cieux
qui enveloppent tout »

« regardez: l’arbre
tend vers la délectation de son bleu immédiat »

« si pure l’ardeur du blanc
si pure, sans fl
ammes »

« mais le soleil rectiligne
vient…
accord, cloture, cercle! »

le monde est à nu, il n’est plus que symphonie d’angles aigus, d’arrètes brisées et de lignes droites qui fuient éperdument.
la lune n’est pas lueur diffuse mais présence ronde qui stylise la sveltesse d’une ligne dont l’esprit tend à cerner le monde
lumière: on la voit, on la touche, on l’entend, on la sent, mais elle n’est ni couleur, ni odeur ,ni son, ni toucher. elle à la fois une synthèse des quatres éléments et un cinquième.

bachelard et guillen

« Nous croyons possible de fixer, une loi des quatres éléments qui classent les diverses imaginations matérielles suivant qu’elles s’attachent à l’eau, à l’air, au feu ou à la terre … Pour qu’une rêverie se poursuive avec assez de constance pour donner une oeuvre écrite, pour qu’elle ne soit pas simplement la vacance d’une heure fugitive, il faut qu’elle trouve sa matière, il faut qu’un élément matériel lui donne sa propre substance, sa propre rèqle, sa poétique spécifique »

( Bachelard , l’eau et les rêves, cité dans ‘Jorge Guillen , D.Kuss)

« Sur le jour, bleu compact
Le firmament se voûte.
C’est le couronement
De la splendeur : midi
Tout est coupole. La rose
Au centre sans le vouloir, repose
Au soleil du zénith sujette.
Et le présent se donne tant
Que le pied sent en marchant
L’intégrité de la planète.

( jorge guillen, cantico)

JORGE GUILLEN

JORGE GUILLEN, la musique sonore aux sens de ce qui est dit , la lumière du son du mot , je carressais ma langue au palais de ses mots qui faisaient sens, musique, oeuvre, résumaient tout  » lo profundo es el aire » et tout était dit , un monde s’ouvrait bien au delà de ce que Chillida a répondu en sculpture , un monde poétique qui n’avait plus de fin , la lumière infinie du réveil du monde, dès lors j’avais envie de dire plus que ce que je peignais , mais comme une seule même chose bicéphale , l’écriture , même si elle est à gagner , par le travail , le pli et le repli, car il faut se laisser pénétré par cette matière , comprendre comment cela fonctionne et parvenir à créer , mais l’essentiel était là, qu’il y avait ce possible qui me faisait entrevoir la poésie, telle que je ne l’avais jamais vu. libre, aérienne, limpide;

mais c’est la respiration de cette langue de peintre, de musicien, de magicien, de lumière qu’il faut laisser résonner, c’est comme cela qu’il faut le lire, dans le brut de la langue, ouverte, à la lumière des silences :

( El alma vuelve al cuerpo
Se dirije a los ojos
Y choca.) – luz ! me invade
Todo mi ser. asombro!

Intacto aùn, enorme,
Rodea el tiempo. ruidos
Irrumpen. como saltan
Sobre los amarillos

Todavia no agudos
De un sol hecho ternura
De rayo alboreado
Para estancia diffusa,

Mientras van presentàndose
Todas las consistencias
Que al disponerse en cosas
Me limitan, me centran!

Hubo un caos? Muy lejos
De su origen, me brinda
Por entre hervor de luz
Frescura en chispas. Dia !

Una seguridad
Se extiende, cunde, manda
El esplendor aploma
La insinuada manana

Y la manana pesa,
Vibra sobre mis ojos,
Que volveran a ver
Lo extraodinario : Todo.

Todo esta concentrado
Por siglos de raiz
Dentro de este minuto
Eterno y para mi.

Y sobre los instantes
Que pasan de continuo
Voy salvando el presente,
Eternidad en vilo.

Corre la sangre, corre
Con fatal avidez.
A ciegas acumulo
Destino: quiero ser.

Ser, nada mas. Y basta
Es la absoluta dicha.
Con la esencia en silencio
Tanto se identifica!

Al azar de las suertes
Unicas de un tropel
Surgir entre los siglos,
Alzarse con el ser,

Y a las fuerza fundirse
Con la sonoridad
Mas tenaz: si, si , si
De veras real, en triumfo

Soy, mas , estoy. Respiro.
Lo profunde es el aire.
La realidad me inventa
soy su leyenda. salve!


plasticité de la lumière – Guillen 4

medium_Numeriser0028.jpg »La poésie nait sur la mémoire… soustraire à la contingence du temps, ( quid de l’instant ? L) le nom traduit et dévoile l’essence du réel, porter à la clarté de l’être le fourmillement obscur de l’apparence immédiate,
( denis Huisman: toute création est avant tout procréation… toute création devra se faire dans la joie même si la mélancolie, le doute , l’angoisse préludent à l’enthousiasme d’avoir triompher )
Quelle est cette présence qui le réalise et le situe, le révèle au monde, à lui même et aux autres, la forme, l’oeuvre d’art devient un possible salut ;

Seul le poème en tant que forme recréée répondra positivement à cette intention d’être toujours. surgissement… métamorphose fondamentale, l’artiste substitue son ordre à celui du monde ( ?/ pas vraiment d’accord , l’homme ne s’immisce t’il pas dans la création et prend sa place L) et par la même créée un monde irréductible à celui du réel

vision qui invente… découvre et dévoile les êtres dans la profonde affirmation tranquille d’eux même.

medium_vague.jpgretrouver l’eurythmie originelle, la reconquête de la lumière et et la reconstruction de la réalité ( forme) , mouvement perpétuel , masse palpitante , frémissement.

mais la lumière glisse sans fin
sur les limites
oh, perfection ouverte!
horizon, horizon
tremblant, presque tremblant
de son don imminent.

c’est au nom de cette même volonté de densité et d’exactitude que G ne laisse pas la ligne lumineuse s’étaler sur la surface. Ou s’il le fait c’est pour que cette surface de lumière soit un palier, une étape pour aboutir au volume pur, soit pour aboutir au modelé d’un volume ,les points de lumière latents donnent des indices d’une ombre secrète, ombre qui devient une masse, puis une forme puis un profil et enfin une présence.
Recréer les formes donc les sauver. Créer un espace et se créer en tant qu’espace. L’espace se propage, se diffuse sur les cimes comme un rayon de lumière et le poète parle « d’altitude de clarté active »,

la lumière du poème se manifeste dans la matérialité massive de sa splendeur, … la lumière naturelle géométrise l’espace,

elle est une donnée intégrale, spatiale et temporelle, immédiate et transcendante, mentale et sensible.
elle est son regard , sa main , sa voix ,
elle lui permet de regarder, de toucher, de dire le monde

l’oeuvre d’art est vie en face de la vie, mais elle est aussi animée (anima) par la coulée du temps des hommes qui la métamorphose et s’en nourrit

perception, traduction, construction et animation tout concourt à la recréation de la lumière perdue dans l’inspiration, la liberté et la rigueur, l’amour l’effort et le refus. L’affirmation du fait poétique en face de la réalité se situe au niveau de l’être, elle apporte l’éclat furtif d’une réponse à la question qu’au long des millénaires pose à l’homme en quête d’être cette part d’ombre qu’il renferme et qui ne mourra qu’avec lui »

( Danièle Kuss, Guillen, la lumière et les lumières , l’harmattan)

je suis fasciné de voir à quel point je retrouve en Jorge Guillen mes propres interrogations , mes tentatives de réponse , ma pensée profonde et jusqu’a mes propres mots ,

j’avais lu Guillen en espagnol et avait senti ce pressentiment lumineux d’une parenté, j’avais vu se recouper ses nombreuses traces , trajectoires , intuitions qui témoignent aussi de mon être profond , émerveillé de se sentir traversé par se sentier lumineux du silence à l’oeuvre au corps de l’oeuvre , silence qui dit la matière en ellipse , car pourquoi décrire ce qui est ( la matière) comme un roc qui ne se laisserait pas apercevoir même s’il hurle de présence au fil des jours à l’insu ,

la lecture m’avait donné cela qui s’était recoupé avec mes propres réflexions , s’était mélangé à d’autres lectures et visions , fabuleuse lanterne dans la nuit

prélude au corps environé de lumière , qui se pressent et finallement , urgent dans sa pression à vivre trace le poid du vivant , érotique enflamement qui dévoile toujours plus de présence, et zèbre de fissure la présence que l’on croyait apercevoir , sentir désir flamme du corps émerveillée

la langue étrangère dans son espace se révèle aux brumes ou l’être , l’homme ce corps ombré se tient , la lumière des mots, inattendue éclaire , évidence dans l’éclipse.

13:20 Publié dans poètes et poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.02.2007
¿poète? jorge GUILLEN 3

le poète affronte la bête et l’obscurité, appelle à son secours une lumière urgente. le poète refuse d’abandonner son moi personnel, il refuse la cessation intellectuelle,  » je ne cède pas , je ne m’abandonne pas  » la réalité lui fait face avec ses ombres et ses lumières , en voyant le néant prendre possession du monde il l’affronte ainsi :

« je me compose
pour ma souveraineté
la paix d’un ilot propre »

la création m’enchaine , la vie n’est pas un songe et le poète ne peut pas fermer les yeux au domaine de l’ombre, à l’au dela concret , être c’est être battu du flot extérieur , c’est accepter les vagues les plus fortes,
il fera partie de ceux qui maintiennent les choses vivantes, c’est à dire qui les créent , l’acte est la manifestation de l’existence , l’homme n’est pas ce qu’il cache, il est ce qu’il fait,
c’est dans l’acte même de son effort que l »être trouve à la fois sa raison de vivre et la preuve de son existence, exister, être , préserver dans son être , telle est l’oeuvre à accomplir , la lumière à créer,
l’obscurité gagne du terrain et ses pas le dirigent vers une lumière inconnue.

la lumière humaine rend mes yeux amoureux …

tout semble devenir clair et pourtant le poète est contraint de créer des ténèbres pour noyer l’émotion, la notion et l’affection car il souffre il est encore une créature de chair et de mémoire un corps sur terre et dans le temps
la lumière présente à l’homme dans un miroir l’image de sa réalité,

la seule présence de l’être aimé accorde l’homme et l’univers, la femme est décrite comme un paysage et plus précisément comme un fleuve, en étant soi même paysage l’être aimé dessine et situe le monde extérieur comme le fleuve dessine la plaine, ce monde qui réalise l’homme , lui donne existence et lui donne aussi l’essence en lui offrant un objet de désir et de création ;

la présence seule a offert à l’homme l’existence
le désir lui offre l’essence

désir, délire, fureur, plaisir
la plénitude juste
Aimer, aimer , aimer
Etre plus, être plus encore
Aimer dans l’amour
resplendir dans la lumière

le temps ainsi goûté par le corps et l’esprit s’attar’de comme trop lourd de son fruit mûr. le maintenant véloce ralentit sa marche et le point du temps semble s’élargir, ne plus s’achever, atteindre même aux dimenssions de la vie entière, de l’éternité

chercher la clartédans les moindres recoins de l’univers pour parvenir à être homme, il refuse l’état poétique, l’inspiration passive non réalisée, la confusion des rythmes , des images et des idées ,

la vie du monde entier a été sauvé par la perfection et la pérennité de l’instant. la nuit ramène chaque soir ses ombres mais il n’y a plus d’angoisse, la créature lui oppose mieux qu’un refus, une présence positive

toi, toi, toi, mon incessant
printemps profond,
toi, mon fleuve de verdeur
aigüe et d’aventure!
toi, fenêtre sur le diaphane:
dénouement de l’aurore,
modelage du jour
toi, midi en sa rose,
tranquilité de feu:
sieste de l’horizon

§

un tel bleu exige de tels
accords avec sa beauté
que le monde à nouveau recommence
avec toutes ses sources

nommer et exalter le monde, ce monde qui est né de la lutte de l’être et du néant, le verbe devient entre les mains du poète un talisman qui donne par son seul contact l’existence aux choses comme le faisaient l’aube du jour , le nom permet à la conscience de concevoir et de maîtriser la multiplicité des sensations, leur instabilité dans l’espace et dans le temps. le nom réduit la chose à sa nervure , le monde à sa quintessence. le poète doit ‘lutter(?) avec le mouvenent jusqu’à l’emprisonner dans un substantif, « un volume en repos »

william carlos williams

william carlos williams

le flux inévitable de l’oeil quand il voit et mesure ses limites face au monde qui l’entoure ne peut que se solder par une humiliation accablante pour l’individu sauf s’il parvient à trouver un prolongement à sa ressemblance dans l’étendue de l’univers. Ceci est possible à l’aide de l’imagination. Ce n’est qu’à travers l’action de cette force-là qu’un homme peut éprouver des vibrations de sympathie à l’oeuvre pour la remuer vivement.
Une oeuvre de l’imagination qui échoue à libérer les sens selon cette nécessité majeure- les connivences , l’intelligence en son monde sélectif , échoue à élucider, à soulager ce qui est –
lorsqu’il crée , l’artiste fait exactement ce que tout oeil doit faire de la vie , fixer le particulier avec l’universalité de sa personnalité propre – la grandeur de son imagination lui ayant appris à sentir chaque forme qu’il voit bouger en lui même , il doit en prouver la vérité par l’expression.
La contraction ressentie.(william carlos Williams , le printemps et le reste , unes)

déesse mère du tassili ou tout simplement portrait d’une femme exemplaire

La déesse mère , intitulée la femme assise , période bovidienne , station de Séfar , peinture rupestre du tassili , sahara
quoi de plus beau !

dire l’entrevu

poésie de peintre : Pierre Tal Coat , traverse d’un plateau , extr.

Traverse d’un plateau

Terre source au matin
terre sonore du midi ou tout s’écrase
terre de la fin du jour où tout s’exhume
partage d’ombre et de lumière
rebond de présences jaillissantes

l’espace et la lumière sont un

ainsi tout flotte et dérive lentement
et la lumière et l’ombre
et toute chose
en cette lumière et cette ombre

telle une voile gonflée
le ciel traverse
et déborde tout
mais rien n’est écrasé
tout est suspendu
et les lointains sont proches

homme pareil à son ombre
qui va au bout des champs
et comme porté sur l’eau et dans le ciel
échelle mouvante dressée sur l’arrête de la courbure.

( pierre tal coat , éd.maeght , l’éphémère 5 )

écrits de peintre

mots de l’oeil ?

je trouve que les peintres ont souvent un regard qui ,s’ils écrivent , donne une poésie particulière ,
c’est le trajet de l’oeil à la main , via la pensée qui en fait cette chose si spéciale ,
un recueil d’Henri Michaux (à distance) semble comme des tableaux en mouvement , proches des premiers Zao Wou Ki . Juste retour des choses car michaux à écrit des très beaux poèmes sur des toiles de Zao wou ki
l’espace vibrant du mot, la peinture comme une intention de dire , connivence naturelle , tout cela est bien mystérieux!

à écouvrir la poésie en catalan, l’oreille pour moi se fait oeil comme celles, traduites, des poésies du peintre Rafols Casamada :

limites

la ligne de partage

entre lumière et ombre

cascade inconnue du hasard

lumière du geste et du mot

près de frontières invisibles

jeu

d’espace ou le désir et le doute

se superposent

lueurs nocturnes

dans des miroirs brumeux

(extr. angle de lumière , R C )