Rien d’intelligent dans cela, il ne sert à rien de comprendre, mais accepter et maintenir le pouls, comprendre ne sert à rien. Ce rythme est le mien,aujourd’hui lent après tant de frénésie due à cette pluie d’étoiles filantes, la parole en suspens retrouve son écho et réverbère, libère une impulsion reconnaissante qui deviendrai n’importe quoi mais dit : je vis , je je parle, je suis et c’est ainsi que je vois.

 [Je voudrai mon rythme plus poétique, il prend le chemin qu’il veut, de la phrase ou de l’idée pour garder l’étincelle vivante, fébrile. Peut être après un passage dans un lieu contraire, perturbant parce que trop éloigné de mon accord. Les étoiles jouissent de cet éclatement qui les a propulsé, moi aussi je suis propulsé dans le sens s’accordant à ce que je pourrais nommer ma vie, trouver l’emplacement et le rythme et que l’énergie luise. Il faudra être à l’écoute.

Là, en suivant les étapes du parcours dans ma mémoire, je retrace les différentes ellipses qui toutes s’interpellent, reconnaissent une , qui est pur et vivant comme l’espace entre les différentes spirales, celles de l’arbre en train de grandir, qui à intervalles réguliers puise sa propre course d’élévation, ou celles du poètes élevant des courbes pour atteindre le monde, tenter d’en capturer un son, j’écoute et une musique s’installe. Envahissement dans le corps et l’esprit, quelque chose convient et affirme une suite, celle de la source à la bouche.  Mes ellipses sont comme une boucle sonore, à travers la matière, « sonora » tente une succession d’impacts qui j’imagine font une pluie de trajectoires variables, tant en épaisseur qu’en hauteur occupant tous les lieux, de celui du corps à celui de l’intériorité. Mon corps et mon âme en sont criblés mais toutes proviennent d’une même direction ou y vont, l’énergie évolue dans un sens dont la lecture est émue.Le temps de l’entame où la sève perle le matin comme un jaillissement hors de l’écorce par la voix et les fibres de l’être comme s’il criant, le soleil et les vents en renfort percussif.

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Zao Wou Ki

Nuit dans le jour
Il y a plutôt un écho
une  trace
un impact de la pulsation
le monde sous mes doigts
et dans mon œil  vibre
du geste à la trace
trajet d’une reconnaissance
Le  monde passe par le corps et l’éveil
la lumière permet ce tracé

Non comprendre
mais accepter
maintenir le pouls
Ce rythme est le mien
après tant de frénésie
due à cette pluie d’étoiles
la parole  retrouve son écho
elle réverbère
libère une impulsion
est renaissante

 

De ses ailes  frôle la main
au matin viens lumineuse
éblouir le cristal
froisse ma peau, l’éclat vif
le jour noir n’est plus qu’un
œil charbon  pyromane
immense pétale et aile
aube rose et nuage libèrent
l’air accélère l’ouvert éclaire
soudain dans le beau jour

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Lamber Sav , le beau jour 2004

 

cours

Boursouflure de l’instant quand le corps
halète poumon veines artères à bloc
pied impulse  sur le goudron à cœur les os
route qui grimpe sous les graviers allume
rouge des croches sous les pieds quand
cligne à deux temps l’organe expulse l’air
des poumons réinjecte cligne en soi l’effort

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(c) Sophie Rousseau

Note

Depuis deux ans tant de départs avortés
de retournements
témoignaient d’un direction que je ne voulais
pas prendre ou prendre à contre coeur
Se retrouver face à l’évidence de ce qui
s’ entrouvre voir cet écrin  blanc
comme un coquillage
un nacre rosé
il y a de multiples ton de bleu
humide des embruns
sonore
de l’océan gigantesque dans sa
résonance  Si ce n’est pas un regard un geste
de la main un mouvement ample de la robe
chute de la pensée, pas une ombre sur la bouche
le teint de sa peau Mais les ciels et les nuages
les couleurs et les parfums
les accords harmoniques
les grands départs et le souffle
des pauses sur l’immensité  les cascades de la
source hausse l’émeraude

A

Qu’est-ce qui a retourné le matin enragé
le soir défié la nuit dénoué
le corps redonné à l’âme sa direction, son courant
son sens profond et l’endroit d’aimantation
Qu’est-ce qui a débâillonné la bouche décillé les yeux
libéré la main esquissé l’invisible
l’étrave était muette la pensée stérile
deux mots simples se réunissant en pointe
désignent le ciel ouvert là où jouent les nuages
et où plus tard palabrent
les étoiles et Orion le fidèle
guide là où j’ai ma maison
mon chien fidèle mon diapason
les étoiles sont muettes mon corps une vache
et la voute soudain se désécroule
on ne sait pas pourquoi
l’ancre est levée la navire file constellé
au sourire aux lèvres à l’oeil
déjà loin qui devance aux viviers
de l’ahurissement céleste

g
Je  crois que
les fleurs ont le parfum qui navigue
le corps pour l’instant ne dit rien
au loin son bras  quand surgit le matin
fait un signe Toujours cet éclair de métal
ouvre  la simplicité
du tonnerre a retourné le bateau
face à son envergure
à l’île est ce  l’océan
le noir de la lumière en porte d’ambre
éclats et lignes de tambour
Un signe ne dit rien s’il n’est pas vivant
s’il n’est pas audible dans un écartèlement d’aile
l’oiseau mauve installe le jour
et nous aveugle.

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Je t’écris en poèmes si tu curiosité déborde vers ces lieux

Seiches poulpes conques au rivage pas de
grands poissons mais des Voiliers blancs
coque à grands coups de pinceau ivre
face hirsute haute noblesse multicolore
à tous les vents long tronc fin de galbe
au même rythme que le vent sur la robe

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poème pour elle en jour de départ

Dans ma tête il y a des iles
autant que de neurones
et puis des fruits surtout des fleurs
étoiles de terre
ocre sur
opale
au large
les nuages parlent à
la rive
ensorcellent
l’océan d’or 
A
Dans ma tête il y a toi
Femme ile
océan air
flamboyant  pourpre et basse
branches poisson
dansant
sur l’eau
A
Dans ma tête il y a un avion
toi qui va
vers ton bonheur
du suave de l’air
par la corolle
remonte à fleur de peau
plane à hauteur
de pétale
cocktail vert
abeille sur le
pollen
Z
Et la vie  te rentre par tous les pores
comme des vaguelettes
sources de sensibilité
à la lumière
Je te vois heureuse
miraculeusement
intense
aimée sur une tracée de terre
tirant d’eau
de la limpidité
DDD
constellation
Miro, constellation

Autant garder la bouche ouverte pour que
rentre l’air Les mots y habitent mais
succombent à un manque atmosphérique
la langue humide à la limite de l’orage
y pourvoit mais s’étiole si le ressort de la
mâchoire hermétique ne devient de
temps en temps éventail jonque ou boutre
voile du temps un rivage quand il fait beau
note soutenue devient langue de feu
attisée par l’obstination à ne jamais fermer
la fenêtre dussent les mots en sécher.

 

La chaleur n’écrase plus
elle est complice
porté par des vents du jour
venue de l’intérieur
cesse de brûler le pourtour céleste
non les aiguilles
mais le bruissement de
l’écrasement venu sur le
corps comme une eau
qui ruisselle allant au plus
profond et remonte en pluie
vers l’étincelle de l’univers
en soi irradié

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Tal Coat, aquarelle
 
(sur une photo d’elle tenant son bébé)

Assise
Serrant contre soi un bébé
sans mots graves à hauteur de taille
langes rouges mailles du temps
la moue  câline
et le baiser à l’enfant
porte la tendresse porte la douceur
dans un seul souffle tenant le monde
fermant les yeux la tonalité grave
de la contrebasse sur la peau