Guyana

terracotta

un coin d’ombre et dort
un papillon
la peau une terre cuite


des sons en a
un u   des feuilles!
les sons  pincent
les cordes
la guitare est rauque
bois  sourd
le cuivre
une brune acoustique
ce U
une robe tressée
marronne

la chaleur dérouille
mes yeux reposent
obliques
les yeux vifs traits

une jungle
et le fleuve opaque
tressé
méandres femme
brunis

Terracotta comment dit on en guarani


les yeux m’en disent plus
et la main
pagaie les lignes claires


enclos une aube contenue

P L

un océan                                     de douceur
une travée                                 page lisse

p                          l                            age


une voile                                    dans la hauteur

anime                                            étalée

fiji plage

Jaabi

J’aime prendre le temps quand j’arrive dans un endroit de m’imprégner du lieu, deux ou trois jours, ressentir les vibes de la nature et après je me mets à peindre me laisse autant que possible traverser par le courant et même si il reste de moi c’est cette énergie de la nature que je voudrai qu’il reste sur la toile, c’est ma recherche … (mots souvenus à peu près)

moi: oui, comme une ascèse joyeuse mais entière ainsi qu’ un retrait pour laisser exprimer le flot de la nature, ce retrait ce n’est pas rien, il suppose une douceur de l’être et un lâcher prise, toute une mise en condition et un respect du monde et de l’existence  jusque dans les matériaux utilisés, le style de vie, l’attitude face aux choses, face aux gens, une ouverture et un oubli de soi …

DSCN8655© photo Jaabi
josiesart2013

Peintures Josie Crick

fiji plage

Jaabi

J’aime prendre le temps quand j’arrive dans un endroit de m’imprégner du lieu, deux ou trois jours, ressentir les vibes de la nature et après je me mets à peindre me laisse autant que possible traverser par le courant et même si il reste de moi c’est cette énergie de la nature que je voudrai qu’il reste sur la toile, c’est ma recherche … (mots souvenus à peu près)

moi: oui, comme une ascèse joyeuse mais entière ainsi qu’ un retrait pour laisser exprimer le flot de la nature, ce retrait ce n’est pas rien, il suppose une douceur de l’être et un lâcher prise, toute une mise en condition et un respect du monde et de l’existence  jusque dans les matériaux utilisés, le style de vie, l’attitude face aux choses, face aux gens, une ouverture et un oubli de soi …

DSCN8655© photo Jaabi
josiesart2013

Peintures Josie Crick

charnel

Ecrire, c’est ébruiter le charnel.

Saint John Perse, cité par Abdourahman A Waberi

charnel

Ecrire, c’est ébruiter le charnel.

Saint John Perse, cité par Abdourahman A Waberi

l’affrontement des prétendants

Une silhouette dans le lointain rappelle à des désirs enfouis, surnageant dans la masse de la réalité, contradictoire et contrariante, l’image, terme vague, les images projetées sont insidieuses ;  se superposent, la silhouette entrevue, gros traits jetés et pleins bariolés, un croquis, des croquis, aquarelles et eau de couleur comme un œil pourrait percevoir s’il allait vite, l’image lointaine comme revenu de loin en verticale et transversale, affleure, un écho d’autre chose, avance en même temps que ces « à mains levée », dessins des affleurements de l’âme.

Elle n’est cependant pas innocente, elle se construit comme une chrysalide, mue continue ou magie suprême, elle entrecroise les emmêlements qui finissent par tisser une parure, déploiement de séduction, celle du coq même si la silhouette, on s’en doute est femme, semble l’être, complexité et faux-semblants ; la séduction est  projetée, d’abord à soi-même, vise à contrecarrer le projet de l’autre dans le regard, émanation du monde intérieur, image des milles images, lave d’avant la forme, archétypale renaissante de l’imago profonde, la cigale caméléon se fond à l’arbre, devient l’apparence de l’autre, dissolution de l’autre, cet inconnu, le regard  doit capter pour exister. Mais cette danse de séduction, immobile et perverse, nécessaire à la survie se voit aussi niée, elle  est camouflage , se fondre dans le regard autre, protection de l’évasion, sauvagerie de l’arrachement à la captation, le but ne semble qu’être égocentrique. l’image est le transport. la contradiction est en route. hors d’atteinte dans le mouvement, sidérée. La poésie convoie.

Dans le chemin de l’un à l’autre, les projectiles fondent. De part et d’autre. Qu’en est il ? Il faut s’approcher. Tenter de discerner ce qu’il en est. Se soumettre  à la froideur et permettre le retrait car la danse de séduction s’exerce aussi de soi à soi , rapport subtil. Comment voir, réellement voir sans se leurrer. Le regard que je vais porter doit revenir à soi et s’ancrer dans l’indubitable, quitte à le construire, même provisoirement, y revenir ; un référent où se tenir. Lieu où je vais percer l’espace de toi à moi. Et là, dans la vision, l’alchimie des êtres, entre temps et espaces, corps et intériorité, défense et attraction, rejet et enrichissement, terme impropre, ingestion peut être dirait mieux cet engloutissement. Une décision primale s’enracine dans son fonds propre.  Va céder à la violence de l’affrontement, décider de l’accouplement.

Quand la distante s’efface le regard désille. Que vais je y voir ?



l’affrontement des prétendants

Une silhouette dans le lointain rappelle à des désirs enfouis, surnageant dans la masse de la réalité, contradictoire et contrariante, l’image, terme vague, les images projetées sont insidieuses ;  se superposent, la silhouette entrevue, gros traits jetés et pleins bariolés, un croquis, des croquis, aquarelles et eau de couleur comme un œil pourrait percevoir s’il allait vite, l’image lointaine comme revenu de loin en verticale et transversale, affleure, un écho d’autre chose, avance en même temps que ces « à mains levée », dessins des affleurements de l’âme.

Elle n’est cependant pas innocente, elle se construit comme une chrysalide, mue continue ou magie suprême, elle entrecroise les emmêlements qui finissent par tisser une parure, déploiement de séduction, celle du coq même si la silhouette, on s’en doute est femme, semble l’être, complexité et faux-semblants ; la séduction est  projetée, d’abord à soi-même, vise à contrecarrer le projet de l’autre dans le regard, émanation du monde intérieur, image des milles images, lave d’avant la forme, archétypale renaissante de l’imago profonde, la cigale caméléon se fond à l’arbre, devient l’apparence de l’autre, dissolution de l’autre, cet inconnu, le regard  doit capter pour exister. Mais cette danse de séduction, immobile et perverse, nécessaire à la survie se voit aussi niée, elle  est camouflage , se fondre dans le regard autre, protection de l’évasion, sauvagerie de l’arrachement à la captation, le but ne semble qu’être égocentrique. l’image est le transport. la contradiction est en route. hors d’atteinte dans le mouvement, sidérée. La poésie convoie.

Dans le chemin de l’un à l’autre, les projectiles fondent. De part et d’autre. Qu’en est il ? Il faut s’approcher. Tenter de discerner ce qu’il en est. Se soumettre  à la froideur et permettre le retrait car la danse de séduction s’exerce aussi de soi à soi , rapport subtil. Comment voir, réellement voir sans se leurrer. Le regard que je vais porter doit revenir à soi et s’ancrer dans l’indubitable, quitte à le construire, même provisoirement, y revenir ; un référent où se tenir. Lieu où je vais percer l’espace de toi à moi. Et là, dans la vision, l’alchimie des êtres, entre temps et espaces, corps et intériorité, défense et attraction, rejet et enrichissement, terme impropre, ingestion peut être dirait mieux cet engloutissement. Une décision primale s’enracine dans son fonds propre.  Va céder à la violence de l’affrontement, décider de l’accouplement.

Quand la distante s’efface le regard désille. Que vais je y voir ?



remains

Voile de si loin un sillage
croisent les rejets des attraits
une tige dans les feuilles
les pleurs d’un soleil

dévisager

Y a t’il un lieu  loin d’une hâte
errements d’un leurre
ferrement sourd
la fléchée des
embruns

Les tremblements du monde

Créer, écrire, témoigner c’est demeurer fidèle à une certaine image de soi et de l’autre, c’est refuser ce qui nous nie

© Les tremblements du monde, écrire avec Patrick Chamoiseau, coll. les merles moqueurs 2009

DEUX_600© L S 2009


…réfléchir sur sa propre histoire. Comprendre le long chemin, souvent à travers des frontières et des murs de plus en plus difficiles à franchir, qui mène un homme, d’Afghanistan, du Liban, de la Pologne, d’Italie, du Cambodge, d’Algérie… ou de Quimper, sur les berges du Rhône ou de la Saône. Comprendre son rapport à son voisin, qui souvent a rencontré les mêmes difficultés, en empruntant parfois un chemin différent .