Un livre n’est jamais fini

Une lecture n’est jamais finie, le livre jamais refermé les pages continuent insatisfaites à imposer  un peu d’attention, c’est une source qui n’en finit pas de couler.

Certaines lectures, la poésie, des pages de réflexion qui réclament sans cesse l’attention, on les lit paresseux on croit les entendre mais c’est nous même que nous entendons, il faudrait faire silence et tenter de percevoir ce bruit inhabituel, cet espace béant qui s’ouvre, le thorax déchiré par le mot se rendre compte que quelque chose siffle doucement mais essentiel, c’est pour cela que nous lisons,  les laisser là à quelque point que ce soit, un abandon ; le style n’est jamais poli, toujours une marque une égratignure qui interroge, certes la lecture se poursuit silencieusement dans l’esprit mais retourner au texte parce que la rencontre n’est pas close, déterminée, ni définitive, ou elle peut l’être.

Mais pour le présent la lecture s’étale s’étend questionne, a un gout d’inachevé, quelque chose se faufile, tente de se faire jour et s’éclairer d’un inattendu, assez de bavardage le silence du mot n’appelle pas le débat, le langage simplement contient tant en lui même qu’il déclenche une soif et que nous sommes au bord du vide. Tu n’as fini le livre, tu ne le finiras jamais, toujours tu penseras y retourner pour rechercher ce que tu y as laissé, comme un peintre sans arrêt sur le motif tu écouteras les mots, lassé mais attentif au silence, à ce que nait en toi quand tu lis, tu n’en auras jamais finis.

frenche seasoning

A l’alouette migratrice la girouette fait un signe en grinçant et le vent les porte insolent au bout du coteau

Et si le hache manquait  saucer serait presque Chaucer et chausser serait un tantinet saucer et ne serait plus marcher

L’ouïe meurt et sait l’humeur furieuse que mentent cancanent  les oies du capitole mais est-ce capituler plutôt que capoter ?

Lignes de force et champs de mine met muet en point de mire un  brin d’herbe à haute tension mais prendre son temps au lamentin

Dans le brouhaha détruit qui filait bon train le mien chahut se fit rebelle et s’allongea sur la chaussée un alexandrin l’écrasa

You’re not being serious ! the kangaroo muttered to le cuisinier japonais qui copieusement lorgnait sa besace sans tiquer, trinquons dit il alors avant que j’aille manger des grains de maïs avec mes poules

Et si le i venait à manquer jouer ne serait plus que jouir ? oui inversement  le J absolument car ouer ne serait qu’ouïr ?

Et intestat  en déroula une qui en gloussant petite poule rousse avait presque la longueur de l’intestin

Au microwave préférer le wok car il fallait s’y attendre , du riz à la thaï ne pouvaient cuire made in china

(to be continued)

divagations et considérations

Et si c’était le bruit et la fureur, l’étonnement du bruit des hélices si tant est que muet gronde et fronde arc en ciel et mer plate  désormais une pluie fine inaudible le cambouis d’ une séquence urbaine on le voit à ses ongles dans les taillis du silence qui écorchent, cambrure des marches hertziennes  dans les soutes des cargos symphonie métallique et bruits de marteaux prudemment assénés quand assis les jambes dans le vide les yeux nageant vers l’ile détachement illusoire de marsouins en manœuvre il fallait s’y attendre seules les claques sur le corps révèlent les moustiques aussi près du chant des sphères qu’il est possible le casque dans la boue le guerrier du bout d’une clope entrevoit l’absolu sans absoudre ni dissoudre le moment où son père et sa mère et même le président et le boa constrictor qui siffle sur nos têtes bêche dans le pré un square  60 sur 40  où cacher sa libido en cachette de sa mie dans toutes les langues il  y  faudrait toutes les langues tant et tant de phrases ne parviennent à me taire mais dans le silence d’une seule un coin une cachette où entendre lové sur moi-même l’éclatement de la douceur dans le plus simple braiement d’un âne amoureux et non un manchot qui jabote comme pourrait le faire croire l’académie coin d’ombre entre deux poteaux entre les barbelés Auschwitz ou Dachau en septembre avant qu’ils n’arrivent sinistres casser l’ambiance quelques vaches paissaient et le vent gémissait l’étendue interminable n’en finissait pas avant que minables n’hurlent les stukas.

aléas corpus

les pieds
s’acharnent à rattraper le sol
qui dégringole
et la rigole
qui s’élimine
dérive entre les sureaux

d’aubépine

comme un ulcère
qui digère la rivière
je m’allonge
en lit de jonc

la mare rouspète
entre les tiges

le beau corps tangue

Aléas corpus

les pieds
s’acharnent à rattraper le sol
et la rigole
qui s’élimine
dérive entre les sureaux

d’aubépine

comme un ulcère
qui digère la rivière
je m’allonge
en lit de jonc

la mare rouspète
entre les tiges

le beau corps tangue

pomme

Pomme couchée dans le panier, les traits tirés la face ridée je me suis vu comme une pomme dans le panier, la bouche tournée vers les rouges vertes et jaunes les rondeurs et les pelures comme dans un bus trop plein sommé de ne souffler mot, silencieux comme avant d’être coupé  en petits carrés quand la cuillère sur le feu  tourne la compote

Je me souviens sur l’arbre la fraicheur et la chaleur  c’était tourne au vent alors c’était rouge bleu vert et jaune dans le verger c’était à qui crierait si fort que le soleil s’étonnerait, là il ne fallait pas tomber la pluie glissait  la brise il ne fallait pas tomber et les oiseaux qui picoraient nous promettaient de finir compost

Pas le renard la nuit les soirs d’hiver  mais le panier les claies dans la grange,  nous ne le savions pas

beyond the lane

beyond the lane two drops of milk and a shattered shack

Ploie le temps

si l’ ours et l’humus des hêtraies

grise face de pierre
et vingt sentiers
font une taïga d’hiver

vers une douce pas trop rude quand pas de plume

cree grogne ni rend shoshone



dans la huitième nuit blême bleue de loutre et mer

pluie que trois pour une soupe

j’outre

ni crire  ni rire
même des crocs
moins  que d’accrocs

un  clos de cache
à l’eau
de brins d’ilots

mais ronger une branche sèche
si bois sec
l’eau crisse
fendue

une coulée loir pousse de sève
perce  dans le sens oblique

longue robe  libidinale

orignal ou nihil
à
ni
male
ni
feu
mêle


ne leurre

et secoue s’en pour sang
au  coude

à coude

comme si pioche
mais  nickel
dans les rockeuse

bluese

une tête d’ourse
s’entête
à lever le paw

à

l’émergence du soleil

car hiboux n’est pas putois
ni castor

une peau de daim
affamée
court pâmée

le poing levé
au sol
hérisse
de poils
pour luire

je dis  tranquillement
s’ébrouer

à la voix tachetée


Pauper song

ce n’est pas que la vie se détourne ni qu’elle délaisse, c’est seulement qu’elle a fermé les yeux un moment
humé l’air d’ailleurs ou s’est gratté à un point qui démangeait s’est levé faire la vaisselle et s’est perdu en chemin
c’est l’étranger dans ma proximité pour rien un mouvement d’humeur les ai refermés lourds  se sont obscurcis
c’est éloigné en chemin l’illusion d’une éclaircie l’invite d’une vie douce  les paupières retombées un rêve

la rosée près de l’étable un vélo jeté et la rouille sur le guidon une ronce dans les jonquilles le sang d’un géranium
là entre deux arbres la lassitude m’a fait assoir , je chantonne un air qui ne reviendra pas et caresse le chat

contourner

poursuis une idée comme à crin de cheval en rude galop de mots

brouillonne pour ne pas lâcher pendant que s’élargit le sens que j’entrevois, à pein e, si vite qu’à bride abattue je me jette par terre pour échapper au vent,

l’idée partie bien vite me faut la rattraper et l’étoffer ruse dans les bois

je vois des paysages défiler et je creuse et jette des phrases par dessus le dos pour m’en saisir plus vite avant qu’elle ne s’envole

je ne sais où la chercher et je me perds je confonds

plus tard je reviens sur mes pas et j’efface je répare le piège mais n’en sais toujours pas plus

 

pourtant à coté à deux pas sous une pelisse l’histoire marche d’un pas assuré  sans presser le train assurée de sa trajectoire de l’épaisseur de l’origine et de la piste

ce pas pesant que je distingue pourquoi n’en puis préciser les contours ?