Tapant sur la peau
es tu vivant ? Le cœur au quart de tour
un peu rouillé , la cage grince on va l’ouvrir
voir si le fauve vit encore
un tas de rêves qui peuvent encore servir
des dons roulés en boule
l’amour qui a attendu
il n’était même pas attaché
ce n’était pas une espèce en voie de disparition
retiré laissé pour compte
crève la vie crève la faim
un cygne un canard quelle différence ?
mais la bête a rugit
elle s’est remise sur ses pattes
sa queue a virevolté
son cri a réveillé le monde
qui s’est mis à hurler au diapason
plutôt surpris
que le hurlement hurle encore
que les pattes courent
s’est vu dans le ciel immense
la mer profonde
remonter de l’engourdissement

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La belle aimée souffle des étoiles dans sa gorge
il boit le lait de son sein en désert sur sa peau dorée
remonte à reculons douce de sa croupe à sa jambe
son pied qui prend racine sur sa cuisse à lui
sa bouche à elle reprend l’histoire du monde où il l’a laissé
amnésie remonte de son ventre
à sa source vers leurs pieds qui s’emmêlent
comme des filaos dans la rivière lit de boue lit d’azur
entortillés à ne pas se lâcher
se laissant couler dans le bien être de la vie à la mort
enlacés
comme deux pierres
se découvrant des mains
se promettant des baisers aussi lourds que des pierres
et que coule que coule
se mettent à nager dans le courant si fort
du volcan pour être soi laisse toi couler
sois l’autre ne veut plus rien
tombe en toi tombe en moi tombe en nous
coule dérive rit pleure sois fou dans le miroir de ce lac
muscles et peaux luisant
ronronnements de félins
au monde dans l’instant où il est
agité de tendresse folle
à l’instant du brasier dans la cascade
animé de ses yeux
comme dansent les planètes dans son sang
reprend tout d’abord lentement
et puis de plus en plus vite
bientôt frénétique sans qu’il n’y ait
plus rien qui puisse les retenir

ici le monde est éteint
d’un gris métallisé
d’un blanc blafard
d’un couloir triste
ordonnancement stérile
cafards à perte de vue
à la fenêtre la buée
pour empêcher de voir
le monde sous perf
silence pesant
de tout son poids
sur le vivant hurlant
de l’autre coté du béton
rien à en dire
sauf la peau
sauf les os
sauf l’amour
fermer le casier
tourner la clef
sortir dans la rue
et l’embarcadaire
la mue t’attend
la fleur en un sourire

IMAMURA Yoshio(今村由男 Japanese, b.1948)
(c) IMAMURA Yoshio(今村由男 b.1948)

 

La vague violemment indigo
purement libre
il n’y a plus d’incertitude
le tourment violet
dans le fond sonore de la roche
et le ciel est immense
le flux le reflux et le fil à la lune
une seule respiration
dans le torse  le poumon
hale inhale le monde
tout dans une même lumière
un seul mouvement
fonce le clair des passages
des nuages dans la clarté de l’eau
le ton de la sérénité solaire
la chaleur laisse s’écraser la mer
sur l’horizon sans sourire de la grève

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(c) Ikkō Narahara

 

La mer est sombre le corps porté par la surface
là  le vent souffle et  la vague percute les mots
à un mètre sous l’eau les muscle ramènent
l’eau claire le fond quelques mètres plus bas
avenues de sable serpents de roches s’enfoncent
plus profondément jusqu’au noir des fosses
l’oreille tambour la mer pèse plus lourd
qu’une plaque d’ombre d’un continent
le regard tombé de sel le cœur bombance
la peau fébrile va l’esprit nuage
toucher au bout du doigt le velouté
presque lumineux d’un jardin
cache de monstres l’esprit des fleurs
mélange ombre et blanche dans le courant
du fond aucune mémoire de la cote
du vent du large et du fracas des vagues
épiderme de l’eau d’autant plus sombre
qu’à la surface hauteur de l’air
ouvre grand la bouche
respire le corps nageoire entre deux eaux
glisse presque d’eau jusqu’à la rive

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c) inconnu

le corps flambe sur la plage où je ne suis pas
mais le corps flambe
c’est une façon de dire au monde qu’il répond
au soleil
à la brulure intérieure
à la nuit plus profonde que le temps
nuit déchirée nuit de mille petits trous
nuit de la lune qui s’oxyde nuit des marées vastes
nuit éveillée des grains de café saupoudrés sur le vide
si le corps est une nuit qui flambe au jour
c’est que je suis là où tu es sans te voir
et que la douceur est telle
que s’allument en moi toutes mes nuits
par les soleils et les tambours
clame ce qui veut revenir
sur la jetée tout comme à l’eau
aboie l’arc-en-ciel
la météore
l’orage sur la chair sous l’écorce et au vent
quand l’incendie rayonne
tombe le ciel de pleine lumière
sur les plumes
de l’oiseau-jour
les grandes ailes argentées de la forêt dans le son que le monde attend
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Comme les pluies remontent vers les hauts
les brumes de cornes et de taureaux
ffpoissons dans le bec des oiseaux
ffterres déchiquetées à l’embouchure
ffeaux limpides des fleuves sales
l’océan dents dans la bouche du monde
recrache le monde monstre
ffrage aux lèvres sur la plage de l’écume
pleure la chute de la spiritualité
étendue linguale dans la toute largeur
lune volcans  le mouvement des étoiles
fff fruits de leurs convulsions
fffdans la langue des baleines
ton nom à la remontée des surfaces
initie  la braise à l’œil du palmier
laissent une allée d’aura comme une nappe
poussées et remontées de nos humidités
fffs’entrechoquent hèlent
les deux corps sédiments
continent du dessus continent du dessous
dans l’alliance des mouvements
ascendant et descendant
belle et fauve se carnagent d’amour
l’antre follet la main au crépuscule

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Dès
le retour des images
la nuit
fffla grande tendresse
sombre
les avant figures des fulgurances
fdomaine des
fcaches pliées
l’étoile de la contagion
fffles vagues
fffde l’aube

où la mer s’embrase
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Tous les chemins dans le désert

S
Sables roses
sables vies
rose des sables
enfouies
dans le
sommeil
des nuits
le ciel
l’étoile hasard
la fleur
née de la veille

l’existence l’amour  illuminent la voute

©2014 Katsuya Ohshima
©2014 Katsuya Ohshima

De tous les cotés des ruisseaux
l’eau qui polie l’émeraude
l’éclat du soleil les rattache à ton cou
à la larme sur mon oeil que je jette
à l’étoile sur ta peau
à tous les regards obliques
qui percent sous mes pieds
qui collent au sable
à la trace de ta dérive au loin
ma douceur se heurte
à tous les bords des vides
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De ce qui pesait fermait comme une pesanteur
la venue soudaine d’un ange  un bourrasque claire
les deux lèvres sourdes d’une fleur ont  réouvert
le monde absent volets clos lèvres fermées bras repliés sur
socle terreau d’hiver maison hermétique  traditions stériles
te rabrouant dans toutes les sortes de l’absence
quand dans le temps l’éclair allumé scintille au bout de la nuit
personne au bout du fil visages pointus mâchoires tombantes
aucun bord d’achoppement aucune d’ancre d’amarrage
bruits sarcophage du monde dans la rade et l’estuaire
l’être dans les brumes du silence écarte les voiles
les chocs de l’ombre et les caves de l’humus
le grouillement où tout à ras de terre est indistinct
remblais et pistes de ces larves mues par les avancées de l’avant
espace de terre déchiquetée où les insectes obéissent à une
règle inintelligible
sensible à l’écorce et aux feuilles desséchées
aux courants en tous sens des nuages et aux jaillissement des
ruées d’eau pendant que dans les ombres à l’abri de la lumière
les papillons aux ailes du bonheur miment l’extase mystique
aux battement d’ailes sur  l’air et le jardin de l’avant
dans la descente des chemins nous plonge moi dans
l’absence qui est le revers de la présence
quand rien dans les branches ni dans le vent
n’annonce une simple arrivée de la tendresse
mon pelage alors se recouvre de givre et prend au froid .

Hayashi Takahiko
Hayashi Takahiko