heureux qui comme …

je reviens de lire ce poème d’ariaga , sans concession, magnifique de vérité, un peu désespéré, comme une errance, je retiens ces mots qui nous rappelle à notre condition et en même temps interrogent , car en effet la question de la beauté, du désir et donc de l’humain, est posé ;
La beauté, le large horizon, ce dit de devenir en désir, pour moi comme une voile aux vents dispensateurs, rappel que les muscle tendus du marin peuvent s’attendre à l’orage, à la tempête, qui, Poséidon, balayera le monde de la puissance, donnera au mot dévastation son sens fatal, retournera la beauté dans un réalisme implacable ,
mais cette dureté et la nécessité de continuer ne créent t’elles pas la nécessité aussi de la beauté; la coque renversée peut bien montrer l’immondice, l’envers ramènera l’esprit à l’éblouissement, magnifié par le blanc la voile, le trait de l’homme tracé dans l’avenir égale une dorure à l’or des Dieux;

n’est elle pas une partie de l’humain ,
même si le monde devait démentir ,

mais le peut il ?

Le monde en temps que monde n’existe t’il pas que pour nos yeux, n’est il pas une construction, une question de regard ? et s’il existe n’est il pas double , divers , au même titre que l’homme qui s’y immiscant , le crée, et si parfois notre regard prouve la beauté ,alors la beauté , aussi existe , dans tous les recoins du réel ; même les plus durs et difficile à cerner ,

(je lis J Berger et je m’en convainc) ,
mais il faut savoir la prendre à bras le corps et ne pas faire mentir, tout au moins se mentir, l’angélisme représentation de la résistance de l’homme n’est pas la beauté,

Pays réel débusqué,

sens profond de ce qui est, beauté dans sa vérité, les choses se révèle pour soi, encore que la notion de soi nous empoisonne, l’Orient comme le dit Coomaraswami , (de la transformation de la nature en art) et l’occident d’avant, ne s’y arrête pas, le dépasse, mais moi qui ne suis plus sûr de rien , qui n’est que mes yeux pour espérer, ce qui quelque part est voir, cherche des preuves du monde dans le geste , la vision et le fort intérieur,

m’assoir en forêt, au bord du ruisseau, y voir tout ce qui pourrit et lumière de ce qui, en paradoxe brille , or qui se déverse en moi et me rassure… ainsi commencent certaines des nouvelles de B. Axtaga , ou l’oiseau s’en va découvrir le monde et se trouve face à l’irréconciliable quelque part , dans cette vallée d’Obaba, au dessus, dans cette ile au dessus des montagne, dans la langue, se déroule en rêve, le dialogue fondateur, inquiet de la chaine qui permet le monde, cette nouvelle sur le plagiat ouvre les volets de l’etxe sur une vallée partagée , accessible;

mais pasteur, revenons à nos moutons,
expérience personnelle ou plus universelle , l’homme se retourne de l’envers à l’endroit et ne pense l’un sans l’autre , le monde ne lui permet pas,

et Erri de Luca dit « je connais la fatigue et le supplément d’effort qui l’efface »

je laisserai bien parler Erri , car ce qu’il dit résume ce que je voudrais dire et il faut laisser parler l’ancien , le porteur de ride , le relayeur de ce qui précède;

droit dans les yeux , le réel , j’ai l’impression m’affronte, me dit non tu en fais partie , ( vous en êtes un autre ) plante tes pieds sur la roche , retourne la coque et voit le monde quand il pourrit , laisse les traces parler de l’invisible au jeu du temps , et voit et rêve et ouvre les volets clos;

souffre de ces coups de fer qui limite les envolées, te ramène à la grille et lumière de l’oeil perfuse, t’enjoint malgré tout de ne pas oublier,
il faut parfois aller au fond des choses et s’en revenir , content d’avoir au moins compri que la question ne se posait pas , et de là …. ( comme dit le vieux poème …) ou autrement , se poser rassuré sur le banc aux vieux hochements de tête, rythmes , du jeune broussailleux aux pieds que la terre chaude par le voyage a corné,

se presser au chant , balance des deux revers

insatiables retours d’une beauté, l’illumination aveuglante cède rassurée , le bien-être restauré.

© L S, 2004

cf. John Berger, d’ici là , ed de l’olivier (entre autre)
Bernardo Axtaga , deux frères, Obabakoak, le fils de l’accordéonniste, ed. Ch. Bourgois
A. Coomaraswami, de la transformation de la nature en art, ed. l’age d’homme
Erri de luca, fragments, la pensée de midi N°5/6 littératures (et toute son oeuvre)

…et en guest star Voltaire et Candide, J du Bellay, Amadou Hampate Bâ, Homère, Bruce Chatwin, Georges Brassens, Michel Déon , les poneys sauvages pour le passage d’or de l’Ariel, et tous les autres habitants de ma bibliothèque qui de près ou de loin sont présent.

femmes peintres

Anne Madden , peintre irlandaise , Icare, l’immensité , le paysage , la nature comme une immense lumière matière ,

Anne Slacik , la nature plus réelle , dans sa matière mais aussi sa forme , plus tangible mais tout aussi puissante

Nurcan Giz , peintre de l’espace , le bosphore , l’ouvert et le fermé , au dela de la structure staëlienne aujourd’hui obsolète ,

que de perspective ouverte à la peinture large , ouverte , libérée et dense comme ce qu’il nous reste du monde …

des hommes aussi bien sur , plus tard …

derouin

©radio-canada
merci à jack Desmarais de m’avoir fait découvrir ce grand artiste

fondation Derouin
comme dirait louve :  » MIAM!

à écouter sur radio-canada.com

… »René Derouin, parti à la recherche de lui-même en 1955, pose son regard sur le monde, sur les autres, sur l’autre, il veut traduire ce qu’il voit. Cependant, son regard plonge vers l’intérieur. C’est ainsi qu’il parvient à faire affleurer à la surface de la toile, du papier, du bois, du bronze, bref de toute matière qu’il touche, l’essence de la tragédie humaine. Homme du XXe siècle, cherchant son identité propre en traversant l’Amérique, de Montréal à Mexico, revenant vers sa terre première, poussant jusqu’à l’Orient, René Derouin intègre toutes les mutations, toutes les migrations, qui font partie du destin de l’être humain moderne. De sa recherche d’identité, de son aventure personnelle, il sait faire une oeuvre unique ouverte sur le monde. » (extr.http://www.paroissestpaul.ca/deroin.html)
…identité, migration, métissage
…réfléchir et créer sur le sens du lieu
…Le largage, c’est un geste qui m’a donné naissance, me permettant de me larguer moi-même

© galerie simon Blais

à voir : la traversée du territoire
 » La Traversée du territoire traite de notre appartenance au lieu, de notre dépendance aux forces de la nature et des difficultés que rencontrent les populations en migration. « 

Uzeste

avé laksan

Uzeste encore néanderthal ço qué cal dans le toupin grasal de Delteil l’accent revient en rive inaccesssible tous les s tous les k se roll n roll pas troll sans trouille , voila cessa ma rive en si en ut et vive ma patrie de lune qui rime à l’ail à l’oc ad hoc

à écouter toi qui vibre de tous les a&nches de tous mes becs en clés je frappe je tape j’enclume à bout de rire en vague lyre

http://www.uzeste.org/a/index.php/Improvista/HomePage?P

Jean Capdeville

« livre d’artiste, un auteur chante , je danse autours »
(jean capdeville , peintre)

quand j’ai lu ses mots ce fut un éblouissement ,
il y avait le chant et la danse deux mots tronc pour moi ,
et cette façon de le dire , si simple , si totale comme une évidence ,

quel grand peintre ! libre ,
libre car fidèle à ce qu’il sait être et qu’il creuse , creuse ,
et la force, la force de la terre , la force des roche , le sang , le son sourd , total , la résonnance ,
le refus de renoncer à ce qui s’instille
sang hématite la terre le corps se sait et s’élance le corps le tout ,
les deux pieds rieurs tiennent à cet aimant

 » la peinture, les peintures toujours cette plaque noire, symbole et témoignage d’un attachement mortel cassé en deux ,, la guerre – que je tente de ressouder dans la limpidité, la chaleur du possible – jean »

être et jouer si l’on peut dire

extrait de  » l’énergie du sens  » de edward Bond

la seule sagesse que nous enseigne la souffrance est que rien ne nous obligeait à souffrir- si ce n’est notre mortelle condition et la grande faute du temps ,

……. peut être sommes nous d’abord devenus humains quand nous nous sommes découvert acteurs et avons perçu l’acteur en autrui ? quans nous avons découvert que nous pouvions – apparemment vivre ailleurs que dans le mensonge : ce qui a toujours fait de l’art une quête désespérée de la vérité , pas la quête du succès ou du procédé qui ferait fonctionner X Y ,Z , mais de la vérité parce que nous étions condamnés à la tromperie – ou pire encore- à la confusion .

charles Juliet, le poète qui pour moi a surtout écrit les ‘entretiens avec bram van velde’ , là est extrait de son journal (éd.p.o.l ) « quand tu me dis ta soif ,tu calme la mienne ».

« la norme,ds notre société,c’est la mort de l’âme. De sorte que ceux qui cherchent la vie ne peuvent que se sentir coupable. »

« La pire des solitudes,ce n’est peut-etre pas d’etre
physiquement seul.C’est de ne pouvoir communiquer avec soi-même. »

(charles Juliet :Journal 3 -1968-1981ed:p.o.l.)

Chillida

lo profundo es el aire et CHILLIDA

lo profundo es el aire … ce vers de Guillen a inspiré le grand sculpteur, voila un prélude à une plus grande note sur chillida à venir , au même endroit , gure aitaren etchea , littéralement « la maison de nos pères », d’ou le « surnom » de mon atelier

Kimura

le peintre KIMURA

le peintre planté dans son corps et axé par le regard est projeté sur l’immensité cosmologique du figuier, monde en soi , où le peintre cherche à voir,

qu’il cherche à dépasser,
le peintre est là complètement immergé dans l’univers ,

J’aime cette idée et la photo rend cet absolu de lumière.

mustapha dimé

aux rives des choses de longues tringles filandreuses entortillées de grille, des perches ajourées de fers pointés cloutés, marchent et se mèlent aux vivants ceux-la occupés à transvaser l’eau dans les bassines en toc, la grande invasion plastique et nylon en nuée blanche chipe et recouvre les jambes, ils marchent le long des rues poudre ocrée de cette île embarcadère d’où le sanglot ne revient des meurtrières de l’exil que déposés par le vent le hasard le ressac riverain, voisinage triste la pauvreté est s’acclimate, les sacs renvoient les fumées à la fureur solaire.

La mer apporte autre chose, des bouts de bois blanchis , tortueux et tordus , les membres des par dessus bord qui reviennent en fantôme , des piles entortillées qui dératent des cargos de rouille bleue sale, des fers tordus ou tôles rongées rouge-morsures qui éventrent, des gouvernails décolorés ,des écailles de bois peint , des creux des gonds des visses, des galets et des filets dans les dérives de mazout et d’huile à flot , des et des et des , et la grève qui agrippe au ressac sans trime ni saison,
la roche qui retient par les entailles des bouts de laine, des tissus de trous, des fils tissés, des goudrons, des coques de noix, des toiles et des cordettes et se mèle le rouge du vert au jaune l’or à chair entrecoupée, dépouille de lien et entrave, cuir qui brave l’air des pendouilles breloques de coques striées les calebasses nouées à hauteur des reins
entrailles de barbelés rayés de rouille piqués de cheveux rèches au creux arride du rond en surplomb les corps de branche abandonnés par la plage rongés d’eau et boursoufflés d’écorce laissés la peau blanche calcinée par le feu
le temps l’égarement battu contre les pierres trainent au rivage.
un beau tronc équarré à coup de hache deux bras de jambe torse rythmé de coups à corps sanglé et un clou de rouille fiché en plein cou
sanglote cette proue le rouge écoulé aux deux percés saignent les cordages le long du bois de rail
entortillé des bouts de cordes les longues cornes commentent une mémoire tchiware tendu en arc de cercle d’antilope

D’avant ,d’avant que le regard ne perce la barrière indigo face au bleu et dos à l’ocre d’où les vagues à l’envers versent les restes que l’ile en phare permet .

Le dos à la terre la mère, le corps noué sous une toile attachée aux pierres d’une batisse grise, vestige et maintenant refuge l’homme et le fort regarde la barrière d’eau , la voile bleu , la toile qui bouge au vent ou halo de lumière en flot, les yeux voient au loin , quoi , le dos au rivage mère les yeux arpente ce désert des vies qui pourtant rejette ces disloqués, ces voisinages d’aventures , ces embruns d’ailleurs,
le ressac ramène , il arrive , la rive avare, jeu de dupe où l’homme trouve ce que l’autre perd c’est la force du vent, le transbordage des vagues, jette ce qui dérive du loin des autres rives mères, couramment transportés et rejeté par la houle caprice et reine donne aux rocs , aux sables et aux buissons d’épines qui gardent. (en construction et à suivre)