la fleur n’est hélas pas tigre

La fleur de toutes ses dents qui

jaunes

éclatantes

mêlée de rouge dans ses blancheurs

étincelle

quand dans le vert elle baille

 

C’est au pied de l’arbre

c’est le gamin dans le jeu d’insolence

c’est le jeu qui frisait la danse

il le fut,

l’a écrasé

sans bruit sans fureur.

 

dans ses lèvres l’embrasement et le pollen s’y dépose

 

la fleur

n’est plus

à peine cueillie

plutôt piétinée

on ne peut parler de destin

elle n’avait rien à opposer que sa fixité

 

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emporté par un bruit d’enthousiasme

un bêlement de métal

 

ronds les même mots reviennent déguisés de noir

 

dans l’ombre

mélangé à l’odeur

l’humus

entêté du champignon

le végétal semble une méditation

toute simple

mais écartant les broussailles

 

du soir

 

seul le silence grince

le clin d’œil complice

le chasseur de truffe

 

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et la chèvre qui va au sacrifice

étincelante

car le poil est lustré

ou est ce le couteau qui brille

dans le sens du sang

la joie l’a retourné

comme on le dit du lait dans le seau

quand il n’est plus dans le pis

 

mais sèche

Interlude

Partir en courant. idée absurde puisque je venais d’arriver. Alors que faire ? Il est évident que cette pensée dénote un malaise. je restais donc planté là dans la plus parfaite immobilité, évitant toute figure de style convenue, évitant même de penser et surtout de faire le moindre geste ce qui m’aurait obligé à rompre cet équilibre instable . Le vent évidemment et la circulation artérielle, pendant ce temps continuaient leur mouvement propre indépendamment de cette apparente suspension. palpable le mouvement régulier du pouls rappelait que ni le départ ni l’arrivée n’étaient en soi indépendant ni une finalité et devaient se comprendre dans un ordre plus vaste où tout était interconnecté comme par exemple un mécanisme dont le fonctionnement aurait été interrompu par une méditation impulsive d’un de ses composants sur le sens à donner à sa participation à l’ensemble. Partir relevait du même ordre et y penser créait une fracture en soi perturbante, c’est pourquoi il ne fallait pas y penser. Mais pour autant, l’hésitation ainsi créée ne manquait pas d’interloquer car cette interruption ne répondait pas à un souci mécanique ni ontologique pas plus qu’à une préoccupation métaphysique, à quoi rattacher ce phénomène, indubitable quoique posant question sur le plan de l’ordre des choses et de la continuité. En effet pouvait t’on ainsi se soustraire à l’emprise de la nécessité, même dans un cas comme celui ci où l’impulsion est remise en question.

Mais pourquoi relater cet incident, jusqu’ici irrésolu, l’absence de décision se maintenant et devenant critique aussi bien pour l’individu ainsi arrêté que pour la circulation des choses et des êtres, étant devenu en lui même un obstacle et une gêne pour l’harmonie générale et la compréhension dynamique de l’existence. Mais la question demeure et s’impose : pourquoi a t’on cru bon d’en faire un article de blog et quel intérêt cet assoupissement soudain a t’il pu suscité chez ce scribouilleur (car le scribouillage doit il s’opérer à tout prix et contre toute attente). Je me le demande également et je pense que tout a pu se jouer dès le moment où le premier mot s’est installé sur la page provoquant comme un appel d’air ou plutôt de mots car alors il en avait appelé un autre et ainsi de suite. Embarrassé et ne sachant que faire, ayant du temps à tuer, symboliquement parlant, le mot lâché dans l’arène a provoqué l’arrivée d’autres qui rendant caduques les précédents et appelant les poursuivants n’a obéit qu’à sa survie dans une chaine ressemblant fort à une phrase. L’on m’objectera qu’il y a un rythme à la phrase et une logique interne (syntaxique, rythmique, dynamique) et que tout cela doit être pensé, voulu et prémédité. Certes. Mais il n’en demeure pas moins que le premier mot, tel une première pierre est en soi un élément déterminant de l’édification et du mouvement de la péripétie.

Or il ne se passe rien car nous sommes dès les premiers mots : coincé. N’ayant envie ni d’aller dans un sens ni dans un autre, n’entrevoyant pas la moindre solution ni intention on se retrouve planté là se demandant pourquoi et comment on en est arrivé là. Les lecteurs putatifs non encore arrivés sur la page non encore créée mais se défilant comme une pelote et éclaircissant l’obscur des possibilités (je l’ai déjà dit), le lecteur attentif mais pas maso ne se sentant concerné en rien par la chose (et l’on sait qu’il faut se saisir du premier membre disponible du lecteur afin de ne pas le laisser s’échapper, le lecteur étant très sollicité et disons le franco ayant autre chose à faire, le lecteur en un mot (non je ne suis pas payé au mot ni n’ai de la surface à couvrir, un léger ennui cependant m’anime, en est-ce la raison ? je vous laisse méditer sur la question ayant une pelote à défiler) le lecteur , je vais y arriver, n’en à cure ou presque, ayant lui résolu ses problèmes de dynamisme interne et ayant tourné la page. On peut le craindre.

Une question se profile immédiatement : pourquoi ne pas aussi tourner la page et cela ne serait il pas une solution à ce brusque arrêt ? Non, cela est mal comprendre le problème posé remarquablement depuis le départ puisque ce n’est pas d’immobilisme dont nous souffrons mais de deux propositions toutes les deux inacceptables puisque s’excluant l’une l’autre et de ce fait créant un trouble. Je vois que vous commencez à comprendre et que l’intérêt de cette situation d’un type  « i’d rather not » commence à s’imposer. Il ne s’agit pas en effet d’une posture philosophique réfléchie ou d’une figure de style mais plutôt d’une contrariété due à l’étiquette car dès lors où aucune solution au dilemme ne se profile que va décider de faire le protagoniste et comment s’extraire sans faux fuyant de cette situation embarrassante. il faut aussi considérer l’impact physique car l’on peut craindre la crampe mais aussi mental car le cerveau cessant de fonctionner peut commencer à présenter des défaillances et c’est le pire à craindre, décider de fonctionner sur un mode propre, rendant du coup impossible toute décision.

Kimura, dessin
Kimura, dessin

N’attendez pas que je fournisse ici une solution car en effet la solution ne m’intéresse nullement et viendrait à contrario et je refuse de m’aventurer aussi loin. Nous laisserons donc les choses en l’état aussi insatisfaisant cela soit il.

Attaché à mon piquet je braie

le chat se frotte à mes pieds et me parle de Lune

Le coq sans raison se rendort

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Dialogue entre l’olive et la cerise

L’intranquillité est dans le bain

Mais la mare si l’on regarde ces étoiles de verdure aquatiques que sont les algues, perles de l’aigu sur l’eau – un je ne sais quoi d’obscur que rien ne vient troubler – est comme une robe échancrée sur une surface douce, qui repousse – le canard même a du mal à jouer des palmes – un pédalo vient troubler le sommeil des saules

Ciel gris perlé. Les immenses arbres de Yoshida, gonflés de pluie, gesticulent avec nonchalance.*

Assis au bord et m’appuyant sur ma cane je m’accorde à la confidence des grenouilles – clin de cils ramenant le vert d’eau à l’infini et  mon esprit plongeant dans un sommeil de bruine a du mal à relier les points d’où viennent les jacasseries – sombres les herbes me tiennent chaud et le soleil rabroue ma désinvolture, mélancolie des vases défaillance momentanée de ce qu’il observe* et cite Nicolas Bouvier qui dans le vide et le plein :

« L’écriture naît d’une illusion. illusion que je suis meilleur que moi même, plus pénétrant, généreux et sensible. Illusion aussi que je suis capable d’écrire. Lorsque cette illusion est maintenue assez longtemps – comme un révélateur qu’on porte à une température – elle devient réalité, j’écris et je m’ajuste aux exigences de l’écriture. *

et comme je reste englué dans mon abêtissement satisfait il me glisse cajolant :

Il y a des rapports très étroits  entre l’illusion et l’édification de l’être, ceci permettant souvent cela.*

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gomme-japonaise-iwako-canard-grenouille

Le canard attentif n’en a pas perdu une miette, caquetant : les plumes d’un canard sont la sagesse d’un bec, enjoué, joie sans pareil de s’ébrouer, le col vert ou jouant aux dames avec la carpe, la truite n’étant pas de bonne composition ni adaptée à l’euphorie de nager dans la déconvenue de ce remue ménage qu’est ce microcosme grouillant paradis du goinfre.

Moi préférant le sushi et le regard abstinent je mêle les lumières prêtées au beau dos d’une belle aimée se prolongeant en cou de soie – suavité de l’olivier s’échappant du muret pour rejoindre l’horizontal, l’oléagineux ignore l’obstacle et se fond aux nuées nées des larmes de brumes n’y voyant rien à redire ni d’insurmontable – la grammaire une contrainte consensuelle et nullement aliénante – Un peu d’élévation et l’air d’être insoumis circulant de nouveau – le chaud d’un fromage sec rassure et le berger hilare m’assure que l’ombre est le prélude à la lumière – n’y voyant pas de contradiction mais une simple concordance des temps – question de priorité et de circulation des nuages – n’y voir bien sûr qu’une divagation oisive à laquelle le climat méditerranéen se prête – à la fin de l’hiver les oiseaux ne sont pas encore revenus d’Andalousie – frugalité et digestion explique l’altercation avec le Soleil qui conclue :

J’aime les moments privilégiés, les petites faces camuses et rongées des bouddhas o-jizhos plantés tout de guingois dans les cimetières, et à ma façon je suis doux aussi.*

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*  Nicolas Bouvier, le vide et le plein

réveil

Réveil dans un pot de mousses ébréché

sursaut de se voir observé en dormant

le livre en tombant  a réveillé le chat

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Je ne suis pas en haut d’une montagne,

ni au bord d’un ruisseau

ni accroché aux pales d’un moulin

pas plus coincé dans la spirale du cahier

ni dans le ressort de la montre

Parfois je me fais l’impression d’être entre deux planche

un clou dans la chambre à air

mais c’est une illusion

je dois démentir

je ne vaux pas l’encre de mon stylo

j’ai dératés

dérapé

je ne fais pas de jeux de mots

de crocs en jambes

mes boyaux sont bien en place

et peu gonflés

ils ne sont pas la panse de brebis farcie

ni ni le chapeau du chevalier qui dit ni et veut un shrubbery

et ni (quoique je n’ose) Grand central at midday.

grand central under a hat
grand central under a hat

 

argument

Aller voir si dans le bas coté n’est pas tombée ma montre, ou mon écharpe.

Mon appareil photo sans discontinuer fait cui cui se montrant fort volubile quand au meilleur réglage et le pourquoi et le comment de l’empreinte du lumineux or la lumière est partout et ne se laisse pas facilement convaincre et n’est pas moins volubile en appelant aux plus improbables arguments le plus souvent d’ordre mystique mais peu m’importe les délires du Nikon qui de toute façon est sur position automatique et s’exprime donc par pur désœuvrement n’ayant rien à photographier, il fixe le ciel quand j’ai les yeux braqués sur le talus ne me laissant pas distraire et cherchant à percer les mystères de l’herbe et des brindilles.

Il faut réfléchir à deux fois avant d’appuyer sur le déclencheur  (carnets d’Ozu)

 

chen jialing
chen jialing

Promenade

Monté dans le lacet en haut de la colline

là les nuages formaient couche sur couche une composition d’orage

l’ensemble menait du gris au plomb le plus fidèlement tendu au presque noir

dans le noir se reflétait aussi bien le bleu sombre qu’un multiple minéral du vert qu’affichait la forêt

le ciel filtrait autant de tons que la pluie n’en émettait

le mouillé délavait plutôt qu’il n’abreuvait mais la végétation semblait d’un avis contraire

de même le processus en lui même donnait raison à l’eau

qui dévalait

se voyait dans la nécessité colorée

d’être fraicheur et masse

que la teinte décline à partir de la lumière

 

Moi m’acharnant à ne pas sentir le grincement des muscles

je persistai dans l’effort

prenant conscience de ce grain pesant sur le fil sinuant entre les points d’appui

des roches dégringolées débordant le chemin

la perception se faisait de bas en haut

stries des couleurs par voie des lumières

trainées verticales obliquant obstinément

troncs défrayant la luminosité

s’opposant la masse coupait comme une travée horizontale

songe au mieux sous la poussée

le regard traversé ne semble pas souffrir

 

Le monde s’entrecroisait et sous la dynamique des pointes

ne concevant pas l’entaille ni le mal être dans ma charge

gravir suppose si cela est douloureux de passer outre

l’appréhension de devenir la masse que l’on trace

ou croit percer à monter la montagne

à suivre le fil pour prendre l’air

 

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Une simple question d’oxygénation sans que rien ne semble justifier ce déplacement

une simple impression de complétude ou de manque à la base aspire au sommet qui ne s’atteint jamais

le cédant à la masse du nuage dont il ne diffère somme toute pas le renforçant

il ne peut être question de fonte ni d’assèchement

ni vague ni pôle le chemin passe à travers la sueur et les nuées

de s’immerger ni d’être submergé le chemin se prête de bon gré

de là observer quitte à s’arrêter les mousses, les graviers, les herbes et les museaux pointus

ou plus haut le vol entre les brumes qui semble fait de plumes

quand tombe le soir et qu’on n’y voit goutte

goutte à goutte oreille du jour

le bruit une soupe n’est pas filtré par le sombre

 

On songe alors à la mort sans renaissance

à une sorte de repos au bord du ravin qui décline

solidement induit par la pesanteur

il ne vient pas à l’esprit que l’on pourrait tomber

jusqu’à ce que quelque quelqu’un se croise

et la rencontre et la salutation interrompent les pensées

cheval fou lâché dans le jour.

 

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beast your beat

: your breast

Robinson2 triangle

 

la salve doré
d’un buste noir

l’abime

pulpeuse

 

aux angles de repos

une clarinette
sèche

passe

 

Guerrière

 

à l’anche blanche

 

l’Ange

repose

 

Your breast

 

triangle noir

pulpeuse

rectangle

un  Buste pose

 

de l’angle au noir

l’ Om descend de

 

triangle

Anche blanche

d’angle

de         repos

 

Stern

une étoile

Sème en silence