Dialogue entre l’olive et la cerise

L’intranquillité est dans le bain

Mais la mare si l’on regarde ces étoiles de verdure aquatiques que sont les algues, perles de l’aigu sur l’eau – un je ne sais quoi d’obscur que rien ne vient troubler – est comme une robe échancrée sur une surface douce, qui repousse – le canard même a du mal à jouer des palmes – un pédalo vient troubler le sommeil des saules

Ciel gris perlé. Les immenses arbres de Yoshida, gonflés de pluie, gesticulent avec nonchalance.*

Assis au bord et m’appuyant sur ma cane je m’accorde à la confidence des grenouilles – clin de cils ramenant le vert d’eau à l’infini et  mon esprit plongeant dans un sommeil de bruine a du mal à relier les points d’où viennent les jacasseries – sombres les herbes me tiennent chaud et le soleil rabroue ma désinvolture, mélancolie des vases défaillance momentanée de ce qu’il observe* et cite Nicolas Bouvier qui dans le vide et le plein :

« L’écriture naît d’une illusion. illusion que je suis meilleur que moi même, plus pénétrant, généreux et sensible. Illusion aussi que je suis capable d’écrire. Lorsque cette illusion est maintenue assez longtemps – comme un révélateur qu’on porte à une température – elle devient réalité, j’écris et je m’ajuste aux exigences de l’écriture. *

et comme je reste englué dans mon abêtissement satisfait il me glisse cajolant :

Il y a des rapports très étroits  entre l’illusion et l’édification de l’être, ceci permettant souvent cela.*

gomme-japonaise-iwako-canard-grenouille
gomme-japonaise-iwako-canard-grenouille

Le canard attentif n’en a pas perdu une miette, caquetant : les plumes d’un canard sont la sagesse d’un bec, enjoué, joie sans pareil de s’ébrouer, le col vert ou jouant aux dames avec la carpe, la truite n’étant pas de bonne composition ni adaptée à l’euphorie de nager dans la déconvenue de ce remue ménage qu’est ce microcosme grouillant paradis du goinfre.

Moi préférant le sushi et le regard abstinent je mêle les lumières prêtées au beau dos d’une belle aimée se prolongeant en cou de soie – suavité de l’olivier s’échappant du muret pour rejoindre l’horizontal, l’oléagineux ignore l’obstacle et se fond aux nuées nées des larmes de brumes n’y voyant rien à redire ni d’insurmontable – la grammaire une contrainte consensuelle et nullement aliénante – Un peu d’élévation et l’air d’être insoumis circulant de nouveau – le chaud d’un fromage sec rassure et le berger hilare m’assure que l’ombre est le prélude à la lumière – n’y voyant pas de contradiction mais une simple concordance des temps – question de priorité et de circulation des nuages – n’y voir bien sûr qu’une divagation oisive à laquelle le climat méditerranéen se prête – à la fin de l’hiver les oiseaux ne sont pas encore revenus d’Andalousie – frugalité et digestion explique l’altercation avec le Soleil qui conclue :

J’aime les moments privilégiés, les petites faces camuses et rongées des bouddhas o-jizhos plantés tout de guingois dans les cimetières, et à ma façon je suis doux aussi.*

Spot_nov

*  Nicolas Bouvier, le vide et le plein

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1 réflexion sur « Dialogue entre l’olive et la cerise »

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