Présent du subjectif

Il fait froid et il me faut ramener le col de ce pardessus
par dessus les tempes et Dieu je n’ai pas envie de rire
je m’arrête et je regarde
sous la glace
dans le vague je me souviens de ce que Bo m’a dit
qu’il faut entrer le présent et ne plus bouger laisser aller
le présent a cette présence cette absence de coloration

évidemment sans bouger ne pense pas n’oublie pas

et tout ça les sourcils froncés
aller de main en main veut dire un peu plus loin
avoir la tête en biseau et rase les nuages

fais une frise de mes pensées les lâche il y a un peu de vent
c’est subjectif
frise les pieds liés dans le corps l’action
la grande puissance de l’inaction est de rester accroché
l’infinitif décide qu’il n’y a pas de présent installé sur les appuis
l’infini frôlant le vent

Cela aura , Bo , été un échec
je n’aurai pas réussi mon abandon
sur la crête tombant
se déplaçant dans la progression accrochée
se retrouvant dans le maelstrom où l’on a toujours voulu
blanche noire soupir
croche
être
et avoir froid aux tempes
IMG_1993

Paysage avec humain

Proposition
pour enfin dérouler l’histoire de cet homme
assis là
et s’en allant
pour faire sortir l’immobilité de cet instant photographique où il est contenu sans que rien
ne s’échappe
ni l’heure nocturne quand l’oeil du givre à moitié éteint
Seul
l’homme au bord des rails
alors qu’un champs de pierraille sert de cordon
salutaire sanitaire contourne la voie
et perpendiculaire coupe
sans plus attendre
se hâte au plus vite sans distinction et monochrome
à travers cette jachère industrielle
Il y a une empilement on y voit
des wagons
contenants inutilisés et hors de propos et
refermant la porte
L’aiguille comme un train dans la nuit dans l’ourlet de coton
s’enfonce
ne ramenant rien
alors que je m’irrite devenant plus noir dans le bois du soir
alors que je m’avance
sans clairière
ni tambour ni trompette

. Le fakir rouspète

Yumeji
Yumeji

c’est moi qui souligne

IMG_2062

Sur l’image ,tentative de description

on voit tombant sans doute d’une branche
prolongeant le tronc
lui même succession de parties
des fleurs
sorte de pièges
assurant la survie
des feuilles engrangeant la vitalité
sorte de réservoir
des lignes semblant assurer la continuité
mais soulignant la discontinuité
[prolongement élongation parenté fibreuse indéfiniment rappelant]
ce qui dans le sol en dessous les graviers en dessus
entre les mottes
cherche à soutenir
le poids la masse la finalité lumineuse
ignorant qu’
appuyé à la couche d’ozone
respirant
pour ainsi dire
le soleil
sphère gazeuse
sorte de bronches ou branchies
s’il fut poisson
la chaleur pulsante
le sol
sorte de substrat
couverture
prolongement en peu sec
de ces hurlements
de vie sans eau
couches de lave
à la façon de,
est une
bouche souche

quelque chose a repris

Le fil semble soudainement s’être rompu
il n’en est rien
d’abord cela ne signifie rien
mais est signe simplement que
quelque part quelque chose
s’est repris

carnet pointillé

(c) photot inconnu
(c) photot inconnu

suspens des flots

Comme des mouches en piqué  re piquées sur piquées en l’air innombrables déjections à même le draps plat glas surpeuplé du monde plongeant coulant mourant en lignes successives en surplomb au plus profond du suspens énigmatique labyrinthique catastrophique des flots

(c) inconnu - à voir)
(c) inconnu – à voir)

D’Europe, que dire, vache à carne …

[à lire sur le site de Florence Noël : « le radeau des médusés, hommage aux migrants »], ma contribution et quarante autres textes, pour l’instant ; et aussi les couloirs ici même

Nuées d’oiseaux
s’envolent en jacassant
s’élèvent
à hauteur de
cette barre de neige
barre de mer
vers ces fumées
ce charbon
qui se fond avec
l’or

Dans l’entre-deux rives
l’eau dans les cales
la guerre de guerre lasse
au fond de la
mine
les migrants meurent
noyés
la barre à moudre
engloutit le nègre
en scat hurlant

SPAIN IMMIGRANTS

Dans les barques de bois
sorte de mille-pattes
perce oreille sur la neige
du Sahel natifs des brousses
termite d’Ouganda
anciens rois des bidons villes adeptes
de la contrebasse
tous à plat ventre sur la planche
estv une bête à mille dos

D’Europe
que dire
vache à carne
plus que
vache à lait
à soi
le mazout
s’enflamme

Dans l’espace
mutique
entassés
que l’on pensait
lointain
tellement inabouti et sans
absolution

On les dit réchappés
des tueries
des misères de l’ethnocide
de la tonte d’Ebola
de l’éradication
de la furie
unijambiste
On les vit
encore vivant
aux abois
la masse malodorante
la barre
et l’eau des continents

Résonnent
du creux
des enclumes
s’infiltrent
sans encombres dans
le gîte
les côtes sombres
les gorges diluviennes
comme les pluies des
angoisses
les oubliettes de ces forêts
là où pullulent
les myrtilles
les amanites et
les roses
belles
des sables

Mais ils sont des squelettes
comme
vous et moi
l’océan à des piques qui les ont
déchiqueté
C’est là qu’il faut arrêter
la longue arrête

Comme un fil de dent
tronçonne
empile les vies
en ballot plus
serré
vide que les tankers
de Shell
les lois
nos os multiples
les règles de fer
la dérisoire bouée
Oppose
l’esprit obscur
sec
de celui qui
ferme
sur lui
la pensée même de
l’eau recueillie
dans la paume
ce torrent ces truites ces baleines
cette arche
Noé, Zoé, Hannibal ou Jonas
cherchez l’intrus
Boire au goulot
le flot goulu
quand les rivières arides
déversent
torrentielles
l’étincelle
insultée
ont manque d’enfants
de femmes
de mangroves
ne parviennent pas jusque
Sur le trottoir

Je dis cela dans une convulsion
une parenthèse
secrète parentèle
le réconfort
de tous les morts que la
pirogue
convoie pour conjurer

au fond

La décharge
quand sombre
ce qui n’a pas
de port

Digne os grêle
portefaix
sorte de mille-pattes
perce oreille
perle du Sahel
natifs des
brousses d’Ouganda
anciens fous
rois des bidons villes
adeptes
de la contrebasse

nuées noires

Les nuées d’oiseaux
s’envolent en jacassant
s’élèvent
à hauteur de
barre neigeuse
vers ces fumées
ce charbon
qui se fond avec
l’or

Dans l’entre-rive
l’eau dans la cale
au fond de la
mine
les migrants meurent
noyés
dead_migrants_on_italy_shore

l’espace
mutique
que l’on pensait
lointain
tellement inabouti et sans
absolution

SPAIN IMMIGRANTS

du creux
des enclumes
s’infiltrent
dans le gîte
les côtes sombres
les oubliettes de la forêt
là où pullulent
les myrtilles
les amanites et
les roses des sables.

Belles balles de cèdre

(c) Kiarostami
(c) Kiarostami

cèdre et sève noir plant

ploie sous les cerises mûres, noires elles aussi

Liant

Arbre que l’on voit de loin les pointes qui courent
couchant qui coure
sur la surface à la poursuite,
probablement, la terre, probablement.

l’on voit des
Couleurs des
textures
dans le son du mot
l’appel
de l’arbre qui surgit

La section

couleur et interjection sur
le minéral attardé de celui

qui

au soleil  jaillit haut sur la montagne

là où

il n’y a plus que peu de maisons
de  jardins
d’enclos mais
mur de pierres caillasses des pentes.

on y entend

le roc

Sonate tocsins et cymbales

On y entend

Champs au printemps
oies
de l’ancêtre l’on apprend qu’il a fini par
faire la noce avec  la

Vieille

veuve délurée dont il ne reste
le souffle
l’odeur
le suc

L’embarras

Mais dans les feuillages, le parfum du jour est trop fort
du fruit qui a pourri,
l’odeur des jambes
pas de corsage
pas de lambeaux
pas de tombes

mais le froid de la vallée.

Le souvenir de l’olivier
acacias
aubépines
et rejets rachitiques

Hyacinthe

à peine un fruit
la suie
un puits

l’herbe
suinte
là où elles pleurent.