attachement

(c) Kawasaki
(c) Shiyunsaku Kawasaki

Le temps a un fil à la patte Il ne faut pas laisser au temps croire que l’épaisseur se déroule dans la longueur, dans la vigueur, imaginons un paysage emmêlé, une densité étant dans la masse friable, les milliers de gouttelettes les particules exaspérées tentent d’échapper au processus, destin biologique et participent à la vue, dans l’œil se succèdent sans interruption une continuité, l’énergie n’a de sens que mise en péril par une envie mortelle de fuir, d’entamer la masse et créer une perspective, si la branche s’arrache ou que la pierre se rompt, comme une nouvelle entaille il surgira une pousse ou le hurlement de la naissance. En dehors de cela tout est calme , d’un calme sans faille qui dissimule une bataille sans merci , silencieuse et meurtrière dans la falaise est la forme perceptible des massacres et de l’énergie pour en sortir. L’oeil lui même qui cherche à voir la trace une trajectoire à travers une atmosphère qui pourrait être encombrée mais dont il s’abstrait.

(c) Kawasaki
(c) Shiyunsaku Kawasaki

Il n’y a pas de morale à cela, autre que le moment ou l’œil voit et où la forme oppose à la perception une fixité de surface apparemment stable, dont seule l’aventure désespérée délivrera. L’organe cherche à rompre l’ordre, établir des concordance échappant à la loi, l’homme pousse la porte et va chercher des mures.

(c) Kawasaki
(c) Shiyunsaku Kawasaki

comme en étendue

D’où vient que le bateau chasse sur sa longe et qu’il fait de petits bons, comme poussé par la pression d’en bas, cela pourrait être la neige ou le brouillard, il n’y a pas de monstres en dessous et le couvercle ambigu pèse dans les tons même de l’eau même, la lumière inévitable sans décombres des remous bouillonnants du fond, navire s’il y en eut, toute la largeur est parsemée de tempêtes qui étirent les intuitions de l’eau comme en une étendue.

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accord parfait

les jours viennent comme viennent les jours dans l’épaisseur
par dessus, une couche de brume cache la lumière qui finalement ne doit pas cacher ce qui vit dans le jour
C’est un grand reptile qui somnole plutôt que de courir dans les bois
non que la vitesse importe ni que le recul suffise
l’observation, la peau et l’épaisseur ne figent
un personnage pense qu’il est important de s’attarder et de s’asseoir avec quelqu’un, il frôle le lac en songe, peut être un bras dessus un bras dessous permet d’être plus réceptif ou tout simplement est-ce confortable, l’un à l’autre s’accordant à la vue
l’air est pesant et soutient l’ensemble, dans l’île, le coeur est joyeux et l’homme qui regarde ne sent pas le poids dans la fumée

la brume, le sommeil, l’image et l’esprit se superposent.

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Derrière lui le clavier martèle
il s’attache à chacun des mots
Il y a un seuil et il y a une ombre
traverser c’est à dire passer
peu importe ce qu’il y a derrière
il faut qu’il y ait une épaisseur
se dénuder comme on revêt
il trouve qu’il a un gros ventre

Avoir grandi dans l’ombre des grandes bibliothèques, qui me semblaient énormes qui l’étaient peut être moins, avec des livres dans les placards, des livres d’une autre époque que l’on ne lisait plus, des histoire des  chevaliers et d’orphelins rejoignant leur famille et le voleur est pendu, le voyageur s’initie à l’opium, les musiques sont de cristal et je suis un enfant, une éponge dans ce bain de la fertilité, j’absorbe. Avec ces gravures qui faisaient face aux histoires que personne ne contait plus, le décalage à quelques kms de là s’accentuait quand l’on sautait en fermant la porte de la voiture deux siècles plus bas, c’était le dix-huitième et des couverture de cuir presque durci et chose étrange la Belgique se lisait en petits carrés dessinés les noms magiques de Tintin, les insultes libératoires et ceux de Zig et Puce. Dans cette demeure les comptes anciens des métairies et les voyageurs des quatre coins du globe se retrouvaient pour parler livres, rencontres, et quelques livres toujours  fonçaient dans des étagères vieilles de trois siècles les bois provenaient qui voulaient lire la campagne de brume, mes jeux et mes découvertes d’enfance se fondaient au propre comme au figuré dans le bouquet d’arbres et le pré que la fenêtre au bord de la bibliothèque semblait prolonger sans qu’il n’y ai aucune différence ni de frontière. Cela semblait désespérant car rien n’arrêtait cette échappée, ma longue course à travers les lieux et les livres, Hereford et la vie sur le Mississippi pendant qu’à vélo j’allais trainer par les boutiques de Hay-on-Wye je rapportais un cuir vert de Lord Alfred Tennysson, une aveugle histoire aborigène dans une librairie à Nice et la rencontre avec Hemingway tout était prétexte à ce déplacement. Les histoire que je pourrai rapporter sont des rencontres elles ont la brumes des grandes légendes et ce sont des portes vers des lointains, je les ouvre j’accède au parfum comme celui de cette femme sombre et je ne parle pas de celui de la dame en noire mais de celle rencontré et que le hasard matérialise dans un poche rare, et puis les journaux froissés du quai du train, cet à compte d’auteur ramassé  lors du passage de la Biman, mes pas frôlent les ailes de ces papillons tristes qu’il faut ouvrir pour réveiller le grincement du coffre à rêve quand il s’ouvre et que je vais remplir aux endroits saugrenus entassant les rayons de sens caché.

à l’ombre de l’armoire

L’inculte a une figure d’esthète, je suppose que c’est une chance d’avoir pu tenter de noyer l’assassin dans un flot de mots et d’avoir combattu la brume pour échapper au voleur, à cette conviction de voir mourir par étouffement enterré à force de grand renfort de brouette de terre, j’allais périr quand j’ai ouvert la porte de la chambre condamnée, Barbe bleue était parti faire un tour du moins la pièce était vide et elle était chargée de livres.

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Avoir grandi dans l’ombre des grandes bibliothèques, qui me semblaient énormes qui l’étaient peut être moins, avec des livres dans les placards, des livres d’une autre époque que l’on ne lisait plus,  le voleur est pendu, le voyageur s’initie à l’opium, les musiques sont de cristal et je suis un enfant, une éponge dans ce bain de la fertilité, j’absorbe. 956813ffa1812dacdfc88384fe9f1394Dans la campagne de brume, mes jeux et mes découvertes  se fondaient au propre comme au figuré dans le bouquet d’arbres et le pré que la fenêtre au bord de la bibliothèque semblait prolonger sans qu’il n’y ai aucune différence ni de frontière.

Cela semblait désespérant car rien n’arrêtait cette échappée, ma longue course à travers les lieux et les livres, une aveugle histoire aborigène   tout était prétexte à ce déplacement, les grandes légendes ne sont des portes vers des lointains, je les ouvre j’accède au parfum comme celui de cette femme sombre  et que le hasard matérialise dans une poche rare, et puis les journaux froissés du quai du train, mes pas frôlent les ailes de ces papillons tristes qu’il faut ouvrir pour réveiller le grincement du coffre à rêve quand il s’ouvre et que je vais remplir entassant les rayons de sens caché.

Malgré ce grand age la fuite en avant signifiait que l’on s’enfonçait délibérément dans la jeunesse, ré-ouvrant une vie, en refermant une autre, systématiquement traquant  la possibilité d’une fuite car il devait y avoir l’idée de fuite au milieu de celle plus belle de la migration des oies, du tunnel dans les marges permettant d’échapper aux grands fauves, Les bibliothèques s’écroulaient et sous les ruines parmi les pans des pages il y avait un glissement que l’on pouvait suivre si on le percevait et tournant encore une page, en écrivant une, profitant de la déroute pour prendre un train, voler un aéroplane, à fond de caisse sur les routes de nuit en voiture, le matin être à Barcelone, à Antigua un livre à la main  celui oublié sur l’étal d’un boucher, la couverture est corné,c’est la porte qu’il faut pousser.

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perles qui sont notre sucre

Bo_Carpelan_BladurhostensarkivDécouvrir un auteur, Un auteur nous aspire

de chemins qui découlent des uns aux autres comme un collier dont on suce les perles

perles qui sont notre sucre comme la neige sous les skis du traineau

l’été

L’été,

ne laissant qu’une ombre
je ne fais plus confiance aux mots
je ne veux plus rien
que dire
je pense à la neige
et à la brume qui suppure de l’eau

l’été tout est évaporé même le bruit que cela fait
l’absence de preuve de l’existence

 

 

 

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Tombe en dessous

Quand on a vieilli on pense que l’on a accumulé affiné les expériences, que l’on s’est dirigé vers la somme des horizons, la pointe effilée le corps dans sa lancée croit en la cible. Mais la mer est toujours aussi plate et l’on s’est endormi l’on est mort en chemin ou les autres sont morts et il n’y toujours pas de maison en vue, juste la mer plate pour reprendre l’image du rafiot qui se couvre de rouille creusant dans sa coque des trous étoilés. C’est alors que vieillir c’est se retrouver sans chemin, sans maison, sans étendard tous les proches étant mort la demeure  en nous écroulée car les fils  sont dénoués, seul sur la glace et les neiges ou la mer immense est vide, sans un souffle de vent une tombe en dessous attendant qu’elle s’ouvre.

Cy Twombly
Cy Twombly