Agnelle

belle clochette l’enfance aux sonnailles

Clochette, oh ma belle brebis , je m’en rappelle une autre en file ininterrompue comme un tapis de laine accroché aux rosiers , comme des œillets rouge corolles d’un soleil qui remplit les vallées , en drailles fécondes comme des marches ouvrant le monde en marche , vraie sente qui magnifie le minéral horizontal et les pins cottoient les cistes pierrailles au toit des mousses dansés les gestes carresses remontent les hêtraies tas de pierres en cabane dans les chênaies où tout se trouve traversé

je m’en rappelle aussi , et ce souvenir pour moi est comme le baton qui me maintient , la verdure et le soleil qui illumine , le bêlement ininterrompu depuis les générations, et ce haver de la bergerie et le beau mot de berger , de mouton , de brebis d’agneau , lamb en anglais , et que dire du basque du béarnais du cévennol du provençal du gallois du neo-zélandais , de ton ces mots comme les tiens, clochette, le son martelle le rappel et d’un cri lancé et le chien qui dévalle si fier comme une autre jambe


cette cascade s’élance et la bergère rit de sa hauteur de cette constellation en mouvement immense migration qui célèbrent le bêlement qui émerveillent parce qu’il sont le sentier , le pré lui entre quatre coins et filin du matin structure notre imaginaire , notre nourrice magnifique ,

parfois même une chèvre , ou un chevreau vient me parler d’un patois plus rude , oh mon enfance, marginale la plaine fleurie en aval des vallées à portée de voie, antre comme la ferme quand s’ouvrent les portes de l’en avant à montées des chemins

les yeux perdus dans ces gestes rassurent et l’aliment mèlé au pain, les baies et l’ail et le miel , nourri aux effluves des montagnes , de la roches, des terres qui serpentent, indispensable branle des corps qui gravissent et volètent les papillon fleurettent sur les vert rougeoillant l’ irruption veloutée de la terre et les fleurs ou butinent les abeilles, sonnailles qui renvoient l’écho de la certitude du troupeau comme une seule marée et les chiens et se béret qui résume , penché sur le baton méditant , ou chantant grave et vague , précis dans les gestes cette générosité rude coutumière, l’horizon contrebandier bleu comme un sourire taiseux ,

je sais les vallées et les sommets me l’ont dit , et les genèts en bouquets les ronces enfruitées de mures et les myrtilles qui donnent la couleur de la tomme, la montagne pastorale ou le désert d’un chemin invisible , parcours de glace ou transparence lumineuse des roches ,

l’enfant sourit au braiment des ânes et s’excite des jappements, imite dans un rire, attend et s’amuse de toute cette vie printanière. plus tard il les suivra jusqu’à la lisière les bergers avant de pouvoir, fier et attentif , rêveur et bavard garder le pré et ramener à l’étable

pour l’instant ses yeux rieurs ne font qu’entrevoir , et c’est ce qu’il gardera de plus beau , cette lumière qui filtre de fleur en éclat de branche , comme un baton solide , racine végétale d’un être voué à marcher , à retrouver le chemin, cheminer et somme toute conduire à grande enjambée de pâtre la marée dans les sentes.


Agnelle

belle clochette l’enfance aux sonnailles

Clochette, oh ma belle brebis , je m’en rappelle une autre en file ininterrompue comme un tapis de laine accroché aux rosiers , comme des œillets rouge corolles d’un soleil qui remplit les vallées , en drailles fécondes comme des marches ouvrant le monde en marche , vraie sente qui magnifie le minéral horizontal et les pins cottoient les cistes pierrailles au toit des mousses dansés les gestes carresses remontent les hêtraies tas de pierres en cabane dans les chênaies où tout se trouve traversé

je m’en rappelle aussi , et ce souvenir pour moi est comme le baton qui me maintient , la verdure et le soleil qui illumine , le bêlement ininterrompu depuis les générations, et ce haver de la bergerie et le beau mot de berger , de mouton , de brebis d’agneau , lamb en anglais , et que dire du basque du béarnais du cévennol du provençal du gallois du neo-zélandais , de ton ces mots comme les tiens, clochette, le son martelle le rappel et d’un cri lancé et le chien qui dévalle si fier comme une autre jambe


cette cascade s’élance et la bergère rit de sa hauteur de cette constellation en mouvement immense migration qui célèbrent le bêlement qui émerveillent parce qu’il sont le sentier , le pré lui entre quatre coins et filin du matin structure notre imaginaire , notre nourrice magnifique ,

parfois même une chèvre , ou un chevreau vient me parler d’un patois plus rude , oh mon enfance, marginale la plaine fleurie en aval des vallées à portée de voie, antre comme la ferme quand s’ouvrent les portes de l’en avant à montées des chemins

les yeux perdus dans ces gestes rassurent et l’aliment mèlé au pain, les baies et l’ail et le miel , nourri aux effluves des montagnes , de la roches, des terres qui serpentent, indispensable branle des corps qui gravissent et volètent les papillon fleurettent sur les vert rougeoillant l’ irruption veloutée de la terre et les fleurs ou butinent les abeilles, sonnailles qui renvoient l’écho de la certitude du troupeau comme une seule marée et les chiens et se béret qui résume , penché sur le baton méditant , ou chantant grave et vague , précis dans les gestes cette générosité rude coutumière, l’horizon contrebandier bleu comme un sourire taiseux ,

je sais les vallées et les sommets me l’ont dit , et les genèts en bouquets les ronces enfruitées de mures et les myrtilles qui donnent la couleur de la tomme, la montagne pastorale ou le désert d’un chemin invisible , parcours de glace ou transparence lumineuse des roches ,

l’enfant sourit au braiment des ânes et s’excite des jappements, imite dans un rire, attend et s’amuse de toute cette vie printanière. plus tard il les suivra jusqu’à la lisière les bergers avant de pouvoir, fier et attentif , rêveur et bavard garder le pré et ramener à l’étable

pour l’instant ses yeux rieurs ne font qu’entrevoir , et c’est ce qu’il gardera de plus beau , cette lumière qui filtre de fleur en éclat de branche , comme un baton solide , racine végétale d’un être voué à marcher , à retrouver le chemin, cheminer et somme toute conduire à grande enjambée de pâtre la marée dans les sentes.


cent dix belles pensées érotiques m’alarment

nuages_500.jpg

photo L S

es tu là pour moi et joues tu dans le soleil en goutelettes de soie ?

cent dix belles pensées érotiques m’alarment

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photo L S

es tu là pour moi et joues tu dans le soleil en goutelettes de soie ?

love in a cave



et nous étions tous serrés contre la peau de l’ours et nous nous élancions vers les confins de la terre
en poudre d’ocre le granit nous rudoyait et nous chantions la rive indicible

au-dela-des-ages_5001.jpg

© L S, du fond des ages, 2004

love in a cave



et nous étions tous serrés contre la peau de l’ours et nous nous élancions vers les confins de la terre
en poudre d’ocre le granit nous rudoyait et nous chantions la rive indicible

au-dela-des-ages_5001.jpg

© L S, du fond des ages, 2004

à lire, Malaurie , encore …

Terre mère de Jean Malaurie ,

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à lire, Malaurie , encore …

Terre mère de Jean Malaurie ,

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la tristeza

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© L S, dents de l’ours, 2005

23

Mi mano acaricia tu sueño
Y para mejor acariciarlo
se convierte ella tambien en sueño.

Pero entonces tu sueño
se convierte en una mano,
para poder corresponder a esa caricia.

¿El amor será siempre
el cruce de una mano que va
y otra mano que vuelve ?

¿ O será solamente
el paso de dos sueños que se cruzan ?

© Roberto Juarroz , duodécima poesía vertical

la tristeza

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© L S, dents de l’ours, 2005

23

Mi mano acaricia tu sueño
Y para mejor acariciarlo
se convierte ella tambien en sueño.

Pero entonces tu sueño
se convierte en una mano,
para poder corresponder a esa caricia.

¿El amor será siempre
el cruce de una mano que va
y otra mano que vuelve ?

¿ O será solamente
el paso de dos sueños que se cruzan ?

© Roberto Juarroz , duodécima poesía vertical