Lucy in the SkY

On imagine les traces des pas, les éclatements que le soleil et la pluie ont  cloqués sur la peau des érosions, friable la densité s’est éclatée et des bouts de terre se sont décollés, de la roche que le vent aura fait s’envoler, perdure les stries, la trace du temps.

Lucy !
Lucy !

c’est une nuance abstraite , elle survole cette élégance, l’ellipse est la vie et égraine , la graine n’est ce pas, cette même chose érodée une fois que le vent s’en est chargé, il aurait des ailes que la poussière bleue saupoudre de rose, celle de l’aube alors que rien n’est clair, celle qui vibre au seuil du vivant indistinctement, imperceptiblement, sans attentions, celle-ci qui fait briller les recoins de peau, serait-ce  cette terre compacte, robe presque roche , presque os , ce mouvement qui prélude à la fragilité, je recueille les pigments broyés me racontent l’histoire d’un peau de pierre, d’une fleur évanouie et les herbes, fragile brindille, lavés dans un grand jus les couleurs que l’œil célèbre retrouvent une nouvelle essence.

Il semble que ce soit une planche, un chemin à travers l’aride et cet état premier avant que la pluie ne vienne avec son lustre provoquer l’éboulement dans l’ordre qui permet le mouvement, elle égrainera le temps, boules noires qui s’entrechoquent remontant la cascade mathématique d’une succession incertaine formant l’un d’un collier mystique, la voix bourdonne cet inlassable en mue, est ce musique ou muse,  je retourne à ce chemin dans les sables, je ne l’ai jamais quitté, seule ma pensée s’est amusée à l’éparpillement mais au fond le pas mesuré ou pressé est toujours à se remémorer  les éboulis, paysages ou ors les jaune sont soumis aux rouges, les bruns et les gris minéraux assistent les accrochages des mousses, les failles les rupture du gel frissonnent dans la chaleur obsédante d’un jour, tandis que la lumière jaillit se soumet en cercle.

au début cette croute de terre usée l’œil en voit le chemin, le passage est chanté à travers les détours et retours, aggrigente, ce mot me vient de loin, veut il dire quelque chose, surement les bouches ont tenté d’en forcer le son pour en aboutir au sens,  il s’articule en mouvement de peau et s’échappe dans les vides, par les rides le temps va trop vite, plus tard on se contentera de la trace qui voudra dire, lieu et liens entre les mondes habités et la feuille cornée reporte la trace de l’antilope, anticipation tchiware, deux cornes la conte belle à quatre longues tiges sabotées qui courent , laissent des empreintes bipales dans l’herbe écrasée, l’œil s’en est sans doute emparé , le corps en a sans doute frémit, je vois ça dans le sable ou la poussière de l’ocre fut chemin, le durcissement minéral est vision d’espace poudreux, une vie ne se résume pas ainsi, à ce moment d’avant , à ce lointain retour en arrière comme une boule de quartz, ce rugueux de lave agglutiné, cette couleur pourpre fut celle de la vie des hommes, obstination des femmes sur la strate rocailleuse, terre qui file en étoile entre mes doigts méditatifs, mon esprit imagine et recrée cette frange d’humanité, filin rompu que la poudre m’octroie.

Terra Amata , LS 2011
Terra Amata , LS 2011

je regarde plus près , cette tête, est ce celle de Lucy, autant dire l’os de la femme, terre du mythe,  presque un caillou qui me relie à la roche, une main qui taille les lignes d’une vie cosmique sur les parois d’abri, compacte la pierre taillée trace l’appel sourd du vivant, ligne et émergence de la surface colorée sur la roche, la main étale ce mystère qu’est en soi l’envahissement de l’œil, je peint le reste d’une vie , je tiens la preuve de ces chairs et je retiens la poudre, j’émerveille les étincelles de la lumière, la craquelure et le grain et la couleur foulée, du bruit se détachent l’énergie motrice, la preuve d’un sol que les pieds ont voulus, foulés dans l’ahurissement du temps.

Lucy (Frankfurt_am_Main)
Lucy (Frankfurt_am_Main)

Kankangui

étoile

bruit métallique des fleurs

aigu qui fini

l’étourdissement des peaux

la paume a convenu l’accord et frappe régulièrement à l’horizontal du sol

un arc de cercle que tend le fil émet tous les sons quand s’abat le bâton

© sculpture Simonet Biokou

des pierres l’une contre l’autre sont obstinément silencieuse – l’eau les tait

assis


sourd dans la poussière mon regard en sourdine se mêle aux herbes

la chanson me vient aux lèvres

étouffé qui s’étend au chaos

je vois celles qui tournent dans l’air tournoyant de leurs robes

les cuisses et le bassin la rivière contre les rochers et le bois qui flotte

les couleurs se froissent le chaud frotte l’eau la naissance  de l’effort

c’est la corne qui remémore

l’issue de la pointe à l’embout

dans la poussière les pieds interpellent les braises de la nuit

métal

bois

santal

le feu est rouge du souffle qui tord le fer et le cuivre roussit

trou

feuille

embouchure

le souffle s’inspire des pieds inlassables et s’instaure dans le cuivre

l’os et l’air lape comme la langue qui boit la rivière

ample

qui coule

qui porte

le son sans effort est une tige et parle dans le noir de toutes les profondeurs

tête droite tout concourt à la trompe d’où le son salue et vrille à l’ouverture

sans faiblir l’immobilité de la prestance donne l’essor nécessaire à l’accueil

la force contenue dans la tige pour que l’honneur soit le ciel dans le corps

des refrains comme  le heurt des insectes

des battements comme le vol quand l’oiseau porte hors de lui des ailes

des martellement incisifs défient le sens

on ne sait pas pourquoi dans ce même temps le sourire de contentement quand tout se passe bien l’homme et la femmes savent que l’accord est obtenu et que la vitesse de l’élancée assemblée va se poursuivre dans le va et vient des hanches dans le cumul des ans fiché comme une tête dans un cou et le torse qui porte lui aussi l’élongation longiligne du son qui salue la fête de l’harmonie la droiture simple le permet

le son file

rappelle le tisserand dans un seul fil parmi tous ces autres qui hurlent et se taisent debout et assis et courir lance ou pioche

le son est droit

les deux jambes les deux bras équilibrent le torse pour que file le son emmêlé de façon certaine pour que l’ordre  et le cuivre luisent

le vide est contenu dans le métal bout à bout dans une longue élancée lui fait rejoindre le ciel par le bout de la bouche

l’effort de la bouche est intense et aspire à la renaissance – il est fixe

anicroche

le feu à fait fondre et le marteau a façonné sans que s’arrête le temps sans que s’arrête l’homme qui frappe pour que soit la feuille et l’enroulement du vide qui permettra le son la teinture sonore de l’effilement le faîte sans trembler pour que file l’événement

on ne sait pas pourquoi il faut simplement que tout concoure pour l’homme et la femme adviennent à la beauté 

[sur une musique The pan african orchestra opus 1 Ghana]

boulot

les pieds trempés n’ont pas touchés l’eau

la poussière aussi s’en défend sinon elle serait de la boue

le thé dans le sachet attend que bout l’eau

rouge pourtant l’eau inonde le bleu et jailli au bord des corps

une grappe de pins simule l’extase quand passe la pie

mes rêves ont tendance à s’étoffer dans la couleur

le signe s’octroie le toucher et engloutie la bouche s’ouvre

la courbe dès lors a la longue chevelure défaite et l’étoffe des mets


les pieds trempés n’ont pas touchés l’eau

la poussière aussi s’en défend sinon elle serait de la boue

le thé dans le sachet attend que l’eau bouille

rouge pourtant l’eau inonde le bleu et jailli au bord des corps

une grappe de pins simule l’extase quand passe la pie

mes rêves ont tendance à s’étoffer dans la couleur

le signe s’octroie le toucher et engloutie la bouche s’ouvre

la courbe dès lors a la longue chevelure défaite et l’étoffe des mets

Yame

temps pleinement de l’un à l’autre sans que se résorbe ce que doit advenir si le vide répond à ce qui  est vide c’est à dire proche de tout résonne sans qu’il y ait pour cela de son

 

la grande vigueur

l’absence

 

de ce que je vois bien être au delà sans que je ne m’en sente éloigné

la lumière transporte du plein ou cru tel au vide ou cru tel

l’apparente prosternation qui ne fait qu’englober

 

l’alternative

mouvement

 

m’isole mais ne me prive pour autant que je puisse en juger

ou comme une luminescence effarente le sentir la tête coiffée d’étoiles

lueur

deux lueurs à l’étoile

l’une transperce le néant tandis que l’autre la caresse

une seule lumière

le moment et le ciel vibre

un seul ciel

toi et moi des deux cotés de l’étoile

réunis par la distance

des astres

sur le fil lumineux marche en file une flopée d’écureuils

de l’ extrémité de ses branches l’étoile survitaminée sourit

le fil d’étendage galactique bat à tous les vents astraux 

yame

temps pleinement de l’un à l’autre
sans que se résorbe ce que doit advenir

si le vide répond à ce qui  est vide

c’est à dire proche de tout

résonne sans qu’il y ait pour cela de son

la grande vigueur

l’absence 

bien au delà



la lumière

transporte du plein

ou cru

tel au vide

ou cru tel

l’apparente

prosternation

ne fait qu’englober

l’alternative

mouvement

isole la tête coiffée

d’étoiles


lueur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

deux lueurs

à l’étoile

l’une transperce le néant tandis que l’autre la caresse

 

une seule lumière

le moment et le ciel

 

vibre

 

 

un seul ciel toi et moi

des deux cotés de l’étoile

réunis par la distance

immergé

 dans la forge de l’eau le soleil

immergé l’œil cramoisi

s’ouvre et pleure immodérément