lettre de sol

LS 2007

la trace de l’encre , le sillon du burin , les pattes tachetées ou mouchetées viennent impulser un rythme , impulser ? témoigner ? révéler ? je préfère penser au dialogue et au répons, le monde est il autre chose, lorsque l’on observe ce qui est de manière plus scientifique ? structure rythme souffle et devenir, mouvement et progression,

l’homo europeanus scrute et codifie ce qu’il voit de loin , en restant extérieur à ce qu’il voit , gage de vérité ? d’où la question , mais qu’est ce que tu vois ? au lieu de poser la question mais qu’est ce que le voir ?

on est loin de ce qui a construit le figuratif en Europe, même si les première base de l’humanité européenne étaient elles aussi figurative mais d’une autre façon, plutot participative, quelqu’un comme Miqué Barcelo y participe encore.

de nombreux peintres le long du vingtième siècle se sont posés la question, certain y ont répondu sans trop s’éloigner du constructivisme européen (), d’autre ont pris d’autres « théorèmes » pour développer leur peindre au monde, la chine, l’Afrique et les civilisations premières, les arts aborigènes, indiens etc. à partir du moment ou le doute s’est immiscé dans le voir les peintres ont pris les chemins et ont réexplorés le réel, à commencer par leur propre ressenti, le réel commence là par leur être au monde, racine de la sensation et de l’élaboration d’une présence et de son expression,

le « dit » peut alors se déployer,

innombrables, multiples facettes de l’être humain en perpétuel devenir, c’est de cela qu’il est question,
comment ?  c’est en effilant le dire, le peindre, le penser et le vivre que l’être humain va tenter de redéfinir sa place, de façon plus juste,

ceci d’autant plus que la violence du monde, que la poussée de la civilisation se fera plus forte, que l’écart dans l’expérience humaine portera à la question, de façon multiple et un peu partout ;

mais cette poussée inéluctable du monde transformera de fond en comble le lien qui  nous unit, l’évidence est rompue, la question est partout et pousse sans arrêts, confrontation, hybridation, refus et destruction, regard porté sur les expériences autres, captation et errances, Édouard Glissant en parlant de tout-monde résume bien l’immense question qui se fait chemin rampant en nous, Frankétienne déplie les ailes de l’oiseau schizophone, Jousse émet la possibilité du mimisme, les modernes étudient la structure du vivant qui se mêle en reflet trompeur aux nouvelles organisations systémiques tandis que d’autres jouent à démêler l’écheveau des question et inventent une nouvelle forme d’écrire,

le monde perd de sa légitimité et de son évidence, tout est signe comme au premier jour, l’alphabet se reconstruit pendant que se retisse une posture,

assis sous l’arbre à contempler les graviers et les crottes des ramiers, les cosses vides et les brindilles sèches, je pense à la poussière imperturbable qui recouvre les rocher et je perçois le vert immense, les bulles qui dévalent le petit torrent semblent rire et en trombe une Ferrari balaye ma pensée, incompatibilité d’humeur comme un couperet, mais le ciel se zèbre indifféremment du trajet des dieux, d’un pictogramme d’hirondelles en transit que de la sifflure d’un jet qui vu de loin me ramène au tracé zen de l’encre, se dissout en vapeur d’eau tandis que les résidus viennent obstruer le vide médian creuser l’ozone , l’atmosphère déchirée la terre hurle de douleur l’homme se tient face à l’indistinct et souffle des rimes de beauté au vide, le disant devient beauté en déséquilibre instable ,

est ce ainsi qu’il faut le dire?

L S 2007

création?

s’agit il du monde avant la création ?

non il s’agit de la création ,

la création parce que celui qui peint s’autorise un regard grand ouvert sur ce qui s’offre à lui, il ne connait pas de borne que la pensée encage, il tente de voir , avec tout ce que cela impliqie,  le regard porte, et les sens sont en éveil en état de dialogue, la nature, la vibration de l’air tout ce qui le fait homme , c’est de cela qu’il entend témoigner, comme s’il saisissait une flute ou se mettait à chanter, le ressenti et le geste qui répond, la pensée n’a pas commencé ou elle s »‘est arrêté le temps d’une pause car c’est le geste et le moment qui sont intense

il ne s’arrête à rien , la création oeuvre , c’est ce moment de partage , de recueil , d’élancement de soi vers ,

ce qui importe c’est qu’il se sent vivant , il a besoin de la dire , il est seul et les autres regards ne viennent pas le contredire dans cet instant , imposer des limites , il est seul et ressent intensément,

c’est de cet élan, qui plus tard de questionnements en périls affutera ce qu’être humain résout, en forme

mais dans ce foisonnement et cette échappée il n’y a pas de monde qui tienne, ni avant ni après, ni monde , l’immersion est dans les sens et la pensée trace , improbable une ligne à travers des brousailles, des taches qui sont des points, des roucoulement et des suées, ricanement d’oiseau, chiures de mouches , tout indistinct est dans l’os , relie le passé au présent, sans doute pressent , mais s’élance en fuite éperdue l’espace et l’instant compressé, une ligne fuse et l’encre éclabousse, le point rythme, la couleur accorde et fusionne ,

liberté de l’en-soi à l’espace , l’ouvert de l’insaisissable recommencement

où tout se mêle ,


je récuse l’idée d’un art qui aurait des comptes à rendre , l’art pour moi est le lieu ou ce qui est humain s’exprime , s’imprime , tout cela doit tenir debout, cela peut aussi être transitoire , éphémère, instable comme une passerelle , passage qui permet la progression , et questionnement sans fin, garant de la vérité intime et de la continuité du chemin , ainsi la seule importance de la forme est de garantir l’équilibre même si le geste parfois s’incursionne dans le déséquilibre,

la création peut bien se trouver au détour du chemin, se jouer de l’improbable et éclater dans l’inattendu , suggérer des souffles et questionner

L S 2007

création?

s’agit il du monde avant la création ?

non il s’agit de la création ,

la création parce que celui qui peint s’autorise un regard grand ouvert sur ce qui s’offre à lui, il ne connait pas de borne que la pensée encage, il tente de voir , avec tout ce que cela impliqie,  le regard porte, et les sens sont en éveil en état de dialogue, la nature, la vibration de l’air tout ce qui le fait homme , c’est de cela qu’il entend témoigner, comme s’il saisissait une flute ou se mettait à chanter, le ressenti et le geste qui répond, la pensée n’a pas commencé ou elle s »‘est arrêté le temps d’une pause car c’est le geste et le moment qui sont intense

il ne s’arrête à rien , la création oeuvre , c’est ce moment de partage , de recueil , d’élancement de soi vers ,

ce qui importe c’est qu’il se sent vivant , il a besoin de la dire , il est seul et les autres regards ne viennent pas le contredire dans cet instant , imposer des limites , il est seul et ressent intensément,

c’est de cet élan, qui plus tard de questionnements en périls affutera ce qu’être humain résout, en forme

mais dans ce foisonnement et cette échappée il n’y a pas de monde qui tienne, ni avant ni après, ni monde , l’immersion est dans les sens et la pensée trace , improbable une ligne à travers des brousailles, des taches qui sont des points, des roucoulement et des suées, ricanement d’oiseau, chiures de mouches , tout indistinct est dans l’os , relie le passé au présent, sans doute pressent , mais s’élance en fuite éperdue l’espace et l’instant compressé, une ligne fuse et l’encre éclabousse, le point rythme, la couleur accorde et fusionne ,

liberté de l’en-soi à l’espace , l’ouvert de l’insaisissable recommencement

où tout se mêle ,


je récuse l’idée d’un art qui aurait des comptes à rendre , l’art pour moi est le lieu ou ce qui est humain s’exprime , s’imprime , tout cela doit tenir debout, cela peut aussi être transitoire , éphémère, instable comme une passerelle , passage qui permet la progression , et questionnement sans fin, garant de la vérité intime et de la continuité du chemin , ainsi la seule importance de la forme est de garantir l’équilibre même si le geste parfois s’incursionne dans le déséquilibre,

la création peut bien se trouver au détour du chemin, se jouer de l’improbable et éclater dans l’inattendu , suggérer des souffles et questionner

L S 2007

paysterrre sans age

L S paysage 2005

paysterrre sans age

L S paysage 2005

récitatifs

Oreille contre terre
la mise à nu de qui on trahit-
déshabiller les fesses
dans la tradition lyrique
cris sublimés
en objet de science-
mal aux testicules
de tant aimer la poésie.

(Triste Tristan, Paol  Keineg, éd. Apogée)

récitatifs

Oreille contre terre
la mise à nu de qui on trahit-
déshabiller les fesses
dans la tradition lyrique
cris sublimés
en objet de science-
mal aux testicules
de tant aimer la poésie.

(Triste Tristan, Paol  Keineg, éd. Apogée)

enlacer le tronc et tourner , tourner…

mais tenir l’ailleurs bien serré contre soi

senteur de cet autre indicible qui sent si fort le soi

et danser , danser ,  chanter , crier  hululer ,

et finalement

copuler sans  retenue

enlacer le tronc et tourner , tourner…

mais tenir l’ailleurs bien serré contre soi

senteur de cet autre indicible qui sent si fort le soi

et danser , danser ,  chanter , crier  hululer ,

et finalement

copuler sans  retenue

note sur le lointain

le regard que l’on porte sur  l’autre n’est pas neutre, le voyage lui aussi est regard, qui se développe, se met en question, et là  le regard que l’on porte sur le lointain est il  le même que celui que l’on porte sur le proche ;

ne  porte t’il  pas plutôt une question sur le lointain quand proche et sur le proche quand lointain , à moins qu’il ne pose tout à fait autre chose.