Tu m’annonces que tu t’en vas, je le savais j’attendais dans le silence
les beaux oiseaux sur la cote font face
à l’océan
à l’immensité de gouttelette
le regard perdu dans la beauté
les pattes rivées sur l’avenir
je m’en souviens tu me l’avais dit
le bel oiseau aime l’espace
il s’envole au carmin
qu’il ouvre devant l’île
c’est la joie de ses ailes
qui brasse
A
Toi bel oiseau
de l’océan
le ciel et la nuit
l’univers entier dans ta robe
je te voyais te poser venir
vers moi de ce bel air
et j’étais tout à toi
A
Tu m’as dit le ciel
la terre
deviens oiseau sois la terre
sois le ciel
vas à la nuit picore les étoiles
le monde si beau
le monde est ta maison
A
Ce monde si beau
pente de l’envol de l’être
sous mes pieds rêver
s’est mis à s’envoler je
me suis accroché à ses plumes
je ne le quitterai plus
Dans ma main plume
de l’oiseau
dans mon cœur toi à jamais
bel oiseau de mon pressentiment
Jamais je ne nous quitterai
Tourterelles ou pinson
oiseaux migrateurs
moi aussi venez me voir
je n’écris pas pour plaire
mais l’astre brille
il illumine
c’est à dire qu’il est après avant ou
malgré l’éclipse ou quand l’ellipse est la plus
grande
j’en oublie de manger je me
fixe au rayon le plus chaud
et je tourne avec lui
parce que le monde tourne
cela est une métaphore
elle veut dire que si l’astre brille
et il brille je brille aussi
on ne demande pas à l’astre si d’aventure
il accepterait de
briller l’astre brille
la plante pousse elle se lève vers la chaleur
elle devient la lumière
et moi environné de vents
je me lève vers l’astre qui me brille
j’en garde la chaleur et l’aura
Laura sur son rocher face à la mer
portant sa fleur comme un symbole
vers la mer l’oiseau et les iles
vers la lumière qu’elle sent briller
je n’en sens pas plus elle irradie
elle l’étoile ce que le monde a adoucit
je passe par l’ile et par Laura
je le regarde je suis
irradié retourné à la mer de mon pressentiment
oiseau maladroit sur une plage
étonné des rochers
nu sous une épaisse lumière
qui me fait naître
cela mérite quelques éclaircissements tant il est
clair que je suis né mais
la voir sentir la côte palpable et son mouvement
me ramène au point de tous les départs c’est
aussi simple que cela
au delà de la rature c’est un
effacement de tout ce qui
a eu lieu
et tout cascade à rebours
reliant les fleurs fraîches
les images les musiques et les voyages
les états d’être et les paliers
les eaux où
chaque instant de cette vie jaillit comme
tremplins des plats d’où plonger
dans l’eau bleu
son désir , non pour séduire comme
dit Ananda pour rejaillir
mais pour puiser dans son
centre la source vive
jaillissante et inaltérable
moi elle la source l’astre
son centre son feu sa vie
sa joie
ne peut plus s’empêcher de connaitre la raison
de sa mie au monde
mise à bas
mise en hauteur ,
c’est cela qu’il faut considérer
l’aimer comme je l’aime c’est ne plus
ignorer le coeur de la flamme
et brûler brûler toujours
sans eau sans vent
pour attiser éteindre
brûler seulement
c’est pourquoi je parle de renaissance
restituer ses veines en son centre
le sang gicler pour engendrer
sang du fleuve estuaire et l’océan
lever les yeux vers l’astre
sentir battre le pouls du rythme
qu’elle a réveillé et qu’elle isole seule
pour nous face à toutes les couleurs
le violet et le rouge le brun et
le brûlant de ses yeux
la présence de toute idée de vie
rend absurde la seule idée
d’imobilité
d’absence
de renoncement
de palliatif
elle
remet chanter au centre
dans mon cas chanter s’épelle peindre écrire sourire
rire , nager courir voler aimer car je vole lire émettre des sons
et parler haut affirmer cette
intersection là où le monde recoupe mon être
où l’énergie refuse de ne pas couler où le
cycle redémarre
où la lumière diffuse ne se couche jamais sauf en
grandes fièvres sauf en
éruptions solaires
en jus de fruits et de bois de suc
de couleur indigo échappée de la
plante arbuste ou chenille
connecté sur le vivant
ou l’amour dont j’évite d’évoquer la puissance
a retourné les feuilles
l’arbre gigantesque
l’écorce qui ne cesse de croitre
de durcir son centre
et de rejeter
le végétal à l’extérieur
au contact de l’air
de la chaleur de l’astre
de ce bonheur
d’être
croyant en lui qui réfléchit l’existence
et ne peut que
donner envisager l’espace ouvert
le dedans de l’ouvert où
la tendresse habite
la coque du renouveau
la chair du coquillage
brandit le son
se couvre de nacre
et nacre l’univers
toute hésitation bannie
toute faille quand à ce que le
vital émet sur le présent
a cessé
de vivre le jour s’est emporté
insoumis et déterminé
à ne pas accepter de
disparaitre
d’être éloigné
de devoir avoir froid
de nager dans le dur
de devenir blanchâtre
de succomber de ses bessures
alors
la nuit s’est relevée j’y est trouvé l’ombre
le corps enthousiasmé
l’âme mise à briller se prenant pour le matin
c’est pourquoi j’ai levé les yeux vers l’astre
c’est pourquoi j’ai fixé Laura dans mon ciel
tournant autant qu’elle le désire
s’échappant
glissant dans le silence
sa beauté rejoignant l’océan
le ciel des terres de la fascination
ce n’est pas pour le dire
mais rester en satellite en orbite
comme une ancre et tournant
se refusant à ne pas être un soleil
à ne pas faire ce pour quoi
je suis né
respirer dans le pur des jours
quoique je fasse
le faire encore encore et encore
et encore
comme les fleurs
la chlorophylle
l’écorce morte mise
à brûler
aucun mot de trop
célébrer
ne jamais céder d’un pouce sur
la lumière qui
m’active me rend
à la surenchère
Dire toujours sur la brèche
ne reculant que pour dormir
éviter la brûlure
maintenir la pesanteur et
irradier à mon tour
la lumière en ce monde
Car les mots laisse une trace
dans le ciel
sur la terre en ton âme
une déflagration
j’ai bien tort de me
demander où tu vas
tu es là où le feu
d’artifice
illumine
sans que je sache bien
pourquoi
la mèche allumée
l’éther s’embrase
autant de fleur dans
l’air que d’étoiles
de pépites dans ton iris
je dis et la filante
nous étincelle
je suis sorti dans le jardin
quatre pétales mauves faisaient une bouche
certaines s’ouvraient toute rouge
le monde par la couleur exhalait l’envie
tirait de chaque age sa floraison
mes corolles au soleil
j’ai suivi le conseil de la nuit
je me suis mis à écrire avant d’aller peindre
le reste pouvant attendre
J’ai vu venir vers moi ce que je pressentais
ma vie m’avait marché les yeux fermés
comme séparée par une distance de verre
tourné sans doute vers l’intérieur
l’extérieur semblait d’un autre ordre
pourtant comme arrivant avec clarté
un jour limpide libéré des occlusions
comme réveillant mains soleils endormis
s’en venant à bout de la mémoire
j’ai beaucoup plus de facilité à partir de la trace de l’encre ou du pigment, à m’arrêter devant un monceau de la réalité indéchiffrable que d’avancer devant le seuil hermétique d’un poème car déjà le poème pour moi n’a pas de seuil, pas de toit , pas de murs , il les emprunte à la nature, comme le font les aborigènes lorsqu’il s’arrêtent dans leur voyage , les quatre éléments pour fers de tente. La nature par contre est essentielle, elle dicte tout, obéit à l’air avant tout, est constitué de cet élément et de sa circulation laisse des traces de biologie sur le vivant, dont on fait le miel, la farine jusqu’à la canne à sucre que l’on broie, tracé de pigment à même le chemin, coulée du ruisseau que l’on recueille Arrêt du solide sur l’indéfini, le dessin agite. C’est pourquoi tel un escargot ou une limace , je sécrète ma bave, lèche le parterre avec mes mots, car l’écriture ensuite coule, déroule sans vouloir être arrêtée emprunte les couloirs de l’air dont elle est faite, entre dans ses silences et ses aspérités, il faudra la polir, les rendre tendres et malléable, corriger, revenir et franchir le précipice, l’écart d’un mot sur l’autre. Les marges et l’indistinct de la séparation d’avec le tangible pour s’évader dans un indécis dont les flamèches sont aussi poèmes imperceptibles. Aussi loin dans la stratosphère intérieure, au départ à suivi le poème à la trace se fiant aux brindilles aux poils aux traces et aux odeurs, ce sont ces chemins que je prends. ni zénith ni altitudes, ils sont poussière et eau, citadelles et champs, rouge à lèvre ou sueur sous l’aisselle. je ne suis poète que par le corps qui ensuite me remonte à l’âme, couleurs et feu des sens accédant à cette essence subtile dont je suis friand. je l’hume, je l’aime, quand elle n’est pas là je m’étiole, je la réinvente, la psalmodie, la convoque et lui cours après et la capture, en meurs, mais toujours je courre à travers la savane nage dans les rivières, respire le ciel et me trempe des orages, tel est mon credo que je martèle en courant , deux sons aussi distinct que l’avant et le pendant, dans le corps le sang fluide appelle la parole qui résume le vif de la question dans la lumière qu’elle rase. Mais c’est par les sens que tout commence et que s’irrigue l’âme. Le tracé de la peau jusqu’au parfum, jusqu’aux marges imperceptibles qui débordent, illumine le vide dans lequel tout se situe ou tout trouve une place même écrasé même à l’étroit, l’espace accueille et libère l’âme qui s’allume et cette essence, cette flamme est faite de cette lumière, peut être étincelles. monde en expansion , pensée en mouvement. Le parler aussi étincelle, les mots dont nous somme le jus, le trait et la pensée débordent du lit. Tout a un lit qu’il faut border, crues sont permises qu’il faut déboucher mais le drap est l’essentiel qui permet au sommeil de s’instiller, effondrer les limites de la matière, là où les atomes se coursent et dont se font les rêves s’il faut les appeler comme ça. De fait cette phrase au long cours, qui tricote son fil liée à la pensée demande à être irriguée par beaucoup d’incertain, de veines écorchées et d’affluents béants qui sont comme les pattes du mille pattes qui aucune n’étant d’accord l’entrainent ailleurs, loin de la berge, peut être des nageoires excroissances douteuses sombrent vers les grands fonds dans un sinistre plongeon dont on ne revient pas, le poème malicieux alors déploie ses ailes qu’il tenait sagement sous ses plumes et s’augmente des trous de son silence où s’entendent les mondes, les bruits non reconnaissables de ses accords. Le poème n’est pas sage, il est une furie que l’on ne voit pas, n’entend pas mais plonge tout en dedans de notre brouillon raturé, l’énergie rapide du fusain approximatif sur la feuille sont comme les moteurs d’une fusée, ils accélèrent et s’affranchissent d’une syntaxe est suivi de fleuve et de calmes de rivière, le limon étincelle, l’être soudainement s’ébroue et disparait , on ne voit que les remous, c’est ainsi que le poème nous échappe alors que nous croyons qu’il dort. Ensuite des garde-fauves viennent lui prendre le pouls, l’ausculter le ramener dans sa cage, lui l’être de nature, le fou de l’air et la torpille des profondeurs, le spermatozoïde enthousiaste aveuglé par sa rapide descente utérienne, procréer procréer chante t’ il, ne faut que procréer pour que le monde soit de plus en plus vie, de plus en plus vif et s’évanouisse dans la création enfin sublimée, monde en devenir et mangeant les temps, devenant ce que têtard il pressentait, le poème , juché sur un cailloux de la flaque, à peine perceptible s’ébroue en s’ouvrant.
Une enfant tout sourire s’est avancée vers moi tout babil elle a mis sa main sur mon bras l’air de me dire quelque chose. Moi je pensais à toi qui doit partir. L’enfant nullement découragée est revenu m’a tapé l’épaule gentiment, voulait t’elle jouer , me dire quelque chose. j’ai pensé aux vie que j’avais désiré et à tous les enfants qu’il y avait et je me suis dit « les revoila », j’ai eu envie de partir, repartir pour un temps qui serait à la fois demain et d’hier, j’ai pensé à tout ce qui heurte dans la poitrine, j’ai retrouvé la lumière dans les pins et le ciel, cette impression de force dans la nage, ce corps iliens rêvé plus fort et souple comme l’eau du monde
J’ai pensé je te le dois, je t’emporte avec moi dans l’eau et nous glissons plus léger et agiles, j’aime nous faire tanguer, mon esprit suit, la poésie est ancrée, sédimentée en un continent , plutôt archipel aux passages infinis, la poésie m’enroule le monde, dans la mémoire et dans le sentiment, j’y habite désormais comme dans un bateau ou je t’accoste. L’amarrage à ta beauté dans la baie, comme un paradis d’oiseau attraper des cordages à caresser tes voiles à les désirer plus que tout , je voulais t’enlacer partir avec toi plus loin que le soleil et les étoiles permettent , tout ça dans un instant. comme un déchirement de voiles. Tu ne serait plus ni paysage ni la baie ni cette irruption de la lumière ni tout ce que je vois , tu serais au creux de moi .
J’ai eu envie de ce soleil
de chaleur sur mon corps
une bouche sur ma peau
Dans mon corps un feu
un fauve à l’intérieur
Dans mon corps une lune
les flots entre mes eaux
Dans mon corps l’étoile
la fournaise et l’explosion
Le Soleil la Lune mon étoile
j’ai eu soif de nous aimer
d’étoffer nos fleuves être
sang à l’affluent du cœur
C’est ici c’est maintenant le temps me tire par le col
me dit stop prends à gauche perds toi
tu as suffisamment travaillé les anciens textes laisse
suffisamment arpenté les mêmes chemins abrège
pars de jour ou de nuit sous le soleil sous les étoiles
le papier est raturé aussi fin qu’un toile d’araignée
figure bleue errante abasourdie par la répétition
sur la pierre sur le gravier sur le sable ou la mer
sous la voute sous la croute
les écroulements d’étoiles une porte s’ouvre
un ours s’ébroue l’oiseau pale est doux
la bise j’entends mon âme qui grince
je sens frémir une humidité de mousse
une odeur de champignon un éclat d’aile du papillon
un reste de poussière d’éther dans la poussière
dans le vent le souffle chaud turquoise
mes pas se toisent tes pas se croisent
ils se recroisent
dégage les broussailles pousse les nuages
ils voilent le chemin dans la forêt
une liane fait un pont sur ta peau
voie de lait immobile lascive
voix folle de la tempête
tes yeux d’encre au bord de la fournaise
tes paupières rehaut de charbon
trait d’ocre de ton nom sur tes
lèvres de fruit de goyave
je les bois j’en presse le suc
je voudrais dans mes lèvres
sous la langue un passage de nos mots
et pour s’adjoindre le silence
mets l’embarcation à la mer
la mer est haute elle peut lancer nos sangs
à la surface sous une trouée noire
la peau de clarté la peau de Lune
où dans le ciel transparent
les pieds de perles cernées d’eau
dans les yeux de Laura passe le feu lent de la braise
l’écart absolu des écorces et de la sève
les rires les pleurs
les vagues qu’inhalent les vents :
sois qui tu es, aime ce que tu aimes,
respire, inspire
sois l’aura de mes astres