deux mains attrapent le ciel

©L S 2006

l’humain qui veille

Moi pour qui le Nobel était le dernier prix dont je tenais compte, … somme toute, le choix de Le Clézio cadre bien avec l’époque , un époque qui n’en pense pas moins , n’a rien à dire et ne voudrait pas que l’on pense que certains ont quelque chose à dire,

toute velléité de changement , d’engagement , de regard sur le monde qui soit vraiment une voix est évacué,

il y aurait pu avoir Edouard Glissant, même carlos Fuentes, celui de Christophe et son oeuf, Terra nostra, l’oranger etc. ,mais l’écrivain a été détruit par l’épidémie nord-américaine qui a ravagé le Mexique , il s’est retrouvé à ne plus avoir de voix dans un monde schizophrène,

il eut fallut perdre de sa superbe et crier ; car le monde est à l’agonie , car les humains sont pétrifiés, car l’horreur de la guerre et la pauvreté, cette absence d’arc en ciel menace pour le plaisir et l’égoisme d’une poignée,

deux mots sur la pauvreté , c’est l’affamie , c’est l’agonie la bouche pleine des mouches qui viennent retirer ce que l’humain ne peut manger , concurrence infamante , manger, la pauvreté c’est aussi de se croire pauvre, c’est pourquoi l’arc en ciel se meure, et est riche celui qui se croit, se sait , est riche , de soi, de l’autre et de la vie, relation prélude à l’en-deux et de là les milles , la richesse commence là ; à danser (rue Félix Faure, Ken Bugul, Hoebecke) à humer l’aube dans la connivence,

Le Clézio c’est la rêverie d’un monde, d’un homme que son histoire a placé à la confluence, regardant vivre cette part de lui qu’il ne peut pleinement être, il s’y situe toutefois, donne voix à ces humains qui lui sont frères, qu’il a apprit à aimer sans se sentir pour autant lui, tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde ,ces personages de fait sont déclassés, éxilés, en partance, en rève , en déshéritance,

comme une acceptation de l’impuissance c’est la solitude de l’écrivain coupé de la vitalité , de la joie d’exister , du face à face avec la vie , le Clézio sait que la vérité est sur l’autre rive ,il est des deux bords , entre racine et fraternisation, amour, partage d’une pensée, la belle pensée des débuts, est ce pour cela le regard triste , se savoir de l’autre bord et ne pouvoir , ne savoir qu’être d’ici , c’est la faille , et les rmans sont tous en rupture , ils savent leur partage , ils connaissent leur départ , mais sont vaincus par la part d’eux même qi ne saurait partir , cette tragédie à l’oeuvre et que je reconnais en moi ,

je préfère l’archipel ,

le livre-monde, la parole déchirée plutot que d’accepter de voir ce monde déchiré comme réel , ou alors partir , ce départ qui est acquiescement de la rupture et bêchage en diabl , en tombe terreau d’un repêchage, d’une floraison ,

se défaire  ; pour refaire , s’augmenter pour ne pas se limiter et voir dans l’horizon la rive , la racine pendante aux queues des orages, des tumultes des cyclones

l’intention y est , on se berce d’un horizon de brume solaire, mais cela ne fait pas un Nobel , il y faut plus ; le Nobel et quelque soit son nom ; ce prix qui en est vraiment un et témoigne de l’importance de la littérature comme force vive , se doit de résister aux sirènes , ce prix n’est pas un prix , c’est un étendard de l’humanité en miroir ,

rappeler que la littérature c’est l’homme à vif ;

rappeler la résistance et la nécessité de dire la lumière dan le trou noir , un phare;

Ce monde crépusculaire qui a tout balayé dans l’inhumanité , se doit de payer , des voix se doivent de dire qu’il n’est rien de tel , que l’humain veille ;

c’est cela que j’attends et non et non une rêverie et encore moins une pépinière de pousses transgéniques issues de l’université , prêt à penser narcissique alors qu’il faudrait de la création quand rien ne va plus ( voir l’article de Tanella Boni sur « écrire en Afrique) duvet sur le sol du monde tel que nous le savons, les écrivains qui se publient n’ajoute rien d’autre qu’un satisfecit , qui le justifie en en étant le rejeton, un discours opiniation en bonnet d’âne , j’aime les ânes mais ceux qui sont opiniâtres,

non ,

écrire, lire, c’est le baobab fou , , cet arbre qui comme le fou est le seul sur le quel la pensée peut s’appuyer; les Paroles sont entre les écorces et la terre en frémit , elle les entend ressasser , et le fou est cela qui réellement parle , dont la parole est importante ;

être contemporain (giorgio Agamben , rivages poche) n’est pas ce que l’on croit , ce n’est pas être remous dans l’immensité de l’époque,  c’est en être l’obscurité de la lumière,

c’est déroger ,

c’est dire l’urgence à être , c’est le chemin qi s’ouvre dans l’invisible alors qu’il n’y avait pas de chemin , croyait on ,

le monde comme on le rêve , cette parole que l’on rapporte , c’est bien , mais ce n’est pas suffisant,

Il y faut plus ,

pour nous  pour que nous continuions à croire à l’importance de lire , comme à un secret propagé de main en main à l’oeil, à l’acte à l’être ; le puits dans la terre sèche c’est cela dire: rien à lire que ce qui se cache , rien  à lire que d’éveillé;

© L S ouistiti 2005

l’humain qui veille

Moi pour qui le Nobel était le dernier prix dont je tenais compte, … somme toute, le choix de Le Clézio cadre bien avec l’époque , un époque qui n’en pense pas moins , n’a rien à dire et ne voudrait pas que l’on pense que certains ont quelque chose à dire,

toute velléité de changement , d’engagement , de regard sur le monde qui soit vraiment une voix est évacué,

il y aurait pu avoir Edouard Glissant, même carlos Fuentes, celui de Christophe et son oeuf, Terra nostra, l’oranger etc. ,mais l’écrivain a été détruit par l’épidémie nord-américaine qui a ravagé le Mexique , il s’est retrouvé à ne plus avoir de voix dans un monde schizophrène,

il eut fallut perdre de sa superbe et crier ; car le monde est à l’agonie , car les humains sont pétrifiés, car l’horreur de la guerre et la pauvreté, cette absence d’arc en ciel menace pour le plaisir et l’égoisme d’une poignée,

deux mots sur la pauvreté , c’est l’affamie , c’est l’agonie la bouche pleine des mouches qui viennent retirer ce que l’humain ne peut manger , concurrence infamante , manger, la pauvreté c’est aussi de se croire pauvre, c’est pourquoi l’arc en ciel se meure, et est riche celui qui se croit, se sait , est riche , de soi, de l’autre et de la vie, relation prélude à l’en-deux et de là les milles , la richesse commence là ; à danser (rue Félix Faure, Ken Bugul, Hoebecke) à humer l’aube dans la connivence,

Le Clézio c’est la rêverie d’un monde, d’un homme que son histoire a placé à la confluence, regardant vivre cette part de lui qu’il ne peut pleinement être, il s’y situe toutefois, donne voix à ces humains qui lui sont frères, qu’il a apprit à aimer sans se sentir pour autant lui, tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde ,ces personages de fait sont déclassés, éxilés, en partance, en rève , en déshéritance,

comme une acceptation de l’impuissance c’est la solitude de l’écrivain coupé de la vitalité , de la joie d’exister , du face à face avec la vie , le Clézio sait que la vérité est sur l’autre rive ,il est des deux bords , entre racine et fraternisation, amour, partage d’une pensée, la belle pensée des débuts, est ce pour cela le regard triste , se savoir de l’autre bord et ne pouvoir , ne savoir qu’être d’ici , c’est la faille , et les rmans sont tous en rupture , ils savent leur partage , ils connaissent leur départ , mais sont vaincus par la part d’eux même qi ne saurait partir , cette tragédie à l’oeuvre et que je reconnais en moi ,

je préfère l’archipel ,

le livre-monde, la parole déchirée plutot que d’accepter de voir ce monde déchiré comme réel , ou alors partir , ce départ qui est acquiescement de la rupture et bêchage en diabl , en tombe terreau d’un repêchage, d’une floraison ,

se défaire  ; pour refaire , s’augmenter pour ne pas se limiter et voir dans l’horizon la rive , la racine pendante aux queues des orages, des tumultes des cyclones

l’intention y est , on se berce d’un horizon de brume solaire, mais cela ne fait pas un Nobel , il y faut plus ; le Nobel et quelque soit son nom ; ce prix qui en est vraiment un et témoigne de l’importance de la littérature comme force vive , se doit de résister aux sirènes , ce prix n’est pas un prix , c’est un étendard de l’humanité en miroir ,

rappeler que la littérature c’est l’homme à vif ;

rappeler la résistance et la nécessité de dire la lumière dan le trou noir , un phare;

Ce monde crépusculaire qui a tout balayé dans l’inhumanité , se doit de payer , des voix se doivent de dire qu’il n’est rien de tel , que l’humain veille ;

c’est cela que j’attends et non et non une rêverie et encore moins une pépinière de pousses transgéniques issues de l’université , prêt à penser narcissique alors qu’il faudrait de la création quand rien ne va plus ( voir l’article de Tanella Boni sur « écrire en Afrique) duvet sur le sol du monde tel que nous le savons, les écrivains qui se publient n’ajoute rien d’autre qu’un satisfecit , qui le justifie en en étant le rejeton, un discours opiniation en bonnet d’âne , j’aime les ânes mais ceux qui sont opiniâtres,

non ,

écrire, lire, c’est le baobab fou , , cet arbre qui comme le fou est le seul sur le quel la pensée peut s’appuyer; les Paroles sont entre les écorces et la terre en frémit , elle les entend ressasser , et le fou est cela qui réellement parle , dont la parole est importante ;

être contemporain (giorgio Agamben , rivages poche) n’est pas ce que l’on croit , ce n’est pas être remous dans l’immensité de l’époque,  c’est en être l’obscurité de la lumière,

c’est déroger ,

c’est dire l’urgence à être , c’est le chemin qi s’ouvre dans l’invisible alors qu’il n’y avait pas de chemin , croyait on ,

le monde comme on le rêve , cette parole que l’on rapporte , c’est bien , mais ce n’est pas suffisant,

Il y faut plus ,

pour nous  pour que nous continuions à croire à l’importance de lire , comme à un secret propagé de main en main à l’oeil, à l’acte à l’être ; le puits dans la terre sèche c’est cela dire: rien à lire que ce qui se cache , rien  à lire que d’éveillé;

© L S ouistiti 2005

Ashanti

Inspire par Amina , souffle dame écrit ce beau texte en réponse :

©L S Ashanti

« A » l’aleph pour ouvrir l’alpha et beth griserie ivresse, des lettres miettes, pour l’emphase embrasement.

Luminance radieuse des mots, sauts,

parmi des teintes, des couleurs, une nuance Amina, palette d’art et soyeuse déambulation.

Soie moiré d’elle, ouverture à se river.

© souffle dame pour le texte

Ashanti

Inspire par Amina , souffle dame écrit ce beau texte en réponse :

©L S Ashanti

« A » l’aleph pour ouvrir l’alpha et beth griserie ivresse, des lettres miettes, pour l’emphase embrasement.

Luminance radieuse des mots, sauts,

parmi des teintes, des couleurs, une nuance Amina, palette d’art et soyeuse déambulation.

Soie moiré d’elle, ouverture à se river.

© souffle dame pour le texte

la gronde chez Alina Reyes

à  lire, à voir et écouter sur le site d’

Alina Reyes

: discours à l’oiseau

INCOUTOURNABLE !

la gronde chez Alina Reyes

à  lire, à voir et écouter sur le site d’

Alina Reyes

: discours à l’oiseau

INCOUTOURNABLE !

Terre d’exil

(en construction)

même
si on ne la connait pas
qu’il faut frapper à la porte fermée
interroger l’invisible
de derrière la

porte fermée
tu sais c’est pas facile , des fois
des fois je

voudrais la raconter
l’histoire même si je ne la connais pas

essaye
, peut être qu’elle surgira des mots
à l’improviste mais les mots me
semble vide, ils résonnent

à vide dans le silence
comme s’il ne s’appartenaient

plus
comme s’ils sonnaient creux quand je les entends
rire
alors

j’essaye de les additionner
et de là peut être que quelque chose
voudra

dire
tu comprends ?

oui
, je crois ,
je comprends le désarroi
l’histoire hurle dans le silence
et tu
ne peux pas la dire

Faut il se contenter de laisser vivre
ce qui pousse ou
déborde

prendre un certain recul et dire mon rêve
ma pensée mon désir
mon enracinement à l’horizon

ne faut il pas

se bander et propulser l’informe

et oser
le provoquer?

doit il ce désir attendre le moment

embourbé

doit il fatigué de suivre les méandres
qu’a fini par creuser la pensée
le
souffle
le corps

décrépi à force s’imposer

décidé à déchirer ce voile

virginal
qui recouvre protège ce que les yeux
et l’envie voient au loin
trop
loin

absent de soi.

agripper, passer au temps présent
verbe d’action
transitif acter

est-ce la poésie cela
destin humain que de se
satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entre des parenthèses de style
capotes
qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas

et réduire

claquer la porte à la claquemure

se laisser revivifier par le vent froid gifle du réel,

mais qu’est ce, le réel
une surprise un élan
inattendu inusité une piqure de froid
une brûlure

et, assuré

sauter

bond d’un homme déterminé
du coté de l’incarné

homme que je me dois d’être

ce bond en est la condition
au seuil de l’air
accroché par les aspérités
du déchainement de l’entre-deux pas

cela devient obscur dès que l’on divague
on perd le sens de ce que l’on voulait
dire
et il me semble que je me perd
l’esprit me détourne
c’est sans doute la
difficulté de dire
rester en phrase avec le brut des mots
Tristram l’a bien
montré
à suivre les courants de l’esprit
la boucle entortille le vécu
et forme
une immense pelote

vécu rêvé inaccompli
tout ce que l’esprit et l’humain peut agréger
inventer témoigner on s’y perdrait et est-ce le but
il a
écrit le long de ses lignes ces failles

on en prend la mesure

mais est-ce d’avancer en attendant
en poursuivant

et enclencher se rapprocher

accrocher le filin au balcon après que le chant
ait enchanté la nuit et
pulpeuse la belle
ce visage aluné et le corps transi
en attente

la poésie surement y mène
et la corde les muscles bandés approcher du rêve
se saisir de ce halo et …
là s’échappe la poésie pour un temps on pourrait
bien parler de Pan
de ravissement de rapt d’émerveillement
de big bang de
bigbande et d’étincellement sexuel ,

surement les mots trouveront la rive du sens
plus tard une fois l’acte
accompli et les sens au repos
l’homme augmenté reprendra le rêve
serait ce
que la poésie n’est que là
dans le leurre au sens où l’entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots
accrochent la
métaphore
se servent du réel en miroir
contemplent au sens la contemplation
s’arrêtent

il faudrait que le mouvement se refuse à la distance
ou bien l’enjeu est il
différent?

nécessairement l’homme écrivant
se maintient il à
cette table ou éloigné
dos à l’arbre se plonge-t’il
dans le vivant en partage
en songe en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l’objet de son désir ?

l’objet et la peur détournent des mains qui veulent
saisir

déterminé il faut cette rupture mais aussi
l’engagement comme d’un combat car il ne suffit pas de rompre
il faut saisir,
porter l’entrevu
le peut-il
et le corps y suffit il

n’est ce pas justement l’écart
l’impossibilité la
difficulté ou ce réputé pour
qui me force à harnacher de mots
à reclure
pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs

et s’effondrer les murs de chair

est il poésie sans écart hors du rêve
sans recul

s’emplir du réel qui devient
bourrasque orage tumulte

émotion se renforçant en chair

et se démultipliant

prenant une force insoupçonnée
surmultipliée

mais je rêve encore

la poésie serait plus forte si elle se situait
de
plein pied!

ou plus sure
assuré d’une brassée
enlacer la plus que vive et en être
plein

certain

et l’exigence d’aller plus loin
toujours renouvelée!

se rejoindre

malgré cette distance
cet écart où j’avance et cela
recule

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs
mais
je n’ose autrement qu’en vent
vent qui souffle de ce que je me crois
permis de mes tréfonds.

la vision d’une terre qui enserre
me rappelle à ma réalité d’exil
je peints cette rive comme un voilier caresse
mélancolique
les herbes et les mottes du rivage
l’appartenance pris entre la vague et le vent
saudade ambigue
entre empreinte et poussée des sèves
tellurique
le temps prononce la sentence
et matière promet des floraisons

les mots eux ouvrent l’espace
en vent debout
à la déchirure qu’impulse le désir
l’oeil dans la toile de l’absolu entrouvre
pétillant le pressentiment au vivre
hors de tout propos
les mots comme une liberté dans les blancs
deviennent la langue inconnue
ivre comme la brise
qui pousse et vibre au corps
car le sens et la trace
sous-tendent le piège
et pourraient ramener en arrière

c’est donc dans les vides
et le sens accordé à l’horizon
le chant improvise une mélodie
certaine et résonnent
du chaos du pas de l’homme
qui marche et déchire
le tissage du monde comme un passage

pris entre ces deux ancres
l’une amarrée et l’autre
fine comme une soie solaire
pris entre le devoir de fidélité
sûr de son tracé
opaque et l’aimant
d’une voile
ivre à l’assaut de l’ile
la mélancolie et la joie maligne
donne à l’oeil l’envie d’embrasser
l’absolu à venir

Terre d’exil

(en construction)

même
si on ne la connait pas
qu’il faut frapper à la porte fermée
interroger l’invisible
de derrière la

porte fermée
tu sais c’est pas facile , des fois
des fois je

voudrais la raconter
l’histoire même si je ne la connais pas

essaye
, peut être qu’elle surgira des mots
à l’improviste mais les mots me
semble vide, ils résonnent

à vide dans le silence
comme s’il ne s’appartenaient

plus
comme s’ils sonnaient creux quand je les entends
rire
alors

j’essaye de les additionner
et de là peut être que quelque chose
voudra

dire
tu comprends ?

oui
, je crois ,
je comprends le désarroi
l’histoire hurle dans le silence
et tu
ne peux pas la dire

Faut il se contenter de laisser vivre
ce qui pousse ou
déborde

prendre un certain recul et dire mon rêve
ma pensée mon désir
mon enracinement à l’horizon

ne faut il pas

se bander et propulser l’informe

et oser
le provoquer?

doit il ce désir attendre le moment

embourbé

doit il fatigué de suivre les méandres
qu’a fini par creuser la pensée
le
souffle
le corps

décrépi à force s’imposer

décidé à déchirer ce voile

virginal
qui recouvre protège ce que les yeux
et l’envie voient au loin
trop
loin

absent de soi.

agripper, passer au temps présent
verbe d’action
transitif acter

est-ce la poésie cela
destin humain que de se
satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entre des parenthèses de style
capotes
qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas

et réduire

claquer la porte à la claquemure

se laisser revivifier par le vent froid gifle du réel,

mais qu’est ce, le réel
une surprise un élan
inattendu inusité une piqure de froid
une brûlure

et, assuré

sauter

bond d’un homme déterminé
du coté de l’incarné

homme que je me dois d’être

ce bond en est la condition
au seuil de l’air
accroché par les aspérités
du déchainement de l’entre-deux pas

cela devient obscur dès que l’on divague
on perd le sens de ce que l’on voulait
dire
et il me semble que je me perd
l’esprit me détourne
c’est sans doute la
difficulté de dire
rester en phrase avec le brut des mots
Tristram l’a bien
montré
à suivre les courants de l’esprit
la boucle entortille le vécu
et forme
une immense pelote

vécu rêvé inaccompli
tout ce que l’esprit et l’humain peut agréger
inventer témoigner on s’y perdrait et est-ce le but
il a
écrit le long de ses lignes ces failles

on en prend la mesure

mais est-ce d’avancer en attendant
en poursuivant

et enclencher se rapprocher

accrocher le filin au balcon après que le chant
ait enchanté la nuit et
pulpeuse la belle
ce visage aluné et le corps transi
en attente

la poésie surement y mène
et la corde les muscles bandés approcher du rêve
se saisir de ce halo et …
là s’échappe la poésie pour un temps on pourrait
bien parler de Pan
de ravissement de rapt d’émerveillement
de big bang de
bigbande et d’étincellement sexuel ,

surement les mots trouveront la rive du sens
plus tard une fois l’acte
accompli et les sens au repos
l’homme augmenté reprendra le rêve
serait ce
que la poésie n’est que là
dans le leurre au sens où l’entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots
accrochent la
métaphore
se servent du réel en miroir
contemplent au sens la contemplation
s’arrêtent

il faudrait que le mouvement se refuse à la distance
ou bien l’enjeu est il
différent?

nécessairement l’homme écrivant
se maintient il à
cette table ou éloigné
dos à l’arbre se plonge-t’il
dans le vivant en partage
en songe en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l’objet de son désir ?

l’objet et la peur détournent des mains qui veulent
saisir

déterminé il faut cette rupture mais aussi
l’engagement comme d’un combat car il ne suffit pas de rompre
il faut saisir,
porter l’entrevu
le peut-il
et le corps y suffit il

n’est ce pas justement l’écart
l’impossibilité la
difficulté ou ce réputé pour
qui me force à harnacher de mots
à reclure
pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs

et s’effondrer les murs de chair

est il poésie sans écart hors du rêve
sans recul

s’emplir du réel qui devient
bourrasque orage tumulte

émotion se renforçant en chair

et se démultipliant

prenant une force insoupçonnée
surmultipliée

mais je rêve encore

la poésie serait plus forte si elle se situait
de
plein pied!

ou plus sure
assuré d’une brassée
enlacer la plus que vive et en être
plein

certain

et l’exigence d’aller plus loin
toujours renouvelée!

se rejoindre

malgré cette distance
cet écart où j’avance et cela
recule

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs
mais
je n’ose autrement qu’en vent
vent qui souffle de ce que je me crois
permis de mes tréfonds.

la vision d’une terre qui enserre
me rappelle à ma réalité d’exil
je peints cette rive comme un voilier caresse
mélancolique
les herbes et les mottes du rivage
l’appartenance pris entre la vague et le vent
saudade ambigue
entre empreinte et poussée des sèves
tellurique
le temps prononce la sentence
et matière promet des floraisons

les mots eux ouvrent l’espace
en vent debout
à la déchirure qu’impulse le désir
l’oeil dans la toile de l’absolu entrouvre
pétillant le pressentiment au vivre
hors de tout propos
les mots comme une liberté dans les blancs
deviennent la langue inconnue
ivre comme la brise
qui pousse et vibre au corps
car le sens et la trace
sous-tendent le piège
et pourraient ramener en arrière

c’est donc dans les vides
et le sens accordé à l’horizon
le chant improvise une mélodie
certaine et résonnent
du chaos du pas de l’homme
qui marche et déchire
le tissage du monde comme un passage

pris entre ces deux ancres
l’une amarrée et l’autre
fine comme une soie solaire
pris entre le devoir de fidélité
sûr de son tracé
opaque et l’aimant
d’une voile
ivre à l’assaut de l’ile
la mélancolie et la joie maligne
donne à l’oeil l’envie d’embrasser
l’absolu à venir

Véronique Tadjo

… il ressemble à mon pays
avec sa peau ensoleillée
et ses yeux intenses
il ressemble à l’espoir
quand je sens en lui l’envie de lutter »

Nous irons chercher l’espoir
et nous le sortirons
de son enclave profonde

véronique Tadjo, à mi-chemin; éd. l’harmattan

à lire aussi champs de bataille et d’amour , présence africaine
latérite, hatier:

et nous n’aurons pas besoin
de foudre

pour tisser

des soleils

contes pour enfant, edicef, la chanson de la vie , hatier

l’ombre d’Imana , actes sud

et le reste ….