l’humain qui veille

Moi pour qui le Nobel était le dernier prix dont je tenais compte, … somme toute, le choix de Le Clézio cadre bien avec l’époque , un époque qui n’en pense pas moins , n’a rien à dire et ne voudrait pas que l’on pense que certains ont quelque chose à dire,

toute velléité de changement , d’engagement , de regard sur le monde qui soit vraiment une voix est évacué,

il y aurait pu avoir Edouard Glissant, même carlos Fuentes, celui de Christophe et son oeuf, Terra nostra, l’oranger etc. ,mais l’écrivain a été détruit par l’épidémie nord-américaine qui a ravagé le Mexique , il s’est retrouvé à ne plus avoir de voix dans un monde schizophrène,

il eut fallut perdre de sa superbe et crier ; car le monde est à l’agonie , car les humains sont pétrifiés, car l’horreur de la guerre et la pauvreté, cette absence d’arc en ciel menace pour le plaisir et l’égoisme d’une poignée,

deux mots sur la pauvreté , c’est l’affamie , c’est l’agonie la bouche pleine des mouches qui viennent retirer ce que l’humain ne peut manger , concurrence infamante , manger, la pauvreté c’est aussi de se croire pauvre, c’est pourquoi l’arc en ciel se meure, et est riche celui qui se croit, se sait , est riche , de soi, de l’autre et de la vie, relation prélude à l’en-deux et de là les milles , la richesse commence là ; à danser (rue Félix Faure, Ken Bugul, Hoebecke) à humer l’aube dans la connivence,

Le Clézio c’est la rêverie d’un monde, d’un homme que son histoire a placé à la confluence, regardant vivre cette part de lui qu’il ne peut pleinement être, il s’y situe toutefois, donne voix à ces humains qui lui sont frères, qu’il a apprit à aimer sans se sentir pour autant lui, tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde ,ces personages de fait sont déclassés, éxilés, en partance, en rève , en déshéritance,

comme une acceptation de l’impuissance c’est la solitude de l’écrivain coupé de la vitalité , de la joie d’exister , du face à face avec la vie , le Clézio sait que la vérité est sur l’autre rive ,il est des deux bords , entre racine et fraternisation, amour, partage d’une pensée, la belle pensée des débuts, est ce pour cela le regard triste , se savoir de l’autre bord et ne pouvoir , ne savoir qu’être d’ici , c’est la faille , et les rmans sont tous en rupture , ils savent leur partage , ils connaissent leur départ , mais sont vaincus par la part d’eux même qi ne saurait partir , cette tragédie à l’oeuvre et que je reconnais en moi ,

je préfère l’archipel ,

le livre-monde, la parole déchirée plutot que d’accepter de voir ce monde déchiré comme réel , ou alors partir , ce départ qui est acquiescement de la rupture et bêchage en diabl , en tombe terreau d’un repêchage, d’une floraison ,

se défaire  ; pour refaire , s’augmenter pour ne pas se limiter et voir dans l’horizon la rive , la racine pendante aux queues des orages, des tumultes des cyclones

l’intention y est , on se berce d’un horizon de brume solaire, mais cela ne fait pas un Nobel , il y faut plus ; le Nobel et quelque soit son nom ; ce prix qui en est vraiment un et témoigne de l’importance de la littérature comme force vive , se doit de résister aux sirènes , ce prix n’est pas un prix , c’est un étendard de l’humanité en miroir ,

rappeler que la littérature c’est l’homme à vif ;

rappeler la résistance et la nécessité de dire la lumière dan le trou noir , un phare;

Ce monde crépusculaire qui a tout balayé dans l’inhumanité , se doit de payer , des voix se doivent de dire qu’il n’est rien de tel , que l’humain veille ;

c’est cela que j’attends et non et non une rêverie et encore moins une pépinière de pousses transgéniques issues de l’université , prêt à penser narcissique alors qu’il faudrait de la création quand rien ne va plus ( voir l’article de Tanella Boni sur « écrire en Afrique) duvet sur le sol du monde tel que nous le savons, les écrivains qui se publient n’ajoute rien d’autre qu’un satisfecit , qui le justifie en en étant le rejeton, un discours opiniation en bonnet d’âne , j’aime les ânes mais ceux qui sont opiniâtres,

non ,

écrire, lire, c’est le baobab fou , , cet arbre qui comme le fou est le seul sur le quel la pensée peut s’appuyer; les Paroles sont entre les écorces et la terre en frémit , elle les entend ressasser , et le fou est cela qui réellement parle , dont la parole est importante ;

être contemporain (giorgio Agamben , rivages poche) n’est pas ce que l’on croit , ce n’est pas être remous dans l’immensité de l’époque,  c’est en être l’obscurité de la lumière,

c’est déroger ,

c’est dire l’urgence à être , c’est le chemin qi s’ouvre dans l’invisible alors qu’il n’y avait pas de chemin , croyait on ,

le monde comme on le rêve , cette parole que l’on rapporte , c’est bien , mais ce n’est pas suffisant,

Il y faut plus ,

pour nous  pour que nous continuions à croire à l’importance de lire , comme à un secret propagé de main en main à l’oeil, à l’acte à l’être ; le puits dans la terre sèche c’est cela dire: rien à lire que ce qui se cache , rien  à lire que d’éveillé;

© L S ouistiti 2005
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