Terre d’exil

(en construction)

même
si on ne la connait pas
qu’il faut frapper à la porte fermée
interroger l’invisible
de derrière la

porte fermée
tu sais c’est pas facile , des fois
des fois je

voudrais la raconter
l’histoire même si je ne la connais pas

essaye
, peut être qu’elle surgira des mots
à l’improviste mais les mots me
semble vide, ils résonnent

à vide dans le silence
comme s’il ne s’appartenaient

plus
comme s’ils sonnaient creux quand je les entends
rire
alors

j’essaye de les additionner
et de là peut être que quelque chose
voudra

dire
tu comprends ?

oui
, je crois ,
je comprends le désarroi
l’histoire hurle dans le silence
et tu
ne peux pas la dire

Faut il se contenter de laisser vivre
ce qui pousse ou
déborde

prendre un certain recul et dire mon rêve
ma pensée mon désir
mon enracinement à l’horizon

ne faut il pas

se bander et propulser l’informe

et oser
le provoquer?

doit il ce désir attendre le moment

embourbé

doit il fatigué de suivre les méandres
qu’a fini par creuser la pensée
le
souffle
le corps

décrépi à force s’imposer

décidé à déchirer ce voile

virginal
qui recouvre protège ce que les yeux
et l’envie voient au loin
trop
loin

absent de soi.

agripper, passer au temps présent
verbe d’action
transitif acter

est-ce la poésie cela
destin humain que de se
satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entre des parenthèses de style
capotes
qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas

et réduire

claquer la porte à la claquemure

se laisser revivifier par le vent froid gifle du réel,

mais qu’est ce, le réel
une surprise un élan
inattendu inusité une piqure de froid
une brûlure

et, assuré

sauter

bond d’un homme déterminé
du coté de l’incarné

homme que je me dois d’être

ce bond en est la condition
au seuil de l’air
accroché par les aspérités
du déchainement de l’entre-deux pas

cela devient obscur dès que l’on divague
on perd le sens de ce que l’on voulait
dire
et il me semble que je me perd
l’esprit me détourne
c’est sans doute la
difficulté de dire
rester en phrase avec le brut des mots
Tristram l’a bien
montré
à suivre les courants de l’esprit
la boucle entortille le vécu
et forme
une immense pelote

vécu rêvé inaccompli
tout ce que l’esprit et l’humain peut agréger
inventer témoigner on s’y perdrait et est-ce le but
il a
écrit le long de ses lignes ces failles

on en prend la mesure

mais est-ce d’avancer en attendant
en poursuivant

et enclencher se rapprocher

accrocher le filin au balcon après que le chant
ait enchanté la nuit et
pulpeuse la belle
ce visage aluné et le corps transi
en attente

la poésie surement y mène
et la corde les muscles bandés approcher du rêve
se saisir de ce halo et …
là s’échappe la poésie pour un temps on pourrait
bien parler de Pan
de ravissement de rapt d’émerveillement
de big bang de
bigbande et d’étincellement sexuel ,

surement les mots trouveront la rive du sens
plus tard une fois l’acte
accompli et les sens au repos
l’homme augmenté reprendra le rêve
serait ce
que la poésie n’est que là
dans le leurre au sens où l’entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots
accrochent la
métaphore
se servent du réel en miroir
contemplent au sens la contemplation
s’arrêtent

il faudrait que le mouvement se refuse à la distance
ou bien l’enjeu est il
différent?

nécessairement l’homme écrivant
se maintient il à
cette table ou éloigné
dos à l’arbre se plonge-t’il
dans le vivant en partage
en songe en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l’objet de son désir ?

l’objet et la peur détournent des mains qui veulent
saisir

déterminé il faut cette rupture mais aussi
l’engagement comme d’un combat car il ne suffit pas de rompre
il faut saisir,
porter l’entrevu
le peut-il
et le corps y suffit il

n’est ce pas justement l’écart
l’impossibilité la
difficulté ou ce réputé pour
qui me force à harnacher de mots
à reclure
pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs

et s’effondrer les murs de chair

est il poésie sans écart hors du rêve
sans recul

s’emplir du réel qui devient
bourrasque orage tumulte

émotion se renforçant en chair

et se démultipliant

prenant une force insoupçonnée
surmultipliée

mais je rêve encore

la poésie serait plus forte si elle se situait
de
plein pied!

ou plus sure
assuré d’une brassée
enlacer la plus que vive et en être
plein

certain

et l’exigence d’aller plus loin
toujours renouvelée!

se rejoindre

malgré cette distance
cet écart où j’avance et cela
recule

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs
mais
je n’ose autrement qu’en vent
vent qui souffle de ce que je me crois
permis de mes tréfonds.

la vision d’une terre qui enserre
me rappelle à ma réalité d’exil
je peints cette rive comme un voilier caresse
mélancolique
les herbes et les mottes du rivage
l’appartenance pris entre la vague et le vent
saudade ambigue
entre empreinte et poussée des sèves
tellurique
le temps prononce la sentence
et matière promet des floraisons

les mots eux ouvrent l’espace
en vent debout
à la déchirure qu’impulse le désir
l’oeil dans la toile de l’absolu entrouvre
pétillant le pressentiment au vivre
hors de tout propos
les mots comme une liberté dans les blancs
deviennent la langue inconnue
ivre comme la brise
qui pousse et vibre au corps
car le sens et la trace
sous-tendent le piège
et pourraient ramener en arrière

c’est donc dans les vides
et le sens accordé à l’horizon
le chant improvise une mélodie
certaine et résonnent
du chaos du pas de l’homme
qui marche et déchire
le tissage du monde comme un passage

pris entre ces deux ancres
l’une amarrée et l’autre
fine comme une soie solaire
pris entre le devoir de fidélité
sûr de son tracé
opaque et l’aimant
d’une voile
ivre à l’assaut de l’ile
la mélancolie et la joie maligne
donne à l’oeil l’envie d’embrasser
l’absolu à venir

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2 réflexions sur « Terre d’exil »

  1. J’ai lu, c’est un monde, derrière la porte. Un monde où on pourrait se perdre mais il est si beau parfois de s’égarer. bises émues.

  2. La poésie joue de nous , elle ne répond qu’en osmose ,elle regarde et caresse nos mots puis ,elle arrache des tréfonds nos amertumes comme nos joies et nous laisse vides et seuls mais en vie allongés sur le lit du réel .
    Comme quand on agonise , on la voit comme une lumière , nous redonne la vie mais part avec notre âme , il faut à chaque la reconquérir …

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