Quand les murs tombent

Ce n’est pas parce que les identités-relations sont ouvertes qu’elles ne sont pas enracinées. Mais la racine n’est plus une fiche, an-chouk, elle ne tue plus autour d’elle, elle trace (qu’on le veuille ou non, qu’on l’en-muraille ou qu’on la conditionne) à la rencontre d’autres racines avec qui elle partage le suc de la terre.

Il suppose simplement que le temps viendra où le désir de dominer, de dicter sa loi, de bâtir son empire, la fierté d’être le plus fort, l’ogueil de détenir la vérité, seront considérés comme des signes les plus sûrs de la barbarie dans l’histoire des humanités.

Changer en échangeant revient à s’enrichir en haut-sens du terme et non à se perdre. Il en est ainsi pour un individu comme pour une nation.
il y a tant de divers dans l’énergie de cette unité qui pour nous et avec nous fréquente l’incertitude, confronte l’imprévisible, vit le tremblement du monde.

Comme il y a eu des frontières qui séparent et distinguent, il y aura des frontières qui distinguent et relient, et qui ne distingueront que pour relier.

Les rapports d’identité sont inextricablement liés au rapport avec le monde, ce qui fait leur richesse souvent indéchiffrable. Nous fréquentons ce précieux sentiment :

que l’identité serait un mystère à vivre, à vivre au plus large, à vivre au mieux ouvert et que c’est de vivre ce mystère qui ferait que l’on vit et qu’on se sent exister.

© Edouard Glissant, Patrick chamoiseau : Quand les murs tombent, l’identité nationale hors-la-loi, éd. Galaade, Institut du Tout-Monde 2007

OBAMA

OBAMA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!hope for mankind and the planete

la revanche, les américains moins con que les français ! !

fullphp© van de Keuken

OBAMA

OBAMA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!hope for mankind and the planete

la revanche, les américains moins con que les français ! !

fullphp© van de Keuken

image où es tu ?

j’ai du respect pour les musiciens parce que quand  ils sont malade il n’y a plus de musique.

djibrilmambety
© La petite vendeuse de soleil , Djibril Diop Mambety

L’image n’a pas de rôle . l’image reçoit des ordres. Une image en elle même dans le cinéma n’existe que quand tu lui donnes un ordre. Mais il faut accompagner cet ordre. Il faut lui dire : « bon, image, où es tu  » ? Elle te dit : « Je suis là » et tu lui dit : « vas me faire ça » . Et elle le fait si tu lui en donne l’ordre correctement et poliment.
La seule création qui appartienne à Dieu et qui soit accessible à l’homme est de créer le vent. t’es-tu jamais posé la question de savoir où va le vent ? Moi je n’ai jamais arrêté de ma la poser. Le destin de l’image, le destin du vent, le destin d’un homme, le destin d’un souffle, le destin d’un sentiment, le destin d’une cause, c’est là où va le vent. C’est un acte grave que de montrer des hommes en mouvement et il ne faut pas se tromper.

Djibril Diop Mambety , in Revue Noire 3

image où es tu ?

j’ai du respect pour les musiciens parce que quand  ils sont malade il n’y a plus de musique.

djibrilmambety

© La petite vendeuse de soleil , Djibril Diop Mambety

L’image n’a pas de rôle . l’image reçoit des ordres. Une image en elle même dans le cinéma n’existe que quand tu lui donnes un ordre. Mais il faut accompagner cet ordre. Il faut lui dire : « bon, image, où es tu  » ? Elle te dit : « Je suis là » et tu lui dit : « vas me faire ça » . Et elle le fait si tu lui en donne l’ordre correctement et poliment.
La seule création qui appartienne à Dieu et qui soit accessible à l’homme est de créer le vent. t’es-tu jamais posé la question de savoir où va le vent ? Moi je n’ai jamais arrêté de ma la poser. Le destin de l’image, le destin du vent, le destin d’un homme, le destin d’un souffle, le destin d’un sentiment, le destin d’une cause, c’est là où va le vent. C’est un acte grave que de montrer des hommes en mouvement et il ne faut pas se tromper.

Djibril Diop Mambety , in Revue Noire 3

Angèle Etoundi Essamba

à  acheter de toute urgence « Voile et dévoilement » , édition Cheminement , 2008 ,

livre de photographies lumineux, zanzibar et les femmes, le voile vu autrement que ne le voit Laure Adler dans le livre « femmes hors du voile « , un autre regard qui rappelle le chemin du long désir d’Ananda Dévi.

Et justement Ananda Dévi et Houria Abdelouahed signent de très belles pages, qui comme les poèmes d’Angèle E E ponctuent de mots la fournaise de la bouche voilée du regard, braise à lire et dont je livre un extrait avant de courir au Musée Dapper voir l’accrochage d’autres photos d’Angèle Etoundi Essamba au cours de l’exposition « Femme dans les arts d’Afrique » . l’éclat de la beauté me ramène à Amina, à ce rivage entrevu et définitivement accosté dans le feu de l’ancre du rêve.

Loin s’en faut. Oubliez vos croyances, vos a priori, vos préjugés : ces voiles-là ne sont pas des voiles, loin s’en faut. Aurait-on au fil des siècles, oublié le pouvoir de la vrai séduction ? Croyiez vous contempler de femmes séduisantes en feuilletant des magazines de mode ? Dans les corps émaciés, retouchés, édulcorés, cadavérisés des top modèles portant sur la bouche et au bout des seins le goût fade de l’argent , du toc, du fac-similé, du factice, croyiez-vous trouver de la beauté ? La liberté des femmes se trouve-t-elle dans cet étalage sans âme, dans ces étranges postures, dans le vide de leurs yeux écarquillés ? Tandis que les adolescentes se transforment en midinettes vite désabusées par le pouvoir des média et de la téléréalité, quelque part ailleurs s’écrit une autre histoire que peu s’attachent à découvrir.

Venez laisser Angèle Etoundi Essamba  vous la raconter. Elle vous attire dans un guet-apens. Vous n’en reviendrez pas indemne. Comment ne pas se laisser prendre à son jeu ?  A  cette séduction qui ne repose pas, elle, sur le dévoilement littéral du corps, mais au contraire sur celui qui a lieu uniquement à travers le regard. Entrez dans le monde d’une beauté à fleur de plis, au cœur des silences, au versant des secrets. Y a-t-il de plus belle séduction que celle qui se chuchote entre deux sourires, celle qui danse entre deux esquives, celle qui se dissimule dans l’ourlure d’un regard.Ce n’est pas là une beauté étalée sur la page pour être cannibalisée.  Ce n’est pas celle que l’on consomme et que l’on oublie.  C’est celle qui se procède de la magie : magie du blanc, visibilité volée  sur un banc de sable comme une aile d’oiseau marin entrevu le temps d’un battement et qui, aussitôt après, disparaîtra. Magie du bleu magnétique qui est une porte sur des rêves interdits. Magie du noir, bien sûr, qui se passe d’explication car il nous vient du temps des mythes et des sorcières qui, d’un seul regard, foudroie le voyeur et le transforme en pierre !Le blanc s’envole, le bleu s’étale, le noir s’enracine. Le noir caresse, absorbe, aspire. Vu dans la fente du noir, le bleu se vêt d’or sombre, les yeux jaillissent de la paume de la nuit, les cous s’élancent en une grâce douloureuse et les poignets s’enlacent de bijoux de broderie ou de henné. Le noir ne masque pas, il magnifie.


On peut bien sûr imaginer un autre destin derrière ces visages et ces corps dont la magie semble venir d’un lieu bien au-delà du temps, un lieu atavique et songeur que révèleront les portes cochères une fois ouvertes. Ces femmes-là ne sont pas seulement des images qui font frissonner d’une envie secrète. Elles existent dans leur monde ; elles peuvent être aussi épanouies que semblent le dire ces photographies ou dissimuler au contraire de profonds désarrois.  Chaque image fixe un éternel présent autour duquel s’éploient un destin,une existence, un passé, un futur que l’on ne saura pas. Mais ce ne sont pas les voiles sinuant sur les courbes mobiles qui condamnent ces femmes à une tragédie annoncée : seuls les hommes sont capables de le faire. Une main qui s’arme d’une gifle, une bouche qui s’ouvre sur le mépris, un quotidien qui s’appesantit sur l’épaule et la ploie, chacune d’elle peut connaître cela, et chacun de nous qui les regardons, peut connaître cela. Souffrir et faire souffrir. Il n’y a pas de frontière. Un voile ne fait pas d’elles des désemparées. Tout comme un corps librement révélé ne fait pas d’une autre une femme libre.(…)

© Ananda Devi, voiles et dévoilements

Angèle Etoundi Essamba

Angèle Etoundi Essamba

à  acheter de toute urgence « Voile et dévoilement » , édition Cheminement , 2008 ,

livre de photographies lumineux, zanzibar et les femmes, le voile vu autrement que ne le voit Laure Adler dans le livre « femmes hors du voile « , un autre regard qui rappelle le chemin du long désir d’Ananda Dévi.

Et justement Ananda Dévi et Houria Abdelouahed signent de très belles pages, qui comme les poèmes d’Angèle E E ponctuent de mots la fournaise de la bouche voilée du regard, braise à lire et dont je livre un extrait avant de courir au Musée Dapper voir l’accrochage d’autres photos d’Angèle Etoundi Essamba au cours de l’exposition « Femme dans les arts d’Afrique » . l’éclat de la beauté me ramène à Amina, à ce rivage entrevu et définitivement accosté dans le feu de l’ancre du rêve.

Loin s’en faut. Oubliez vos croyances, vos a priori, vos préjugés : ces voiles-là ne sont pas des voiles, loin s’en faut. Aurait-on au fil des siècles, oublié le pouvoir de la vrai séduction ? Croyiez vous contempler de femmes séduisantes en feuilletant des magazines de mode ? Dans les corps émaciés, retouchés, édulcorés, cadavérisés des top modèles portant sur la bouche et au bout des seins le goût fade de l’argent , du toc, du fac-similé, du factice, croyiez-vous trouver de la beauté ? La liberté des femmes se trouve-t-elle dans cet étalage sans âme, dans ces étranges postures, dans le vide de leurs yeux écarquillés ? Tandis que les adolescentes se transforment en midinettes vite désabusées par le pouvoir des média et de la téléréalité, quelque part ailleurs s’écrit une autre histoire que peu s’attachent à découvrir.

Venez laisser Angèle Etoundi Essamba  vous la raconter. Elle vous attire dans un guet-apens. Vous n’en reviendrez pas indemne. Comment ne pas se laisser prendre à son jeu ?  A  cette séduction qui ne repose pas, elle, sur le dévoilement littéral du corps, mais au contraire sur celui qui a lieu uniquement à travers le regard. Entrez dans le monde d’une beauté à fleur de plis, au cœur des silences, au versant des secrets. Y a-t-il de plus belle séduction que celle qui se chuchote entre deux sourires, celle qui danse entre deux esquives, celle qui se dissimule dans l’ourlure d’un regard.Ce n’est pas là une beauté étalée sur la page pour être cannibalisée.  Ce n’est pas celle que l’on consomme et que l’on oublie.  C’est celle qui se procède de la magie : magie du blanc, visibilité volée  sur un banc de sable comme une aile d’oiseau marin entrevu le temps d’un battement et qui, aussitôt après, disparaîtra. Magie du bleu magnétique qui est une porte sur des rêves interdits. Magie du noir, bien sûr, qui se passe d’explication car il nous vient du temps des mythes et des sorcières qui, d’un seul regard, foudroie le voyeur et le transforme en pierre !Le blanc s’envole, le bleu s’étale, le noir s’enracine. Le noir caresse, absorbe, aspire. Vu dans la fente du noir, le bleu se vêt d’or sombre, les yeux jaillissent de la paume de la nuit, les cous s’élancent en une grâce douloureuse et les poignets s’enlacent de bijoux de broderie ou de henné. Le noir ne masque pas, il magnifie.


On peut bien sûr imaginer un autre destin derrière ces visages et ces corps dont la magie semble venir d’un lieu bien au-delà du temps, un lieu atavique et songeur que révèleront les portes cochères une fois ouvertes. Ces femmes-là ne sont pas seulement des images qui font frissonner d’une envie secrète. Elles existent dans leur monde ; elles peuvent être aussi épanouies que semblent le dire ces photographies ou dissimuler au contraire de profonds désarrois.  Chaque image fixe un éternel présent autour duquel s’éploient un destin,une existence, un passé, un futur que l’on ne saura pas. Mais ce ne sont pas les voiles sinuant sur les courbes mobiles qui condamnent ces femmes à une tragédie annoncée : seuls les hommes sont capables de le faire. Une main qui s’arme d’une gifle, une bouche qui s’ouvre sur le mépris, un quotidien qui s’appesantit sur l’épaule et la ploie, chacune d’elle peut connaître cela, et chacun de nous qui les regardons, peut connaître cela. Souffrir et faire souffrir. Il n’y a pas de frontière. Un voile ne fait pas d’elles des désemparées. Tout comme un corps librement révélé ne fait pas d’une autre une femme libre.(…)

© Ananda Devi, voiles et dévoilements

Angèle Etoundi Essamba

l’Abyssinie intime

Il s’agit aujord’hui moins d’accroître nos connaissances que de nous dépouiller, afin de retrouver ce que devraient garder toute leur vie les hommes :  une fraîcheur de vision pareille à celle des enfants. Loin de demeurer liés aux seuls soucis de distractions ou de culture, l’art de voyager devrait être à la base d’un nouvel humanisme, qui s’avère de  jour en jour plus nécessaire mais reste malheureusement tout entier à créer.

Michel Leiris, l’Abyssinie intime, (1935) Zèbrage, Gall.

l’Abyssinie intime

Il s’agit aujord’hui moins d’accroître nos connaissances que de nous dépouiller, afin de retrouver ce que devraient garder toute leur vie les hommes :  une fraîcheur de vision pareille à celle des enfants. Loin de demeurer liés aux seuls soucis de distractions ou de culture, l’art de voyager devrait être à la base d’un nouvel humanisme, qui s’avère de  jour en jour plus nécessaire mais reste malheureusement tout entier à créer.

Michel Leiris, l’Abyssinie intime, (1935) Zèbrage, Gall.

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© lambert savigneux 2008