Plage élégante

3532175460_9dddefc8fc© 27721729@N07 © ArtySIL

Cette plage toute en douceur semble appeler l’eau à elle
toutes les variations chromatiques du profond et du bleu

Du sable clair à la trachée de bleu
la transparence laisse un bord tout humide où se révèle les variations de l’eau et du clair mêlées
une fête de blanc vient émoustiller les noces
l’écume


Solide et sévère à l’appui une ronde de fer en regard et maintient au loin
corset et main ferme tentent  de détourner le regard de l’harmonie subtile

Magnifique parallèle les deux courbes introduisent un maintient qui laisse le dégradé en suspend

Règle de trois implicite les sombres des trois règnes en ricochet rivalisent dans les clairs

Les collines au loin referme cet étau, qui libre, cède au passage des pas.


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comme quoi faut pas désespérer et mieux , se résoudre à être perçu comme une garbure sur le feu une fiente à travers les couches des graisses centenaires d’un relais du xVIII ( je pense à celui de Maubourguet mais est il du dix-huit-hième?) , allez savoir pourquoi entre les mains d’un cuistot saxon qu’aurait lu on the road et les haikus ceux des blues de Mexico  se serait résolu à se croire gascon sur la route bleu de Compostelle , pourquoi ça , l’idée lui en serait venu alors qu’il méditait un compost de tout ses déchets méningers et se perdait dans la contemplation de deux ailes blanches d’une mouette égarée dans l’azur passablement gris et bas de la cote de Poméranie et ce en plein centre blème d’une ville de la Hanse, le délirium trémens le saisissant à ce bref instant, l’écart était trop prompt d’où la sanglante allitération, de pouce en soupe de l’ontheroad à l’ontherocks le vagabond céleste s’enquit d’une vieille ford qui finalement l’échoua sur les rives neigeuses des Pyrénées sans que les embruns atlantiques s’en mêlent , c’est ainsi que le pétard mouilla dans la baie d’églantine d’une arrière court gerçoise et engloutit son chargement hallucinogène ibère digne de Soupalognon y crouton qu’il ne fit hélas que rêvasser les soirs où la lune le ramenait à cette baie glaciale et verglacée balte, touyant à grandes brassées l’immonde garbure hivernale.

image où es tu ?

j’ai du respect pour les musiciens parce que quand  ils sont malade il n’y a plus de musique.

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© La petite vendeuse de soleil , Djibril Diop Mambety

L’image n’a pas de rôle . l’image reçoit des ordres. Une image en elle même dans le cinéma n’existe que quand tu lui donnes un ordre. Mais il faut accompagner cet ordre. Il faut lui dire : « bon, image, où es tu  » ? Elle te dit : « Je suis là » et tu lui dit : « vas me faire ça » . Et elle le fait si tu lui en donne l’ordre correctement et poliment.
La seule création qui appartienne à Dieu et qui soit accessible à l’homme est de créer le vent. t’es-tu jamais posé la question de savoir où va le vent ? Moi je n’ai jamais arrêté de ma la poser. Le destin de l’image, le destin du vent, le destin d’un homme, le destin d’un souffle, le destin d’un sentiment, le destin d’une cause, c’est là où va le vent. C’est un acte grave que de montrer des hommes en mouvement et il ne faut pas se tromper.

Djibril Diop Mambety , in Revue Noire 3

Angèle Etoundi Essamba

à  acheter de toute urgence « Voile et dévoilement » , édition Cheminement , 2008 ,

livre de photographies lumineux, zanzibar et les femmes, le voile vu autrement que ne le voit Laure Adler dans le livre « femmes hors du voile « , un autre regard qui rappelle le chemin du long désir d’Ananda Dévi.

Et justement Ananda Dévi et Houria Abdelouahed signent de très belles pages, qui comme les poèmes d’Angèle E E ponctuent de mots la fournaise de la bouche voilée du regard, braise à lire et dont je livre un extrait avant de courir au Musée Dapper voir l’accrochage d’autres photos d’Angèle Etoundi Essamba au cours de l’exposition « Femme dans les arts d’Afrique » . l’éclat de la beauté me ramène à Amina, à ce rivage entrevu et définitivement accosté dans le feu de l’ancre du rêve.

Loin s’en faut. Oubliez vos croyances, vos a priori, vos préjugés : ces voiles-là ne sont pas des voiles, loin s’en faut. Aurait-on au fil des siècles, oublié le pouvoir de la vrai séduction ? Croyiez vous contempler de femmes séduisantes en feuilletant des magazines de mode ? Dans les corps émaciés, retouchés, édulcorés, cadavérisés des top modèles portant sur la bouche et au bout des seins le goût fade de l’argent , du toc, du fac-similé, du factice, croyiez-vous trouver de la beauté ? La liberté des femmes se trouve-t-elle dans cet étalage sans âme, dans ces étranges postures, dans le vide de leurs yeux écarquillés ? Tandis que les adolescentes se transforment en midinettes vite désabusées par le pouvoir des média et de la téléréalité, quelque part ailleurs s’écrit une autre histoire que peu s’attachent à découvrir.

Venez laisser Angèle Etoundi Essamba  vous la raconter. Elle vous attire dans un guet-apens. Vous n’en reviendrez pas indemne. Comment ne pas se laisser prendre à son jeu ?  A  cette séduction qui ne repose pas, elle, sur le dévoilement littéral du corps, mais au contraire sur celui qui a lieu uniquement à travers le regard. Entrez dans le monde d’une beauté à fleur de plis, au cœur des silences, au versant des secrets. Y a-t-il de plus belle séduction que celle qui se chuchote entre deux sourires, celle qui danse entre deux esquives, celle qui se dissimule dans l’ourlure d’un regard.Ce n’est pas là une beauté étalée sur la page pour être cannibalisée.  Ce n’est pas celle que l’on consomme et que l’on oublie.  C’est celle qui se procède de la magie : magie du blanc, visibilité volée  sur un banc de sable comme une aile d’oiseau marin entrevu le temps d’un battement et qui, aussitôt après, disparaîtra. Magie du bleu magnétique qui est une porte sur des rêves interdits. Magie du noir, bien sûr, qui se passe d’explication car il nous vient du temps des mythes et des sorcières qui, d’un seul regard, foudroie le voyeur et le transforme en pierre !Le blanc s’envole, le bleu s’étale, le noir s’enracine. Le noir caresse, absorbe, aspire. Vu dans la fente du noir, le bleu se vêt d’or sombre, les yeux jaillissent de la paume de la nuit, les cous s’élancent en une grâce douloureuse et les poignets s’enlacent de bijoux de broderie ou de henné. Le noir ne masque pas, il magnifie.


On peut bien sûr imaginer un autre destin derrière ces visages et ces corps dont la magie semble venir d’un lieu bien au-delà du temps, un lieu atavique et songeur que révèleront les portes cochères une fois ouvertes. Ces femmes-là ne sont pas seulement des images qui font frissonner d’une envie secrète. Elles existent dans leur monde ; elles peuvent être aussi épanouies que semblent le dire ces photographies ou dissimuler au contraire de profonds désarrois.  Chaque image fixe un éternel présent autour duquel s’éploient un destin,une existence, un passé, un futur que l’on ne saura pas. Mais ce ne sont pas les voiles sinuant sur les courbes mobiles qui condamnent ces femmes à une tragédie annoncée : seuls les hommes sont capables de le faire. Une main qui s’arme d’une gifle, une bouche qui s’ouvre sur le mépris, un quotidien qui s’appesantit sur l’épaule et la ploie, chacune d’elle peut connaître cela, et chacun de nous qui les regardons, peut connaître cela. Souffrir et faire souffrir. Il n’y a pas de frontière. Un voile ne fait pas d’elles des désemparées. Tout comme un corps librement révélé ne fait pas d’une autre une femme libre.(…)

© Ananda Devi, voiles et dévoilements

Angèle Etoundi Essamba

because the light

à voir chez le photographe too Banal

© http://toobanal.canalblog.com

l’ombre se retrouve être la lumière , curieusement, l’éclat s’efface …

l’homme porte à tord de corps le bord de la lumière

dans son mouvement
abstraction de l’espace transpercé par le mouvement

ligne de temps la marche est déchirante,

cachot qui enferme  la lumière cligne la démarcation
ligne incertaine de l’ombre

chant hulotte
le danseur calligraphie le  clos

avancée
la réversion des ensembles où s’entrechoquent les blocs

le halo réverbère sa constance au soupirail

inverse la grisure luminescente

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