Baigts de Béarn


« Ceux qui ont été une part incommensurable de nous avant notre mise au monde, ceux qui nous ont légué leur sang, leurs songes, leurs yeux, une expression, la récurrence d’un rêve, un regard, un élan, un désir,- ceux par qui et en qui nous existions avant de naître- ceux qui existent en nous après leur mort, ceux qui nous insufflent une pensée, une peur, un amour, pourquoi le fleuve souterrain de leur sang, n’aurait il pas aussi entrainé, dans la trame de nos nerfs une image, le reflet d’un éclat de jour, la plainte obsédante d’une voix . »

Michel Suffran a pu dire cela , parlant de Francis Jammes, poète béarnais, de mère provençale, de père né à pointe à pitre, de lignée voyageuse et enracinée, ayant vécu à Orthez à quelques kms de là où je suis né et ai passé les premières années de ma vie, Baigts de Béarn, cela résonne dans les mots de Francis Jammes:

« Dis?…Toi, je t’ai connue toute petite,
je refais tout mon rêve avec je ne sais quoi?…
Je veux te battre avec des fruits de clématites,
je veux sentir ta gorge en calice de lys,
et écouter le cri de ton éclat de rire
monter sur mes baisers qui grêleront vers toi.

N’ai pas peur : nous prendrons de vieilles poésies,
des choses entendues qui se sont confondues,
des mots qui ne sont plus qu’une musique obscure
et le soir glissera dans le jour qui vacille
dans la cuisine obscure où semble encore assise
une servante morte au sourire docile.

Les fleurs ont éclaté en face du soleil
les chiens aboient et les volets sur les glycines,
s’ouvrent dans un fouillis de feuilles en sommeil.
Tu désengourdiras ton bras lisse qui glisse,
et nos yeux fatigués ne verront sur la plaine
qu’un tournoiement d’amour sur l’eau de l’azur clair. »

(Francis Jammes, élégie seconde; le deuil des primevères, poésie gall.)

Baigts de Béarn, en hommage à mes premiers pas qui de chutes en relèves se sont déroulés dans cette beauté campagne, B de B entre ma naissance et mon chemin

Amélia Nene


Toutes les voix
Se sont tues
Seuls persistent
Le ciel la terre l’esprit
et les rires qu’étouffent
les murs.

(Amélia Nene, Fleurs de vie, éd. Présence africaine)

Amélia Nene, poète congolaise, épouse du poète Jean Baptiste Tati Loutard , figure sertie dans le métal le plus pur, épouse, mère, militante , poète méditative, devant le drame de l’existence , j’aime la concision du chant profond murmuré comme une mélodie , noire , emprunt de tristesse mais ayant atteint la rive de celle qui sait.

la poésie sous les verrous

« … fut elle gratuite, rien n’est plus dangereux qu’une insidieuse voix de poète, qui parle d’amour et de lune, de jasmin et de rosée dans le quartier des esclaves, et dont les inflexions nostalgiques ont le tremblement même des mains tendues par le désir. Désir d’aimer, désir d’étreindre, désir d’être libre et de s’ébattre, de manger à sa faim et de jouir de la vie, il n’est qu’un seul désir…. et l’essence même du désir est une menace pour la chiourme en soutane ou en uniforme ; et quiconque l’exalte ne peut être qu’un ennemi de l’ordre. Plus dangereuse encore est cette voix si elle n’emprunte ses accents qu’à ceux la même qu’elle veut bercer et nourrir et dont elle se veut la conscience. Le génie de Federico Garcia Lorca qui, dans ses manières, avait de l’ange pourtant, n’a jamais cessé d’employer le vocabulaire des hommes, des bêtes et des plantes. »
( Jean Rousselot, Federico Garcia Lorca ou le rossignol assassiné, 1956)

JEAN CLAUDE BABOIS

je suis en train de travailler à l’illustration d’un recueil de jean claude Babois,

Cet écrivain est actif dans la défense de la langue occitanne et écrit en occitan et français , il a fondé et animé, de 1976 à 1982 la revue de poésie « esquisse » et a créé en 1977, l’association culturelle « l’Espaventau » et est président de Provença Terra d’Oc,

marie jo thério

marie jo thério

à écouter d’urgence les chanson « le café Robinson » ou « arbre à fruit »que j’aime tant !
podcast

« j’voudrai être large comme le desert
je voudrai couler comme une rivière »


Marie Jo que tu es belle , tu es la beauté même toute en frisson !

si étrange et si proche comme une écharpe dont on s’enroule quand le vent ramène trop d’embrins sur mon rivage ,

ton murmure oiseau shine sur ma grève

Marie jo Thério sur le blog esprit nomade

Neruda

Pablo NERUDA , en voici un magnifique chanté par Paco Ibanez dont la voix aussi est envoutante et que je trouve proche de celle de Yupanki , différente mais proche ,

la musique atteint là un pic dans la mélancolie amoureuse , et je ne peux écouter cela sans pleurer des fontaines surgies des profondeurs de mes veines en strates rocheuses , l’émotion retenue depuis les montagnes sacrées de mon âme , altitude de pentes neigeuse cristallisées , ravins en effondrements insondables , glaciers de lave d’amour contenu , profondeurs de l’être aux accents vertigineux , oeil perçant de cet aigle aux ailes en étendard de la liberté condor de l’exaltation aux plumes nuages vapeur de mon coeur ; au loin si proche fondent en sanglots avalanches vers l’ébleuissement de la mer qui m’appelle de toute sa ferveur passionnée.

Pablo Neruda

MIKEL LABOA

la forêt martellée au frisson

( xoriek)

Xarma eta harridura azken unera arte gordetzen dituen komunikatzaile mitikoa dugu Laboa; distira, transgresioa, identitatea eta modernitate herrikoi hurbila darizkio bere lan orori eta, oraingoan ere, kantu berriak biltzen dituen disko honetan, intuizio berdina topatzen dugu: alde batetik, txorien mundu oniriko, metaforikoa, eta, bestaldetik, bere oinarri zein inspirazio iturri izan diren hainbat autoreri eskainitako omenaldiak (Joyce, Billie Holliday, Brecht, Brel ).

comme disait Anna Moï, laissons les langues intraduites on y comprend tellement d’autres choses , c’est mieux comme ça , non !

( james joyce in memoriam)

le grand chanteur basque puise aux profondeurs fissurées de la voix et de l’abri antédilluvien , arrache aux sonorités abruptes et rêveuses la plus grande modernité ,

homme se dressant aux rochers vers l’océan au ciel de l’avenir, il parle à tous des chemins de l’imaginaire entrevus , comme Benat Achiary , à qui ma peinture et mon amour de la poésie doit tant, comme Chillida qui du haut de sa terre abordait à tous les archipels de l’intelligence humaine , la poésie et les éléments .

Il trace une voie et redonne voix à Joyce, Brecht, Brel et Billie Holliday, Atahualpa Yupanqui, Bernardo Atxaga, Joxe Anton Artze) en remous oniriques sonner toutes les langues au trajet vocal de son .
(negua , ) les chansons que je préfère sont trop longues , hélas ! à voir sur le site de elkarlanean http://www.elkarlanean.com

rené Depestre

Le matin le soleil radieux et l’esprit embrumé par une nuit insomniaque j’ai poussé la porte de la librairie et acheté  » rage de vivre » les oeuvres poétiques de René Depestre , cet autheur haïtien si envoûtant dont je connaissais surtout la prose ,
mais un coup d’oeil à ses poèmes m’a suffit pour m’emplir de la parenté poétique, du lyrisme merveilleux des antilles dont je me sens si proche ,

pris au hasard:

le vol du colibri

« toute femme quelque part est
fille de la mer et du vent.
toute femme sait confier
le sang de l’homme
à la fureur marine de la vie.
toute femme au lit d’amour
sait donner à l’allégresse de l’homme
la légereté du colibri. »

(la poésie) serait la troisième rive, celle où personne n’attend son cours/ sans consolation ni gué de passage
un fleuve dont les eaux fertilisent les rives de nos vies, une rivière venue de nos lointains amonts, dont le cours nous entraine aux estuaires du temps. il est le nautonier de nos plaisirs en archipel. ( extr. de la préface)

Tanella Boni

tanella Boni, ta peau est fenêtre d’avenir

Tannella Boni est philosophe et poète , native de Cote d’ivoire elle témoigne contre la guerre et cherche à redonner vie et fierté à l’afrique son continent. elle est une grande voix et me rappelle en cela cette admirable cinéaste sénégalaise Safi Faye ( « mossane ») qui veut célébrer les beautés de son continent. Tanella Boni fait partie de ses artistes africains qui prennent à bras le corps les problèmes et les beautés, la spécificité de l’être africain;

ode à la beauté de la femme noire sempiternelle , en un mot à une humanité retrouvée qui puisse enfin vivre en amont d’elle même.