Tenderness

Les mots se font doux
écho sourd
au fond du palais
la natte le long de la soif
il n’y a pas de piment
pour ainsi dire
pas de gout
n’existent presque pas
et l’œil se ferme

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vert magnanime

Doucement aux taches lumineuses parmi les pousses droites ou rompues à fleur de terre celles-là époumonent ce qui à ras respire – couvent dans la profondeur du cocon vert à pas du loup et à quatre pattes comme un soldat en déroute s’approche du silence. 2016-06-27 15.36.53

Dans une mare d’eau alors que les grenouilles sont à leur joie et sans parler du lotus
dans la vase
pauvre corps ! comment ne pas relever la tête pour respirer et ne pas mourir noyé

Je me souviens de mon
grand-père
Ce n’était pas à Naples
ni à Hendaye
quelle différence entre l’odeur
de l’océan
celle renfermée des livres
l’embrun des régates
et le belcanto des oiseaux
dans le parc
il y a un feu à la Saint Jean
les branches de l’arbre
sont coupées
la maison me fait les
gros yeux
brille dans les
rouges et les ors
à grands coups de
brosse jaunes
pendant qu’à Aix
je lui achète un châle
du Kurdistan

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(c) ohara koson

radial insoumis

 

Finalement toucher
avoir une rugosité
figure hors du style
assise
et nous rend visite

le  moment ou l’air
heurte la glotte
ou la main frôle le monde
au besoin de vide
reposer les termes
d’une rencontre
entre la présence
et le radial insoumis

deux dans le monde - Ewa Palczynska-Ehrard Photography
Ewa Palczynska-Ehrard Photography

Je ne sais pas ce que je vois
Se résous [mon œil] à une ligne
[seule] sans apprêt le pinceau qui trace

tours et détours liés et déliés
aux abords du temps s’il faut se pencher
de sa tasse de café ou du pas qui tangue
nous marchons
gaillardement
d’avant le regard penché sur l’eau plate et l’espace

la masse à la surface et le liquide qui sèche
j’évacue toute intention,
tout  retournement
et si je dis JE c’est pour partir d’un centre
on ne sait plus où est la marge

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(c) Chen Zhongbei

Dialogue entre les feuilles

 

 

 

 

© encres de © 森本順子

encre 1

© 森本順子

 

Passé voir l’ami qui s’en est allé
C’est un peu avec lui que je dialogue ici

Entre les gouttes
Rien dans les feuilles
un son de cloche

Halte auprès de Gion
Monde grouillant
Temps éteint
Mille lettres
Cascade au parchemin
Grappes
Villes aux fruits de veines
En ce sein
L’ami nous a quitté

 

encr 2

© 森本順子

 

Toujours par l’interstice
Le moment baille
Les ailes sont passés

 

Du haut de l’arbre
Papillon de jour
Entre les mots
Seul l’insecte
Regarde ça d’en bas

 

Abeille
Si loin de l’arbre en fleur
Un pétale
Souffle entre les arbres
Que cherches tu si loin des fleurs ?

 

Un pétale par la fenêtre
Assis **sur le Bouddha
Surtout ne pas fermer
Le vent nous rend visite

 

Une cloche dans la montagne
Ce n’est pas toi
Un seul nombre est de bronze

 

Haiku pour Francis Royo

 Vases communicants d’avril en hommage  à Francis Royo : Marie Christine Grimard et moi avons eu envie d’échanger autour du Japon que notre copain poète aimait tant. deux textes à découvrir ici même et sur son blog »Promenades en ailleurs »

Profitons de l’occasion pour rappeler son blog « analogos »  que nous vous invitons à lire

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Quand tu lis ses mots

Pensant à lui dans le noir

Le poète vit

*

Au bord de la vie

L’oiseau a perdu ses larmes

Le poète vole

*

Prends-le dans ta main

Il te dira le chemin

Où chante son cœur

*

Si tu lis ses mots

Immobile dans le soir

Il te sourira

 

Les autres rendez vous de ces vases communicants dédiés à Francis Royo

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Anne-Sophie Brutmann : Annesodiversetvariations

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Françoise Renaud : Terrain fragile
et Marlène Sauvage :Les ateliers du déluge
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et Christophe Sanchez :Fut-il

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Jeanne : Babelibellus
et François Bonneau : L’irrégulier
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et Franck Queyraud : Flannerie quotidienne

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Marie-Christine Grimard : Promenades en Ailleurs
et Lamber Savigneux : Les vents de l’inspire

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Eric Schulthess : Carnet de Marseille
et Dominique Hasselmann : Métronomiques

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Sylvie Pollastri :Chronique des pas perdus
et Marie-Noëlle Bertrand :La dilettante
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 http://lerendezvousdesvasescommunicants.blogspot.fr/2016/03/liste-des-vases-communicants-davril-2016.html

 

 

 

Pulpe qui remonte à la surface après un long hiver bref renoue connaissance c’est la fin de l’hibernation, le dégel de la frigide et l’entente des mousses quand la lumière laisse entrevoir la couleur. il n’y a pas encore de barreaux poles oiseaux

 Il y a cette marée immense de la vague qui s’est retirée. Elle laisse le sable blanc de la peau du requin, dents qui tombent et la houppe hirsute. Faire la différence entre son ventre blanc, le sang et le sable. A l’endroit de la blessure  il y a le point de croix des épines de la cuirasse et le fleuve qui lui est courbe et doux. Il y a la roussette gambadante  de l’ironie et le harpon en travers du mammifère. Cette poussière de misère sur la rive et les joncs du toit, de la masure du pêcheur.