Les mots se font doux
écho sourd
au fond du palais
la natte le long de la soif
il n’y a pas de piment
pour ainsi dire
pas de gout
n’existent presque pas
et l’œil se ferme

Les mots se font doux
écho sourd
au fond du palais
la natte le long de la soif
il n’y a pas de piment
pour ainsi dire
pas de gout
n’existent presque pas
et l’œil se ferme

Doucement aux taches lumineuses parmi les pousses droites ou rompues à fleur de terre celles-là époumonent ce qui à ras respire – couvent dans la profondeur du cocon vert à pas du loup et à quatre pattes comme un soldat en déroute s’approche du silence. 
Dans une mare d’eau alors que les grenouilles sont à leur joie et sans parler du lotus
dans la vase
pauvre corps ! comment ne pas relever la tête pour respirer et ne pas mourir noyé
Je me souviens de mon
grand-père
Ce n’était pas à Naples
ni à Hendaye
quelle différence entre l’odeur
de l’océan
celle renfermée des livres
l’embrun des régates
et le belcanto des oiseaux
dans le parc
il y a un feu à la Saint Jean
les branches de l’arbre
sont coupées
la maison me fait les
gros yeux
brille dans les
rouges et les ors
à grands coups de
brosse jaunes
pendant qu’à Aix
je lui achète un châle
du Kurdistan

Finalement toucher
avoir une rugosité
figure hors du style
assise
et nous rend visite
le moment ou l’air
heurte la glotte
ou la main frôle le monde
au besoin de vide
reposer les termes
d’une rencontre
entre la présence
et le radial insoumis

Je ne sais pas ce que je vois
Se résous [mon œil] à une ligne
[seule] sans apprêt le pinceau qui trace
tours et détours liés et déliés
aux abords du temps s’il faut se pencher
de sa tasse de café ou du pas qui tangue
nous marchons
gaillardement
d’avant le regard penché sur l’eau plate et l’espace
la masse à la surface et le liquide qui sèche
j’évacue toute intention,
tout retournement
et si je dis JE c’est pour partir d’un centre
on ne sait plus où est la marge


Passé voir l’ami qui s’en est allé
C’est un peu avec lui que je dialogue ici
Entre les gouttes
Rien dans les feuilles
un son de cloche
Halte auprès de Gion
Monde grouillant
Temps éteint
Mille lettres
Cascade au parchemin
Grappes
Villes aux fruits de veines
En ce sein
L’ami nous a quitté

Toujours par l’interstice
Le moment baille
Les ailes sont passés
Du haut de l’arbre
Papillon de jour
Entre les mots
Seul l’insecte
Regarde ça d’en bas
Abeille
Si loin de l’arbre en fleur
Un pétale
Souffle entre les arbres
Que cherches tu si loin des fleurs ?
Un pétale par la fenêtre
Assis **sur le Bouddha
Surtout ne pas fermer
Le vent nous rend visite
Une cloche dans la montagne
Ce n’est pas toi
Un seul nombre est de bronze
Profitons de l’occasion pour rappeler son blog « analogos » que nous vous invitons à lire

Quand tu lis ses mots
Pensant à lui dans le noir
Le poète vit
*
Au bord de la vie
L’oiseau a perdu ses larmes
Le poète vole
*
Prends-le dans ta main
Il te dira le chemin
Où chante son cœur
*
Si tu lis ses mots
Immobile dans le soir
Il te sourira
Les autres rendez vous de ces vases communicants dédiés à Francis Royo
Anne-Sophie Brutmann : Annesodiversetvariations
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Pulpe qui remonte à la surface après un long hiver bref renoue connaissance c’est la fin de l’hibernation, le dégel de la frigide et l’entente des mousses quand la lumière laisse entrevoir la couleur. il n’y a pas encore de barreaux poles oiseaux
Il y a cette marée immense de la vague qui s’est retirée. Elle laisse le sable blanc de la peau du requin, dents qui tombent et la houppe hirsute. Faire la différence entre son ventre blanc, le sang et le sable. A l’endroit de la blessure il y a le point de croix des épines de la cuirasse et le fleuve qui lui est courbe et doux. Il y a la roussette gambadante de l’ironie et le harpon en travers du mammifère. Cette poussière de misère sur la rive et les joncs du toit, de la masure du pêcheur.