pluie sans  bruit
comme une carpe
alors l’enfant dort

un berceau
rien ne bouge
le mouvement
des herbes accroche
les moments

la pluie
Sur les feuilles d’eau
Des moineaux donnent la becquée
Un rêve vient me voir
me parle des pêche à la baleine
j’ai beau penser à la mer
sous les branches de pins
je ne fais que déranger les fourmis

La réalité semble indélogeable

l’attaquer à coup de « même si »

ne semble pas l’entamer

 

peut être lui jeter des pierres

l’empoisonner l’abandonner
sur l’autoroute

ou au fond d’un ravin profond

 

Pourtant il y a des traces de pneus
qui mènent quelque part,
ou est-ce à l’autoroute, au ravin ?

 

la pie fait un bruit épouvantable
Je n’ai plus d’humour , je garde le
singe dans le sac et le tout sur le dos

 

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Je regarde ce que je n’aurai jamais, des enfants, une maison sur une terre une ile sur une rivière, des parents des grand-parent la joie dans la maison,

Le là qui n’est pas n’importe où, les mots qui ne sont pas n’importe quels mots attachés à mes pensées et mes chaussures, j’ai dessiné sans m’arrêter une maison, à grands coups de crayon à grands coups de patte

je regarde les mots  j’ellipse et  les fais sortir du sac, ils me parlent de la question qu’à tous les mots je pose, Puis-je retourner le sac ? puis je les mettre en collier autour du cou et m’en faire une paire de chaussure ?

Partir allez là vraiment où je veux aller dire ce que je veux dire

J’écoute Rita,  c’est remonter le sentier des mots et les mettre à l’eau, au delà ce serait que derrière se tient ce que je ne vois pas, le creux de ma vie.

 

 

 

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vais ou va l’encre

le chemin des crêtes
la tête par la brume
l’œil trempé
enveloppé dans ses langes

les précipitations
l’humidité
le contraire est l’aride

Du haut du mont
saturé de noir
les gris d’herbe
en fines lamelles
fibres vert plis et accrocs

pluie en rigole
duvet le dessin

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Quand le bastingage plonge vers la pliure le blanc est la vitesse
rythmes et virgules en dessous une plaie
plus sombre
plus épaisse
comme une perte d’équilibre sous le vent et l’horizon défait

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John Marin

dans la pénombre
le silence
cagnard brûlant
prenant conscience
de ce qu’il est seul

L’homme

trace les signes boit la soupe de pois
sa pensée au loin comme une comète
à l’encontre
du monde fatigué des grandes décisions
la complaisance des chiens à l’égard de leur maitres
surtout le conformisme
la pensée automatique du social érigé en charpente
il se sait termite
et creuse un passage
pour aller jusqu’à la mer

puiser dans la grande armada
le signe temporaire
qu’il trace de la grande délivrance

alors il explore
en un mot il arpente
la nuit
les grands boulevards
les bois
les rêves éveillés de la pensée
et refuse
de se soumettre

trace
soupèse
les soupentes
apaise
les envies
de l’encre

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vivre en ne reconnaissant rien
est-ce un postulat ? ignoré   sciemment l’on croise comme si
on était d’eau encore incréé
et ce qui file entre les doigts est à dédaigner

la présence alors est constamment en écart

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Dans l’absence de tempête

à fleur d’algue
souffrance sans écho

la nonchalance

  dans une caverne
une cascade
le repos antique

d’un carré de forêt vierge

l’étoffe
la robe safran
les chants de bure

les morts dans la poursuite
l’eau interminable et aucun navire
aucune voile

dans son pas
écho des distances

on voit

le visage même voilé
le blanc du soleil
le brun au terme du bleu

la cloche
sonne
vibre
lit de crevasse

dans les couleurs d’une fin de jour

On entend les
voix éteintes
les profondeurs
l’esprit sombre

le halo des chaleurs
de l’océan
vire au violet
l’ultimatum
transmet la fin du jour

la vue
cède
alors que le regard
pèse

Lambert savigneux , profondeur des iles
Lambert savigneux , profondeur des iles

Le plongeon dans le corps de la phrase, celle-ci entraine à la suivante comme dans un motif japonais qui répète les lignes du motif comme la trame de tout ce qui peut s’observer, ligne à ligne reliée par la navette nécessaire et sans fin des jours que l’on voit dans les fibres de la fougère. Sans qu’il n’y ait vue d’ensemble la tête remonte à la surface pour ne pas se submerger, oublier jusqu’au sens de l’éloignement, les cotes ou le rivage,  l’eau scintillante de la surface, du rapprochement, du tôt ou du tard c’est dans une eau sans ligne,  hors de l’éveil que procure le soleil, sorte d’Atlantis de ce monde desséché si le cœur de l’étoile bat, résonnant sur la peau  l’eau prolonge les battements d’un lointain ailleurs alors englouti.