brume solaire

©L S 2005

belle

belle

crap

let me tell you one thing, do yo really wanna know wat I tink of tis wole business , well yo can take my word for it , as sure as I »m te big boss here, well this is a lotta crap and I mean it !

best to keep to te old dusty track , stick to it ol’boy , that’s my advice

crap

let me tell you one thing, do yo really wanna know wat I tink of tis wole business , well yo can take my word for it , as sure as I »m te big boss here, well this is a lotta crap and I mean it !

best to keep to te old dusty track , stick to it ol’boy , that’s my advice

mots-lyre

© L S

Amina

mot question mot douleur
nom montagne splendeur brune
sereine
océane

j’agite cet appel comme une trachée de lueur
comme un autre mot pour dire aime
comme une voile havre du vent

tresse à traversée ou nœud de plancher à mature

comme synonyme de l’ampleur

la vague immobile dans le surf du temps

Amina

trouée du vert à l’aplomb d’une certitude bleue
ligne de flottaison

rouge vive
fleur
brune d’une renaissance

flanquée de l’absence magnifique trois mots-lyre marquent une survie

© L S

mots-lyre

© L S

Amina

mot question mot douleur
nom montagne splendeur brune
sereine
océane

j’agite cet appel comme une trachée de lueur
comme un autre mot pour dire aime
comme une voile havre du vent

tresse à traversée ou nœud de plancher à mature

comme synonyme de l’ampleur

la vague immobile dans le surf du temps

Amina

trouée du vert à l’aplomb d’une certitude bleue
ligne de flottaison

rouge vive
fleur
brune d’une renaissance

flanquée de l’absence magnifique trois mots-lyre marquent une survie

© L S

jour, bouche du voir

LS

Qui es tu, toi qui m’écoute dire ?  à un moment ou un autre je te poserais la question en rebours, en retour,

peut être mes mots ne sont que le reflet de l’embryon de la question

le rythme dans le silence, dans le taire, l’espace de ce que j’entends ne peut qu’à son tour interroger

qui est tu ? toi qui me regarde m’écoutant, toi qui prend place face à moi

à quoi se résout cette attention, ta présence au sein de ma parole prétend fixer l’axe dans ton entour

au mur de tes yeux, lettres, phrases, lignes, sens que tu impliques

mais ta présence bouleversante dans l’espace ne peut qu’à son tour formuler la vraie raison et ta quête t’amène à me scruter

ramène contre ton attente l’aveu de l’existence à la page de mes yeux,

lettre, mots de ma parole tu entendrais ramener la nudité angoissée voir est vain

je te laisse en prendre la mesure, oublier la question autant que la réponse

aveugle, c’est le temps et la marée de sable que le vent enfouit en amoncellement bref de silence,

tu, relatif,

y laisses la trace,
tue,
le mot résorbe la vrille de mon chant, démembrement du toi à moi

énigme de l’entre-deux dont tu tentes de t’emparer, l’air n’a pas plus de consistance que ton être-là écoutant la divagation de la question

aussi sur que tu es là, Je ne se laisse pas poser, ta présence est question que seule ta présence absoudrait

tu en est le maître ou est-ce une feinte dans l’énoncé à l’espace de nous-deux, il te faudra le reconnaître.

jour, bouche du voir

LS

Qui es tu, toi qui m’écoute dire ?  à un moment ou un autre je te poserais la question en rebours, en retour,

peut être mes mots ne sont que le reflet de l’embryon de la question

le rythme dans le silence, dans le taire, l’espace de ce que j’entends ne peut qu’à son tour interroger

qui est tu ? toi qui me regarde m’écoutant, toi qui prend place face à moi

à quoi se résout cette attention, ta présence au sein de ma parole prétend fixer l’axe dans ton entour

au mur de tes yeux, lettres, phrases, lignes, sens que tu impliques

mais ta présence bouleversante dans l’espace ne peut qu’à son tour formuler la vraie raison et ta quête t’amène à me scruter

ramène contre ton attente l’aveu de l’existence à la page de mes yeux,

lettre, mots de ma parole tu entendrais ramener la nudité angoissée voir est vain

je te laisse en prendre la mesure, oublier la question autant que la réponse

aveugle, c’est le temps et la marée de sable que le vent enfouit en amoncellement bref de silence,

tu, relatif,

y laisses la trace,
tue,
le mot résorbe la vrille de mon chant, démembrement du toi à moi

énigme de l’entre-deux dont tu tentes de t’emparer, l’air n’a pas plus de consistance que ton être-là écoutant la divagation de la question

aussi sur que tu es là, Je ne se laisse pas poser, ta présence est question que seule ta présence absoudrait

tu en est le maître ou est-ce une feinte dans l’énoncé à l’espace de nous-deux, il te faudra le reconnaître.

ken Bugul


Les matins de la rue Félix-Faure étaient des matins qui réconciliaient l’être avec lui-même, avec l’autre, avec la vie. Le philosophe de la rue Félix-Faure disait que les matins de la rue Félix-Faure réconciliait l’être avec ses élucubrations, ses incertitudes, ses angoisses, ses doutes, son égoïsme et, malgré tout, son espérance.

C’était l’espérance doublée de patience qu’il fallait pour que les instincts suicidaires, les penchants au stress, les faiblesses pour les angoisses, la disponibilité pour les déceptions soient récupérées et transformées en une énergie existentielle. Cette énergie, c’était ce qu’il fallait pour que l’être humain survive à la vie. En réalité disait le philosophe de la rue Félix-Faure, nous tous, même ceux qui ne voulaient pas le reconnaitre, nous avions envie de crever plutôt que de vivre certaines vies. Nous ne les vivions même pas ces vies-là. Ce n’était pas des vies, c’étaient des déchets de vies, des résidus de vies, des vies bâtardes, bradées, mises au tapin. Des espèces de vies qui se masturbaient devant la vie, des espèces de vies qui nous soutiraient des raisonnements, des explications, des justifications, des questionnements sans fin.

……………………….

Mais l’espérance doublée de patience n’était pas seulement et toujours rattachée aux situations insondables, inexplicables, au malaise de vivre, au désespoir, au doute, à l’impatience, disait le philosophe de la rue Félix-Faure. Il n’y avait pas de doute rue Félix-Faure, par exemple. L’espérance doublé de patience était surtout dans ce qu’on appelait les bonnes choses de la vie. Les bonnes choses de la vie qui avaient l’air éphémères, et l’espérance doublée de patience les faisaient durer quelque temps encore, encore un peu plus, encore et encore. Mais c’était quoi les bonne choses de la vie ? Pour le philosophe de la rue Félix Faure, c’était entre autres bonnes choses, les matins de la rue félix-Faure. C’était comme le sourire d’un enfant. C’était comme la jouissance.

…………

(©Ken Bugul, Rue Félix-Faure, Hoëbecke)