de la mer et du sable
des petites maisons
Tous les jours sur le dos
on rapporte quelque chose
Un bateau finalement
s’en va jeter l’ancre
de la mer et du sable
des petites maisons
Tous les jours sur le dos
on rapporte quelque chose
Un bateau finalement
s’en va jeter l’ancre
la notion de l’île
elle est toute relative et s’immisce en nous, en ceux que l’on croise et au poumon du social, dénotant et créant un interstice.
Comme un tiret ou une liaison, nécessaire quoique perclus de vide.

Dans la nuit il y a un incendie je vois la reine de la nuit
il y a des papillons multicolores ton rouge sur vif et noir en feu
de la hauteur perchée il y a des oiseaux dans le feuillage
il y a des jours
où un seul regard et cette application
convainc de retourner dans ces lieux
où l’on ne croyait plus jamais
revenir
[Gu Gan 3] C’est souvent dans ce croisement fructueux, dans cette germination que la nouveauté et le changement naissent. Au delà du concept et du canevas inconscient, ce qui reste de la calligraphie semble se diluer dans le plus vaste écrit, moins dense qu le caractère Roi, tenir à la fois de l’écriture qui de nos jour a colonisé tous les aspect de notre vision, s’emparant de l’image, du calcul et de tout ce qui est forme d’expression. Elle à perdu cette royauté du caractère qui était proche du geste et mettait l’accent sur l’expression. Aujourd’hui tout se mêle et s’entrecroise pour former un rapport au réel complexe ou la chose écrite est diluée mais se retrouve dans tous les secteurs de ce que nous apercevons, sommes l’objet, côtoyons dans ce monde fortement diversifié, rendue au divers et qui ne témoignent plus d’un geste qui l’éclaire mais…
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La chose écrite est partout, elle n’est pas création exclusive. L’homme s’est inspiré des rythmes pour en faire cette trace du vivant qui lui est intelligible, qui synthétise l’expérience dans cette forme haute. La forme n’est pas formule, l’écriture est rendue au divers, simples bâtonnets et boucles comptables dont la simplicité permet de rendre compte aussi rapidement que possible toutes les manifestations de ce qui parvient jusqu’à nous. Le monde fait des événements, des descriptions des phénomènes, de suites mathématiques des statistiques des récurrences des comptes et des inventions, ce qui est écrit et chiffré est une projection du réel comme un entonnoir par où rentre l’agissant comme une projection sur grand écran dont l’ensemble semble un tableau une accumulation de régimes binaires ou mots sans résonances qui ne font que répéter la même histoire, rendent compte à l’infini. Dans cette plongée en soi d’un vertige mathématique et démesure littéraire le monde n’arrête pas de se voir reflété en lire. Pourtant l’humain est présent et cette tentative de rendre tout semblable entre les lignes d’un agenda ou calendrier, lignes de codes et retour à la ligne sans fin d’un journal, d’une liste qui se déplie, aucun caractère qui ne serait pas de titre, plus gros que le précédent alors que certains englobent tout jusqu’à cacher dans la liste l’énergie à cru et qui seule peut être remonte à la surface c’est ce qui est lu.

Il n’y a plus les pages du livre qui frottent comme des symboles qui se fichent directement à notre entendement. les yeux piquent comme une seringue, des manifestations chiffrées ou lettrée déplorent l’absence du scribe ou du lecteur accroupi , il y a une injection directe de l’information au cerveau sur le message chiffré du monde, les neurones en sont pleins, sans que le corps en tant qu’entité corporelle et non statistique ne participent, jusqu’à ce que la révolte gronde, les particules de l’immense torrent du monde se poussent agglomérant autour d’elles un dessin comme une forme dont nous sommes conscient, sensibles aux échos, même si nous n’en sentons le pouls, n’en voyons que la queue, la masse, le détail, la répercussion, l’image à la tv, le plan général répété jusque dans nos vies, structures que nous répétons dans notre travail mais pire dans la cellule que nous laissons au plus proche de l’intime. Alors d’une main de maitre le calligraphe vient opposer ce qui n’est pas chiffrable qui est une poésie, une philosophie, un trait, symbole étrange profond, somme de tous nos cauchemars, répétés à l’envie comme formule partielle, forme calligraphique, graphitique, géographique, dessin primitif d’un humain stylisé qui fait peur, dont le sens nous est devenu très lointain et primitif, la sommes des coins de ce monde. Il se nourrit de nous, il se nourrit du monde. C’est pourquoi le calligraphe en a fait le dessin symbolique à l’encre par dessus le papier journal rempli des éléments anodins et traumatisant de notre monde programmé que nous ne savons plus transcrire. C’est pourquoi le calcul du génome est inexact et sa poésie problématique.
Vous m’avez cassé la tête fêlé l’ossement creusé le tendre entendez vous le grelot qui teinte la graine sèche qui sonne le glas quand claque le percuteur on secoue l’homme la terre cuit le bois se fend le tonnerre gronde
C’est un Jet fendu à vos trousses la corde usée râpée étirée tendue jusqu’à ça casse n’est plus nouée à l’arc plus assez bandé pour se remettre à fendre l’air tigre rugit blessé roué fané la queue longue balaye par les chemins par monts par vaux la campagne bat les flancs le rythme jusqu’à ce que sorte le loup du bois
Alors encore un coup de corne un coup de patte encore une fois de la semelle du plat du talon refuser refouler en avant en courant enfuir à travers l’eau le train leur donner du fil à retordre
Sans soucis de la métaphore du lexique ni de la syntaxe file le coup de poing sur la cible étant le nez de la banalité, 
et s’en tenir là.
* hélas tous les termes utilisés sont du domaine métaphorique , peut mieux faire, nice try try again …
Tristram étant Tristram, passer par dessus les cimes entre Henri d’Ofterdingen et le discours sur le colonialisme, insuffler de la matière vivante et elle nous entoure.
Le trésor dans le coffre l’Amazone dans le coffre
des dos l’ombre dans la journée
des mots fatras des mots joyaux
a dévoré le jour quand elle s’est enfuie
l’empreinte de ce qui n’y est plus trace de doigt trace de poussière dans un sachet sur ma poitrine
muscles bandés et la flèche les bourses le jet d’urine l’arrosoir cosmique pas sur la peau une zébrure une tracée laissée par le couteau
c’est l’estuaire ouvert par la colère le ressentiment les fers et l’eau par la voie d’eau ouverte dans la poitrine
eau salée eau de mer poissons requins et méduses voilier sur le palmier et l’étoile la bavarde
par ma gorge par mon torse s’éteint cet éraillement
l’exil est voix d’eau râpe râle âpre voie d’eau opaque
sur le fleuve eau du fleuve eau de sang femmes au marché femme sur la couche hommes d’errance changent les nouveaux né braillards

« l’idée de l’innocence perdue dans un monde qui fait de l’enfant un mutant qui perd ses points de repère et en invente d’autres » (Tanella Boni, la diversité du monde)