le silence est la clef du détour des cheminsma présence souterraine n’a pas fait jaillir la source de ton attachement

Je te voulais comme une eau vive
pour combler ma défaillance

je t’attendais soleil éblouissant ou étoile magnétique
qui fixe le point de mon désir

voie lactée

où mon regard se perd en poussières
et retrouve le sens égaré de ma vie absentée

Les vies affirmées se mènent âpres et sûres
ma vie-question lézarde les actes du jour

A vouloir m’ abstraire

le sel
la bourrasque
la lumière du corps
l’ étincelle de l’esprit
façonnent le visage d’une peau contrainte


Empoigner l’intrépide
imperméable à ton réel argenté
brulot de mon envoutement
Mais mon vent est mon égarement
il a oublié de te nourrir

ma force frappant aux rochers

des quatre coins de l’ homme
à te respecter femme
riche de tes milles vies

langage-tangage

comme une rayure griffure qui envoute le cœur
j’ai plongé dans la vague de ta rive
les couleurs ont remplacées dans tes bras
le désespoir des pigments encrés

salis d’une vie qui se retirait dans l’ombre
qui suivait l’escarpe des chemins inaccessibles
me laissant dans le noir vertigineux de l’absence

je tangue dans le précipice amoureux
mais mon filet d’eau était trop mince
trop aride et craintif

anémié
étranglé
pour que tu prennes goût à t’y baigner
pour que tu en fasses ta jouvence
ton renouveau ta fontaine de joie


tu n’as vu que désert de rocailles
où ta fleur peinait à s’étoiler
delta du corps à l’aube
où se faufile sous tes paupières
la veine irrigué au soleil de tes seins

coton de la voix


je peux rêver à ce qui m’agit
qui s’échappe de mes artères
Chère
qui rechuchottent le coeur
chairs
qui taillent à bout de bras les jours

les joues flambent du transpercement de l’oeil
s’enflamme au luisant de la peau patinée

la main donne l’air à la sauvagerie d’exister
le pas qui frôle rejoint les corps assombris
immenses à parcourir dans mon geste
m’enjoignent de te chercher
et te saisir à bout de bouche
au filet de tes cheveux emmèlés

Je me tourne vers toi l’insondable de paix
dans l’espace clos de mon corps
ma vie lourde maladroite
qui a désappris de vivre
je me dérange aux murs
à la lumière qui tangue
J’hésite hors de la chambre
hors du lit les pieds en suspend
je me retrouve dans les yeux
au seuil de ta danse

intrépide

voler tonner donner à toi qui relie
orphelin de cette vie morte née
qui refoule en moi
me laisse
intense
au bord de la saillie de ta peau

vent violent

 

un vent volant
ouvert à la terre
secoue l’enlacement des troncs
en ballet chaotique d’aiguilles
en désorientance affolée
les pins épousent les râles du vent
l’aloès s’étoile en fleurs amoureuses
tige en mât de senteur ébouriffée
pousses aurifères
rouille
au roc
en touche odorifante

je te vois allongée au rouge
assoiffée de bleu
à la marge de l’embrun
en écho au chant de la rive
trilles violettes
sous l’algue évadée

au vert du bleu élagué

tu t’assoies au gouffre tranchant
sur la roche émoussée
épousée en pointes rosées
sur l’éclatement volcanique

les pieds rêvent de l’eau
où serpentent
vert tendre
comme au flot du courant
le cœur porté par le souffle carmin

tu t’ébroues à la brise
au frisson du clair de ta peau
piment doux ,
ma surprise en perles salines
sussure en tressaillant ton effarement

tu minaudes à l’inconfort de l’air ,
giclée de repos froid

caresses boutoirs les rayons blonds

se farde
la lumière insulaire
se garde
en déchirure solaire
s’épure
en tâche au brasier allumé
s’égare
à l’indigo étal à l’horizon
se meurt
perdue en eau bleutée

le rut de l’air
battu
se rue en écume contradictoire
au bond de cristal
au vent vertical

par delà le noir ancien des profondeurs
regard ricochet
du haut de la redondance des crètes
l’eau
l’espace
se soumettent au blanc perlé de la distance

coché
à la clarté noisette de tes yeux
luisants
au projet du lointain dérivant

ton bras à l’enjambée
granites
reposoirs de ta nuque

la fraîcheur m’attire
je dévale de pic en roc
à l’outrance du corps
les muscles à l’aise de l’eau
se détendent
se referment sur la peau

qui s’écrie
qui s’ébat à tout rompre
au fil glacé du libre écart de l’onde
qui résiste en caresses

l’allongé s’élance en coulées fluides
enjouées
trouble mouvant
survit en embranchement des plaisirs

je perce le trou de sable
ce ventre d’écume

je défie l’étendue tendre
qui permet à l’œil
ce que le profond répprouve
la densité sourde m’accueille
à l’ombre cachée
attire à moi
la sirène nageoire
du mythe

mon élancée
ma vitesse
tu te jouis dans la trajectoire

à l’accord
à l’ivresse
au flanc du rire

homme éblouit dans cette étreinte
je te cherche au loin dans la nudité

tourniquet-troubadoure

dans la senteur lente
de cet avec-toi ,

dans le vertige
de cet entre-nous

s’accrochent mille douze doigtés à nos carresses

et te voir

poser ma main sur les yeux
qui s’ouvrent
en frémissement de sourcils

cueillir la fleur de laurier
pour embrasser rouge sang
au vase de ton coeur
poser la main légère
en vent de flanelle cuivrée ,

s’arrêter
aspirer
s’installer

à l’iris de l’autre bras
corrollé de blanc
liseré de rouge

couver ton corps dans la carresse volubile

hurler à tue tête ce chant de renouveau

ma source intarrissable
je te veux vibrante à mon dru fertile ,

me laisser porter
pagayer ferme dans la chair de notre partage ,

car mon coeur est énorme
gonflé de tout l’amour du monde

je veut être dégusté à pleines lèvres
à dents ouvertes
à langue palpitante
à mains façonnantes
à joie braillarde
à corps irradié de secousses spasmodiques
à l’éclair aveuglant de ton oeil qui jouit

ouvrir l’écluse au flot du mot qui encanaille

s’enchauder

pour que brille à l’air vif
les lignes
qui serpentent le long du coeur
veineries de tes cuisses
le long de tes reins

éveillés à tous les désir
des courbes élastiques

rebondir le long du rire en lierre aux pierres de ta peau

à s’ébranler
dans cet éboulement
à couler
me composter
à la chaleur de tes seins
à retenir
à relacher à l’autre bout
au rond de ta bouche
le long de tes lèvres en vrilles

au bout du trajet avoir pris son élan et déchirer la mort

jupe d'églantine

nue
grise payne

ta jupe vapeur d’églantine
enrose mes narines
élégante
feuille d’or fleur de lin
hirondelle muette les ailes dépliées

le petit noeud lacé filé
m’attache m’entache
enlace
en croisée raide sur tes épaules
la pente entravée de musc
douce

deux filins de nuit
tombent comme une carresse
maillée tissée
de tes seins à l’anche
à l’onde de ta soie
t’embrume de côte marine
t’habille comme un cil d’un brin de moue

le pli susurré
embaume la couleur
unie à la toile
à la peau transpirée
au croisement de l’arche attifée
pointillée
parfumée
sur ton corps aurifère
amphore à l’ambre du désir

jupe d’églantine

nue
grise payne
ta jupe vapeur d’églantine
enrose mes narines
élégante
feuille d’or fleur de lin
hirondelle muette les ailes dépliées
le petit noeud lacé filé
m’attache m’entache
enlace
en croisée raide sur tes épaules
la pente entravée de musc
douce
deux filins de nuit
tombent comme une carresse
maillée tissée
de tes seins à l’anche
à l’onde de ta soie
t’embrume de côte marine
t’habille comme un cil d’un brin de moue
le pli susurré
embaume la couleur
unie à la toile
à la peau transpirée
au croisement de l’arche attifée
pointillée
parfumée
sur ton corps aurifère
amphore à l’ambre du désir

le regard d'orion

mon évidence
mon regard d’orion
pénétrante
au filtre vif de ta lumière

les replis de ton parfum
s’insinuent
comme aux pores de ma vie

incurvent ma douleur
à la chaleur
rouge

au trait plein de ta couleur

le regard d’orion

mon évidence
mon regard d’orion
pénétrante
au filtre vif de ta lumière
les replis de ton parfum
s’insinuent
comme aux pores de ma vie
incurvent ma douleur
à la chaleur
rouge
au trait plein de ta couleur

la forge du poète


Mais la poésie n’est pas des sornettes

la poésie est forgée
l’histoire est faite de sang
de celui des hommes
de leur souffrance
de leur meurtre radical

Je ne veux consentir à la vision de l’histoire
mon pays n’est pas celui là qui se batie sur le déni de l’autre
se glorifie de la violence
de la négation
de l’asservissement
avec en filligrane le soupçon d’une supériorité barbare

un pays qui n’admire pas ce sursaut de l’homme enchainé à clamer son existence
reconstruire son identité et rejaillir des pousses de l’humanité reconquise

Je suis de ce pays-ci
je me reconnais dans les blessés les humiliés les éclopés
des ravages du plus fort qui broit l’enfant dans son poing
je me relève à chaque fois que la violence arrache la graine porteuse de l’espoir de la vie de la différence ,
Je veux tendre la main à la laisser naitre

Monde inique qui voudrait qu’on lui tende un miroir à se voir nymphe et qui est harpie

Le poète nous dit la révolte de l’homme et sa rage d’être

je suis de ce monde là
pas de celui qui nous rogne
nous dénie notre humanité sempiternelle

la poésie est faite de son sang
à transformer sa condition
à muer
devenir ce qu’ il pressent
ce qu’il sait être
au dela de ses chaines

Vive cette fougue à se retrouver
à se recréer
à renouer la déchirure de ses charmilles

Aujourd’hui plus que jamais le monde a besoin de ses prophètes car l’heure est à dire sa préférence et se réclamer de vive lignée

Je veux être ce lambi à l’oreille de la musique sur l’immensité .