monologue

Ne pas écouter ces voix qui dialoguent, elles ne parlent pas vraiment, à voix forte ou au contraire en chuchotant, où qu’elles soient, sur un canapé ou au café, je n’y vais pas, comment les entendrais je ? qu’ont elle a dire leur voix se perdent dans l’incréé ; je veux dire ce n’est pas comme ça que la chose doit se dire, la chose c’est ce qui essaye d’exister parallèlement au monde, c’est comme une voix qui suinte, une pluie  ou une chaleur, même pas, elle fait partie de toi, elle tente de s’imposer, elle existe en dehors du récit car le récit c’est déjà une juxtaposition alors qu’elle marche juste à coté presqu’ en  double et qu’elle parle. Dès lors est-t’elle du domaine de l’écrit, ou de l’oral et qu’a-t’elle à dire si elle ne narre pas ? qui a dit qu’elle ne narrait pas ? c’est subtil tu comprends, oui tu as parlé de l’incréé tout à l’heure c’est à dire qu’il y a du créé, je ne parle pas je me réponds, nous ne sommes pas en dialogue non plus, c’est autre chose, quelque chose que je tente de dire, est-ce fait de silence ? you miss the point, silence pas silence le silence est bruit ou alors on est dans la mort ou alors c’est autre chose, ça je ne le sais pas, n’empêche que cela ressemble vachement à un dialogue ton truc ! c’est que c’est difficile tu comprends, ce n’en est pas un réellement tu vois je pourrais te coller là une définition plaquée de mon dictionnaire  ouvert ou de l’encyclo , ou là des gouttes de pluies viendraient claquer tout ça en même temps sans prévenir http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/langag4.htm Leçon 26.  Le bruit, le silence et le langage  

Nous vivons dans un monde où la verbalisation est la règle et le silence l’exception. Nous vivons au milieu d’un torrent de mots ; si bien que la valeur du silence nous échappe le plus souvent ; et pourtant, il est difficile de séparer le silence et la parole, le silence et l’intention de signification. Sans un espace entre les mots, les mots eux-mêmes seraient-ils compréhensibles ?

Nous ne savons plus au fond ce que représente la Parole, ni ce que signifie le silence. Pourtant, nous sentons aussi que nous avons besoin du silence. La Parole et le silence sont étroitement liés. N’est-ce pas parce qu’à sa manière le silence signifie à travers les mots autant que les mots signifient eux-mêmes ?

Ou bien, faut-il admettre que le silence est seulement une impuissance ou une impasse dont le langage nous libère. Le silence ne dit-il rien ? Peut-on aller jusqu’à soutenir que le silence est un langage non-verbal sous-jacent au langage verbal ?

*  *
* pluie pluie pluie pluie pluie pluie j’aime le bruit que ces séquences répétitive font sur le clavier , il faudrait les transcrire en code musical là c’est moi qui parle ou alors trouver un équivalent graphique ce serait une image de la pluie mais qui capterait bien les mots ©Carla Ferro ne m’en voudra pas

A. Le mur du silence

Il existe plusieurs formes de silence.

Tout ça n’est que du bruit n’y prête pas attention, ça ne rentre pas dans le chant de mire, dans ma vision même s’il ne s’agit pas de vision, ni de musique ni de rien, ce n’est pas ça tiens regarde à la page 38 de l’anthropologie du geste – ça n’a rien à voir – c’est à désespérer tu m’a perdu

Bien sûr qu’il y a quelque chose qui a pour nom Parole comme Ulysse s’appellerait personne, mais avec une majuscule il y a du mage et de là à l’image c’est pas sans rapport l’image et la parole sont du même ordre mais si le dit s’adresse à l’imago et est donc plus riche, potentiellement, enfin certaines images se séparent de discours s’en passent et sont plus de pouvoir alors que d’autres sont juste des variations du voir, je t’avais parlé de geste, on y revient tu vois, le mot geste la parole geste l’image geste la parure geste c’est le monde qui s’infiltre et rebondit, on s’approche mais c’est autrement pas réellement comparable – mais quand tu dis un mot avec mutisme large tu as tout dit : bear ou beaver par exemple- mais c’est la même chose avec les mots certain s’auréolent d’autres plombent et d’autre me font penser à un embouteillage, renvoient à des images courtes oui j’aime assez cette distinction entre image courte et image longue encore que ce n’est peut être pas vraiment ça puis on est plutôt dans la syntaxe et la sémantique, le mot pourrait s’articuler sur lui-même si il voulait- c’est même plus en rapport avec le culturel d’ailleurs OUI mais ça nous l’avons perdu de vue mais la parole est une personne ou plutôt on la convoque, il est difficile de dire ce que c’est, en fait, tout ce que je sais c’est que ce n’est pas juste une voix  ou un son est un mouvement vibratoire, une onde, qui est fonction du milieu et de la température elle s’incarne ! ok ça je l’avais bien compris vais pas rouvrir mon calepin ou j’avais tout noté au cours de mes promenades dans les bois et au bord de l’eau et du vertige , c’est gravé et de toute façon personne ne le comprend, quasi , il faut venir de là-bas pour l’entrevoir même SI ce n’est pas la seule réalité, et quoique ça commence là Jérôme en parle très bien enfin il est sur ces fringes, mais là je n’ai pas encore potassé, faut s’accrocher… au final qu’est qu’il reste ? WAIT ! ok j’attends quelque chose te gène? tu vas trop vite

ok je retoure à la ligne là j’attends et on en parle pas la peine de blablater si tu suis pas – c’est pas ça mais t’es sur qu’on a pas raté un petit truc, un sillon micro, tu sais on se doit d’être attentif déja qu’on est perdu là ! te rappelle qu’Isabelle m’a dit que vivre et écrire c’est foncer dans le brouillard, elle a raison , non ? il faut être attentif

on reprend où ?

« Sur les pas éclairés d’une chèvre khirgize »

« Sur les pas éclairés d’une chèvre khirgize »

Et bien oui la neige avait tout envahi, le pays s’était fait tout blanc, on aurait pu croire que l’hiver était arrivé mais c’était juste pour accueillir la chèvre kirghize. Le froid de neige juste ce qu’il fallait pour la veillée ; on s’était réunis dans la pièce chaude pour un conte et soupe mais le cuisinier était resté bloqué avec ses légumes à Barjols : pas de soupe !

kirghize ….

L’affiche orange n’en disait pas beaucoup plus, l’air diablement espiègle de la conteuse Cécile Nô _ un faux air japonais dans les vallées d’Asie centrale ; il neigeait, j’étais parmi les gens et j’écoutais le tambourin, le sourire affiché d’un homme d’affaire qui boucle sa ceinture d’un BOEING avant le décollage ; les steppes d’Asie centrale, la Mongolie, j’attends _ elle arrive, une jeune femme pleine de vitalité contenue, l’air de rien, elle va nous raconter une histoire, on y est, elle est les ailes de l’aéroplane pour ainsi dire, on est là où elle veut avec elle et on on l’écoute. D’un ton de simple confidence d’une petite voix, elle nous raconte l’histoire de Baradoï Morgeu elle a l’air de bien la connaitre cette jeune fille dans sa yourte qui promet pendant que son frère va à la chasse de bien surveiller le feu et de ne pas le laisser mourir, elle nous raconte cela d’un air de sollicitude pour cette petite fille qui devient grande et s’ennuie et elle déroule le fil de l’histoire, bon je vous passe les détails parce que ce n’est pas à moi de raconter l’histoire mais toujours est il que Baradoï Morgeu (j’adore ce nom Baradoï Morgeu) je pourrai le répéter et le répéter à l’infini, à l’infini comme ce violon qu’elle prend et dont elle fait sonner les cordes et cette chanson qu’elle chante qui fait résonner les hautes vallées, un rythme, deux cordes frappées et puis elle pose le violon et la magie continue, le violon continue à chanter tout seul, nous sommes là-bas le sourire aux lèvres d’enchantement et Baradoï Morgeu court pour échapper à l’ogresse qui veut la rattraper pour la dévorer, sa fluette voix nous l’apprend et elle courre plus vite que je ne saurai le faire mais pas assez vite         heureusement une flèche du frère chasseur arrête net l’ogresse transpercée qui meurt, paf , là …

Une troupe de musiciens de fanfare et je ne sais plus très bien qui et puis le roi et sa fille le roi qui se prend pour l’enfant de sa fille et la fille qui se prend pour la mère de son père oui c’est Œdipien, elle nous met dans la confidence des fois que … et puis aussi les trois sœurs chèvres kirghizes, ah voila ! se mettent à décamper du ventre de l’ogresse et la fille de la yourte qui elle aussi veut prendre l’air… change d’histoire, bon ben oui il faut bouger, hein , prendre des risques, évoluer, bon elle change d’histoire et hop ! musique le violon qui joue tout seul et la chanteuse qui chante un air étrange à nous croire en traineau, laissez vous écouter ce chant des steppes ou des vallées, Je ne me souviens plus de tout, normal quand on trottine avec tous ces personnages aux cotés de la conteuse on est pris dedans , on ne se rappelle pas tout, mais je me rappelle la chèvre, parce que, déjà les pas éclairés de la chèvre kirghize avec les yeux doux fous grondant de C Nô sur la photo, et puis là de rencontrer la chèvre en chair et en os ( j’aime bien les chèvres, j’ai de très bonnes amies chèvres), enfin on remarque surtout ses longs poils, son pelage et sa barbichette de chèvre et toute sa poésie dans ses yeux de chèvre qui parle, je ne sais pas ce que la Cécile a voulu dire avec sa chèvre mais elle m’a fait un effet bœuf la chèvre, saisissante, un personnage hors du commun, une philosophe, une clown, une aventurière, une libertaire, une rêveuse, moi je pense d’ailleurs que c’est la chèvre qui raconte l’histoire et qui souffle tous les personnages à la Cécile Nô ; bref la chèvre est à croquer, juste comme on imagine une vraie chèvre, pas les chèvres qu’on voit dans les bergeries, non une vraie chèvre tout comme le roi qui se prend pour le fils de sa fille est plus vrai qu’un vrai roi et que les musiciens du big band de la fanfare font un boucan de tous les diables. Même si c’est pas vrai.

Elle se livre a des jeux de passe-passe, elle entoure son visage d’une écharpe en plume blanches et fait un nœud pour faire la barbichette de la chèvre , elle joue d’un violon qui continue à jouer quand elle s’arrête de jouer, elle court , elle parle kirghize, elle rallume le feu des yourtes, elle… je ne sais plus… elle raconte une histoire sans fin qui rebondit, rebondit, de contes dans le conte, d’histoires et de vies de personnages extraordinaires, enfin, finalement très ordinaires, c’est pas parce qu’ils sont roi ou chèvre ou lapin, d’ailleurs ils l’étaient pas avant, avant ils étaient vous et moi et ils vivaient la vie qu’on vit et d’ailleurs c’est ça qu’elle raconte même si elle veut pas l’admettre….

 

cop. Cécile Nô

Avant d’être Roi le roi n’était pas roi, il était avec sa femme très pauvre, cultivateur ou chasseur et puis sa femme l’a si bien embêté à vouloir toujours plus qu’il s’est retrouvé à la tête d’une immense fortune et qu’il a fait chambre à part (la garce..) bon je ne suis peut être pas objectif, si j’étais une femme je verrai peut-être les choses autrement, c’est possible,  A force il n’a plus supporté sa femme qui couchait avec lui que pour obtenir des faveurs, et puis sans arrêt aller voir le lapin comme on va voir le banquier pour son découvert, j’extrapole, en fait le lapin est un lapin magique qui exauce tous ses vœux, mais bon, une capricieuse quoi, et puis un jour plus de lapin et surtout plus de retour en arrière, obligé d’assumer ou de, partir, de tout quitter et puis les musiciens poursuivis par une troupe d’amazones , disons-le , en chaleur, sont obligés de s’endormir pour en réchapper et quelle sera celle assez finaude assez habile pour les réveiller sans les toucher  et c’est cette grosse jeune fille pas dégourdie qui finalement réveille la libido et déchaine les passions, et puis le roi …  je vous donne ça en vrac mais vous voyez, des histoire très ordinaires en somme.

Puis Baradoï Morgeu et la chèvre sont repartis vivre d’autres vies mais on ne les entendait plus, sauf que maintenant Baradoï Morgeu et la chèvre kirghize philosophe et un peu farceuse ne me quittent plus…

Lambert Savigneux

(Autour du spectacle de conte de Cécile Nô )

rêve du ver cosmique

histoire de dragon et d’un oeuf (à suivre car on en fini pas, jamais, de l’oeuf)

OEUF_DRAGON_500Tout commence dans la tragédie de l’œuf , celui de Christophe, qui ne voulait plus être un œuf encore qu’un œuf, mais il ne voulait plus être un œuf, ce point de vue ne se discute pas surtout, quand c’est un œuf de dragon et que l’orvet est de mauvais poil,  howling and screaming, bref rouge écarlate avec un mot dans chaque langue même les plus rares et les plus belles, celles oubliées, les chants décimés, c’est pour ça aussi qu’il est en colère le dragon en gestation qui supportait plus son œuf, depuis qu’on lui avait parlé de ces mers opaques traversées à la rame, depuis que l’homme lui avait raconté le désert stérile, le désespoir de la faim qui creusait les corps en même temps que ce qui avait fini par ne plus être un cœur, mais qui sinistre, battait le tam-tam dans la peau séchée de lézard ; depuis qu’il avait sourit à la main tendu et y avait glissé ce qui y était tombé ; après il avait grondé des flammes d’allumette dans son réduit, attends que j’en sorte tu verras les flammes de mon haleine putride! une immense colère grondait, elle avait fini par souffler à coté de la mue et il ne s’en était pas rendu compte, il continuait à vitupérer contre l’œuf gisant, brisé en éclat de coquille ;   il était sorti et ne s’en rendait même pas compte!

VER_COSM_600Le ver cosmique s’était mis à ronger les étoiles,  à grignoter les villages et siroter l’H2O des nuages,

comment te dire, il s’était empiffré à l’unisson de tous les murmures, de toutes les rêveries et des désespoirs, de toutes les dégueulasseries, l’oeuf et la membrane cosmique les lui avait transmise par perspiration, enfin il s’en était imprégné jusqu’au dégout et une fois sorti il s’était mis à ravager les cauchemards pour atteindre les rêves, chiures de terre, trous dans la forêt Amazonienne, il avait croisé l’anaconda et ils avaient rigolés un bon moment avant de se bouffer le ventre, qui avait  gagné, ils s’étaient juste mordus car l’eau et l’air ou le feu ça ne va pas jusqu’au sang quand ils se mordent, heureusement ! car ce sang là aurait rougit le ciel et  alors ça en aurait été fini des rêves, et les rêves sont le germe de l’oeuf, tu le sais soeurette, le dragon cosmique l’eut pas permis, c’eut été se ronger la queue qu’il avait en pointe fourchette, non,  le ver ronge ce qui l’éloigne de son innocence, de l’indéterminé universel, un grand ciel qui se courbe rempli des trous,  un tunnel qui mêne à l’amour, un truc comme ça si t’y crois pas ; t’y crois pas car le ver à pas fini de creuser, attends un peu qu’il ai fini de se faire les dents, ciel de grillage tordu si fragile  qu’il se casse d’un souffle, d’un fracas d’allumette,

En fait le ver-Dragon me cherchait pour m’emmener sur son carrousel, dirait Cabrel ( la vie me donne ce que j’attends d’elle, bonne nouvelle), le ver sifflait cette chanson,  pas con le dragon, sans compter que Cabrel me fait penser à Rosa, et penser à Rosa c’est toujours bien, une impression de paix un peu révoltée me parvient, bien qu’évidemment quand il sifflait le dragon ,( donna donna donna oh) , il  soufflait aussi  et évidemment l’odeur pestilentielle gâchait un peu le rêve, mais boh le rêve est pestilenciel aussi,  vu qu’il est né de la fange, coincé dans le love de l’oeuf pour qu’il grandisse, l’odeur ça n’empêche pas, incroyable quand même ce Cabri me rappelle mes rêves de gosse et de jeunesse , fort le ver , il a réussi a  me les apporter mine de rien, et plein d’autres encore auxquelles je ne m’attendais pas ! voila donc pourquoi le souffle ravage et calcine, fends les fibres et use les galets, érode la poussière et ponce la rivière, il est obligé de remonter les indécences de l’homme et les malheur du monde jusqu’à la pureté entrevue dans la sphère première, translucide,  une si belle lumière,  jamais, simple et limpide comme des lipides ou des glucides je confonds toujours les deux, qu’importe le serpent me les a donné.

le livre sur le fut

j’aurai bien aimé voir la bibliothèque d’Henri le meunier à Big Sur (fan de Miller) je suis sûr qu’il devait  y régner un désordre significatif et que chaque livre était une bulle comme à sac à dos près au départ, les poches pleine de lignes gourmandes, pourquoi chez lui plus que chez quelqu’un d’autre me direz vous ?les livres obéissent à une logique industrielle, le même chez tout le monde ! c’est ça la démokracie , oui mais pas chez Miller ; chez Miller les livres sont tous la langue pendante pour dire le moins, d’avoir été lu annotés peut être, désirés, créés dans l’imaginaire d’une soif inextinguible loin d’une bien-pensance accumulatrice, loin d’un défilé militaire tous au garde à vous comme des tombes bien alignées, comme des croix sans vers de Saint John Perse ni Paul Valéry pour les égayer, non les livres chez ceux qui les aiment , brillent, béants, en attente d’une autre rigolade ou cavalcade, d’une embrassade fusionnelle espérant le coït ultime qui est leur raison d’être ; chaque création est dans la renaissance perpétuelle, et la salle de bain d’Henri Miller est là pour en témoigner, le voyage à travers la remembrance se recommence toujours, et like it or not aucun livre n’est égal devant la nature et le destin, le lecteur en décide à le pouvoir du meilleur comme du pire, là malgré les apparences aucun livres ne se ressemblent et tous sont sur le départ,  dans des directions opposées, chacun son rythme et son moyen de locomotion, un livre lu dans le métro accoudé à la rampe ou au creux d’un chêne millénaire dans le roulis d’un cargo ou d’un ferry, Martin Eden pour moi  ou dans le silence d’une nuit froide (et Conrad dans un fauteuil ?)ou dans la chaleur d’une plage sentant la peau brûlée, dans la peur ou l’ennui les livres s’épuisent et on un poids inaccoutumé, laissent une trace ou s’évaporent :

le livre est un itinéraire , le dos fermé comme si grand ouvert – la générosité et l’enthousiasme d’une bibliothèque des départs ; il y a des livres qui se cachent , ce sont des rebelles , des bushwhackers ! take to the bush say they… et ils vous y entrainent, ont généralement le dos usé et le coat poussiéreux, les balafres témoignent d’une vie bien agitée, d’une détermination à s’interposer, à dégainer sans réfléchir, dire non et se trouver à tous les vent! des pieds tendres ne doivent pas vous rebuter, ils sont capable des plus dangereuses expéditions et s’ils perdent de leur superbe et vous rentre l’air d’un chien noir ou d’un captain hawkins c’est que la lecture aura été bonne, les livres raturés soulignés annotés la couverture graisseuse vous regardent droit dans les yeux ils portent les marques et vous riez ensembles des joies partagées, des épreuves et des errements, il y a tant à dire et si certains sont devenus alcooliques ou finissent dans une piaule d’un quartier mal famé, camés, c’était dans le texte, en filigrane, le destin s’est accompli, le livre rapporte les plis de l’Harmattan.

Garder un livre à l’abri des vicissitudes, derrière une vitre parmi les poupées et les porcelaines épargnés du temps, c’est refuser la lecture, refuser les chevauchés sauvages, refuser l’usure de la profondeur et les rides des tempêtes, ils vous regarderont toujours de travers, l’air torve, névrose mauvaise, un air d’inaccompli propret et la rancune tenace, tandis que l’écriture dans la marge et les cornes et les pliures, se vantent de pensées rêves et actions affleurent, surgissent de derrière les lignes, mots en première lignes  suppurent, des feuillet attachés à d’autres bribes de papier, des prières d’insérer, le livre veut se tordre, valoir autant que la vie qui l’a inspiré, la rejoindre, être fait de boue, glaise aussi, voler dans le tourbillon biblique, ne pas se suffire des replis de l’intellect de l’autre liseur, qui respecte trop, traces de doigt, douceur du papier, livres qu’on jette pour faire taire la mouche que l’on écrase, à force le livre à la même vie que celle du dehors, les insultes,traces de sang l’illuminent, les dessins à même le paragraphe, incrustent irrespectueux, compagnon de voyage, traité de vie sans ménagement

Même si on le reprend avec amour et expectation, sûr d’y trouver un autre sentier ou une larme de pensée incertaine, à l’affut, même si on le ménage, le livre veut être ouvert, il n’ a pas d’autre destin que celui d’être ouvert, d’être de nouveau sur le chant des pistes d’avant la captation de l’écriture et l’incarcération forcée de l’éditeur, d’avant le haut de forme des bibliothèques en  acajou ; le livre a un déchirement rauque et sauvage, s’il se trouve, cela dépend des livres,

celui de ma vieille mère, ce livre  des recette de campagne, tout déchiré et jauni, croit encore qu’il appelle les casseroles, allume le feu et casse les œuf, fait rôtir le canard et monter les œufs en neige, il joue son rôle, fripé

il fini par être de transformation;

le Yi-King n’est rien à coté

Le poids des vies pèse sur les étagères, ils ne plient pas le bois du même poids et ne respire pas du même vent, leur comportement change, certains se battent entre eux ou du moins ne peuvent pas se sentir, le vécu est là plus fort que l’hérédité et un livre de poche à coté d’une première édition, y pensez vous, et qu’adviendra t’il ? une bagarre car le livre l’aura pris de haut et lui aura foncé dans le lard ou au contraire se ratatinera dans sa gabardine fripée de sous-classe, celui là finira mal à moins qu’il ne fasse le fier et tienne le choc face à ces redingotes, on en a vu tenir tête à des reliés cuir, c’est qu’on les aime et qu’on les impose (mon vieux Gaston Miron a fini par dérider mon Tennysson qui somme toute ne vaut pas le poids de son cuir) des voix s’échappent  et le livre de prix de lui même fera en sorte de tomber de l’échelle, choir, tout plutôt que déchoir,

en haut le gabier

après une vidéo chez « rêves à emporter =

ou l’on voit le musicien Joshua bell jouer

une partita

dans le métro de W DC  ( mes oreilles, je crois en conviennent …) c’est de la sheer poetry en pure perte encore que …dans un monde supermarché ( N B : qui marche vite)

pour qui n’est pas étiqueté n’a pas d’existence,

mais jB n’arborhait pas son pins ni son nez tiquette c’est pour ça que tel un produit frais en vadrouille les tête à cadi pouvaient pas savoir que la musique était un message des dieux et point une nuisance sonore venant d’un sdf en puissance,

et puis il faut que ça tourne,

ça me rappelle l’anecdote entendue de bob feldman ( the saxophone player),  un jour qu’il s’exerçait de son appart du centre ville, s’entend apostrophé du trottoir, hey saxophone player!

, c’était Mingus qui lui certainement ne bavait pas devant les étiquettes mais savait prendre la musique au bond , l’aurait du être joueur de baseball, mais il l’était en quelque sorte ,
Bob s’enquit

et MINGUS lui dit

hey you S P ( saxophone player) rejoins nous tailler une bavette au chezpaskoi club tonight , mais pour ça faut être Mingus et n’importe quel culot nimbus qui traine et lui aurait dit blabla bla , vient jouer dans le métro ce soir …

et bê, si !  je crois bien que Bob l’aurait suivi et même peut être qu’ils auraient fait un bœuf non étiqueté du tonnerre, mais les passants l’auraient pas cru (plutot cuit le boeuf)

mais bob est à NYC et là nous à DC, peut être quà NY , enfin pas sur , un supermarché reste un supermarché ,

mais c’est ce son qui planait-hantait-là,

ça c’est important !

le fait que les jambes battaient pas

la partita

en mesure  mais plutot le pavé, pas de métronomes underground mais les pas arpenteurs  d’une topographie métropolitaine incertaine

sans commune mesure,  ce qui  est regrettable

sans parler des oreilles qu’étaient bouchées dans le tube

mais le sound était là et virevoltait dans les skylines du métro

(aérien)

Bon , ( ça me fait penser au monde de la littérature et des arts , ou on (la clique des écrivains, éditeur et bien sur lecteurs qui baillent, est on bien sur que c’est ça que l’on a envie de lire , well parfois oui , mais le reste du temps ! ) vous avez vu l’emploi du passif !  ne se remarque que ce qui est labellisé et ne se lit que ce qui est publié avec en devant une photo lèche-vitrine, sinon on lit pas , pas le temps , rien à quoi se raccrocher, le vide quoi !  alors que …

s’arrêter , lire ou regarder la baie …

comme un gabier qui aurait aperçu un jet de baleine entre deux icebergs et n’aurait pas perçu le supertanker qui lui fonçait droit dessus ,

à quoi ça rime !
mais attendre les surprises de la vie c’est ça le gabier , non !

by the way,

2 .(:) ouvrez les guillemets,

je suis en train de lire le livre de Linda lé : « au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau » ,

ça m’a attiré parce que je désespérais de cet univers mimétique ou les livres se serrent la mains entre eux , se sont connus dans la baterrie de la chaine d’élevage ou on rassemblait à coup de lasso les mots égarés parfois les lettres qui se faisaient l malle, façon de parler quoique la malle non non diplomatique ou docus , bon on les a mis en rang deux par deux sur la chaine de montage binaire avant de les empaqueter serrés par groupe, par liasse sans liesse devrai-je et je paraphe d’ailleurs, las liasses de feuilles empaqueté et tamponnées en / livre , oups livre pour lire à l’heure du JT ou plus tard pour tenter d’enrayer la fièvre axiolithique, couper les doses somnifères, bref un sens du groupe, une langue qui acquiesce et à l’unisson sur les baleines des supermarchés , encore eux

je les aime pas …

et … je me dit (c’est le gabier qui parle ) : de la vigie,  je vois aussi ce que je sais être et surgir du fond de moi et aussi j’aperçois en chair pèle-mêle ce que le réel pointe, et Je m’accouche

sûr qu’il fait frisquet là-haut sans poupée de son ni les caresses d’une femelle accouplée, ça rend la vue plus difficile mais si nécessaire pour se tenir éveillé ou ne serait-ce, même, pour rester le corps et l’âme drue, oui bander ça aide à penser juste, penser revigoré, et les vents debout ou en levrette ça aide à ne pas décrépir , et de là :

voir .

sources , joshua Bell , et d’une
Bach et de deux
Mingus et Bob Feldman et de trois ,
le livre de linda Lé et de quatre ( et tout ceux qu’il y a dedans)
Alvaro Mutis et Maquroll el gaviero et de cinq
……………..(remplir car laliste n’est pas exhaustive)

Front

Est-ce vrai de l’autre coté de la frontière les gens sont sans ressources, sont toujours plus nombreux  les trottoirs et l’âpreté et le recours au sang, est-ce vrai dans le vomi l’alcool répond au froid et la plupart se blottissent dans le non sens,  ils réapprennent le rire comme une violence épaisse – Est-ce vrai le train déraille et la mort se vend en kit – au bord du fleuve est-ce que l’accusé  s’acquitte ? La dette décharge le  mépris et les corps dans l’oubli.

bibliophile

Rien n’est s’il n’y a le mystère… qui est quoi et déroule la pelote et que pense mon ami le philosophe Urset qui jouxtant J Rothenberg, e.e et l’oiseau schizo , médite (ou regrette de ne pouvoir aller pécher une bonne truite loin de ces broussailles de papier, peinture, céram etc.) Derrière e.e la caraïbe et l’Afrique , les voix noires comme celles de dream on monkey mountain,


à la question du classement ; chez moi ; je procède affectivement ; je mets en valeur ce que j’aime , je rassemble les livres par affinités, passerelles entre des écrivains qui auraient du se rencontrer et qui en tout cas se rencontrent chez moi ; autre façon de faire , les grands thèmes dominants (voyage par exemple, poésie, grand lieu du Monde : la Caraïbe, l’Amérique indienne, la Gasconie, de grands thèmes de grand courant , bref  j’essaye que la bibliothèque soit un organisme vivant, que je m’y reconnaisse quand je m’adresse à elle et que les livres la musique la peinture et les milles objets  évadés évitent de s’ennuyer et de se perdre, de retourner d’où ils viennent, l’obscur de l’informe cerveau humain, desséché dans une tombe à n »en pas douter; maintenant ils voisinent et revendiquent une identité, mouvante elle peut changer; le hasard lui aussi peut jouer et battre les cartes, les redistribuer, l’apparence formelle aussi peut décider des destins par sympathie volubile ou antipathie ou tout simplement créolisation parce que c’est comme ça

en plus des livres qui tournent le dos , c’est pas poli ! il vaudrait mieux les mettre face sur la tranche

car derrière la bibliothèque le livre derrière l’homme la vie le vent : les livres sont échoués là pour se souvenir et doivent être rangés ; crois t’on … je ne le crois pas

non pas du tout les livres sont là pour être réveillés ouvert et faire qu’ils de nouveau parlent parlent          un livre n’est rien est tout , est une trace une trace d’une vie des rêves et des mondes entrevus , ils dorment mais portent l’étincelle de leur naissance qu’ils déploient en eux : il faudrait qu’en les apercevant, sur la tranche ou par capillarité  l’on s’en aperçoive, un e première façon d’affirmer et murmurer ce qui bientôt va emporter, loin du marketing et de la ressemblance atavique, des collections et formats, ils sont des coffres, coffres des pirates car l’écrivain est un pirate, même s’il ne le sait pas dès qu’il s’empare d’un crayon dès qu’il se met à remémorer, il confie bien ou mal quelque chose de vivant à la feuille de là à l’encre mais le  transactieux referme met en boite de carton et  l’autre qui classe n’espére t’il pas que le rêve se ré ouvre et que la voix referme le coffre sur lui-même et referme l’immobile ; dire cela, se rappeler les rêves de l’enfance et la vue folle des voyages c’est commencer à comprendre que la bibliothèque est une chaine d’esclavage qui doit être brisée rompue libérée, car les livres ouverts ramènent  la trace fébrile du crayon dans les marges et les ondulation incohérentes de l’électroancéphalogramme de lui qui lit la guerre l’interrogation des horreurs et l’amour la folie reviennent hanter et le regard reprend le dessus

la parole est libérée ou presque

car les livres le plus souvent lorsque l’on en ouvre la couverture sont bien rangés, à l’intérieur, les lettres font des mots font des phrases des paragraphes des chapitres tout cela de façon bien organisé, parfois, car parfois aussi les livres contiennent un tout pèle mêle, des peintres y ont tracés des lignes et laissés l’eau d »aquarelle vaguer livrer un peu du giclement du monde, l’écriture parfois est à la main et la main nous mène à l’homme et l’homme parle Mais le livre organise presque de façon rationnelle ou en tout cas de façon construite comme un beau raisonnement, je dirai un mur ; un mur construit de brique et tuile; la poésie est dans le grain et nous ramène au monde concret dans l’épaisseur de la matière, car la poésie ou ce qu’il y a de poétique dans le texte  va au plus intime, les lettres y mettent un peu d’ordre et il faut de la folie pour les remettre en mouvement ,  de nouveau comme dans le moment d’avant le moment où le chant montait de l’entrevu,  mouvement qui faisait se lever l’auteur bousculant la chaise dans ce mouvement d’énergie brutale ou ce crissement de la plume tant en finesse comme le ferait un archet sur le boyaux et crisse la feuille,

D’où vient alors que de lire lire lire je répète lire donc ce qui est écrit organisé sur la page que l’esprit et que la bouche n’a pas le temps ou le désir de désorganiser, car lire dire remettre en liberté la pensée ivre ou sage mais libre à moins que …

à moins qu’à être trop près du volcan four de l’humain contenu, trace dans le livre, oblige à ce que la voix se voile, se pare d’un drapé comme si cacher ou mettre à distance était nécessaire, pudeur et jeu de piste accepté de la langue lorsqu’elle est dite,
à moins que l’esprit humain ne se brûle au contact de la poésie pure, la littérature lorsqu’elle passe du livre à la voix, croit elle devoir y mettre les formes ?

Et pourquoi ? se sent elle si loin ? ou si proche ; est ce vrai ?

Je me souviens

rien ne le remplace, le cœur  est tout ! ,
je veux écrire  comme une flèche ,
écrire et peindre en bel humain, il n’y a rien d’autre,

et si le blizzard m’a dépouillé je ne suis pas assez vieux pour renoncer
je retrouve les gens que j’aime et je m’éloigne des autoroutes, j’étais sur le bas-coté,  il est vrai !

je me rappelle à Montréal, ça n’a l’air de rien, ma rencontre sur le boulevard, la nuit dans le froid, c’était le mois de février,

Cet indien marcheur revenant du nord, s’arrêtant et me parlant,
à l’époque j’avais si peu compris,
du nord,
de la marche,
son sourire de sage hiboux
sa natte
son visage c’était l’humanité,
je ne sais pas son nom ,
on l’appellera Nawak

arche(t/r)

l’art de l’archet

ou

le défi de l’archer

raclées et risées



risées brutales vers l’ouest
clair

racle

et arides

vents lisses

et craquent


entêtant

aux fentes s’en remettre à la pointe

linéales

les veines encastrent le sang

en surface