chant

La réflexion sur la forme et la relation à l’entour, la question de l’espace m’a amené à considérer le repos vierge de la feuille comme l’endroit de la manifestation, les chinois diraient de la transformation.
La question : « que puis je dire du monde ? » me centre dans le domaine de la parole ouverte et non contraignable

je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ‘s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,

Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : « habiter »

Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …

La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,

En avant vers ,

Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,

Est ce suffisant ?

Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,

il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,

L’écriture doit ‘tracer’ son chemin dans l’espace et le temps et néanmoins conserver sa force vive, première, soutenir l’affirmation, point d’ancrage du temps et espace en mouvance, l’au delà de Guillen.

duo d'aise

Mais je ne m’étendrai pas au soleil
Tu souffles un air des marées et je me sens
mouette
Les graviers assèchent les rides de la chaleur

L’arbre
me fait une ombre
douce
toute en jaune au bord des verts

carmines ombrées
Le soleil
par endroit tente bien des percées
Souffle gris
bleuté
sur les rougeurs avides

les barrières d’air menacent

fleurs d’acacia
araucariâtre
épices en pulpe
A rive de goyave
la terre rouge
s’effrite
Une eau vaste
comme un pigment mouillé

laurier vanille
à l’air la douce marinade
en jus de lime
saoule
poudrée de cannelle
massale

Peau m’aimante
golden beach
je m’ensable
Vert sur l’or
et terraille

En duo d’aise
à grandes brassées
le sol craque

duo d’aise

Mais je ne m’étendrai pas au soleil
Tu souffles un air des marées et je me sens
mouette
Les graviers assèchent les rides de la chaleur

L’arbre
me fait une ombre
douce
toute en jaune au bord des verts

carmines ombrées
Le soleil
par endroit tente bien des percées
Souffle gris
bleuté
sur les rougeurs avides

les barrières d’air menacent

fleurs d’acacia
araucariâtre
épices en pulpe
A rive de goyave
la terre rouge
s’effrite
Une eau vaste
comme un pigment mouillé

laurier vanille
à l’air la douce marinade
en jus de lime
saoule
poudrée de cannelle
massale

Peau m’aimante
golden beach
je m’ensable
Vert sur l’or
et terraille

En duo d’aise
à grandes brassées
le sol craque

rapture


cheminer

question que je me pose

ce que je tente d’exprimer en utilisant pour cela des couleurs , des mots , des phrases mais aussi
un ressenti et une culture , plus ou moins bien digérée , des bribes de choses qui m’ont touché , art, vie, insignifiance de l’oeil en route ;

Cette nourriture de l’esprit brille comme des étoiles lointaines, inaccessibles . ce luminaire peut aussi bien nous cacher à nous même quand nous tentons de donner forme au pressentiment ,

une forme qui soit de la poésie ou de l’art ,

l’envie de dire peut cacher la banalité et le regard en retour enseigne le chemin à parcourir , dans la brûme … il ait des maître de la parole , des être dans le corps est parole , toute la voix est arquebouté dans cette pliure de la parole , comme un trajet de flèche, comme on est chasseur,

comment devenir celui là ? faut il suivre le sentier des aux influences ? au contraire le chemin broussailleux est il gage de vérité, la sienne, au sortir des broussailles , des griffures de ronces , de l’usure des souliers , la parole a t’elle une forge ? est de plier si loin cette envie que le pas se fait ample et délié et saute par dessus les rochers comme un bouquetin ,

c’est être le geste lui même , mais seulement le sien et de bout en bout aboutit la maille de l’autrement , de l’avant et de l’après , seulement accessible à qui est en mouvement vers soi , et l’avant et l’après en bout de soi , à s’atteindre.

travailler à un dépouillement

attendre et travailler en silence

l’effort est il suffisant ou y faut il la science ? ,

le savoir , cette haute maitrise , sublimée par la révélation de ce qui adviendra au fil de la roue qui tourne dans l’écume du courant ,

C’est pourquoi tant de gens sur le marché de l’art que je trouve indigeste et stérile, un ou deux artistes parviendront à réinventer quelque chose et finiront par se satisfaire de savoir que la parole est en mouvement à l’ondulation de leur lèvre qui parle , , on en revient toujours à cela, évident quand la beauté se produit: elle est alors que l’effort ennuit , le labeur est poussif , il aurait fallu rester dans la pénombre , mais il faut se mettre en risque pour se racler la gorge du déchet et progresser rien d’autre que d’oser, dire , en avant et debout ,vers l’autre miroir de soi qui recevra le reflet …

faut il avancer en brisure , en lignes rompues , seul chemin qui permette de progresser , le doute , appelle la réponse qui est tentative ,

Dialogue avec soi , se satisfaire de la rigueur ultime, garante et gageure ,

les autres décideront si l’écoute vaut la peine ou se détourneront pressés vers des occupations pressées, le cheminement reste , peut être ….


friches




l’encre lamine le grain infime

l’encre flotte au vent , les arbres deviennent fées et la matière rude est infime dans son grain , aux plis des rides, l’eau sur la feuille de riz, se mèle à la pierre vieille…


la poésie

la poésie est elle un chemin où l’on croit se dévoiler et qui en fait s’envoile ?

faut il céder à cet élan ou au contraire maintenir une sorte de silence en avant garde,

Le réel ? la vérité ? comme seul tracé? c’est oublier que la vérité se cache dans des recoins à jamais maquisards, la vérité est mais qu’est ce qui est , peut on prétendre le circonscrire , aië le mot est lâché … conscrit , la vérité serait conscrite ? , pourquoi pas circoncise … et pourquoi volent elles ces jupes tournoyantes à la recherche de l’ébriété sublime , la vérité , son excellence le poète Rumi créateur des derviches , Gurdjieff qui rapporte les joutes des musiciens cherchant à faire vibrer les rocher d’un cirque de montagne dans le caucase, le regard « ironique » subtil de tel sage qui sait que la vérité se situe toujours la où ne l’attend pas, du coté de l’humain tout au moins,

l’art devient chemin en soi car le poète ouvre des portes et suit des couloirs ,
l’exigence de sincérité peut l’empècher de les suivre , l’emmener à bifurquer , capricieux en apparence pour mieux coller à ce qu’il sait être vrai , ainsi Manet , désespéré dans un sens de ne pas pouvoir tromper son sens aigu de ce qui est vrai et « condamné » à ne pas être ce grand peintre reconnu de la notabilité qu’il rêvait d’être.

une certaine distance , peut être , une conscience forte de ce qui est, vérité du corps et du désir,

oui même dans le texte en soi , il y a corps et désir et tellement d’autre choses ,

comment alors être fidèle à une clarté, limpide et maintenir le regard ouvert vers ce qui est ? l’autocritique goulue préludant à la reconnaissance, respect dans la forme à ce que le désir et le corps ouvre .

je

JE
Me retrouve fier du fleuve
la terre sur l’air
accroche à la peau

JE
la bête
indomptée
sauvage
hurlante

moi l’homme du grand fleuve

bat mon coeur
tangue mon sang

les strates pierre à pierre
ma langue rive à mon exil

la fourmilière me ronge à la tâche
et nomade
la terre
de partout et d’ailleurs

oh mon exil

mon océan de coeur est pacifique
hors de toutes les colonisations
liberté d’être
sans autre frontière que

tu

même

puisque mon peuple

le beau souffle d’une flute

puisque

je

la parole forte du sang bat aux tempes

mes frères
peuplier en lance
aigrette
tous debout
l’air fier en bec

rien n’appartient à personne

parce que la terre est la seule patrie
parce que rien qui entaille
ferme

LA TERRE

trachée de ce qui coule
ni arrêté ni encagé

puisque que ma tête est dans le bleu

que mon corps noue comme un arbre

JE
le roc irrigué de mon eau

parce que poussent
les fouletitudes d’être
gigues de vie que je ne cesse d’être

parce que non la peur ,
parce que non la laideur
et le confort inutile

parce que JE

Parce que je suis poisson
dans les flots du grand fleuve
le long de l’eau en ramage
les rives talus en ramures

progression