coeur de gesta

lettre matinale à une amie :

c’est vrai, je suis né le même jour que Shakespeare en 1963 , à Pau , d’origine basque espagnole , ce que mon nom ne montre pas , et pour cause,

C’est important car j’ai des affinités avec cette grande région , par exemple mon admiration la plus évidente va à Bernard Manciet , poète gascon d’Uzeste dans les landes,

il me semble être le chaînon manquant entre la France occitane et la porte de l’Afrique ! On sent dans sa langue comme une chair de la terre et les fruits que sont les hommes, gros de toute l’histoire littéraire française et romane il accouche d’une modernité tournée vers le sud, ouverte et libre, sa voix noire de sang gascon se hérisse de ce vingtième siècle que la révolte noire a appellé JAZZ, Bernard Lubat le troublion le fait baigner dans cette eau de révolte réminiscente, elle s’accorde au vieil homme et ramène au rivage la douleur de l’engagement dans l’histoire, la modernité, la mort qui rode et le recul d’un enfant d’un pays rompu aux meurtres de l’histoire, éternelle résistance, l’homme de la culture a le corps dans le peuple et se souvient, sagesse incarnée dans le temps d’un sourire qui pourrait être paysan et qui l’est quand il appartient à la terre.

ma frontière est un vent du sud, frotté aux rigueurs et à l’immensité atlantique, elle s’élève en montagne , elle a le baiser des franges de l’Afrique, elle s’inscrit dans le sang à la rougeur d’une terre incertaine ou règne l’homme, vassal de ce qu’il asservit , terre  rouge qui le ramène au charnel des cycles des saisons et donc à la mort, matinée de vie, fruits et soif le voir est une strate ancienne,  rappel de ces volcans d’où a surgit le jour ,

mes poètes sont espagnols, Guillen, Gamoneda , Valente et tous les catalans, l’ancestralité se lit dans les rides et les plis du geste de la peinture, fille de l’occident elle s’inscrit dans la nuit, rivalise avec la mort et crie la vie en éclats de lumière, primordial dans mon rapport a l’art,

poésie,

le mot est plutot prélude aux sens , issu du vivre et de la question,  c’est en véhicule qu’il recouvre l’indéterminé, l’humain dans ce son s’allie aux autres sens, le jour nait et avec lui la vie comme elle se perçoit, distingue l’humanité en pressentiment.

comme Gauguin,  je dis si tu vois du jaune alors met du jaune ! écrire ce qui est à l’œuvre dans ce grand laboratoire du vivre , du voir, sans la distance de la pensée, sauf dans la mesure ou l’agir est pensée,  loin du cartésianisme, frontière de l’identité française que je n’ai eu de cesse de vouloir franchir jusque vers l’expatriation, je suis le fils étranger qui a du subir son ascendant, cette distance fondamentale, acier martelé par cette annexion dans la culture française;

oh ma langue aux inflexions pré-indo-européenne ! oh frontière de l’Afrique! vents atlantes et chaleur de la sierra ibérique, je suis la mémoire d’une langue aussi vieille que les pentes vertes de la montagne, matière abrupte que détoure la rive atlantique,  à l’horizon de l’immensité océane.

En découle cette fascination pour toutes ces littérature qui à la suite du surréalisme ont permis aux identités de se re-forger , au sein d’une langue d’emprunt, léguée sans lait maternel, nourrice de l’histoire , berceau d’un aller dans un aléa du fleuve, j’entends les voix retrouvées moulées dans la langue française , l’alter-langue, la langue exilée réinventée, invocation et transe de la langue ancienne, oubliée ou rendue impossible par l’oubli ; imminente il s’agit de l’humus de l’émergence de l’homme nouveau, permettre la circulation du sang dans les veines asséchées , il s’agit de se tenir droit et de retrouvé ce sens égaré.

Ces mouvements ce sont ceux de la créolité (cuba y compris, wilfredo Lam par exemple ou Cabrera Infante et bien sùr les antilles, Aimé Césaire et une floppée d’écrivains, de glissant et son tout-monde à Chamoiseau , de Frankétienne à Gisèle Pineau; l’afrique avec des écrivains comme Tanella Boni , Sony Labou Tansi, ken Bugul et bien d’autres,

et aussi l’expérience hispanique en Amérique latine qui n’est pas sans rapport , l’Amérique  blanche avec l’invention d’une modernité, en particulier Williams Carlos Williams ,

Une autre influence déterminante se situe dans le voir et le peindre, le signe , d’où l’écriture découle et la radiation de la couleur et de la  lumière ,  Tal Coat , rafols casamada et une floppée de peintres qui ont cette compréhension physique du monde , la forme vecteur de sens, chillida et hepworth , et la peinture  contenue dans les mots , jorge Guillen, le rapport du peint à l’écriture sur lequel je travaille actuellement ,

on  en finirait pas , mais voila pour l’essentiel , une quête de sens dans les sens et l’élaboration dans langage capable de dire l’essentiel caché aux yeux de tous , la peintre ou l’écriture est dans ce cas la () revendication et renaissance (?)

évidemment la nature et la lumière finissent par être les plus fidèles alliés dans cette reconquête car elle mènent à une sérénité retrouvée , absente du monde des hommes , même si l’être humain et la femme demeurent essentiels, là  est un problème quasi insoluble et peut être faut inventer d’autres voies et se laisser aller à un cousinage universel, le geste de l’homme (et de la femme) est a coeur de ma peinture sous l’habit ou le prétexte de la nature, de la couleur, du trait , de l’espace , (Maldiney)

ma nature est anthropomorphique parce qu’elle est habitée , fondamentalement , l’homme est au centre du geste , dans la voix , il va vers et se reflète en miroir au coeur du vide ,

Biotz begietan disait un poète basque ce qui revient à dire mes mots « l’oeil au coeur  »  , prélude au geste qui installe ce qu’il y a d’humain en nous à l’horizon de la vastitude

la nature reflète l’homme et l’homme ne peut se penser qu’en vocables de nature !

Lam

prélude à un éclaircissement

il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde  ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,

Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.

La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.

par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur,  qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement ,

à chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace  , vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l’entre de l’espace, qui qu’il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent,

prélude à un éclaircissement

il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde  ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,

Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.

La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.

par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur,  qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement ,

à chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace  , vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l’entre de l’espace, qui qu’il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent,

là dans la pointe de la danse

là dans la pointe de la danse

un endroit là dans le geste

Photobucket

un endroit là dans le geste

Photobucket

la noche

la noche

Aura vive

Aura vive

oh primavera ,
première vérité du voir

l’éclatement
avec les rayons de l’aube

enluminures
l’émergence des lueurs

hors de la nuit

irrupter !
en advenir aux rêves

effacer la prépotence
écorce mâle
du dépérissement

l’été assaille

la sève assèche

défaillance

une luminosité
un espace

voir le monde comme lumière vaste
étale

les éléments entrecroisent la couleur
opale

simple son du mot
dans l’espace signifiant
redonne au regard sa pensée

proche des toujours
le visage de mer atteint au ciel

et mélanges
espace
ampleur

où l’humain navigue
traçant son orbite
bleue

En résonance lumineuse
le monde en bosse
s’arqueboute

les feux aux couleurs
l’éclat diffuse
le mat étale

reliure sur le métier à tisser du voir
à la trame de nos sens
la source jaillit des fosses ombrées

en cristal
en aube

l’or et l’émeraude

le phrasé
intitule une soif dans le voir

les voiles d’une épopée à la conquête du jour

un vent sans limite
ouvre les crevasses de l’ombre

la mélopée chante l’être au jour

le vivant
entre corps et ajour

en radiance

les tâches

acupuncture subtile

vague au sable


les pigments
déterminent l’espace

teinte
ton
lavis et trace

un carillon clair
recouvre le pli du couchant

en ile
s’accrochent
les points du réel
parsemés

à la surface


sanglante
au parcours
le trajet
enchanté

les pas
en brassées
l’aval

en franchissement
une carte
dans le passage

vide
hors de toute forme
relie

de houles en heurts
la force

s’illumine aura
vive

danse de l’oeil

elle préconise le mouvement

déchirer l’espace

foyer vivant à l’oeuvre

le corps
face à la mer
de crêtes en crête

mime
ce manque

en un murmure

en vague
l’instant mire à l’espace

incertain

les lèvres ouvertes les abeilles
pollen
se ruent
à la fleur d’une paume

creux de dune

ce pourrait être une eau pourpre
mais elle descend en creux violet

crescent ou crépuscule
l’ancre au mot

le moment se laisse à rêver
comme une écume musicale

s’humecte
la trajectoire
arc en cercle

en tombe l’eau
la vie
dit l’instant réuni

radial insoumis
le mouvement incessant plonge en songe

réitération à l’excès

accent
ce temps surgi sans temps
s’accorde aux gouttelettes

le font
bruire

le corps à vivre
sabre à l’accord

à l’intense du vide perclus

l’écart enlace à l’ensemble
ce n’est que là où se rejoindre

la cime dans les creux entonne
l’inaudible de cet indescriptible

libère la profondeur inouïe


le flanc tendre
pulse le remous d’eau

météore

les milles reflets en dessus
mille flots vents en dessus

le regard au ciel
vol en oblique

en marge des gris
les noirs
se foncent
et rythment
des clairs

aléas marins et vents de glace
les deux ailes volent en étoile

l’émotion étreint
en écoutant le chant
ravir la beauté

s’ouvrent les roches
les rousses douces sur l’aspérité

la mer en rive
gonflée dans mes paupières

mon ventre rythme la lancinance
mes lèvres en drapeau fières
ma langue le fer de mon à pic

lèvre et yeux se fondent à la brume

et rêve
la rime à l’âme pantelante

en écart

le visage
une eurythmie
cette  élancée polyphonique
les voix
tissent une histoire unique
en fond


en métamorphose obstinée
chante

en chaque femme
la fringale du corps
à l’orage du regard

en rire ponctuent
les cent renoms

aux pigments
d’une peau
recommencée

en arbres
les corps
aux velours des collines

s’accentent
les roches
en percement d’aigle

les ailes
fébriles aux bras des étendues

en équilibre désordonnés
sur la poutre des temps

les regards
s’échouent
sentiers

les corps
rebondis

toujours les mêmes