prélude à un éclaircissement

il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde  ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,

Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.

La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.

par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur,  qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement ,

à chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace  , vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l’entre de l’espace, qui qu’il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent,

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2 réflexions sur « prélude à un éclaircissement »

  1. Lam, immense respect pour ton ouverture d’esprit, cette place de choix donnée aux virtuoses du dit qui transforment, oeuvre après oeuvre, cette langue que nous avons en partage. J’entends Césaire, Chamoiseau, Glissant et bien d’autres (J’ai une légère préférence pour les Caribbéens, tu noteras). Je pense humblement que beaucoup d’amoureux de la littérature devraient un jour poser leur regard de ce côté-là; quelque chose d’inouïe, d’intense, s’y passe, un véritable laboratoire du Divers, du Tout-Monde, loin des assurances nombrilistes germanopratines. Merci!
    Bonne soirée!

  2. salut Bona , oui pour moi cette dimension a été très rapidement très claire , comme je le dis plus haut je m’y suis vu en miroir , ce fantastique imaginaire et cette langue hallucinatoire , j’aime aussi beaucoup confiant , (évidence de cette échappée dans l’écriture )et je découvre Sony L T (top) , Tchicaya , enfin plein de monde , la poésie africaine c’est autre chose , une transe , un appel à la la beauté et à la force , j’adore ! encore bravo pour tes dernières toiles !

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