in_fuser

le thé infuse lentement

je laisse mes pensées vagabonder comme la feuille souffle et colore sa présence dans l’eau

sans rien toucher de ce qui entoure

mon regard comme une libellule se pose sur les choses les unes après les autres,  sans s’appesantir ni rien en conclure

le matin coule doucement

il serait difficile de dire si je dors

la vie autours de moi bruisse multicouleur pour autant que le bruit ait une couleur, ce serait comme de dire qu’il y a un mot pour chaque chose,  j’acquiesce puisque je suis là mais ne veut rien dire

je ne saurai dire ce que je veux, j’attends que le thé infuse

un temps très court porte en lui tant qu’il en semble infini tant par le nombre que l’amplitude

le singe sait bien que cela est trompeur

serait-ce que le monde infuse

on serait tenté de le penser assis au soleil ou protégé d’une mince pluie je serai tenté de le penser, si je faisait l’effort de penser

mais je préfère infuser

citrouille

citrouille je ne suis pas une citrouille

dans le jardin pousse une espèce inconnue

je me penche sur le râteau abstinent

sl_l

désintégration onirique

se noyer

l’amour

l’ infinitude définitive

pépincelle

ni violoncelle ni étincelle

 

 

mais pépincelle

 

 

ceci explique cela

 

 

car

ni violons

ni éteint

 

 

mais pépie pépite périclite ou pépine

 

car où celle gémit elle ?

nace elle

ero zen

si l’on accole les mots  ero et  zen

 

 

 

sans j‘aime ou sans gêne

 

 

 

 

l’air zen au matin est plutot chaud

pépin

l’ombre d’un pépin de pastèque m’empêche de sécher

 

singe

Un singe court en criant j’ai j’ai j’ai la pastèque  sous le bras
l’a t’il volé  et court il en riant de moi ?
c’est il frotté l’arrière-train avec du gingembre frais et a t’il trop chaud ?
souriant à la douceur de l’eau je nage dans la rivière 

mais

inquiet je regarde le ciel et y cherche l’étoile

le ciel joue à cache cache et me laisse rêveur

 

 

 

tokonoma

la pièce où je vis me renvoie à la douceur lisse, cette profondeur de l’apaisement

aux murs quelques tableaux disent ce que mes yeux et mon esprit ont vu

souvent bien  peu de choses, un trait est suffisant

sur les murs la chaux voudrait ressembler au ciel les peintures seraient les nuages et les figurines  une étoile, celle qui brille dans la beauté de la nuit

 je promène mes pensées comme un pont sur la rivière,  ta voix me vient de loin elle est le vent auquel je me fie

se ressaisir

orage qui menace dans le lointain

 

 

une ortie s’essouffle au milieu des jonquilles

 

 

 

le paysan distinctement les a  fauché

 

 

 

le chat avec ravissement se roule dans la poussière il se frotte à tes jambes et tu râles

 

j’ai acheté des merguez je me ferai un barbecue les poissons de midi macèrent dans le citron le thym et la cannelle

 

 

 

je rêve de la baie et d’une belle sur le sable

 

 

riant de moi je me mêle au vent et gronde comme une oie