claire hier derrière ta chambre d’ambre la lune carresse les plumes tu pîaffes en trilles tu trembles à la lune boréale tes grandes ailes m’aèrent ton bec acère tes serres à la branche tu perces à l’angle en carré ouvert aux feuilles
de mon seuil tu veilles ara en chouette
clairière
claire hier derrière ta chambre d’ambre la lune carresse les plumes tu pîaffes en trilles tu trembles à la lune boréale tes grandes ailes m’aèrent ton bec acère tes serres à la branche tu perces à l’angle en carré ouvert aux feuilles
de mon seuil tu veilles ara en chouette
siempre Pablo…

amour ultime la rocailleuse surgit des aspérités
blocs en échos andins
l’invisible emplit l’espace
le coeur
la peau
le temps
comme le ventre de la montagne indienne
comme ici la voix résonne de façon multiple
stature immobile de gravité
les traits ancestraux
pommettes sereines
au coeur de ton visage
de femme battue par la pluie
enocéannée au rocher de la vierge
en surplomb de la furie océanne
chant assuré en rêve des ailleurs
siempre Pablo…
waamarjana
woaouf les beaux yeux de Marjane ! >Rimmel< !m’aime! au miel une calligraphie de l’ultime une plongée dans l’ombre soyeuse m’assoit
atout kalou
j’ose à peine le dire de peur des remontrances
à l’envers des huées carabinées je sens comme un relent de printemps dans mon hivers , le sang bouillone à grosses goutte et perce à tire d’aile le plafond grisailleux
en grivoiserie atypique je jour de l’an en trompette je fleuris je caquette en havre solaire
la froidure cotoneuse montée en neige les nuées basses les stalagtites glaciaires cèdent à la gouaille de la sève tambour-majordome de l’été
kalou séga tétée à l’amargnac dessert cendré je sidére à l’omelette je serre flambé mon oeil groseille , je brâme en paille à tout va
mon colibri s’ébroue ivre à l’hibiscus givré
bosse en mer du monde
la lumière au vent les rêves à la proue je gouverne à l’étrave l’eau incertaine
ma main visionaire carresse l’écume en rire
apprivoisée
baisers bleus volant translucide en survol océan
à la bosse en mer du monde
une frégate les yeux sirènes les voiles au vent s’argente alentours la braise en atours d’amour
s’illuminent les périples à venir
ajour émeraude en chair les îles funambules
ta longue robe alizés vogue en filaments d’aise se penche aux palmes éventail à la brise cliquetis des boucles corail
éffluve souffle en geste alanguis ta main à l’embrun de la nuit luit
loin
perle la distance en coque océane
vaste
voilure de l’onde le pas allongé nos embrassades au sable enlacées d’heurts arrimés.
odyssée II ( sur une peinture de Rafols Casamada)
reviendrons nous jamais ?
le grand cercle infléchi vers le point comme une pliure à contre sens
se pliera t’il jamais ?
sommes nous condamnés à une errance droit fil inflexible et sans fin
le bleu terrifiant opacise la masse s’incise de gris assise de boue recluse de blanc ride d’onde au grain impatient
mouvements concentriques inquiétant en dessous
surgissement fatal ou reflux violacé au retour d’un orage
les déviances rejettent les bris au couchant
la voile obstinément aux veines noueuses accroche le vent à dériver à court courrant et remonte l’insolence
le trajet plie en ressort
à contre courrant
rechigne au fanal enlacé du chant percuttant et crève du devant
bander sa vie en refus je tords sombre le mouvement fatal
revenir en ployant l’étrave aux os de l’eau en rive à terre
et
advenir
malgré les filets d’iles
sardines filant en mirage ironiques
morue puantes à cale de vague
enragé sourdre à l’impuissance
repoussoir de l’en avant
revenir
arrimer ce qui ne se résoud pas
tension qui plit l’espace à sa loi
finalement.
fétiche révolu
se retrouver
dans la non-existence des choses
relié uniquement par le fil du souvenir
à l’écho intemporel de l’ évaporé
écartée du solide
l’incarnation révolue rompue de son attache te fait flotter –
illusoire
ta souffrance aveugle se heurte aux murs des vivants
trébuche sur les baisers qui contrarient ta mémoire
envenime un amour qui a cessé sa trajectoire
devenu poche de pus dans le vif de la chair
putréfaction insolente de qui ne veut pas mourrir
à rester ancré dans les plis du temps
en boucles achevées
tu te replis à l’envers d’une barre
qui dévie le cours de ton sang
matrice
en étoiles irradiantes atomisées de vitesse féconde
rejouer le contentement de se savoir au coeuréchapper à l’ordre implacable qui régit la poussière
effacée comme la trace mortifère du présent rugissant
sous le fard de la joie refoulante à l’éveil crépusculaire
naître ,
crier ,
transmuer le réel au charme ranimé
taire l’espérance au secret amniotique
dans le souvenir insondable du filet nourrissier
brasier
aimer à se brûler au brasier
dès lors
seule la morsure-brûlure
est vérité
à l’attise de l’air
crépite
ce qui doit s’anéantir en cendre
dans la combustion passionelle
le vent froid du mensonge
comme opposé au brûlot
le foyer inversé au gel
ligne
qui sépare
ce qu’ensembles
ne peuvent concevoir.


