Soudain le vent prend la mesure
de l’éloignement et la vanité
d’agiter les cotes trop lointaines
soudainement tout s’est tu
des hurlements des tourbillons
les remous en dessous et les courants
plus rien n’est perceptible de l’élan
le calme a regagné la surface
s’est apaisé jusqu’à la profondeur
pleinement conscient de la densité
des mondes tonitruants de l’océan
lisse et saturé en son centre
oublieux de toutes ses tempêtes
se ramenant en un point
vive mère de toutes les fleurs
ses éclatements solaires sa joie
sœurs de la nuit et des étoiles
milliers de pistils pour la fin des temps
s’apprêtant à éclore c’est naitre
à cet inénarrable épopée de la flore
l’échappée vers le noir absolu
de la contenance blanche de l’amour
dans cet absolu éclatant de l ‘œil
aussi clair que la plongée en eau
si la lune répercute les marées
un seul clapotis de cœur fait taire
les grandes sueurs des tendresses
le reflux jusqu’au centre de soi même
l’âtre étreint de la grande faim
se contente de se savoir inéluctable
point de non retour de l’être
en éternelle reconnaissance
s’éloigne de l’éparpillement en vain
de la pulpe de ses essentiels

Ama-San, Fosco Maraini - 1960
Ama-San, Fosco Maraini – 1960
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