Il y a ces points d’acuponcture que je lie à la couleur et sous ce voile toujours la question de l’incertitude, ces yeux qui se posent pendant mon sommeil, ce besoin dans ma gorge sèche d’un peu de sa salive  soit de cette sève pour un peu plus de vert de quand je la vois et resplendis, c’est dire mon épanouissement ma végétation ma floraison quand je me tourne à la lune, c’est dire qu’elle me fait du bien, que je hurle silencieusement (howl) même si je ne sais pas, si je ne sais rien suspendu à un pan de son visage sa robe safran étalée de toute ma question non pour m’agripper mais pour m’envoler m’envoler toujours me rapprochant car je la confonds avec le soleil, le ciel la pluie et les nuages les tempêtes les coups de gel et ce trou sans fond où je tombe où je m’évanouis je disparais ces moments où je détourne les yeux et que je la vois en dessous comme un cétacé que l’on ne voit plus à la surface et qui est tout au fond sans doute chassant le plancton et qui peut être demain remontera crachant son geyser me dira tout des abysses me mouillera comme une plante que l’on arrose et me redonne vie juste en la voyant s’il y a un sourire, une ouverture dans le visage, un interstice par où je peux me faufiler et tenter de semer mon ivraie dont je ferai mon alcool retrouverai l’usage de la parole.

Rene Gruau Moonlight Lady, 1962
(c) René GRUAU, femme au clair de Lune
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