le moment du monde

Laisse l’inattendu se fixer dans l’inattendu
le fond du geste tendu
ouvert
laisse dire ce rien
entrevu
dévoilé
Le geste puise à sa source
porte sur ses ailes la masse du monde
parole vivifiante aux frontières de soi
et portant ses sens ouverts
à l’écoute du poème qui se crée
me crée dans ce moment du monde.
De feuille en feuille se déflore le regard
se perd dans l’entour
immergé dans la relation
diffuse
incertaine
danse tourbillonante
Temps d’y aller voir
s’y immiscer
pour y prendre
racines
Se jeter
dans ce foisonnement de rythmes
Tenter d’ouvrir le cercle
y faire une ronde
y maintenir l ‘étincelle
vivante
humaine
y voir ce qui s’y ouvre.
Envole l’immaginaire vers ce qui se crée
tout l’ingurgité doit bien ressortir
digéré
porteur d’une vie nouvelle
et renaître en ce moment .

l’écho de la lumière

c’est dans le moment oû l’on est assis dans l’herbe
ce grand espace où tout se joue

arbre terre vert lumière

qui réveille comme un vieux mythe
la lumière vivante

qui frappe comme un écho

à qui l’immaginaire répond
se plait à y voir des histoires

Pulsions
rêveries
le dos
à l’arbre
promenades
où la pensée s’envole
forme regard
se perpétue


Une envie d’aller y voir

effort ricochet
où l ‘oeil et la main
rebondissent
dialogue sans arrêt aux aguets

C’est s’évader par l’invention
déjouer le piège de l’attendu
qui cache ce qui palpite
le simplifie
l’édulcore
le ramène à notre plus simple expression

Une alchimie de la vision interne
au filtre d’amour et de vie
à la jouissance du regard
actée dans le geste
qui seul en témoigne

Réminiscence et acte total
où tout essaye d’être dit.

corps de la voix

Voir ce qui se meut
le geste
lance un chant

une poétique à la croisée
de la nature et de l’homme

la voix aspire l’espace la lumière
projette cette lueur particulière

vigueur et présence en un souffle

dans ce rythme

couleurs qui battent
mesures qui accordent
matérialité ancienne
lumière dissonante

palabres mélodies cadences

champs chemins lisières

entrevus comme un rêve
dans le corps de cette voix

vieil aêde
à l’ocre de la terre
ouvre
l’espace
de tes pas

l’écho
dans la mémoire
s’accorde
à la réminiscence

chant
ciselé
scandé
tissé

couleur
de cette douceur d’aimer et de vivre
… origan

étreinte

Terre qui le nourrit
romarins
senteurs
qui relate à la couleur
au souffle
des rouges bleus verts
cristal
calins d’or
soleil
redit les épices de la vision
luz
de tout ce qui vit
meurt
surgit
et s’efface
un désir
tourbillon frénétique
battement à tout rompre
pulsation
à l’épuisement de ce sang bouillonnant
voix
étreinte
ivresse de la couleur
qu’il porte en soi et rythme au dela
une poésie des sens
musique de la présence
désir de s’élancer dans cette danse de Shiva
sentir
respirer
rendre son pareil à la vision
enchantementambourrinement
insensé
de oui …………
je suis vivant

présence

La nature est le lieu de son enracinement

filiation
dont il porte témoignage
en le redécouvrant

voisinage
de cette longue habitude de voir

regard
qui se penche
creuse
découvre au sein de la présence

paysage
lieu arpenté
déambulation
conversation intime

avec ce qui y croit
marche
qui puise à sa source
meurt
brille
et s’y cache

ce que lui voit

la sensation
mouvement
qui le sort de lui même
et lui donne sens en l ‘accordant

lumière
qui donne vie
à ce qui s’anime dans la couleur

sentant
affirmant
scandant
son enracinement

signe
qui exprime
à travers la marque du vivant
relation à ce qui vit
établit présence

couleur
forme
parfum
forme
dessin
mouvance
flagrance
absence
ombre

la forme abstraite
comme un mot
dessine le contours

vie interne à chaque chose
mouvement du dedans

et danse de part et d’autre

dans tout ça…

invocation

 

Mémoire
à travers la matière
sonorité d’une langue ancienne
inarticulée

l’écho en est cette empreinte

trace
densité incontournable
brute
massive

ancrage
s’impose dans l’espace
crée espace

air eau fer roche feu
métal pierre arbre forêt
vibrent d ‘un souffle archaïque
racines imperceptibles et immatérielles
plongent dans le corps de la terre à travers le sien propre

la voix s’élève
cisèle le rêve dans la masse du monde

Euskal herri
dit ce pressentiment d’être

au vent de la forge
au murmure de l’air

ouvert
vers
l’immensité d’être
agur…

chène d’Obaba

L’ocre envahit la rue qui descend, l’ombre repose au creux des pierres

Au balcon bariolé rêve le sourire calypso de la maison des fleurs

Oiselle orientale encagée derrière ces murs, tes soupirs de senteur perlent aux branches orangées ;

Plénitude
la montagne rejoint l’immensité
courbure de femme à l’aurore de nos sens.
Harmonies au bleu vif du ciel
forêts martelées à l’incandescence

Au bois sacré l’or exulte au feu de la couleur
l’été se dresse au vert de son accomplissement
affirmation sanguine à l’ombre des racines assoiffées


Averse
aura diaphane

Eveil au rêve des lutins à la brume

Elancement de la sève
éblouissement floral
embrasement au seuil de l’air


Torsades améthystes
ramures chrysalides
en écorces australes

L’eau rousse s’éclabousse en mur jaune
au bleu vacillant
l’indigo marine s’enlace aux algues des rochers


Robe au vent de ton ultime visage
la voile s’ouvre au coeur de l’onde
rose frémit à l’échancrure du bleu

Chêne d’Obaba
euphorie tellurique au souffle de Pan

milles ailes en bec
harpe d’oiseaux
au feuillage du cristal de l’air ,

La mousse crépite à l’ombre vieille
en noeuds des runes

à l’embranchement végétal
l’humus s’arbre aux plis du temps

Calligraphie ultime
la chaleur minérale roucoule au rire irisé

temps suspendu
méditation au fil de l’eau
coques d’air en barques vives

Au seuil du monde
arborescence aux pentes des collines

en bas serpente un filet d’eau pure .

peindre

les couleurs parlent du coeur qui bat, d’un ailleurs que l’on rêve comme un signe.

Peindre aussi cette musique que l’on entend autours des choses et des êtres et qui devient comme une danse, un chant que l’on voudrait voir devenir réalité et partager.

Un chateau, une rivière, la chaleur du soleil à midi et l’amour qui nait où l’on peut faire halte
et retrouver le cours de soi même ;
Puiser au fond de soi et autour de soi ce qui y dort, qui est le ferment du lendemain ;


cet ailleurs que l’on sera demain,

un enracinement vers son horizon,

A chaque instant retrouver sa trace, donner chair et formes à ses rêves, ses idées, ses désirs pour qu’ils ne soient plus chimères et brumes

simple évocation ou métaphore grandiloquente d’un instant fait de rien où l’on entrevoit un monde,
ce que l’on cherche et que l’on veut retenir.

à l’aube du bleu

Ils errent perdus dans la ville
stridence de saxophone
et tout s’embrume
au halo des phares sous la pluie

A l’aube du bleu
l’incandescence froide
fusion entre deux eaux
spirale où l’être s’élève

Plongée dans le coeur de l’eau
rêverie en vert samba fruitée
de deux corps enlacés
en marge de ton aveu

Un rire au bord du gouffre
sève et défi à l’ordre gardé du monde
orée de l’aube
aux ténébres transgressées

Sommeil déposé dans le rêve
réconciliation des contraires
au repos parfumé de ton île
courbe raga de ton évanescence.

Un chapeau point d’interrogation
où s’entrechoque en toi
l’inventaire hétéroclite des plaisirs
signature longitudinale de ton inspiration