Gravir (day two)

Le monde est un tronc qui s’enroule d’un geyser que les forces d’en bas activent pour fuir devant le vide
Tomber, il s’agit peut-être de ça (pensif) si l’on y réfléchit un tant soit peu tomber la tombe

 

Un temps)

J’étais près de la mer, j’ai longtemps médité près de la mer j’aimais les vagues douces qui me frottaient les pieds mais cela m’a lassé, la mer ne ressentait rien ne s’apercevait pas de ma présence

J’ai toujours aimé la solitude ça oui, la mer me renvoyait à moi-même même mais toute cette masse horizontale, je ne puis vraiment le supporter à force je me suis pris la tête sur les genoux –

Instantanément tout cela m’a semblé absurde

il n’y a pas de mouvement qui défie la pesanteur   l’asphyxie de la mer qui foule  et refoule

C’est interminable l’étal, on dit que le sable est un souffle mais à quoi sert un souffle s’il ne   fait que l’absorber

(Furieux)

Même les poètes le disent le paysage n’existe pas il n’y a que des hauteurs qui retombent s’appesantissent et cherchent à fractionner le mouvement perpétuel où Chaque centimètre gravi est une victoire sur la lenteur

Il se met à taper avec un maillet et tape sur peut des pierres on ne sait pas : saleté ! tu me résiste ! (il tape plus fort)

L’homme est plus fort que la nature rien ne peux le maintenir en bas, la gravité, oui bien sûr   tout finit par retomber !

Il y a un début à tout, il faut commencer petit,  petit à petit,

 

Il s’applique et on ne l’entend plus)

 

Je saisi des souvenirs au vol des bribes de mondes déchus le bleu le gris et la couleur terre il n’y a plus de papillons seuls émerges quelques têtes d’arbres et des tics de tours vides il n’y a plus de bas, plus de hauts plus de vertiges tout est étal dans la masse morte et universelle je le vois clairement une harmonie dis-harmonieuse sans que rien n’arrive rien à l’unisson

Je rêve que quelque chose qui vivrait bougerait casserait la monotonie immobile du monde sans floc

d’ailleurs je suis déjà assez haut, heureusement pas le vertige, de ce côté-là je suis tranquille

je progresse par à coup petit à petit, je coupe, je colle je rafistole mais surtout, je crée ! Je m’inspire, je suis un oiseau finalement  du type castor ou écureuil, mais des cimes ! Moi il il faut que je vois loin, non je ne suis pas un rêveur, je fais dans le solide pour des siècles et des siècles

vertical en tout et j’additionne les progressions en boucles, les ellipses les tours et les détours, il suffit de s’appliquer

Tout monte !

Une construction c’est comme un être de chair, on n’entend les bruissements de la sève comme une avenue renversée ouais cette image me plait c’est ça, évidemment dans la hauteur parce que là c’est facile toutes ces rapidités à l’horizontal, non le vertical, c’est autre chose ! Ça s’entend respirer mais avec difficulté, lenteur, ça  fuse et s’imprègne dans tous les étages, les parois, les poutres et la charpente, les solives, les rembourrages, les colmatages, les enduits, le plâtre, jusqu’au ciment et à la ferraille, ah c’est cette peau et ses os que je m’obstine à façonner

 

L’homme : On me parle de paysage il n’y a pas de paysage l’unique pulsation de la ruine qui approche et que je dois empêcher

toujours plus haut plus loin dans la cime toujours,   le large est interdit

 Un temps)

Soucis d’étayage …  la matière n’est pas un fantasme elle obéi aux lois des moellons, des torches et du marteau, réfléchie, dure définitive, le remord prendrait trop longtemps à rattraper il faut aller vite lutter contre le temps qui verrouille autours de cet axe bien serré

 

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