un bateau est arrivé il sentait bon le cuir et la nuit troublée les odeurs parlaient des dessous de l’océan oui je sais une fine dentelle riait sur le body de la mer et je me suis réveillé en tremblant

J’aime ces êtres comme ce paradis de corail à la surface sans qu’elle le sache la main dessine des fleurs qui s’embrassent sur la bouche et font l’amour en piaillant

sur l’œuf de la poule il y avait un duvet et un jus de citron comme un fleuve de couleur

elle m’a appelé j’ai plongé je me noie juste pour voir, juste par plaisir pour mieux voir son visage

je l’ai suivi au bout du couloir au bout de la terre léché les babines baluchonné mon désir

sac à dos vers ces grands beaux lacs sont limpides ses yeux de belle renarde sont gris, ils sont verts ou  rouges  ou bleus je bois alors tout autour de ses cils la rosée bleutée, sur mon doigt les traces de pigments rouges du creux de ces lèvres

qui ne disaient toujours rien j’ai pensé sans rien dire

lèche, dévore, dévale, il y a les poudreuses, les torrents  de pierres précieuses il faut s’en recouvrir à mi cœur se laver la peau blanche palper dans le lit à grande eau les couleurs qui font plouf  c’est moi qui disparait le long des cotes rauques et tout ça au bruit de l’eau

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(c) Brigid Watson , oil painting , i can see water
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