Arriskua

Tu aimais le risque.

de l’avis de certains, une enfance difficile
aurait définitivement gravé des ruisseaux taris dans les paumes
de tes mains

d’où cette tendance à briser les limites
à t’approcher de la marge, de l’abime.

Les camions venaient d’Irlande, du Danemark,
embarquer le poisson.
Tu aimais grimper en marche sur les pare-chocs arrière
et sauter quand ils prenaient de la vitesse,
faire deux ou trois pas, et te jeter à terre.

Tu prenais entre tes mains ces anciennes bombes
que l’on trouvait sur le front d’une guerre passée;
entre les buissons on apercevait des tranchées,
pareilles à des blessures trop profondes pour guérir un jour.

Tu aimais le risque,
et j’ai réalisé que, sans risque, on ne fait rien:
ni franchir une porte, ni embarquer, ni aimer.
Le temps à passé depuis ces années
et aujourd’hui, les yeux qui prédisaient ta fin
sont ceux des chardonnerets tués par l’hiver.

(Kirmen Uribe, entre-temps donne moi la main, ed. Le castor astral 2006

euca7_500© l S 2007

U

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