les pas du chemin

L S mère et enfant 1996

Il faut croire qu’au temps début le chant doux déplié comme une complainte du corps la mère à l’enfant, encore le corps même et la langue prends des intonations les sons seins de  la lumière, chaleur, terre, sueur, la mélopée inlassable tisse les liens en un avant-goût du monde , de la mère à l’enfant le sentiment est maintenant monde et chante, inlassablement comme le vent creuse la latérite,

L S liane 1995

l’attachement raconte l’amour , la guerre, les grandes veines de la terre et le baiser mélancolique du fleuve, les griefs de la pluie, le rêve, l’ancêtre et la haine des autres, l’histoire histoire pelote enroule le fil des lèvres à l’oreille, à ce qu’il faut bien nommer le corps, à le chercher, dedans, à toucher et violemment saisir, à l’absence et l’écart autour, à ce bois ascendance, le ciel est dans ses veines et l’écorce frémit de sève, même sec il en frémit encore, assoiffé, refrain ces raccourcis, ce sont les limites qu’il faudra franchir, le père et les murs de la terre, un jour il faudra aller les pieds alouettes du sol, les retrouver.

L S danse caraïbe 1996

Parfois je me souviens de mes vieux rêves , ou comment la peinture pour moi a commencé, voir, étale, les mots s’étirent pour informer l’espace et se montrer du dedans, la couleur sans confins se résume à la voile déborde la toile et tente la traversée, à bout de sel l’Ariel scande ne la trouver que dans le partir, l’arrivée ou est ce le transit , l’immobilité apparente de la pétulance ; j’écoutais Henri me parler de la terre solaire et le monde entre ces voiles prenait forme, moi dans mon antre et mon vouloir-peindre , je laissais dériver le devenir à l’être et l’imaginaire sculptait, recherchant les sources de l’humain au plis d’ombre de l’écorce , palpant la terre ou ce repos comme socle, l’oubli referme en grands dessins de cercle, poudre fine la soie permet l’envol, évanescences les couleurs intérieures comme cette carte du monde que les visages peignent,

sur l’eau l’homme à la proue du courant, l’inquiétude tend le corps qui veut répondre à la question , du qui au où,

L S solitude 1996

évidemment c’était il y a longtemps,

et j’effilais la pointe du couteau écriant la matière qui glissait, malaxait, le pressentiment s’alliait à la sensation , dans une fine alliance la transe musicale, le voyage entamé se continuait dans le geste créateur, la matière-la luz muette en image, même si acte préparatoire et doute, vision et cheminement par la rumination et la lumination, corps transporté en rêve ou les frontières entre le moi et l’autre s’estompent , dialogue fécondateur ou l’écho seul pouvait envisager , il n’était pas question face à face , le réel grondait au dehors et je savais que la peinture était à prendre le chemin, rencontrer la foudre et l’insatiable de l’air, les éléments et l’homme gravé dans la mer le ciel, avance sur l’herbe et la poudre de la route, au risque de la terre,

L S mémoire de la terre, 1996

je pensais à l’aède, au chamane, au guérisseur, je pensais aux grands voyageurs, et parfois je partais, levais l’ancre à l’antre pour la rencontre, la brûlure impré-visible, mais ce n’était pas le grand voyage, ni le voyage en Orient ni se mêle celui de mon ombre, l’Afrique fantôme, brique et tuile et, Agadès attendait, ma fenêtre ouverte déployait en Pan le fracas de la voix des montagnes le défilé bouche et doigts sur la flute assombrissait et la rencontre me parvenait en rumeur ( M Dimé, M Barcelo, cl Nougaro,  Jog, Nusrat, Jimmy et tant d’autre ), les contours de l’humain en moi prenait la forme de l’autre, éxotait et devenait muraille, celle de Ségou peut être et promettait par la journée ouverte un retour à la densité ; pour l’heure arrêté par rien de réel , je rêvais , et le disais en peinture ;

c L S , l’envol huile 1996

don de l’aigle , » saut ou envol de l’être, d’autre y ont vu le phénix et cette envolée de lumière au brûlot flamboyant n’a jamais voulu quitter son autre , peut être s’y sent il bien ou s’envole il le soir transformant l’ombre en lumière dans un brasier allumé en hommage au jour , à l’air ensorcelé,

es tu d’Oxun !  oiseau de feu, es tu de Russie, es tu maya, exulte tu dans le cri des montagnes condor qui secoue l’espace

simple souhait de l’esprit ou liberté rythmé dans l’ouvert à l’aurore d’un bleu méridional ? Rut fado l’étreinte atlantique les relents d’un brasier d’Afrique dissimulent la bouche au sang de l’effusion.

L S la saison des amours, 1996
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