mon nom morne

Aloredelam (à l’orée de l’âme) devient lam , petit nom de Lambi, ce beau coquillage chantant des Antilles; d’autres noms suivent en cohue du lamentin ( je l’ai déja faite mais je la refais par pure plaisir…)

LAM

je chante une morna sans répits c’est que l’alizé qui enlace l’océan, la grogne furieuse semble rieuse à la dentelle de la mer , mais parfois la vague comme un mur s’élève et c’est le cri , la baffe obélixienne remplace le baiser soyeux de l’eau au sable , danse enjouée hante la détresse inavouée, du frétillement insolent en déhanché la caresse hypnotise l’eau au rivage , les roches sont  déchirement subtil du décolleté et tambours de rage, répons de vagues en vagues la voix rauque ramène le souvenir à la terre, au loin , au gré du vent le sel épars éparpille l’horizon,

la voile au loin sari où s’enroule la femme éternellement au flanc de l’eau, le regard couché sur le couchant , l’entre-deux eaux fuse la lumière de l’air, la chaleur bat aux tempes de son écartèlement , cette envie à satiété de danser pieds nus sur le rouge et de se fendre en bleu pour un peu plus de vent  vert , s’étendre en gué de rire en opposition farouche ,

morna , je dis ton nom, farine d’étain à la berceuse de l’am

© Lam , journée ouverte 2000

à lire : précisions sur les vagues, Marie Darrieussecq , POL